‹ Syphilis. Poème en deux chantsChapitre 25 sur 37 · APHORISMES THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

APHORISMES THÉRAPEUTIQUES

ques concentrés, les purgations légères réitérées, tous les excitants propres à produire une révulsion sur le tube intestinal, peuvent convenir, étant employés à propos, sauf le mercure qu’on doit exclure rigoureusement.

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Tous les symptômes syphilitiques primitifs et consécutifs réclament l'usage d’un traitement général. J'appelle traitement général toute médication intérieure combinée, selon les circonstances, avec l'usage des remèdes externes, de manière à faire cesser l’état morbide.

Le traitement général des affections syphilitiques primitiveset secondaires doit durer ordinairement de trente à cinquante jours ; ce délai est nécessaire aux modifications que doit subir l’état morbide pour parvenir à la guérison, afin de coordonner l’action des médicaments de manière à ne pas occasionner d'irritation intestinale.

Lorsque la syphilis est invétérée, le traitement doit durer un temps indé-. terminé; et qui est plus ou moins long, en raison de la détérioration que la constitution du malade a pu subir, parce que le retour à la santé ne peuts’opérer que par une succession de mouyements organiques conservateurs, provoqués par l’action des médicaments, et dont le terme dépend nécessairement des dispositions de la maladie et du malade à se modifier par le traitement,

Là, désormais rebelle à des soins superflus, Etendu sur un lit qu'il ne quittera plus.

Quand un homme, jeune encore, occupant une position sociale, honorable et jouissant de l’affection d’une famille qu’il aime et dont il est aimé, se tue sans motif apparent, sous le vain prétexte du dégoût de la vie, de spleen, que l’on prenne des informations exactes, et l’on verra que, sur cent sui

cides de cette espèce, les trois quarts au moins doivent être attribués aux effets du mercure donné inutilement sous toutes les formes. En effet, c’est en vain qu’un malade change de médecin, car la méthode ne change pas. Cela me rappelle la réponse d’un habitant de Palerme à qui je disais, à l'avénement du dernier roi, que le sort de la Sicile allait probablement s'améliorer sousla direction d’un jeune roi. «Vo lo credo, il maestro di capella è cambiato, ma la musica sarà semprè la stessa,»

Je n'aurai pas beaucoup à dire pour convaincre que les passions violem— ment excitées portent le trouble dans tout individu, soit dans son organisation, soit dans son intelligence. Lorsque l’ame est fortement ébranlée par une affection vive et imprévue, les fonctions organiques sont bouleversées, la raison est troublée, l’homme perd la conscience du moi, il est dans un vrai délire ; il commet les actions les plus irréfléchies, les plus contraires à ses affections, à ses intérêts. Mais le délire des passions est passager; le suicide qu'il provoque est instantané ; s’il n’est point consommé, ordinairement il ne se renouvelle plus; la tentative infructueuse semble avoir été la crise de l’affection morale. Tel est le suicide involontaire aigu, bien différent du suicide réfléchi et chronique, occasionné par les affections syphilitiques exaspérées par les mercuriaux.

Celui à qui la douleur ne laisse aucun instant de relàche, qui n’entrevoit point le terme d’une longue et cruelle maladie, après avoir d’abord supporté ses maux avec résignation, devient impatient; et subjugué par les souffrances qui l’affaiblissent depuis longtemps, se tue pour mettre fin à des maux into— lérables. IL n’est point d'état qui inspire plus de crainte de mourir, et en même temps d’être délivré des maux présents, que l’hypochondrie syphilitique. à

Enfin l’idée de se tuer devient une idée fixe qui préoccupe sans cesse les malades, idée dont ils ne peuvent se distraire ni être distraits ; toutes leurs pensées sont dirigées, concentrées, sur cet objet avec tout l’entêtement et toute l’opiniâtreté dont les autres monomanes sont susceptibles. Si la fatigue de la veille les fait dormir, ils ont des rêves affreux; ainsi, la nuit comme le jour, ces infortunés ne peuvent éloigner de leur pensée l’idée de la mort, pas plus que les autres monomanes ne peuventse défaire de l’idée qu'ils sont ruinés, déshonorés, damnés, etc., etc. ; tant l'attention concentrée pervertit les impressions, rend douloureux les rapports extérieurs, brise tous les liens qui rattachent à la vie.

Il faut en général traiter philosophiquement les malades ; la guérison en

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