‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 117 sur 190 · TOT.M'X · texte numérisé non relu

TOT.M'X

La ville de Ba'albèkest divisée en deux quartiers principaux, celui des musulmans et celui des chrétiens. Elle est abondamment approvisionnée d'une excellente eau par une source située à 2 kil. environ à Test. Une route plantée d'arbres formant une jolie promenade y conduit. Cette source, qui est celle du nahr èl-Litâni, jaillit au milieu d'un vaste bassin nommé Ras èl'Aïn « tête de la source » ; elle est très poissonneuse. De ce bassin soigneusement entretenu, vidé et curé trois fois par an, partent trois conduites principales amenant Teau dans le quartier des musulmans dont elles alimentent les maisons et les riches propriétés. De là, une multitude de canaux secondaires distribuent Teau dans le quartier des chrétiens, puis vont fournir le contingent nécessaire aux irrigations des innombrables jardins de la ville et des alentours. Les trois conduites principales, avant d'entrer à Ba^albèk, donnent la force motrice à trente moulins échelonnés sur leurs bords. La

source du nahrèl-'Asi (Oronte) sort également du versant ouest de l'Anli-Liban, près de Ba'albèk.

On compte à Ba'albèk 15 mosquées. Les plus remarquables sont celles de véli èn-Na'am et du cheikh Abdallah y où les musulmans sunnites célèbrent chaque année une fête spéciale; les moutéouâU possèdent aussi dans cette ville une mosquée en renom, où se trouve le tombeau de Khôlat, fille de Huséïn, fameux martyr de la secte chl* ile, fils d'Ali, le quatrième des khoii- Ihfâ'i Réchidin^ et que cette secte considère comme son fondateur. Les chrétiens ont dans tout le caza 40 églises, dont 3 à Ba^albèk. L'une sert de résidence à Tévôque grec uni d'Héliopolis {Ba'albèk) ; une autre appartient à la communauté grecque orthodoxe de ce caza, et la troisième est sous la juridiction de Tarchevêque maronite du mont Liban.

Il y a à Ba'albèk 3 hôtels et 6 à 8 han ou hôtelleries, une pharmacie, 15 cafés, 10 fours publics, 4 boulangeries; 65 boutiques, 2 magasins, 3 dépôts, un bazar, 6 tchdrchi (marchés non couverts, 3 hammam ou bains publics, une grande caserne, 5 postes de gendarmerie et police, et 997 maisons.

Climat. — Le climat du caza de Ba*albèk est partout sain et tempéré, mais on doit citer, parmi les localités dont le séjour est plus spécialement agréable et salubre, la ville même de Ba^albèk et ses environs, le village de Ras-Ba*albèk et toute la région orientale nommée èch-Charçi (rOrient). A Ba'albèk même, durant le mois de janvier, qui est le plus froid de Tannée, le thermomètre reste au-dessus de 0"* à + 7° centigrades. Dans les mois les plus chauds, qui sont juillet et août, il ne s'élève pas à plus de 25\

Bestiaux, etc. ; agriculture. — Les coteaux de cette région sont d'excellents herbages naturels où pâturent de nombreux troupeaux de chèvres et de moulons; il en est de même dans TAnti-Liban tout entier; mais c'est surtout au nord du caza que le bétail de toute espèce abonde. La sériciculture-est généralement pratiquée; on estime la valeur totale des cocons récollés, année moyenne, à 700.000 piastres (161.000 fr. environ).

La culture du mûrier se développe chaque année davantage ; on cite parmi les plus belles plantations^ après celles de Ras- Ba'albèk et de Ba^albèk, celles des villages de Zébouchy Harita, èl'Aïn, Nèbka, Nakhlèh. Dourin, Dé'ir èl-Akhmary Sléïfa, Youai, èl-Hadèth^ Djèba^alt, Kafr-Dân^ Midjloûriy Beit-Chama^ Tdrèya^ etc. Le miel de Ba'albèk est renommé dans tout l'Orient, ainsi que celui de ce cazatout entier. La plaine est riche en vignobles et les arbres fruitiers de toute espèce donnent partout de belles et abondantes récoltes. La culture maraîchère et celle des céréales, blé, orge, maïs, pois, fèves, vesces, gesse, pommes de terre, etc. , produisent les plus beaux résultats ; la dlme perçue de ce chef s*élève en moyenne, dans tout lecaza, à 15 millions de piastres, soit env. 3.450.000 fr.

La plaine de Ba'albèk exporte des laines, des cuirs, du beurre très recherché, des poules et des œufs en grande quantité. Les chevaux de Ba'albèk sont renommés sur les marchés de Damas et de Beyrouth comme chevaux de race et de luxe.

Antiquités, etc. — 'Les monuments de Ba*albèk ont été déjà décrits tant de fois par les voyageurs et les archéologues qu'il serait oiseux d'en entreprendre ici, de nouveau, la description. Il suffira de dire en quelques mots que ces restes merveilleux sont considérés généralement comme ayant appartenu à quatre principales époques d'art et de civilisation. La première représentée par des blocs énormes, aux sculptures mystérieuses, près desquels les sphinx colossaux, les obélisques massifs des anciens Égyptiens ne semblent plus que des jouets d'enfants, demeure innommée, perdue dans la nuit des temps. La seconde, caractérisée par de lourdes colonnes aux chapiteaux ornés de palmes, est la période de l'art phénicien. A cette époque succède celle de Tart grec le plus pur, et enfin les monuments les mieux conservés dans leur ensemble sont les plus beaux spécimens connus de l'art gréco-romain du temps des Antonins.

Quant aux dimensions de tant d'énormes monolithes, dont les plus grands ont dû, pour être mis à la place qu'ils occupent encore aujourd'hui, être élevés à 6 m. au-dessus du

sol, elles sont étonnantes ; voici celles d'une pierre restée dans la carrière, située à la distance d'un kilomètre environ des ruines de Ba^albèk :

Longueur : 20", 80

Largeur : 5"*, 07 [ cube de la pierre : 769 •""

Hauteur: 7 '",30

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