‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 150 sur 190 · COUVENTS GRECS ORTHODOXES · texte numérisé non relu

COUVENTS GRECS ORTHODOXES

On compte à Jérusalem 10 couvents de religieux grecs orthodoxes. Les principaux sont :

r Le Grand couvent du Saint- Sépulcre^ situé dans le quartier chrétien, sur le côté ouest de la basilique, et les deux plus petits couvents de Saint-Caralambos, au nord-est, et de Saint- Abraham, au sud-est de ce même édifice;

2° Le couvent de Saint -Michel, rue Déïr èl-Frèndj, près du couvent franciscain du Saint-Sauveur ;

3"* Saint-Spiridion, adossé au mur d'enceinte, dans la ville, près la porte de Damas (Bâb èl-Amoûd) ;

4o Le couvent de Saint-Georges, dans le quartier arménien, à Test du patriarcat arménien grégorien;

5"* Saint-Georges, hors lu ville, à l'ouest;

6*" Le couvent de Saint-Sâha (Màr Sâba) dans la vallée du Cédron, à 30 kilom. sud-est de Jérusalem;

7o Le couvent de Saint-Élie (Mâr Elias), sur la route de Bethléem, à mi-chemin entre Jérusalem et Bethléem.

Les couvents grecs orthodoxes de Jérusalem sont habités par environ 92 religieux qui desservent les églises et les paroisses de la communauté, et donnent l'hospitalité aux pèlerins orthodoxes ottomans, hellènes et autres.

Parmi les autres couvents de même communion énumérés au tableau, page 535, et dont la plupart reçoivent également les pèlerins, soit grecs orthodoxes, soit même latins en cas de nécessité, plusieurs méritent une mention particulière.

Tels sont, par exemple, autour de Jéricho (Èrîhâ), le couvent de Qèlt (Qoséïba), sur le ouadi de même nom ; celui de Saint- Jean- Baptiste; au bord du Jourdain; — la Quarantaine, monastère suspendu aux flancs du « djèbèl Qarantoul » (mont de la Quarantaine) : le Qasr èl-Hadjlâ, ancienne laure de Saint-Gérasime (Saint-Érasme ou Jérasme), etc.

C'est dans ce couvent de Qasr èl-Hadjlâ que fut fait le premier essai d'une heureuse combinaison de la vie solitaire avec

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la vie cénobilique, trouvée par saint Gérasime, et suivant laquelle les religieux, au lieu de passer leur vie tout entière dans des grottes isolées, creusées au flanc du rocher, devaient chaque samedi se réunir au couvent, passer en communauté toute la journée du dimanche, et ne rentrer chacun en cellule que le lundi, munis pour cinq jours d une petite provision de pain, de dattes et d'eau. Il leur était expressément interdit d'allumer du feu pour faire cuire des aliments, mais ceux qui ne pouvaient supporter ce régime restaient au couvent, où il y avait une cuisine et une infirmerie.

Aujourd'hui., défense absolue de vivre seuls dans les grottes est faite par le patriarche aux religieux grecs orthodoxes, auxquels la vie en communauté est rigoureusement prescrite. Malgré cela il y a encore autour des couvents actuels, qui ont remplacé partout les antiques « laures », quelques solitaires plutôt soumis aux anciennes règles jadis inaugurées par saint Gérasime qu'aux nouvelles ordonnances.

Le couvent de Qasrèl-Hadjld a été récemment restauré. On y voit des restes précieux de mosaïques et de peintures anciennes qu'on a pris le soin de respecter. Ce couvent est situé à 325 m. d'altitude, sur l'emplacement attribué à Beth-Hagla, à 6 kilom. sud-est du village de Jéricho.

Le mont de la Quarantaine est situé à l'ouest et à proximité du village de Ërîhâ, qui occupe une partie de l'emplacement de la troisième Jéricho, ville romaine bâtie par l'empereur Hadrien. Le couvent, ou plutôt la chapelle élevée à l'endroit même où la tradition place la grotte qui servit d'abri à N. S. Jésus-Christ durant ses quarante jours de jeûne, surplombe la paroi perpendiculaire du rocher, et semble y être accrochée à une hauteur vertigineuse. On y parvient, non sans peine et sans danger, par un chemin en lacets côtoyant l'abtme, au dessus duquel s'avance un balcon de fer et de bois, qui sert de clocher. Du haut de ce balcon, la vue s'étend sur toute la plaine de Jéricho, la mer Morte et les montagnes moabites qui bornent au loin rborizon. Dans la chapelle, outre l'iconostase dorée, présent de la Russie orthodoxe, on voit encore d'anciennes peintures.

que Ton dit être de l'époque de sainte Hélène. Â partir de ce couvent jusqu'au sommet de la montagne, il y a encore une ascension d'une demi-heure.

Le couvent de Qèlt^ sur le ouadi de môme nom, a été construit pour y rassembler en communauté à certains jours, comme il est dit ci-dessus pour le couvent de Qasr cl-Hadjlâ^ les solitaires d'une « laure » voisine. Cette « laure », réunion de plusieurs grottes où chacun accomplissait isolément de dures pénitences et des jeûnes rigoureux, avait été fondée par saint Jean de Qoséïba. La chapelle et les autres bâtiments annexes qui forment le couvent actuel ont été restaurés, aux termes d'une inscription placée sur la porte : en ran 950 du règne de Jésus-Christ^ empereur souverain^ par Ibrahim et ses frères j sous Chigoumène Gérasime.

Un étroit sentier, soutenu par de solides murs au bord de la vallée où l'on entend gronder le torrent au-dessous de soi, dans les profondeurs de l'abîme, conduit en serpentant au couvent de Qèll. Tout le long du chemin on aperçoit, à des dislances irrégulières et à des hauteurs différentes, les ouvertures des grottes creusées par les anciens solitaires. Â trente mètres environ au-dessus de la chapelle, une de ces grottes est encore habitée; une échelle de cordes flotte dans le vide au gré de son habitant, qui rend sa retraite inaccessible en retirant cette échelle.

Suivant la tradition orientale, c'est dans le site sauvage de Qoséïba que se retira saint Joachim, après que le grand -prêlre eut repoussé son offrande parce qu'il n'avait pas d'enfant. C'est là qu'il fut consolé par un ange qui vint lui annoncer la naissance de la Vierge Marie. On voit dans la chapelle de Qèlt un tableau représentant saint Joachim au moment où Fange lui apporte cette heureuse nouvelle. Un beau portrait de saint Jean de Qoséïba, ainsi que les restes d'une intéressante mosaïque byzantine, y sont également conservés.

A peu de distance du couvent, un pont jeté sur l'ouadi èl-Qèll établit la communication entre les deux rives. Les alentours sont assez bien cultivés par les moines, malgré la rareté des bons terrains et l'âpre té du site.

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A 8 kilomètres environ vers l'est du village de Èrîhâ, et à 400 mètres de la rive droite du Jourdain^ en face de l'endroit où, suivant la tradition, Jésus fut baptisé, un nouveau couvent a été élevé sous le vocable à^ Saint- Jean-Baptiste. Surle même emplacement, il existait un autre couvent beaucoup plus vaste, également dédié au saint Précurseur; un hospice pour les pèlerins y était annexé. Procope en fait mention au nombre des édifices religieux bâtis par Justinien. Le couvent actuel, quoique de proportions modestes, offre aussi son hospitalité aux pèlerins orthodoxes qui viennent se baigner dans les eaux sanctifiées par le Sauveur, à la place même où son baptême eut lieu.

ARMÉNIENS GRÉGORIENS

Les Arméniens grégoriens possèdent à Jérusalem 4 couvents, dont 3 d'hommes et 1 de femmes. Ces établissements religieux sont situés au sud-ouest de la ville : 3 dans le quartier arménien et 1 près de ce quartier, mais hors de l'enceinte actuelle, comme suit :

Le premier et de beaucoup le plus important ainsi que le plus grand, est le couvent de Saint- Jacques^ où se trouve la belle et vaste église dédiée sous le vocable de ce saint. Le patriarche arménien réside dans ce couvent, situé au centre du quartier de la communauté grégorienne dont, avec l'église et ses dépendances, il occupe un quart environ de la superficie totale. Considéré dans son ensemble, cet édifice est parmi tous les couvents de Jérusalem le plus spacieux. Il est d'ailleurs divisé en deux bâtiments séparés, l'un réservé au couvent d'hommes, habité par 145 religieux, au séminaire contenant actuellement trente étudiants, au patriarcat et à son conseil administratif composé de sept prélats et à diverses annexes; l'autre partie comprend le monastère occupé par 24 religieuses.

Tous ces divers bâtiments sont groupés autour de la grande église de Saint- Jacques. Us sont reliés à cette église par des galeries tout le long desquelles s'ouvrent les portes de divers

apparlements et de nombreuses cellules. Une vaste cour s'étend entre chacune de ces constructions spéciales et l'église, souvent citée par les touristes pour le luxe et la haute valeur artistique de son ornementation. De cette cour commune, une étroite et longue ruelle à ciel ouvert conduit à Thôpital arménien, situé à 50 mètres environ plus au sud. En y comprenant cet hôpital, les cours et les jardins, on peut évaluer la surface occupée par tout Tensemble du couvent de Saint-Jacques à 2.500 mètres carrés, s'étendant en longueur à partir de la caserne jusqu'à Bdb èn-nébi Daoud (porte du prophète David).

Les deux autres couvents arméniens de Jérusalem sont des édifices beaucoup plus modestes : l'un nommé Déïr èz-Zëitoun est situé à proximité et au sud-est du couvent patriarcal de Saint-Jacques. L'autre occupe (hors de l'enceinte actuelle delà ville, au bord du cimetière latin, entrée Bâb èn-nébi Daoud, et le Cénacle) l'un des emplacements attribués parles archéologues à la maison de Caïphe. Il y a dans ce dernier couvent 23 religieux, et 13 à celui de Déïr èz-Zettoun.

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