‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 152 sur 190 · POUR LES PÈLERINS · texte numérisé non relu

POUR LES PÈLERINS

Le tableau ci-après en donne le dénombrement, par localités et nationalités :

VILLES

CAÏHOLIOUES

NON-CSIS

JéruMlem. ...

Batblé«m

AiQ-Kérim

Bunlèh

Hébron. ...■., Antres local itia.

lOIllI }U »IIIIUU| :

Total nÉi«*aii

Soit en totalité 48 hospices ou hôtelleries pour pèlerins, dont 10 aux catholiques de 'divers rites, 35 aux autres chrétiens et 3 aux Israélites.

Les hospices des catholiques sont, d'après ce tableau, au nombre de tO dans le mutésarri/li&, soit 7 à Jérusalem, 1 à Bethléem, 1 à JalTa et 1 à Ramlèh.

Ces hospices sont répartis entre les diverses nationalités ou communautés catholiques des différents rites comme suit :

1 A Jérusalem.

Italiens. — Les religieux franciscains, installés à Jérusalem dèsl'année 1222, très probablemenlparleurpatriarcbe François

d'Assise lui-même, qui ne manqua pas, sans doute, de Wsiter la Terre Sainte avant son retour du Caire en Europe, offrent rhospitalilé aux pèlerins catholiques dans leur couvent de Saint- Sauveur et dans leur hospice de « Casa-Nuova ». Ils y reçoivent, outre les pèlerins italiens, tous ceux dont la nation ne possède pas à Jérusalem un hospice spécial. Plusieurs religieux sont chargés de desservir chacun de ces deux hospices, où Ton trouve l'accueil le plus bienveillant, un repos tranquille et une nourriture saine et frugale, mais abondante; il en est de même dans toutes les maisons hospitalières de Saint-François d'Assise en Terre Sainte.

Un étage vient d'être ajouté à Thospice de « Casa-Nuova »? malgré l'opposition des couvents grecs voisins, qui ont empêché les Franciscains de prendre des jours de leur côté.

Françms. — Jusqu'en ces derniers temps, la France manquait, à Jérusalem, d'une hospitalité proportionnée à l'importance de ses pèlerinages, qui, d'une année à l'autre, prennent une plus grande extension. U fallaitaussi les organiser, donner àces foules un lien commun, un centre de réunion, dont l'urgence était signalée dès 1875 dans diverses publications. En 1882, les religieux « Augustins de l'Assomption » ayant réussi à organiser en France les pèlerinages de pénitence aux Lieux Saints^ il se produisit, à la suite de ce premier succès, un mouvement considérable en faveur de la création, à Jérusalem, d'un vaste établissement hospitalier. Ces mêmes religieux se mirent à la tête du mouvement, et au retour du troisième pèlerinage, en 1884, la question était résolue. Sur le bateau qui les ramenait en France, les pèlerins de 1884 votèrent 80.000 fr. pour l'achat du terrain nécessaire; à peine à terre, ils procédaient à des souscriptions régulières; au bout d'un mois, l'opération était terminée. Outre les 80.000 fr. primitivement souscrits, une somme de 40.000 fr. avait été empruntée à 4 0/0, pour commencer à bâtir tout de suite, en attendant des souscriptions spéciales. Celles-ci dépassèrent les sommes de 95.000 fr. pour la construction propre-

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ment dite, de 244.000 fr. pour les cellules, de 34.000 fr. pour l'église, de 29.000 fr. pour le complément du prix d'achat do terrain; etc., etc.

Ces diverses sommes sont le produit de cotisations dont la plupart ne dépassent pas 1 à 5 fr., et dont la liste est publiée chaque mois dans le Pèlerin, à Paris, et dans les Échos de Noire-Dame de France^ à Jérusalem.

Aujourd'hui, ces bâtiments, vraiment grandioses, sont presque entièrement terminés. L'hôtellerie de Notre-Dame de France existe et fonctionne déjà depuis plusieurs années à la satisfaction de milliers de pèlerins, car maintenant l'œuvre, devenue de plus en plus populaire, ne se borne pas, comme au début, à un seul pèlerinage annuel. Elle possède un beau bateau à vapeur, qu'elle peut affréter entre deux voyages, afin d'augmenter d'autant ses ressources. C'est précisément ce qu'elle a fait en 1895, avec le Notre-Dame du Salut, superbe navire à vapeur qui a été nolisé par le gouvernement pour le transport des troupes h Madagascar. Un autre bateau est en construction. G*est le commencement de la flottille des « Œuvres de Mer ».

Allemands. — L'hospice des pèlerins catholiques allemands est dirigé par deux prêtres allemands de la Mission de Saint- Vincent de Paul, communément appelés Lazaristes . On y reçoit tous les catholiques allemands.

Autrichiens. — Outre l'hospice susdit, appartenant à la Prusse et à l'empire d'Allemagne, il en existe à Jérusalem un second, où sont également reçus les pèlerins catholiques allemands. Celui-ci appartient à l'Autriche-Hongrie ; il est dirigé par des prêtres séculiers de nationalité autrichienne. On y reçoit exclusivement les pèlerins austro-hongrois et ceux d'autres nationalités de langue allemande.

Grecs-unis. — Le couvent des Grecs-unis, résidence du vi-

caire patriarcal de ce rile, assisté de deux prêtres, donne l'hospitalité aux pèlerins grecs catholiques de nationalités hellène, ottomane ou autre.

Arméniens catholiques. — Les Arméniens catholiques ont à Jérusalem un hospice exclusivement réservé aux pèlerins de leur communauté. Un de leurs prêtres en a la direction, conjointement avec celle de la paroisse.

Maronites. — Cette petite communauté possède également à Jérusalem un hospice convenablement installé.

2" A Bethléem,

Italiens. — Au couvent des RR. Pères Franciscains, attenant par son église à la basilique de Sainte-Hélène, se trouve un petit hospice pour les pèlerins catholiques de toutes nations.

Cet établissement, qui suffisait autrefois, est devenu bien étroit pour les multitudes amenées de France depuis quatorze ans dans les pèlerinages organisés par les religieux « Augustins de r Assomption ». Mais « Notre-Dame de France », à Jérusalem, où sont centralisés ces pèlerinages, dispose de vastes tentes pour les abriter. Du reste, les pèlerins auxquels ce genre d'abri ne conviendrait pas, et qui n'auraient pu trouver de place au couvent franciscain, seraient reçus volontiers chez les habitants catholiques, non moins hospitaliers que les autres Orientaux.

3** A Jaffa.

Italiens. — Comme à Bethléem, c'est le couvent franciscain qui se charge, à Jaffa, de donner l'hospitalité aux pèlerins catholiques de toutes nations.

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i'^ARamlèh.

Italiens. — Il en est de même à Ramiëh, où les pèlerins trouvent un petit hospice au couvent franciscain.

Hospices.

Les hospices des communautés chrétiennes séparées des catholiques sont au nombre de 35, dont 7 aux Russes orthodoxes, 20 aux Grecs orthodoxes^ 6 aux Arméniens grégoriens et 2 aux Coptes non-unis.

Us sont répartis entre les diverses nationdités comme suit :

1** A Jérusalem.

Russes orthodoxes. — Les pèlerinages en Terre Sainte ayant pris depuis quarante à cinquante ans, un beaucoup plus grand développement chez les Russes orthodoxes, le gouvernement russe, en vue de favoriser l'expansion de ce mouvement qui s'est également manifesté chez les autres nations chrétiennes, a cru devoir donner aux établissements de la Russie orthodoxe en Palestine un nouveau degré d'accroissement et d'importance. A cet effet, de vastes terrains situés hors la ville, près la porte de Jaffu, ont été acquis. La construction des nouveaux bâtiments^ commencée dès 1860, a été achevée en quatre ans. Sur cet emplacement admirablement choisi, dominant de vastes espaces plantés d'arbres dont le voisinage entretient la pureté de l'air, s'élèvent aujourd'hui, groupés autour du consulat-général, la maison de la Mission ecclésiastique dont le nombreux personnel se trouve à proximité d'une belle église cathédrale où plus de mille personnes à la fois viennent tour à tour assister au service divin célébré en langue russe, un hôpital qui sera décrit plus loin en son lieu et place, les deux hospices destinés aux pèlerins pauvres, et, 'enfin la Nouvelle maison russe fondée de 1882 à 1891

par la Société impériale orthodoxe de Palestine pour les pèlerins plus ou moins aisés, qui sont ainsi mis à même de jouir d'un certain confort à prix très réduits.

Avant d'aborder la description très succincte de ces trois hospices fondés à Jérusalem pour les pèlerins russes orthodoxes, il convient d'ajouter ici que la maison de la « Mission ecclésiastique ^) précitée, contient un musée d'antiquités hébraïques, grecques et romaines, ainsi qu'une riche bibliothèque, créations du célèbre archimandrite Antonin, chef de cette mission, mort en 1894. Ce savant archéologue n'oubliait pas, toutefois, les pèlerins^ qui doivent à sa sollicitude les hospices de Jéricho, de Aïn-Kérim (Saint-Jean du Désert), de Khalil èr-Rahman (Hébron) et de Jaffa.

Ainsi qu'il est dit ci-dessus, il y a deux hospices pour les pèlerins pauvres; l'un est destiné aux hommes, l'autre aux femmes. Ce sont deux longues bâtisses à un seul étage qui, vis-à-vis l'une de l'autre, occupent chacune un côté de remplacement des établissements russes. La maison des hommes contient, outre les logements des surveillants, 37 grandes chambres où sont rangés 334 lits en fer. Celle des femmes a 42 chambres et 469 lits. En cas de besoin, on peut placer aisément 83 lits de plus dans l'hospice des hommes et 1 42 dans celui des femmes. On peut donc actuellement loger 803 pèlerins des deux sexes dans ces deux hospices, et l'on y pourrait donner asile, au besoin, à 1.028 personnes.

En divers points de ces bâtiments se trouvent sept citernes qui fournissent l'eau en abondance aux pèlerins russes et aux pauvres du voisinage.

Au sortir de l'hospice des femmes, par la porte de l'ouest, on se trouve devant la « Nouvelle maison russe », inaugurée le 5 septembre 1891. C'est un édifice à deux étages, d'une structure à la fois solide et élégante, orné d'une tour située à l'angle des deux façades où sont les entrées principales. — On trouve dans cette maison 37 chambres ot 97 lits, un bain russe, une bibliothèque, deux salles à m^.ger et une cuisine qui fournit à tout pèlerin, pour 25 centimes, deux plats, du pain et de l'eau

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chaude pour le thé; elle donne aussi, pour 2 fr. 50 dans Tune des deux salles à manger, et pour 5 fr. dans Tautre, trois repas par jour aux pèlerins.

Les pèlerins passagers de 1" et de 2° classes paient dans la « Nouvelle maison russe » de 75 centimes à 5 francs par jour pour la chambre ; ceux de d*' classe sont logés aux hospices des pèlerins pauvres à raison de 3 copeks par jour, soit environ 2 fr. par mois.

La « Société impériale orthodoxe de Palestine », présidée par le grand-duc Serge Alexandrovitch, dont Tun des principaux buts est de faciliter aux Russes orthodoxes le pèlerinage de Terre Sainte, vend à cet effet dans différentes villes, en Russie, des livrets moyennant lesquels les prix de transport, de séjour, etc., sont extrêmement réduits. La Société met à la disposition des pèlerins un service régulier de guides expérimentés qu'elle envoie à leur rencontre à Jaffa pour aider à leur débarquement, surveiller leurs bagages et les conduire en toute sécurité à leurs diverses destinations successives. En un mot, depuis le premier jusqu'au dernier moment de son voyage, quel que soit Tétat de sa personne ou celui de ses finances, tout pèlerin russe orthodoxe qui s'est confié aux soins de la Société se trouve complètement déchargé de toute inquiétude. Il est partout comme chez lui, et même en cas de maladie, il peut se présenter à l'hôpital russe où il est soigné et nourri gratuitement.

Les quatre autres hospices russes destinés aux pèlerins orthodoxes, dans le mutésarrifiik de Jérusalem, sont ceux fondés par l'archimandrite Antonin et déjà énumérés plus haut, savoir, par ordre de date de leur fondation :

!"> Établissement russe orthodoxe de Jéricho (Èrthâ) ;

2" — — — voisin du chêne de Mamré,

près d'Hébron (Khalil èr-

Rahman) ; 3" — — — de Aïn-Kérim (Saint-Jean

du Désert) ; 4« — — — de Jaffa.

Soit un total de 7 hospices russes pour les pèlerins orthodoxes, dont 5 dans le caza de Jérusalem, 1 dans celui de Jaffa et un dans le caza de Khalil èr-Rahman.

Le nombre des pèlerins russes orthodoxes en Terre Sainte est annuellement d'environ 5.000.

Grecs orthodoxes. — Les pèlerins grecs orthodoxes reçoivent l'hospitalité, à Jérusalem, dans 10 couvents situés aux endroits mêmes où s'élèvent les sanctuaires les plus vénérés. Us font partie intégrante de la plupart de ceux-ci, ou bien y sont annexés. Ces 10 couvents relèvent directement du patriarcat.

Outre ceux de la ville de Jérusalem, la communauté grecque orthodoxe possède 10 autres hospices dans des couvents renommés, comme suit :

1° A Jéricho^ les 4 couvents de Saint-Jean le Précurseur, de Saint-Érasme, du Prophète Elisée et de Saint-Georges ;

2"* Au mont de la Quarantaine, près de la plaine de Jéricho, se trouve une antique « laure » occupée encore en partie aujourd'hui. D'après la tradition^ c'est dans une grotte de cette montagne que le Sauveur se relira durant les quarante jours déjeune qu'il fit au désert. Ce lieu est à la fois un but de pèlerinage et de pénitence ;

3** A Qoséïba^ dans le désert, sur les bords du torrent de Karith^ aujourd'hui ouadi el-Qèlt^ une autre antique « laure », devenue le couvent de Qèlt^ donne aussi aux pèlerins une hospitalité digne des anciens solitaires.

4*» A Bethléem, au couvent de la basilique. J

5« A Jaffa, au monastère orthodoxe. f Stations du

6^ A Ramlèh — — \ chemin de fer.

7^ A Lydda — — 1

On ne s'arrête plus guère aujourd'hui à ces trois derniers couvents, depuis la construction du chemin de fer de Jaffa à Jérusalem.

En moyenne, le nombre des pèlerins grecs orthodoxes qui viennent vénérer les sanctuaires de Jérusalem, de Bethléem et

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autres Lieux Saints du mutésarriflik de Qouds-i Chérif, est estimé à 3*500 par an.

Arméniens grégoriens. — Les pèlerins arméniens grégoriens reçoivent l'hospitalité dans les monastères de leur communauté, qui sont :

1** A Jésusalem, le couvent de Saint-Jacques, résidence du patriarche, et les deux couvents dépendants de celui-ci. Dans le premier, qui possède une pharmacie à laquelle est attaché un médecin, les pèlerins peuvent recevoir en cas de maladie les soins nécessaires ;

2^ A Bethléem^ le couvent du sanctuaire de la Nativité;

S"* A Jaffa^ le monastère de la communauté;

4"* A Randèh (Arimathie), également le monastère de leur communauté.

On estime à 1.500 par an le nombre des pèlerins arméniens grégoriens qui visitent les Lieux Saints.

Coptes-non unis. — Les pèlerins coptes non-unis sont reçus dans les monastères de Saint-Georges et de Déïr ès-Sultan, qui relèvent de leur patriarche, résidant à Jaffa, et représenté à Jérusalem par son vicaire, assisté de cinq prêtres.

Les pèlerins cohles ne dépassent pas, chaque année, un nombre moyen de 200.

Le nombre total des pèlerins qui visitent chaque année les sanctuaires chrétiens de Jérusalem, de Bethléem et autres Lieux Saints du mutésarriflik de Qouds-i Chérif, s'élève en moyenne à 14.000, comme suit :

NOMBRE DE PÈLBRfNS BN MOYENNE

Pèlerinage catholique, par la flottille de Notre-Dame de France, 2 ou 3 voyages par an 800

Deux pèlerinages dits <c Caravane française et caravane hongroise » .... 1.200

Pèlerinage orthodoxe russe 5.000

— orthodoxe grec 3.000

— arménien grégorien et copte 1.700

Total. . . 11.700 pèlerins.

Si Ton ajoute à ce chiffre environ . . . . 7.000 touristes

dont 2.000 transportés par Tenlreprise

« Cook », on trouve un chiffre total de . . . 18.700 visiteurs

annuels qui, par leur passage et leur séjour aux Lieux Saints, augmentent sensiblement le trafic local ainsi que les revenus de la province de Jérusalem et d'une notable partie du vilayet de Beyrouth, où sont englobées la Galilée et la Samarie.

IsRAÉUTEs. — Outre les pèlerins chrétiens, beaucoup d'israélites viennent sans cesse en pèlerinage à Jérusalem pour pleurer la perte de leur patrie et leur long exil à travers le monde, au pied des murs extérieurs du « Haram èch-Chérif », magnifiques restes des constructions de Salomon, dont une partie, — longue de 30 mètres environ et haute de 12 mètres, formée de blocs de plus de 7 mètres de long sur i mètre de haut, — subsiste encore près de Bâb èl-Mogharibè/ij entre le mèhkèmè^ ou tribunal turc, et la maison d'Abou-Saoûd. Chaque vendredi, des Israélites de tout âge, de toute condition, hommes, femmes, enfants, les uns couverts de riches fourrures, les autres plus ou moins vêtus de loques crasseuses, habitants de Jérusalem et de tous les points dn globe, s'engagent par files dans Tétroite ruelle, et lentement, comme à un convoi funèbre, se dirigent vers « la

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place des pleurs » ou lieu des lamentations. Arrivés là, ils restent durant de longues heures, soit debout, soit accroupis, — la face collée au mur, le corps secoué par les sanglots, en baisant la pierre, ils pleurent.

Il existe près de là, dans le quartier israélite, deux hospices ou hôtelleries pour les pèlerins étrangers. L'un de ces hospices est allemand, l'autre est espagnol. Ils sont situés contre les murs de Tenceinte actuelle et semblent ne former qu'un seul édifice, à l'extrémité sud du quartier et au sud-est de la ville.

Un troisième hospice israélite, fondé par sir Moses Montefîore, occupe à l'ouest, hors la ville, un site de beaucoup préférable, à 220 mètres ouest des cimetières arménien, latin, américain, grec et protestant, à 300 mètres nord-est de la gare du chemin de fer de Jaffa et à 80 mètres sud-ouest du Birkèt h- Sultan. C'est un édifice remarquable, dont le principal bâtiment s'étend, à 760 mètres d'altitude, sur une longueur de 130 mètres et une largeur de 10 mètres. Un air salubre y circule abondamment dans les vastes salles. L'approvisionnement d'excellente eau est en tout temps inépuisable. Tous les environs sont plantés d'arbres fruitiers, parmi lesquels domine l'oranger. La vue, qui n'est arrêtée par rien vers l'ouest, rencontre au nord le couvent grec de Saint-Georges, l'hôpital Saint-Louis, Notre- Dame de France et les grands établissements russes. A l'est^ elle est captivée parla splendide perspective de la ville de Jérusalem avec ses remarquables édifices de tous les âges du monde, et vers le sud elle se repose sur les montagnes boisées du Béït- Djâlâ et les riants alentours de Bethléem.

Hôpitaux. — Il existe dans les mutésarriflik de Jérusalem 22 hôpitaux et hospices, de vieillards, d'incurables, d*enfauls trouvés, etc., possédant en totalité 665 lits, avec un personnel spécial de 144 hommes et 105 femmes, comme suit:

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MUSULMANS

Les hôpitaux musulmans sont au nombre de 3, dont 2 à Jérusalem et 1 à Gazza, comme suit :

A Jérusalem :

1** Un hôpital militaire, intra muros, dans la citadelle située à la porte de Jaffa, à Tentrée du quartier arménien ; les murs sont ceux de l'enceinte même, qui s'élève à cet endroit audessus du nouveau marché aux bœufs, vaste et pittoresque emplacement d'où la vue domine tout l'ensemble de la route de Bethléem. Ce petit hôpital, bâti en 1892 à l'intérieur du fort, lors de l'agrandissement de la caserne qui fut alors exhaussée d'un étage, possède 24 lits. Il est desservi par un personnel militaire composé d'un médecin, 1 chirurgien, 1 pharmacien et iO infirmiers. Il y a été admis, en 1894, 550 malades ; la mortalité a été de 40 hommes. La visite a lieu tous les jours. Il s'y présente dans le cours total de l'année environ 1 .000 soldats.

2** Un hôpital municipal, fondé en 1891, extra muros, sur la route de JafTa. La municipalité de la ville y entretient 40 lits, dont 20 pour les hommes et 20 pour les femmes, avec un personnel spécial composé d'un directeur, 1 économe, 1 médecin, 1 chirurgien, 1 pharmacien, 3 sœurs de charité, 7 infirmiers et 1 infirmière. Il y a été admis 890 malades appartenant à toutes les communautés, en 1894, sur 1.600 qui s'y sont présentés à la visite qui a lieu trois fois par semaine. La mortalité a été de 50 personnes. Les dépenses annuelles sont évaluées en moyenne à 27.000 fr.

2* A Gazza :

L'hôpital civil récemment créé dans cette ville par le gouvernement local du caza du même nom, dont elle est le chef-lieu, contient 20 lits. Son personnel se compose d'un directeur, 1 médecin et 4 infirmiers. La dépense annuelle, estimée en moyenne à 30.000 piastres (environ 7.000 fr.) est garantie par un droit de 4 paras (0 fr. 023) par çilé (37 litres) de céréales exportées de Gazza.

CATHOLIQUES

Les catholiques latins ont à Jérusalem 3 établissements de charité pour les malades et infirmes (dont 1 hôpital, 1 hospice de vieillards et d'enfants abandonnés des deux sexes, et 1 hospice d'incurables, également pour les deux sexes). A Bethléem, ils ont 1 hôpital, ainsi qu'à Jaffa, soit en totalité, comme suit :

A Jfj'usalem (établissements français).

1° Hôpital Saint-Louis^ fondé en 1852 par M. le comte de Piellat, de Lyon. Cet hôpital est situé hors la ville, et près des murailles; on y compte actuellement 50 lits, dont 35 pour les hommes et 15 pour les femmes. Il est desservi par 10 religieuses de Saint-Joseph de l'Apparition, ayant à leur disposition 4 infirmiers et 1 infirmière. L'hôpital et la pharmacie sont sous la direction d'un médecin français et de la supérieure des sœurs. Trois fois par semaine, il y a consultation donnée, à tous ceux qui se présentent, par le médecin, sur l'ordre duquel les malades sont admis sans distinction de culte ni de nationalité. Les autres jours, les sœurs reçoivent et soignent les malades externes au dispensaire.

Il a été admis, en 1895, 1.215 malades; la mortalité a été de 8 personnes ; 40.020 personnes ont été soignées au dispensaire. La dépense totale, dans la même année, s'est élevée à 25.700 fr. Cet hôpital vient d'être exhaussé d'un étage.

2« et 3** Hospice de vieillards et d'enfants abandonnés et hospice ^incurables, fondés à partir du 2 février 1889, par les « Filles de la Charité ». Chacun de ces établissements contient 20 lits, et tous deux sont destinés aux infirmes et autres nécessiteux des deux sexes. Ils sont desservis par 5 sœurs de charité assistées de 2 infirmiers et de 2 infirmières. Situés à la porte de Jaffa, ces établissements, auxquels est adjoint un dispensaire et par conséquent une pharmacie et un médecin, jouissent d'un air pur et d'une vue pittoresque sur de vastes horizons.

Les « Filles de la Charité » visitent en outre à domicile tous les nombreux malades qui les appellent, et vont deux fois par

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semaine à la léproserie de Jérusalem, située à Siloé^ panser les lépreux et leur donner du linge blanc, de la charpie, ainsi que divers autres secours proportionnés aux ressources dont elles peuvent disposer.

Ces religieuses ont fait connaître leur intention de bâtir une léproserie à leurs frais, dès que leurs principaux établissements précités seront tout à fait achevés. Déjà plusieurs bienfaiteurs leur ont envoyé, à cet effet, des sommes d'argent pour la fondation de cellules au prix moyen de 1 .000 francs chacune.

2* A Bethléem (établissement français).

Hôpital de Saint- Vincent de Paul, fondé en 1887, par les « Filles de la Charité », comprenant 20 lits. Personnel : 1 médecin, 6 sœurs de la Charité, 3 infirmiers. Les malades sont admis, surTavisdu médecin, sans distinction de culte ni de nationalité.

Les religieuses de la maison de Saint-Vinceut de Paul vont chaque jeudi soigner les malades à Hébron (Khalil èr-Rahman).

3^ A Ja^a (établissement français).

Hôpital Saint-Louis^ fondé en 1880 par M. Guimet, de Lyon. Cet établissement, dirigé par un prêtre de Lyon, est desservi par un médecin français et six sœurs de Saint-Joseph deFApparition, assistés d'un infirmier et d'une infirmière. Les lits sont au nombre de 30. Des consultations gratuites sont données par le médecin trois fois par semaine à tous ceux qui se présentent. Les autres jours, des soins sont donnés par les sœurs aux malades de tous les cultes et nationalités qui viennent au dispensaire annexé à l'hôpital Saint-Louis.

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