PROTESTANTS
Les protestants anglais ont à Jérusalem un hôpital spécialement destiné au traitement des ophtalmies.
L'hôpital ophtalmO'thérapique^ fondé en 1884 par la branche anglaise de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ne compte que 17 lits. 10 de ces lits sont destinés aux hommes et les 7 autres aux femmes. La plupart des malades qui se présentent aux consultations médicales, données trois jours par semaine, y reçoivent aussitôt les soins nécessaires à leur état, rarement assez grave pour rendre leur admission dans le service intérieur indispensable.
Le personnel de cet hôpital se compose de 1 directeur, 1 chirurgien-oculiste, 1 pharmacien, 2 infirmiers et 3 infirmières. II a été donné, en 1895, 12.914 consultations gratuites; sur ce nombre, 459 malades ont été admis. Les dépenses ont été, durant cette même année, de 30.600 fr. Les malades de toutes
les religions sont reçus à Thôpilal anglais ophlalmo-thérapique.
De leur côlé, les prolestants allemands possèdent à Jérusalem 2 hôpitaux fondés par la communauté des « Sœurs Diaconesses », l'un en 1848 et l'autre en i894. Le premier dispose de 40 lits, soit 24 pour les hommes et 16 pour les femmes, ainsi que d'un personnel comprenant 1 sœur directrice, 1 médecin, 1 sœur pharmacienne, 5 autres sœurs assistées, pour les divers services de l'hôpital, par 2 infirmiers et 6 infirmières. Il a été donné, 4 jours par semaine, en 1895, dans cet établissement, des consultations gratuites avec médicaments, pansements et autres soins également gratuits, à 15.000 personnes de tous les cultes, et il en a été admis 600 à l'hôpital. La mortalité a été de 24 personnes en cette même année, et la dépense totale s'est élevée à 25.000 fr.
Le nouvel hôpital allemand des « Sœurs Diaconesses » reçoit également, soit à la consultation médicale, soit dans ses divers services intérieurs, des malades de tous les cultes. Il dispose de 70 lits. Son personnel se compose d'une sœur directrice, 1 médecin chirurgien, 1 sœur pharmacienne et 4 sœurs employées aux services divers avec l'assistance d'un seul infirmier. On ne connaît pas encore, vu sa fondation toute récente, le chifTre de ses consultations gratuites, de ses admissions, ni celui de ses dépenses annuelles.
Outre ces deux hôpitaux, les Allemands possèdent encore, à Jérusalem, hors la ville, une léproserie fondée en 1867 par M™° la comtesse Kéfenbring-Acheraden. On y reçoit les lépreux sans distinction de race ni de culte, à l'exception des Israélites. Les admissions qui ont lieu, ainsi que les consultations gratuites, une seule fois par semaine, sont en moyenne de 10 et la mortalité de 4 par an. Le personnel comprend : 1 directeuréconome, 1 médecin, 1 sœur pharmacienne et 4 sœurs pour le service des malades, disposant à cet effet de 2 infirmiers. Le nombre des lits est de 50, soit 25 pour les hommes et 25 pour les femmes. Les frais généraux se sont élevés à 20.104 fr.
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ISRAÉLITES
Les israéliles ont à Jérusalem, seule ville du sandjaq où leur communauté soil 1res nombreuse, 4 hôpitaux dénommés comme suit :
1 ** — Hôpital anglais ; 2« — Misgab'Ladach ; 3^ — Ducour Holim ; 4o — Meyer Rothschild.
1° V Hôpital anglais^ fondé en i838 par la « London Jews Society » est situé dans le quartier Israélite, au sud-est de la ville. Cet établissement dispose de 26 lits, dont 12 pour les hommes et 14 pour les femmes. Le personnel comprend: 1 directeur, 2 économes, 2 médecins, 3 pharmaciens, 1 élève en pharmacie et 3 surveillantes du service des malades, ayant sous leurs ordres 3 infirmiers et 3 infirmières. Il y est admis chaque année, en moyenne, 1.100 malades des deux sexes; la mortalité est de 20 à 25 personnes par an. Les consultations ont lieu tous les jours, excepté le samedi ; il s'y est présenté 35.000 malades en 1895. En cette même année, les dépenses se sont élevées à 49.320 fr.
L'Hôpital anglais de la « London Jews Society » est exclusivement destiné aux israéliles, tant en ce qui concerne les consultations gratuites que les admissions. II en est de même dans les autres hôpitaux israéliles de Jérusalem, excepté celui de Meyer Rothschild, où les consultations sont pour tous.
2^ Misgah'Ladach, l'hôpital des israéliles espagnols, dits « Sephardim », parmi lesquels sont comptés les Marocains (Moghrcbins) et les Yéménites, a été fondé en 1889 par le « Comité des Dix », institué par les divers rites de la communauté Israélite de Jérusalem pour gérer leurs intérêts communs. Cet établissement dispose de 24 lits, soit 12 pour les hommes et 12 pour les femmes, et d'un personnel qui se compose d'un directeur, 1 économe, 1 médecin, 1 chirurgien, 2 pharmaciens,
3 infirmiers et 3 infirmières. Durant l'année 1894, il s'y est présenté aux consultations médicales, qui ont lieu trois fois par semaine, 4.570 malades; sur ce chiffre, 550 ont été admis; la mortalité a été de 35 personnes. Les dépenses de la même année ont été de 13.597 fr.
3^ Ducour Holim^ hôpital des israélites non espagnols, dits Achkénazim et au nombre desquels figurent aussi les Karàiles qui n'ont pas accepté le Talmud et ne reconnaissent que les livres de Moïse. Cet hôpital, comme le précédent, a été fondé par le <( Comité des Dix » ; sa fondation remonte à Tannée 1864. Le nombre des lits de cet hôpital est de 50, dont 27 pour les hommes et 23 pour les femmes. L'administration est confiée à
4 directeurs (sans doute 1 pour chacun des rites principaux qui se partageaient cet établissement avant 1889, date de la création de iH/w^aô-ZarfacA) assistés d'un économe. Les autres services sont effectués par 2 médecins, 2 chirhrgiens, 3 pharmaciens dont un élève, 5 infirmiers et 9 infirmières. Les consultations gratuites ont lieu trois fois par semaine. En 1895, il s'y est présenté 12.349 malades; 781 ont été admis. La mortalité a été de 71 personnes. Les frais généraux, en cette même année, ont atteint la somme totale de 62.700 fr.
4" L'hôpital Meyer Rothschild^ fondé en 1854 par celui qui lui a donné son nom, dispose de 24 lits, soit 12 pour les hommes et 12 pour les femmes, avec un personnel se composant de 1 directeur, 1 économe, 1 médecin, 4 pharmaciens dont 3 élèves, 4 infirmiers et 4 infirmières. 11 y a été admis, en 1894, 968 malades israéhtes sur 14.623 personnes qui se sont présentées aux consulations, données trois fois par semaine à tous, sans distinction de religion ni de nationalité. La mortalité a été de 16 sur les 968 précités. Le montant total des dépenses de cet établissement, durant Tannée entière, n'a pas dépassé 22.500 fr.
Outre ces quatre établissements, les israélites de la Palestine comptent dans leurs colonies agricoles de « Rohoboth » et de « Zikaron-Jacob » deux autres hôpitaux.
L'hôpital de Rohoboth dispose, pour un nombre de 200 co-
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Ions, de 10 lits avec un personnel composé d'un économe^ 1 médecin, 1 chirurgien, 1 pharmacien et 2 infirmiers. Les admissions ont été, dans tout le cours de Tannée 1895, de 20 malades alités, et le nombre des consultations données par le médecin durant le même espace de temps, tous les jours excepté le samedi, s'est élevé à i 15. La mortalité a été nulle.
A Zikarori' Jacob, pour 800 colons, l'hôpital contient 20 lits. Il est administré, comme celui de Rohoboth, par un économe et desservi par un personnel spécial tout semblable, si ce n'est qu'on y compte, de plus, une sage-femme. Il s'est présenté à la consultation médicale donnée tous les jours de l'année, soit environ 313, déduction faite des samedis, 200 personnes, dont 15 ont été admises. La mortalité a été de 1 personne.
Les dépenses de ces deux hôpitaux n'ont pas été évaluées.
Ecoles. — L'instruction publique compte, dans le mulésarriflik de Qouds-i Chérif, 374 établissements scolaires de différents degrés, répartis entre les diverses communautés comme suit :
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MUSULMANS
Les écoles musulmanes, de beaucoup les plus nombreuses sinon les plus fréquentées, comprennent des ruc/idit/é (lycées) au nombre de 8, dont 4 fréquentés par 405 garçons et 4 par 260 filles. Chaque chef-lieu de caza possède 2 de ces lycées, 1 de garçons et 1 de filles. Ce sont des établissement de TÉlat, du ressort du ministère de l'Instruction publique. Leur programme est, pour les garçons, celui du lycée impérial de Galata-Séraï de Constantinople, lequel ne diffère en rien du programme des lycées en France, si ce n'est en ce qui concerne Tétude du Coran^ obligatoire pour les élèves musulmans, et celle des langues turque, arabe et persane. Les langues classiques sont le turc, Tarabe et le français. Tous les sujets ottomans, sans exception, sont admis dans ces lycées.
Le programme des lycées de filles ne diffère pas, en principe, de celui des lycées de garçons, mais il y est fait, dans la pratique, plus d'une dérogation. Les arts d'agrément y tiennent une place beaucoup plus importante, surtout la musique, et plus spécialement la musique instrumentale. L'enseignement des sciences et des lettres est basé, comme dans les lycées de garçons, sur le turc, l'arabe et le français.
Outre ces huit écoles secondaires, la communauté musulmane possède, dans les quatre cazas du sandjaq de Jérusalem, 234 écoles primaires. La presque totalité consiste en annexes de mosquées, dépendances du ministère du Culle^ où sont enseignés la lecture et la récitation du Qoran^ les éléments de l'arithmétique, l'arabe et le turc. Le plus petit nombre se compose d'écoles particulières, où renseignement, encore plus élémentaire, n'a pas d^aulre base que la langue arabe a vulgaire », bien que son principal objet soit aussi la récitation du Qoran.
Ces 234 écoles élémentaires sont fréquentées par 9.470 petits garçons, soit une moyenne d'environ 40 élèves par école.