‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 178 sur 190 · de Jérusalem · texte numérisé non relu

de Jérusalem

Piastres

Totaux". . .

Soit 121 navires, jaugea

.nt 4.181 tonneaux.

Dîmes et impôts. — Les revenus du mutésarriflik de Qouds-i Ghèrtf calculés sur une moyenne de cinq années, sont comme suit :

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MËHRÈZ-LIVA DE QOUDS-I CHÈRIF

(JÉRUSALEM

Orientation. Limites. — Le mèrkèz-liva de Jérusalem est situé au nord-est du mutésarriflik de même nom.

Il est limité au nord par le vilayet de Beyrouth, à Test par le Jourdain qui le sépare du vilayet de Syrie, et par la mer Morte, dont une moitié appartient à ce même vilayet et] l'autre moitié au mutésarriflik de Jérusalem; au sud, sa limite est le caza de Khaltl ër-Rahmân (Hébron), et à Touest le caza de Jaffa.

Superficie. — La superficie totale du mèrkèz-liva de Jérusalem est d'environ 2.200 kilom. carrés.

administrative. — Il est divisé administrativemenl en un caza, qui est Jérusalem avec ses dépendances directes, et un nakié, qui est Bëïl-Lahm (Bethléhem)^ et contient 127 villes, bourgs, villages et hameaux.

Il n'y a rien à ajouter ici à ce qui a déjà été dit (p. 515-520 sur la division militaire, les autorités civiles et religieuses, de Tensemble du mutésarriflik.

Population. — La population du mèrkèz-liva de Qouds-i Chèrtf, y compris son nahié de Bethléhem, est de 1 27 .000 habitants répartis par communautés comme suit :

Musulmans 60.200 hab.

Catholiques 18.106 —

Autres chrétiens 12.000 —

Israélites 33.794 —

Étrangers 2.900 —

Sur ce chiffre de 127.000 hab., 23.275 sont assujettis a la prestation pour la construction et Tentretien des routes carrossables.

Chef-lieu (Jérusalem). — Jérusalem, [en arabe : Qouds-i Chèrîf (noble et sainte)], chef-lieu du mulésarriflik et du mèrkèzliva de même nom, résidence officielle du mutésarrif, gouverneur du sandjaq, du mir-livâ (général de brigade), commandant en chef le détachement du 5* corps d'armée dont cette ville est le quartier-général. Jérusalem est le siège de toutes les autorités religieuses, civiles et militaires, de tous les services publics énumérés plus haut et qui pour cette raison ne saurait être ici l'objet que d'une courte description de son état actuel, complétée par quelques chiffres résumant ces mêmes chapitres en un petit nombre de lignes.

Il sera peut-être utile, à propos de localités moins connues, déjà décrites dans le cours de ce travail, de rappeler quelques faits non pas ignorés sans doute, mais oubliés peut-être, afin d'y rattacher les choses d'aujourd'hui. Jérusalem et la Palestine n'ont rien à sauver de l'oubli.

D'ailleurs, n'en fût-il pas ainsi, ce ne serait pas à nous qu'incomberait le soin de combler les lacunes: — assez de savants historiens, d'érudits archéologues, s'en chargeraient avec plus d'autorité. Notre programme, plus modeste, doit en général ne pas dépasser l'indication de l'état actuel du pays, de ses forces productives, et des moyens d'en tirer parti pour améliorer la situation.

628 MÈRKÈZ-LIVA DE QOUDS-I CHERIF

Population. — La population de la ville de Jérusalem, comprise dans le chiffre ci-dessous de celle du mèrkèz-liva, est actuellement de 51.000 hab., comme suit :

Mninlmans 10.000 hab.

! Latins 3.800 ] Grecs-uuis 50 f Arménien» caUiohques 25 l ^"^

^ Coptes catholiques, abyssin?, etc. 161 /

! Grecs et russes orthodoxes . . . 4.000 \ Arméniens gréfforiens 600 / Coptes non unis, abyssins, elc. . 270 ( Protestants 400 )

braélitM 80.794 -

Étranger! 900 —

Total. . . . 61.000 hab.

En 1887, d'après Liévin, la population de Jérusalem n'était que de 43.000 hab. Un dénombrement fait à la même époque donne un chiffre encore moins élevé, c'est-à-dire un total de 39.160 hab., chiffre qui était décomposé comme suit :

Musalmani 7.560 hab.

( Latins 2.000

OatholiquM . . . j Grecs-nnis 150 ^ 2.200

( Arméniens catholiques. . . 50

Grecs orthodoxes 400

Arméniens grégoriens ... 510

^^ ,^, . , Coptes 100 . , ^^.

Ohrétieni non unis. ^. Éthiopiens 75 ^ ^'^^^

Syriens 15

Protestants 300 ,

IiraéUtea 28.000

En adoptant le chiffre de Liévin, on trouve que la population de Jérusalem s'est accrue, en huit ans, de 8.000 âmes, soit en moyenne 1.000 par an. Avec les chiffres du dénombrement, la moyenne de cette augmentation s'élève à 1.480 par an, soit en totalité, pour les huit années, i 1 .840 habitants de plus.

Les communautés qui se sont le plus accrues dans cet espace de temps sont : la communauté grecque-orthodoxe, décuplée,

et la communauté Israélite qui grandit de jour en jour, surtout dans les cazas de Jérusalem, de Jaffa et d'Hébron, et acquiert en même temps plus d'importance et de considération par son application à l'étude, à divers métiers lucratifs et aux travaux agricoles. Ces nouveaux progrès, déjà considérables, sont dûs à rinilialive de V Alliance israélite universelle qui les poursuit avec une attention soutenue et n'épargne à cet effet ni les subventions, ni les démarches personnelles, fréquentes et régulières de ses membres. En ce moment même, un nouveau faubourg israélite s'élève et s'augmente avec rapidité à l'ouest de la ville de Jérusalem, entre la gare du chemin de fer et la porte de Jaffa, autour de l'hospice de Sir Montefiore.

La ville de Jérusalem est située par 31*'46' de latitude et 32''54' de longitude, sur une montagne qui s'élève du sud au nord où elle aboutit à un vaste plateau. Les principaux points culminants des quatre quartiers de la ville actuelle sont : dans le quartier musulman : Bèzètha au nord-est et le mont Moriah au sud-est (ait. 745 m. à la mosquée d'Omar =-qouhbét ès^Sakhrah)\ au sud et au sud-ouest le quartier juif et le quartier arménien s'élèvent sur le versant du mont Sion proprement dit (ait. 775 m. à la caserne turque); le quartier chrétien s'étend, au nord-ouest autour du Golgotha. De trois côtés, Jérusalem est entourée de vallées profondes qui sont : à l'est, la vallée de Cédron ou de Josaphat^ aujourd'hui Ouâdi-Sitti-Mariam (vallée S^-Marie) ; au sud, la vallée de Hinnom ou Ouâdi èr-Bèbâbi, dont la partie d'ouest, moins profonde, portait autrefois le nom de vallée de Gihon. Ces vallées sont elles-mêmes bornées par de hautes collines qui de loin masquent la ville.

L'enceinte fortifiée qui entoure aujourd'hui Jérusalem, correspond assez exactement, dit-on, aux murailles des rois latins. Les murs de 13 m. de haut sur un peu plus d'un mètre d'épaisseur, flanqués de tours partout où la profondeur du ravin n'en défend pas suffisamment l'approche, ont, du côté du nord, un développement d'env. 1.200 m., à partir de Qasr'Djdloùa (château de Goliath) où se trouvent situés, à l'intérieur, l'établissement des Frères des écoles chrétiennes et à l'extérieur

630 MÉRKÈZ-LIVA DE QOUDS-I CHÈRIF

JSotre^Dame de France, jusqu'à l'angle Dord-esl de Bèzètha. Ils s'étendent, à Test, au-dessus de la vallée de Cédron, en ligne directe jusqu'à l'angle sud-est du Haram èch-Chèrtf, emplacement de l'ancien temple de Salomon remplacé par la mosquée d'Omar, sur une longueur d'env. 850 m. Au sud, ils circonscrivent, (au-dessus à'Ophel^ du Tyropœon et de divers cimetières dont ils les séparent), les quartiers juif et arménien sur env. 1.200 m. de longueur. A l'ouest enfin ils forment un angle rentrant qui mesure, à partir du cimetière arménien jusqu'à son sommet, représenté par la citadelle et la porte de Jaffa, env. 450 m. De la porte de Jaffa à Qasr-Djdloûd, point de départ de tout ce circuit, on parcourt encore env. 300 mètres. Le développement total de l'enceinte fortifiée est donc approximativement de 4 kilom.

Ces murailles sont percées de huit portes, dont une est murée ; en voici Ténumération :

Bâb el'^Amoûd (dite^Porto de Damas) (1). Aa Nord . . ^ — éz-Zèhirèh (Porte d*Hérode). Cette porte était murée depuis la

couqaôte ottomaDe ; elle a été rouverte en 1893. Sitti'Mariam (Porte Saiot-Étienne).

èd'DhahHiyèh (Porte Dorée) murée.

èl-Moghâribèh (Porte des Mogrébios, Porte des ordures). èn-Sèbi Daoûd (Porte de Sion).

el'Khalil (Porte de Jaffa).

A rOaeit. . \ — èl-Djedid {Porte Neuve) ou Bâb *Abd ul-Hamid (Porte de Sultan

'Abd ul-Hamid.

Celte dernière porte a été récemment ouverte en face de Notre-Dame de France, depuis la construction des établisssemenls français.

L'enceinte actuelle de Jérusalem, attribuée à Solthân So/èh mdn èl'Qânoûn? {]e législateur, 1520-1566) a été, dit-on, construite en 1534, dix-sept ans après que son père Sélim 1" eut enrichi l'empire ottoman des villes de la Mèkke, Médine, Jérusalem et de toutes les autres possessions des Égyptiens en Asie (2).

(1) Les noms français qui figurent ici ne sont point traduits des noms arabes. Les uns et les autrps sont ceux en usage dans chacune des deux langues pour une même porte, mais leurs significations respectives ne sont pas les mêmes.

(2) Sollhân Sèlîm I«r avait Fait ces diverses annexions :

\o Grâce à sa victoire de Mèrdj^Dabik (prairie de Dabik) près d'Alep (16 rèdjèb

A rsit.

An Sud

Les principales rues de Jérusalem sonl : l"* du sud au nord^ de la porte de Sion à la porle de Damas, les rues Bâb Nèhi Daoûd (Porle du Prophète David), èl-Djèaiiânî, él-Mèslakh et èl-Yèhoùd^ qui par une série de ruelles suivant la même direction vont loutes rejoindre, entre le couvent grec de Saint-Caralambos et le bazar de THuile, la rue Bâb èl- Amoûd {Porte de Damas). Ces rues limitent à Test le quartier arménien et le quartier chrétien, et à l'ouest le quartier juif et le quartier musulman.

2* De Touest à Test, du couvent franciscain du Saint-Sauveur au tèkkè des derviches et à la prison d'État, ancien serai ou palais du gouverneur, se trouve la rue qui prend successivement les noms de Dèïr èl-FrèndJ, èl-Khânegâh, és-Sérdi.

3"* De Test à l'ouest, de la porte Saint-Étienne à la chapelle N. D. du Spasme, on voit la rue Bdb Sitti-Mariam (Porte de Notre-Dame-Marie) qui rejoint la rue ès-Sèrdï à l'arc de VEcce Homo (il y a un couvent du même nom aux Dames de Sion).

C'est dans le trajet parcouru par ces deux rues que se trouve la Voie Douloureuse ou Chemin de la Croix suivi par les pèlerins à l'imitation de Jésus-Christ. La première station est dans la conr de la caserne turque et les six suivantes, jusqu'à la Porte Judiciaire où finissait la ville, sont aussi dans le quartier musulman. Les Franciscains ont à cet endroit une chapelle dans un édifice en forme de tour carrée; on y garde une colonne quifaisaitpartiedel'ancienne porte monumentale, et surlaquelle, selon une tradition, Jésus lut l'affiche de sa sentence de mort, en vue de la montée du Calvaire qui est tout voisin. En effet, la quatorzième et dernière station du Chemin de la Croix, le

922=24 août 1516) sur Khansou Ghorî (avant-dernier prince bordjîte d*Egypte, 1501-1516) [voir, Hammer : Histoire de l'empire ottoman, t. IV» p. 276] ;

2» Grâce à sa victoire de Hidania ou d'Héliopolis (29 zî '1-hèdjdjèh 922 = 22 janv. 1517) sur Toumàn-bèk (dernier solthàn mamloùk bordjîte, 1516-1517) [voir, Ham- MBR : t. IV, p. 306], R[DANiAest une plaine et un village prèsd'Aadèliyèh, où passe la route de Birkèi èl-Hadjd au Caire, et à 10 kil. nord-est de celte ville. D'après Baboeker. Egypte, p. 102, cette bataille aurait eu lieu à Héliopolis (même endroit);

3« Par sa prise du Caire (11 moharrèm 923 = 3 févr. 1517) sur Toumân-bèk.

Enfin, grâce à la cession des Villes Saintes et des insignes du khalifat que lui fit alors Motèvèkkél 20« et dernier kbaitfe 'abbâsîde d'Egypte (1520-1538).

632 MÈRKÈZ-UVA DE QOUDS-J CHÈRIF

Saint-Sépulcre, n'est qu'à 150 m. de là, sous la grande coupole. i^ A la porle de Jaffa commence une quatrième rue qui peut compter parmi les principales : de Touest à Test, de la porte de Jaffa à la mosquée d'Omar, celle rue change deux fois de nom: depuis son point de départ jusqu'au bazar, on l'appelle èl-Bizdr (le bazar) et là elle prend le nom de la porte ès-Silsilèh par laquelle elle aboutit au Haram èch-Ghèrtf. Cette rue limite au sud les quartiers chrétien et musulman, et au nord les quartiers arménien et juif.

Mosquées. — Les musulmans ont à Jérusalem huit mosquées principales qui sont :

1° — Dans le Haram èch-Chèrî/, trois édifices : Qoubbét èS'Sihilèh^ Qoubbèt ès-Sakhrah^ et la mosquée de èl-Açsd.

On pénétrait autrefois dans le Haram èch-C/ièrif^avlB, porte Dorée située à Test, au-dessus de la vallée deCédron ou de Josaphat {Ouddi Sitti-Mariam). Ainsi qu'il est déjà dit plus haut, (p. 630) cette porte est aujourd'hui murée. Selon l'opinion la plus générale, le Haram èch-Chèrîf est un monument de l'époque d'Hérode, mais beaucoup d'archéologueslefontremonterjusqu'à Salomon, du moins pour quelques parties. Quoi qu'il en soit, c'est un précieux reste de l'antiquité partagé par deux belles colonnes de marbre en deux nefs de 3", 85 de largeur, surmontée chacune d'un petit dôme. Une belle frise sculptée court à l'intérieur au-dessus des deux pilastres sur lesquels s'appuient les côtés de la voûte.

Quant à la mosquée àÀi^cCOmar, c'est un monument de style arabe spécialement élevé pour le culte musulman en 688 et terminé en 691, sous le règne d'Abd ol-Mèlèk èbn Mérouân, cinquième khalife de la dynastie des Emèvi que nous appelons Oméyyades,

Ce magnifique édifice repose sur une plate-forme plus haute de 5 mètres que le niveau général du Haram hch-Chhrif, mesurant du nord au sud 153 m., de Test à l'ouest 133 m et dallée en marbre blanc. On y accède par huit perrons conduisant à d'élégants portiques inégaux de cinq à sept colonnes. La mos-

quée, de forme octogone, a 53 m. de diamètre aux angles et 49 'm. de diamètre aux côtés qui sont larges de 20 m. Le diamètre de la coupole est de 18 m. et la hauteur du monument de 30 m. Le dôme n'est pas surbaissé comme ceux des églises byzantines et des djâmï turcs de Gonstantinople, mais au contraire il est surélevé comme la plupart des dômes arabes et persans. La décoration extérieure, suivant Tusage oriental, est en briques et tuiles émaillées du plus séduisant effet, à partir du soubassement en marbre blanc de 2 m. de hauteur jusqu'en haut du dôme primitivement revêtu de lames d'or.

A rintérieur, des vitraux aux couleurs vives et harmonieuses ne laissent pénétrer qu'une lumière douce et mystérieuse dans la double enceinte [concentrique de piliers et de colonnes de marbres précieux, à travers les grilles ouvragées 'qui entourent et protègent la roche es- Sakhrah. Cette roche, placée au centre de Tédifice, sous une tente de soie, est l'objet de la profonde vénération des musulmans. Elle n'était pas moins vénérée des chrétiens qui consacrèrent la mosquée d'Omar au culte catholique dès la conquête de Jérusalem en 1099 par les croisés latins, jusqu'en 1187, date de la reprise de cette ville parle sultan èyyoûbîte Salah èd-Dîn (Baladin). En effet ce prince, après avoir démoli les constructions élevées parles chrétiens dans l'enceinte du Haram èch-Chèrif, dépouilla la roche ès-Sakhrah des marbres rares dontles rois de Jérusalem l'avaient revêtue pour la mettre à l'abri sous cette riche parure, et la fit laver à l'eau de rose. La vénération des musulmans repose sur un épisode de la vie d'Adam. Celle des chrétiens s'appuie sur une supposition d'après laquelle ce serait là qu'était le saint des saints, dans l'ancien temple de Salomon.

La mosquée ès-Sakhrah, Aile mosçuée d'Omar, a quatre portes, qui sont : au nord, la porte du Paradis ; à l'est, la porte de David ; au sud, la porte de la Prière; et à l'ouest, la porte du Couchant.

Le mimbèr, sorte de chaire où se fait la lecture publique du Qorân^ est adossé à l'un des huit portiques précités, hors de la mosquée, disposition tout exceptionnelle qui nuit beaucoup à la conservation de ce remarquable spécimen de l'architecture

634 MÈRKÈZ-LIVA DE QOUDS-I CHER IF

arabe, dont les ornements délicatement sculptés se dégradent.

Tout près de la mosquée ès-Sakhrah, à Test, on remarque un petit dôme supporté par des colonnettes, c'est le qoubbét ès-SiUilèh^ gracieux édicule à dôme surbaissé, vulgairement connu sous le nom de Mêhkèmèh Daoûd (Tribunal de David).

2** — A 150 m. environ plus loin, adossée au mur du sud du Haram èch-Chhrif, dominant l'antique Ophel, le Ouâdi Sitti- Martam et le Kèfr Siloam (Siloé), s'élève la mosquée èl-Açsâ (la plus éloignée), nom qui peint on ne peut mieux sa situation extrême, au bord de l'abîme. C'est une ancienne église byzantine, bâtie en 530 par Justinien, en Thonneur de la Sainte Vierge. Lors de la conquête arabe, le khalife Omar voulut y faire la prière, et parce fait seul elle fut acquise au culte musulman. Cet édifice a subi à dififérentes époques et pour diverses causes de très nombreux remaniements, malgré lesquels il n'a pas entièrement perdu son caractère primitif de basilique chrétienne du VI' siècle. Il est actuellement composé de sept nefs dont les trois centrales seules datent de sa fondation ; sa profondeur est de 90 m. et sa largeur 60 m. L'entrée principale, au nord, est précédée d'un porche voûté, du temps des croisades, composé de sept arcades sur une de profondeur, et modifié sous les sultans èyyoûbîtes. L'antique abside a été démolie à la suite d'un tremblement de terre et le monument entier consolidé au moyen d'énormes substructions, de murs percés de fenêtres et supportés par des colonnes, coupant dans sa longueur chaque bras du transept. Les parois de la coupole, qu'on admire, ainsi que le mihrdb élevé sur l'emplacement même où le khalife Omar fit sa prière, ont été revêtus de tuiles peintes sur émail et dorées. Le //r/V?<^^V (chaire pour la lecture du O^rtfw) est très remarqué pourson grand style oriental et sa riche ornementation. Parmi les curiosités qu'on montre aux visiteurs, il faut citer les colonnes de n'ipjeuve^ situées à l'extrémité du transept occidental. Selon la tradition locale, celui qui réussit à passer entre ces deux colonnes gagne le paradis. Près delà, on montre une salle voûtée appelée : salle d'armes des Templiers.

Vers l'extrémité sud de l'ancienne église, les pèlerins chré-

tiens sont admis à vénérer l'empreinte d'un des pieds de Jésus- Christ, et à peu de distance, à l'est, on leur fait visiter une chambre souterraine nommée Sdidnâ-Aïssa, où la Sainte Vierge , suivant une tradition musulmane, s'est reposée durant plusieurs jours avec Jésus enfant. C'était, dit-on, la maison du vieillard Siméon.

La mosquée A'èl-Aqsâ est connue des chrétiens sous le nom d'église de la Présentation de la Sainte Vierge.

3® — La mosquée du Chèikh-Ldlàmi se trouve située dans le quartier latin, près du couvent franciscain du Saint-Sauveur, du couvent grec de Saint-Michel et de la Casa Nuova des Franciscains, localités déjà décrites (pp. 527, 537 et 543).

4« — Une autre mosquée du Chèïkh Ldlàmi, dédiée par le même personnage et renfermant son tombeau, s'élève sur le mont des Oliviers. Ce petit édifice octogone, de 6°*,60 de diamètre, est bâti sur l'emplacement de l'Ascension de Notre-Seigneur; sa construction date duxiir siècle, comme en font foi le style même de la mosquée et le témoignage de Willebrand d'Oldenbourg, qui l'a visitée en 1211.

Cette mosquée à remplacé trois églises catholiques successivement détruites par les musulmans. La première, édifiée (vers 327) par l'impératrice Hélène, mère de Constantin le Grand, a été citée plusieurs fois par saint Jérôme et visitée par sainte Paule. L'évêque Arculphe a décrit la seconde qui avait été bâtie par Modestus(l) ; elle était de forme circulaire et sans voûte. La troisième, octogone comme la mosquée actuelle, avait été élevée par les rois latins de Jérusalem, en style normand, dit gothique; on voit encore les bases des huit colonnes qui en garnissaient chaque angle.

Après la démolition de l'église des Croisés, le chèïkh Lâlâmi construisit sur ses vestiges la mosquée actuelle et la dédia, dit-on, comme les églises auxquelles elle succédait, à l'Ascension du Sauveur Jésus. Quoi qu'il en soit, c'est avec un soin

(1) MoDBSTus, abbé du couvent de Tbéodose {d^r Doffi) près de Betbléhem, administra rÉglise de Jérusalem pendant la conquête de Zacharie (615) et lui succéda. Voir : Mislin : Les lieux saints, tome 11, p. 243 ; Gurkin : Jérusalem, p. 132.

636 MÊRKÊZ-LIVA DE QOUDS-I CHÉRIF

extrême qu'on y conserve pieusement, dans un encadrement de marbre, Tempreinle du pied gauche à^ Notre-Seigneur. Mon seulement les pèlerins chrétiens sont tous admis à l'adorer, mais encore, un seul jour de Tannée, il est vrai, le jour de l'Ascension, il est permis aux religieux Franciscains de dresser dans la mosquée, parée à cet effet, des autels portatifs etdy célébrer publiquement leurs offices. Les cérémonies du culte catholique, les chants, les prières ont lieu d'ordinaire, dès la veille de la fête au soir, jusqu'au lendemain vers une heure oa deux de l'après-midi.

S"* — Au sud-est de la ville, à l'intérieur du quartier juif, près de la porte des Mogrébins, non loin des murs de Salomon, restes de l'ancienne enceinte du temple, on entrevoit la mosquée (TAboû Modiân.

6° — Sur le mont Sion, au sud-ouest, sur l'emplacement du saint Cénacle, à peu de distance de la porte appelée en français Porte de Sion el en arabe bâhèn-Nèbi Daoùd {porie du Prophète David), est située la mosquée de David où se trouvait, selon la tradition musulmane, le tombeau du roi-prophète. C'était jadis une église chrétienne, établie d'abord par les fidèles, avant le règne de l'empereur Adrien. Sous Constantin -le-Grand, sa mère l'impératrice Hélène y fît construire (vers 325 ou 327) une église à deux étages, conformément aux dispositions de l'oratoire primitif. 11 ne restait de l'église édifiée par l'impératrice Hélène (morte en 328) que des ruines lors de la conquête de Jérusalem par les Croisés, qui élevèrent à leur tour au même endroit une église à deux étages, ruinée en 1 187 ^dx Solthân Salah èd-Din (Saladin). En 1313, les religieux Franciscains, aidés parla reine Sanche, femme de Robert, roi de Sicile, obtinrent par un traité, la propriété de cette partie du mont Sion (voir p. 527). Ils y bâtirent un monastère et une église plus petite que celle des Croisés, près de laquelle une dame de Florence fonda un hôpital. Mais, en 1561, les habitants de Jérusalem s'émurent contre les religieux et les firent chasser du mont Sion. Depuisce temps, l'église des Franciscains est convertie en mosquée et ses dépendances sont habitées par des familles musulmanes. Toutefois, il n'est pas

très difficile d'obtenir la permission de visiter les salles de l'étage supérieur, réservées au culte musulman, et môme d'y prier. Elles sont assez bien conservées, et, à peu de chose près, dans le même état qu'au départ des religieux, il y a plus de trois siècles. Quant aux endroits habités, aussi bien sacrés cependant pour les chrétiens que pour les musulmans eux-mêmes, leur accès demeure interdit.

70 — pr^g ^Q bazardes gratins, on peut encore visiter la très intéressante mosquée du Cheikh- Loulou^ et

8"" — Dans le voisinage du grand bazar : la mosquée h-QorànL

Eglises. — Les églises et chapelles actuellement entre les mains des diverses communautés chrétiennes, soit dans la ville de Jérusalem, soit à proximité, sont assez nombreuses. On en compte aulant et plus que de sanctuaires célèbres vénérés simultanément presque tous ou du moins pour la plupart, non seulement de tous les chrétiens, mais aussi des musulmans et même des israélites, lorsqu'il s'agit de quelque lieu sanctifié parles prophètes et les patriarches de Tancienne loi.

Tous ces lieux saints ont déjà été énumérés plus haut, aux chapitres concernant les couvents et les hospices. Il ne reste plus qu'à donner ici, concernant les principaux, des détails complémentaires qui présenteront le plus d'intérêt :

La basilique du Saint-Sépulcre, située dans le quartier chrétien, contient dans son enceinte le Calvaire et les cinq dernières stations du Chemin de la Croix, marquées par des chapelles spéciales. La première occupe le sommet du Calvaire ; c'est là le lieu de la dixième station où, sur la place aujourd'hui pavée en mosaïque, Jésus fut dépouillé de ses vêtements. Par là fenêtre grillée du fond on voit la chapelle de la Compassion qui appartient aux Franciscains ; on peut y pénétrer à toute heure, quand l'église est fermée, et à travers la grille prier en union avec Marie dans le lieu même où elle assista au crucifiement de son fils. Sous la chapelle de xMarie, il existe une seconde chapelle appartenant aux Grecs et dédiée à la pécheresse Marie l'Égyptienne,

qui se convertit à cette place vers Tan 383, le jour de la fête de

638 MÈRKÈZ-LIVA DE QOUDS-I CHÈRIF

TExallalion de la Sainte-Croix et fît pénitence pendant quaranteneuf ans dans le désert où elle mourut à Fâge de quatre-vingts ans.

Un peu après la chapelle de la dixième station se trouve Taulel élevé à Tendroit où Jésus fut cloué à la croix. Cette chapelle appartient aux Latins et les catholiques seuls ont le droit d'y célébrer. C'est là qu'on baise la croix à Toffice du Vendredi Sainl.

Non loin de là, vers la gauche, est un autel appartenant aux Grecs. Il occupe Tendroil où la croix fut dressée. Dans un enfoncement à droite, une grille, posée sur une ouverture ménagée dans le pavé de marbre, laisse voir la fente de rocher à travers laquelle les gouttes du sang du Christ tombèrent, (selon la tradition rappelée par la tête de mort du crucifix), sur le crâne d'Adam. On peut descendre, pénétrer dans la chapelle souterraine dédiée au premier homme et voir de près la fente longitudinale du rocher, correspondantà l'ouverture horizontale où fut plantée la croix. A l'entrée du caveau (TAdam^ on remarque les tombes violées de Godefroy de Bouillon et de Baudouin, premiers rois francs de Jérusalem.

D'après plusieurs traditions vénérables, le corps d'Adam, pieusement recueilli avant le déluge, fut remis, au sortir de l'Arche, à Sèm, fils aîné de Noé (considéré par ces mêmes traditions comme ne faisant qu'un seul et même personnage avec le prêtre Melchisédech), qui plaça ces précieux restes dans le tombeau du Calvaire.

Entre le lieu du crucifiement et celui de l'érection de la croix, se trouve un petit autel dédié à Marie ; il appartient aux Latins. C'est là que la mère de Jésus reçut le corps de son fils inanimé; c'est aussi là que se fait la treizième station du « Chemin de la Croix. »

La Pierre de rOnction, sur laquelle le corps de Jésus fut, suivant la coutume, enveloppé dans des linges avec des parfums, est la première chose qui frappe les regards en entrant dans la basilique; il est d'usage que tout d'abord on aille s'agenouiller devant cette pierre et la baiser. Aux jours solen-

nels, le patriarche, précédé de son clergé, s'y arrêle et Tencense,en mémoire de TembaumemeDl du corps du Sauveur par Nicodème et Joseph d'Arimathie.

La quatorzième et dernière station du « Chemin de la Croix » est le Saint-Sépulcre même. Cette station se trouve être en. même temps la deuxième de la procession que les Pères Franciscains font quotidiennement autour de la basilique. Le Saint- Sépulcre est renfermé dans un petit monument complètement isolé du reste de l'église et situé sous la grande coupole de la basilique. Construit par les Grecs orthodoxes en 1811, cet édicule repose sur une plateforme, élevée de 39 centimètres audessus du sol et partagée en deux marches à Test, où elle se prolonge devant l'entrée. De ce côté, la façade mesure en largeur 5™, 50 ; à l'ouest, le monument, dont la longueur est de 8 m., se termine en pentagone; sa hauteur est de 5"',50; il est revêtu de marbre jaune et orné de seize pilastres ; la façade est décorée de quatre colonnes torses engagées. Tout l'édicule est couronné d'une lourde balustrade masquant presque entièrement la partie inférieure du petit dôme russe en forme de bulbe qui surmonte la chambre du Saint-Sépulcre.

A l'intérieur, le monument est divisé en deux parties : la première, à l'est, est appelée la Chapelle de FAtige^ parce que c'est là, selon la tradition, que l'ange annonça la résurrection aux saintes femmes; cette chapelle est décorée de pilastres, de colonnettes, et revêtue de marbre blanc. Au centre, on voit, dans un cadre de ce même marbre, un fragment de la grosse pierre qui fermait l'entrée du sépulcre. A l'ouest, une petite porte cintrée, haute de i*",35 sur une largeur de 0™,77, taillée dans le roc, donne accès à la Chambre du Saint-Sépulcre^ seconde partie de ce petit édifice.

La chambre sépulcrale mesure V^.Ql de longueur sur 1"\93. Comme la Chapelle de rAnge,elle est complètement revêtue de marbre blanc, cachant le roc nu qui la constituait dans le principe, et qui existe encore aujourd'hui sous ce revêtement, quoique endommagé par des démolitions et reconstitutions successives. Le tombeau dans lequel fut déposé le corps de Jésus est

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taillé dans le roc vif le long de la paroi du nord el s'élève à 0",77 au-dessus du sol. Il a 2 m. de long sur 0°*,90 de large. Une arcade également creusée dans le roc le surmonte. Audessus pendent quarante-trois belles lampes allumées, dont treize appartiennent aux catholiques latins, treize aux Grecs orthodoxes, treize aux Arméniens et quatre aux Coptes. Vis-àvis est le caveau sépulcral de Joseph d'Arimathie, qui appartient aux Syriens.

Vers Test, en face de Tédicule où le Saint-Sépulcre est renfermé, se trouve située la grande chapelle des Grecs, séparée par une grille surmontée d'une grande arcade. A peu de distance de l'entrée, on remarque une rosace au milieu de laquelle un hémisphère indique le centre de la terre, conformément à une ancienne tradition, basée sur un texte du Psalmiste (Ps. LXXIII, v. 12). Adroite de la coupole, lB.chapelle de t Apparition rappelle une autre tradition, mentionnée dans la hturgie de l'Église de Jérusalem, et selon laquelle Jésus, au moment de sa résurrection, a fait sa première apparition à Marie^ demeurée pendant la nuit dans la petite maison du jardin de Joseph d'Arimathie, située à cet endroit. — La chapelle de l'Apparition appartient aux R. R. Pères Franciscains ; on conserve dans la sacristie, située à gauche en sortant, l'épée et les éperons de Godefroy de Bouillon.

La première basilique du Saint-Sépulcre fut bâtie sous Constantin le Grand; commencée en 326, elle fut inaugurée en 335. Khosro Pèrvîz, roi de Perse (1), la détruisit en 614.

Modestus, évêque de Jérusalem, remplaça en 628 cette magnifique église par quatre autres plus petites : i^T église de la Résurrection^ renfermant le Saint-Sépulcre; 2* l'église du Calvaire ; 3"* l'église de t Invention de la Sainte-Croix ; 4« l'église de la Très- Sainte-Vierge^ renfermant la pierre de l'Onction. Elles furent deux fois incendiées, puis ruinées en 1010 par le khalife fathimite Hâkèm bi-amri *llâh, sultan d'Egypte et de Syrie.

(1) II s'agit ici de Khosro Pèrvîz (bèn Hormouz, bèn Kèsrâ Anoûchîrèvàn, bèn Qobâd), 24« roi sas&nîde qui régna sur la Perse de 590 à 628. Ce fut en 571 sous le règne de son grand-père Anoûchirèvân que naquit le Prophète Mohammed. (Voir : Sacy, Mémoires sur diverses antiquités de la Perse, pp. 401 et 402.)

L*empereur GoDstantin Monomaque (1042-1054) les reconstruisit sous la même forme, c'esl-à-dire celle d'une rotonde et de trois églises séparées. Guillaume de Tyr (1183) parle de ces édifices et dit qu'ils étaient très pelits.

A la place de ces oratoires, les rois latins de Jérusalem élevèrent une grande et belle basilique renfermant dans son enceinte tous les sanctuaires révérés ci-dessus décrits. Ainsi que le constate une inscription conservée par Joh. Wirzburg et complétée par les études de M. de Vogué, l'église des Croisés fut consacrée le 15 juillet 1149, par le patriarche Foulcher, sous le règne de Baudouin III. On la reconnaît encore dans Tédifice actuel, quelque défigurée qu'elle soit, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, par les trop nombreuses modifications et additions qu'elle a dû subir au cours des siècles, par suite de restaurations indispensables après l'invasion des Khârèzmt en 1243 ; puis vers la fin du xv* siècle et dans le courant du xvn% durant le xviii*, en 1719, oti la coupole fut reconstruite et le clocher démoli ; et enfin après l'incendie de 1808. — Cette dernière restauration, fort imparfaite, en a nécessité une nouvelle en 1863, celle de la grande coupole, qui déjà menaçait ruine. Entreprise, ainsi qu'il a été dit plus haut^ aux frais communs de la Turquie, de la France et de la Russie, elle a été terminée en 1868. L'architecte de la coupole actuelle est un Français, M. Mauss; le peintre qui Ta décorée, M. Salzmann, est également un artiste français.

V église cathédf^ale des Latins fait partie de l'ensemble de la résidence du patriarche de cette communauté, peu nombreuse si l'on considère seulement le chiffre des sujets ottomans catholiques qui habitent à Jérusalem ou dans les autres villes et villages du mutésarriflik de Qouds-i Chèrîf, mais en réalité l'une des plus importantes si Ton veut bien tenir compte des diverses communautés religieuses établies dans tous les sanctuaires les plus vénérés de ce sandjâq, et des grands bienfaits qu'elles y répandent autour d'elles. Les moindres de ces bienfaits consistent dans la bonne et solide instruction qu'elles donnent à l'enfance et à la jeunesse, instruction le plus souvent gratuite, et dans

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les secours dévoués qu'elles prodiguent aux pauvres et aux malades. Ne doit-on pas prendre aussi en sérieuse considération, même à un point de vue purement matériel, les heureux résultats du mouvement de jour en jour plus accentué des pèlerinages qui donnent aux populations locales un nouveau bienêtre? Il n'est que juste d'ajouter que, depuis quelque temps déjà, la Russie orthodoxe est entrée avec honneur dans ce mouvement, et rivalise d'ardeur bienfaisante avec les nations catholiques, au grand avantage des habitants de la Palestine.

Le patriarcat latin, de son côté, reprenant après de longs siècles la succession efiFective des anciens patriarches de Jérusalem, a réalisé aussi, en bien peu de temps, de nombreuses et importantes œuvres. On peut facilement en apprécier la haute portée, ainsi que celle des œuvres de la Société impériale russe orthodoxe de la Palestine^ sa digne rivale dans cette lutte pieuse, en se reportant aux pages précédentes, aux chapitres des hospices (p. 542), des hôpitaux (p. 552), des écoles (p. 562), etc., où les unes et les autres ont été énumérées.

Le patriarcat latin, situé au nord-ouest de la ville, à 120 m. environ de la porte de Jaffa, près des murs de l'enceinte actuelle, s'étend sur une longueur totale de 100 m. et env. 25 m. de largeur moyenne. La cathédrale occupe l'extrémité sud-est de l'édifice, devant lequel elle s'avance de 50 m. en saillie vers le nord-est jusqu'à 25 m. de distance de la Casa-Nuova des Franciscains et à 50 m. sud-est des bâtiments des Frères des Écoles chrétiennes. C'est un grand et beau monument d'une architecture un peu massive, d'aspect imposant et sévère, à plusieurs frontons aigus encadrant, sur chaque façade, de hautes et larges verrières de forme ogivale, comme les portes et fenêtres de tout Tédifice. Les toits sont surmontés de la double croix patriarcale qu'on peut apercevoir de loin. L'église cathédrale du patriarcat latin est ouverte aux catholiques depuis 1848, date de l'envoi à Jérusalem, par le pape Pie IX, d'un patriarche résidant. Jusqu'alors, depuis la chute du royaume de Jérusalem, les patriarches latins avaient été dispensés de l'obligation de résidence.

Véylise de Saint-Jacques-le-Majeiir ^ magnifique monument

élevé sur le mont Sion, à l'endroit même où saint Jacques fut décapité sous Hérode-Agrippa (44 de J.-C), avait été construite ou relevée et embellie par l'Espagne catholique. Elle appartient aujourd'hui aux Arméniens grégoriens qui Tout enclavée dans leur grand couvent dont la description figure page 540, au chapitre des couvents. Le lieu précis de la décollation du saint apôtre est indiqué, dans cette église, par une chapelle latérale.

Tout près de là, également sur le mont Sion, la chapelle ar^ ménknne du Saint-Sauveur marque l'emplacement de la maison du grand-prêtre Galphe où eurent lieu l'interrogatoire de Jésus et le reniement de saint Pierre.

Une autre église du Saint-Sauveur se trouve au couvent franciscain de même nom, près de la maison de la Casa- Nuova, établissement hospitalier également franciscain, rue Dèir èl'Frènd;, dans le quartier chrétien. C'est dans cette église que M^ le cardinal Langénieux, archevêque de Reims, légat du Saint-Siège, prononça, en mai 1893, devant une nombreuse assemblée d'évêques et prélats des rites latin, grec- uni, maronite, syrien, chaldéen, arménien et slave, le discours d'ouverture du VHP congrès eucharistique. Ce congrès, le premier tenu à Jérusalem, eut lieu avec un grand éclat. Le cardinal légat fit son entrée solennelle par la porte de JafiTa, escorté par des évêques à cheval, précédé d'un porte-croix et suivi d'un porte-crosse également à cheval. Plus de mille pèlerins l'accompagnaient. La cavalerie turque précédait et suivait. A la porte de Jafifa, le légat fut reçu parle patriarche de Jérusalem et trente-huit évêques d'Orient et d'Occident. Il descendit de cheval, prit la mitre et la chape, et la crosse en main se dirigea vers le Saint-Sépulcre qui eut sa première visite. Il y fut encensé devant la pierre de « TOnclion » par le patriarche, et après avoir fait sa prière, donné la bénédiction et reçu le baisement de mains des prêtres et des pèlerins, il sortit de la basilique pour se rendre au patriarcat, lieu de sa résidence. A ce moment, le nombre des pèlerins, plus que doublé, dépassait deux mille. Les drapeaux de tous les consulats étaient déployés ; les armoiries du cardinal légat semblables à celles de Terre-Sainte, flot-

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taient au vent, peintes sur des oriflammes tout le long du parcours des rues suivies en procession parla multitude, acclamant le légat, chantant alternativement ïAve maris Stella^ le Magnificat et le Tu es PetruSj avec un enthousiasme indescriptible. Sur le passage du légat, depuis la porte de Jaffa et jusqu'au palais du patriarche latin, les troupes turques formaient la haie. Les séances du congrès furent tenues aux églises du Saint- Sauveur, de Sainte-Anne et de Notre-Dame de France ; le cardinal légat assista à toutes. La séance de clôture, tenue le samedi, vieille de la Pentecôte, fut particulièrement remarquable. Après plusieurs éloquents discours, entre autres celui de l'archevêque syrien de Bagdad, Me^*" Rahmânî, qui provoqua des applaudissements réitérés, le cardinal légat prit encore une fois la parole en un magnifique et entraînant appel à l'union, à Tunité, à la fraternité.

Enfin, le lundi de la Pentecôte, avant son départ, le cardinal légat vint, à 10"* 1/2 du matin, poser la première pierre de l'église « Notre-Dame de France » et prendre part ensuite à un banquet d'adieu. Une croix lumineuse, éclairée à l'électricité, brillait au fond de la salle, en face du légat* Le soir de ce même jour, cette croix lumineuse était élevée à la hauteur du toit et répandait ses feux sur la Ville Sainte, 'aux acclamations enthousiastes des populations.

S. M. le Sultan dont la haute protection n'a pas cessé d'entourer toutes les manifestations du congrès eucharistique de Jérusalem, a bien voulu conférer à M^^ le cardinal Langénieux la décoration de rOsmâniyèh de la classe la plus élevée, qui correspond au grade de grand'croix de la Légion d'honneur. On a compté jusqu'à trente évoques des églises orthodoxes assistant aux réunions du congrès. Ils se sont montrés généralement touchés de la sincère déférence qu'ont eue pour eux les catholiques, et la fraternelle et parfaite égalité que se témoignaient mutuellement les évêques des rites orientaux et occidentaux les a vivement impressionnés.

La grotte de l'Agonie^ h, Gelhsémani, était appelée aussi église du Saint-Sauveur, du temps des Croisades. Ce sanctuaire

appartient exclusivemenlaux Latins. Il a élé restitué aux Pères Franciscains en 1802, à la demande du maréchal Brune, alors ambassadeur de France à Constantinople. Un religieux franciscain est chargé de garder la grotte de l'Agonie, d'y célébrer la sainte messe^ d'y recevoir les pèlerins et de faire brûler les cierges offerts par leur dévotion. Une inscription placée audessus du maître autel est ainsi conçue :

HIC FACTVS SVDOR EJVS SICVT GVTTiE SANGVINIS DECVRRENTIS IN TERRAM

Un escalier a été pratiqué pour descendre dans la grotte que Ton a pavée en dalles; sa longueur est d'environ 8 mètres. Elle contient trois autels. Le jour y pénètre abondamment par une ouverture grillée pratiquée au milieu de la voûte naturelle du rocher.

A peu de distance de cette grotte, se trouvent la porte et l'enceinte, en bon état de conservation, du couvent des religieuses de CAuny que Godefroy de Bouillon fit construire au tombeau de la Sainte Vierge, Deux fèrmân impériaux, émanés en 1823 et en 1852 concèdent aux Latins le droit de célébrer les offices en ce sanctuaire très vénéré de tout temps. Cependant ils n'en ont rien fait jusqu'ici (page 523).

L'église de Notre-Dame de France, dont il est dit ci-dessus que S. E. le cardinal Langénieux a posé la première pierre en mai 1893, n'est pas encore tout à fait achevée, mais on y célèbre déjà depuis quelque temps le service divin. Il n'y a rien à ajouter ici à ce qui a été dit plus haut à ce sujet dans le chapitre des hospices de pèlerins (page 523).

V église de Sainte- Anne ^ fondation du cardinal Lavigerie appartenant aux Pères d'Afrique, a été suffisamment décrite au chapitre des couvents (page 523).

Il en est de même de ïéglise de Saint-Étienne, reconstruite par les RR. Pères Dominicains et de ïéglise de Œcce-HomOy propriété des Dames de Sion, ainsi que des autres églises catholiques de Jérusalem et de celles des Grecs et Russes orthodoxes,

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des Arméniens grégoriens et des aulres communautés chrétiennes non unies.

— Les principaux cimetières actuels de la ville de Jérusalem sont les suivants :

1» — Cimetières musulmans. — Le plus important de ces cimetières est situé à Test, sur la rive droite du torrent de Cédron ou vallée de Josaphat (en arabe Ouâdi Sitti-Mariam) au-dessous des murs du Haram èch-Ghèrîf. U s'étend entre les portes dites : bàb Sittt-Mariam ou de Saint-Étienne, bâb èl-Dhahèbiyèh ou Porte-Dorée, et bâb èl-Djènâïz. Le choix de cette situation est basé sur la croyance qu'au grand jour de la résurrection des morts le jugement dernier aura lieu dans la vallée de Josaphat. Le chemin par lequel y descendra le Juge suprême est indiqué par une base de colonne faisant saillie au faite du mur d'enceinte, vers l'angle sud-est, à l'extérieur, et que l'on nomme èt'thariq.

Un second grand cimetière musulman est situé au nord, à quelque distance du mur d'enceinte actuel (environ 150 ai.) entre la grotte de Jérémie et le couvent de Saint-Étienne des Pères Dominicains.

Il en existe encore un troisième au nord-ouest.

2!" — Cimetières chrétiens. — Les cimetières chrétiens sont situés au sud-ouest, hors de l'enceinte actuelle et du quartier arménien. Us s'étendent à partir de cette enceinte jusqu'à l'ancienne muraille et au delà, et descendent du mont Sion vers la vallée de Hinnom s'arrêtant à mi-côte, au bord de l'aqueduc inférieur d'èl'Bourèk ou des vasques de Salomon. Cet espace d'un peu plus de 300 m. de long sur une largeur de 200 m. environ entre bâb èn-Nèbî Daoûd (Porte de Sion) et l'angle sud-ouest de Tenceinte actuelle, comprend les cimetières arménien, latin, américain, grec et protestant.

3® — Cimetières israélit es. — Le grand cimetière Israélite est situé vis-à-vis du grand cimetière musulman, sur la rive gauche de la vallée de Josaphat Le choix de cet emplacement a été déterminé par des raisons analogues à celles qui ont poussé les

musulmans à établir leur cimetière principal sur la rive opposée. Beaucoup de pauvres Israélites étrangers viennent, au prix de grands sacriOces, mourir à Jérusalem afin de pouvoir être enterrés là au milieu de leurs ancêtres.

Les Israélites ont un autre cimetière, plus petit, près des anciennes murailles, à l'extrémité sud-est du vaste emplacement désigné par Thistorien Flavius Josèphe sous le nom de Tyropoeon.

Sur les pierres sépulcrales de ces cimetières sont gravées des inscriptions hébraïques tirées de la Bible et du Talmud.

Tombeaux des Rois, des Juges et autres anciens montunents judaïques. — Avant de quitter la vallée de Josaphat pour visiter les tombeaux des « Rois de Juda » {Qoboûr èl-Moloûk), ceux dits « des Juges » {Qoboûr él'Oouddt) et la vaste catacombe des « tombeaux des Prophètes w {Qoboûr èl'Ènbid)y il y a lieu d'indiquer ici brièvement quelques monuments funéraires isolés d'un haut intérêt historique situés dans cette vallée.

Le monument connu sous le nom de tombeau de Josaphat qui a donné son nom à cette même vallée concurremment avec celui de vallée de Cédron, plus ancien, ne semble pas devoir être le véritable tombeau de ce roi, car, d'après la Bible (III Rois, xxn, 51; Il Paralipomènes, xxi, 1) « il fut enseveli avec ses pères » et en effet, l'un des tombeaux des rois de Juda, objets de fouilles et d'études de M. de Saulcy, est attribué par lui à Josaphat.

Le monument généralement indiqué sous ce nom parla population locale se trouve à Test d'un autre édifice nommé par les musulmans tantourah Fèra'oun (bonnet de Pharaon) et par les israéhtes et les chrétiens tombeau d'Absalon, dans une sorte de petite cour adjacente à celui-ci. On ne voit plus aujourd'hui du prétendu tombeau de Josaphat que le haut d'un fronton orné d'élégants rinceaux et surmonté d'acrotères. Le reste du monument est enfoui sous les ossements que les habitants Israélites de Jérusalem jettent dans la cour.

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Le tombeau d'Absalon, silué du côté opposé devant la même petite cour, reçoit de chaque passant Israélite une pierre, un crachat et cette imprécation : « Maudit soit le fils qui se révolte contre son père! » Ce petit édifice à base massive taillée dans le roc au pied du mont des Oliviers, ainsi que sa petite cour, est surmonté d'une construction carrée dans sa partie inférieure, ornée de deux colonnes ioniques et de deux demi-colonnes sur chacune de ses faces, larges de 6", 80. La frise est dorique. Audessus court une corniche égyptienne. Le couronnement se compose d'un dé de 6™,33 de côté; plus haut s'élève une partie cylindrique terminée par un bouquet de feuillages représentant peut-être un chapiteau égyptien. L'ensemble du monument, d'une hauteur totale de 16", 30, est tout à lait disparate et ne rappelle en rien les belles constructions de l'époque de David. Si c'est là vraiment la colonne qu'Absalon, de son vivant, s'était fait dresser dans la vallée du Roi (Il Rois, xvin, 18), il faut croire avec M«^' Mislin que son état primitif a dû être modifié à différentes époques.

Tout près de ces deux tombeaux, un peu plus au sud, se trouve le tombeau deSaint-Jacques-le-Minew^ crypte composée d'un caveau carré de 4 m. donnant accès à trois chambres sépulcrales et précédée d'un portique d'ordre dorique de 6 m., à quatre colonnes. Les musulmans lui ont donné le nom de Divân-é Fèraoùn « Divan de Pharaon ». C'est là. selon la tradition, que saint Jacques le Mineur passa les trois jours de la Passion sans vouloir prendre aucune nourriture, là que le Sauveur lui apparut après sa résurrection, et lorsque le saint apôtre eut été précipité du haut du temple, c'est là qu'il fut enseveli.

A 80 m. de distance, au sud du tombeau d'Absalon, se trouve une pyramide quadrangulaire monolithe, complètement isolée du mont des Oliviers. Ce monument funéraire de 5™, 55 de côté et de 5^,60 de hauteur au-dessus du sol, est connu sous le nom de tombeau de Zacharie. Il est souvent attribué à la sépulture du prophète de ce nom, fils de Barachie, mais cette attribution n'a pour base aucune donnée certaine.

En sortant de Jérusalem par la porte de Damas ou bâb

èl-^Amoitdj on rencontre une ancienne voie romaine surlaquelle, après avoir parcouru environ un kilomètre, on trouve à droite un chemin conduisant directement à une espèce de cour vers le fond de laquelle est percée une porte en plein cintre, débouchant dans une cour carrée à parois verticales taillées dans le roc vif. C'est là le Qoôoûr èl-Moloûk ou « tombeaux des rois de Juda ».

« Dans la muraille deFouest est pratiqué avec un art remarquable, ditM.de Saulcy^unlarge vestibule, autrefoissoutenupar deux colonnes prises dans le roc même, qui ont été brisées aune époque indéterminée ;au-dessusduvestibulecourt une frise sculptée.

« Une fois descendu sur le sol du vestibule, on aperçoit au fond de la paroi de gauche une porte fort basse et qu'on ne peut franchir qu'en rampant. Cette entrée, aujourd'hui libre, était autrefois cachée avec soin; un système de clôture, compliqué de la présence d'un puits large et profond, présentait quelque danger. La porte d'entrée une fois franchie, on se trouve dans une salle carrée. Trois ouvertures se présentent : Tune percée à peu près au milieu de la face ouest et les deux autres dans la face sud. Aucune tombe n'est pratiquée dans les parois de cette première salle, trois petites niches ayant seules été faites pour recevoir des lampes sépulcrales.

« La porte de la paroi ouest donne accès dans une chambre plus petite que la première, mais carrée aussi et dont le centre est plus profond que le seuil, de façon à former une banquette assez large sur tout le pourtour de la salle; cette même disposition se présente dans les deux autres chambres. Chacune des trois faces autres que la face d'entrée est percée de trois ouvertures en plein cintre dont les deux latérales n'ont que la moitié de la base intermédiaire, et donnent accès dans des tombes. »

D'après M. de Saulcy, ces tombes sont celles de Salomon, Roboam, Abias, Asa et Josaphat (1).

(1) L*opinion de M. de Saulcy sur rattribution de ce monument souterrain taillé dans le roc vif et communément appelé le a Tombeau des Rois », a été, depuis, diversement combattue quant à cette destination. Les principaux auteurs, savants archéologues, s'accordent à ne reconnaître dans ce monument que la sépulture de la reine d'Abdiadème, Hélène et celle de sa famille.

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Les trois bases centrales donnent dans des chambrettes garnies à droite et à gauche de plans horizontaux surmontés d'une arcade en plein cintre. Au fond, une couchette semblable, mais taillée en voûte cintrée dans sa largeur, est pratiquée. Une de ces chambrettes, celle du nord, donne accès à une autre taillée dans Taxe du vestibule; M. de Saulcy a découvert dans celle-ci un magnifique couvercle de sarcophage qu'il a emporté en France et placé au Musée du Louvre et qui, d'après lui, appartient au sarcophage de David. Dans d'autres salles qu*il a également visitées et étudiées se trouvaient d'autres tombes des rois de Juda au nombre total de vingt-deux, selon lui, et de trente-quatre d'après quelques auteurs plus récents.

Un chemin qui passe devant cette sépulture, conduit» en se dirigeant vers le nord-ouest, aux tombeaux des Juges {Qoboftr èl'Oouddt), situé à 2 kil. plus loin. Il se compose de trois chambres sépulcrales au rez-de-chaussée qui forme l'étage supérieur d'oîi Ton descend par un escaUer de cinq marches à Tétage inférieur, consistant en un palier voûté et une chambre carrée. Les murs des chambres du haut contiennent plusieurs rangées de fours à cercueils; des arceaux surbaissés, dans la chambre d'en bas, forment de trois côtés de larges banquettes sur lesquelles débouchent des entrées sépulcrales. M. de Saulcy pense que ce tombeau des Juges est contemporain des rois de Juda. On y compte soixante tombes^ ce qui lui fait supposer que cette magistrature n'était pas héréditaire, leur nombre étant de beaucoup supérieur à celui des rois ensevelis dans le Qoboûr hUMoloùk.

Le tombeau des prophètes [Qoboûr èl-Ènbid) est situé à micôte du Mont des Oliviers, au dessus de Gethsémani. Le chemin gravit un escarpement d'une raideur excessive, puis il se détourne sur la droite et conduit à travers champs jusqu'à une courte rampe débouchant au fond d'une rotonde de 7 m. de diamètre, creusée avec sa coupole à même la montagne. De cette rotonde rayonnent, en diverses directions, de longs couloirs garnis de fours à cercueils taillés aussi dans le roc vif. On ne sait pourquoi ces vastes catacombes ont reçu le nom de « Tombeau des Prophètes )),mais à défaut d'un intérêt histori-

que bien défini, cet étrange monument suffit par lui-même à captiver Fattention.

Autres monuments. — Parmi les monuments antiques ayant fait partie des anciennes murailles de Jérusalem^ nous en avons déjà cité plusieurs tels que :

La tour Psèphina, enclavée dans l'établissement des frères des écoles chrétiennes (p. 524);

L'arcade de VEcce Homo [appartient en partie aux Dames de Sion ; en partie à un derviche musulman] (p. 525);

Le Lithostrotos (p. 526);

La, place des Pleurs ou lieu des lamentations [conlvQVexlérieuv du mur ouest du Haram èch-Chèrîf] (p. 551).

Nous renvoyons le lecteur aux pages indiquées.

Mais il reste à dire un mot d'autres édifices analogues souvent visités avec intérêt et étudiés par les savants. Ils consistent en trois tours antiques connues sous le nom de tour de Mariamne, tour dHippicus et tour de Phasaël. Ces noms leur ont été donnés par Hérode le Grand, qui a reconstruit de fond en comble les deux premières ; mais la dernière a repris le nom de tour de David qu'elle avait toujours porté jusque-là et la plupart des savants s'accordent à reconnaître qu'elle date bien du temps des rois de Juda. Ces trois tours ont été épargnées^ lors de la destruction de l'ancienne enceinte par les Romains, sur l'ordre formel de Titus qui a bien voulu conserver ces preuves matérielles des énormes difficultés surmontées par la fortune de ses armes, avec le secours de Dieu. « C'est Dieu, disait-il, qui a chassé les Juifs de ces fortifications contre lesquelles étaient impuissants nos faibles efforts et nos machines de guerre. »

Sous toutes les dominations qui ont succédé à la conquête romaine, ces tours ont été également respectées. Elles défendent aujourd'hui avec une quatrième tour moderne ajoutée, lenceinte de la citadelle turque, èl-Qalaa située à la porte de Jafia. On peut les visiter avec une autorisation du pacha. Du haut de la tour de David, masse imposante de 21 m., sur 16,

6Sa MÈRKÈZ-UVA DE QOUDS-I CHÈIlIF

la vue s'élend sur toute la ville, les montagnes et les vallées et vase perdre au loin dans les bleus horizons de la Méditerranée et du lac Âsphaltite.

Eaux de Jérusalem. — Les grands travaux exécutés dans les temps antiques pour approvisionner d'eau la ville de Jérusalem, soit par suite du défaut d'entretien, soit par d'autres causes parmi lesquelles il faut compter le déboisement de la contrée, ne suffisent plus à procurer l'eau nécessaire aux habitants. Les sources, d'ailleurs, sont devenues plus rares et moins abondantes, les pluies, durant la saison sèche, souvent depuis le mois de juillet, ne fournissent plus qu'une faible quantité d'eau. On va voir du reste (d'après une élude assez récemment faite pour servir à un projet de distribution d'eau dans la ville de Jérusalem, projet soumis en ce moment à l'approbation du Grand Vèzirat),quel est l'état actuel de conservation fet le débit des sources, puits, réservoirs, aqueducs, etc., aménagés ou construits par les rois de Juda et qui seuls encore jusqu'ici peuvent suppléer aux citernes des maisons particulières.

Piscines et fontaines. Puits. — Les piscines et fontaines actuellement existantes à Jérusalem et aux environs sont les suivantes :

Piscine^ fontaine de Siloéy situées hors de la ville, au sud-est, à 450 m. de l'enceinte actuelle, vis-à-vis du faubourg de Siloé [Kéfr Silodn), ait. 676 m. La fontaine coule sans bruit dans la piscine ou réservoir ; son eau est légèrement saumâtre, à peine potable. Elle ne sert présentement qu'à l'arrosage des jardins potagers voisins. C'est là qu'eut lieu laguérison de l'aveugle-né ; en souvenir de ce miracle, les pèlerins ont coutume d'emporter un petit flacon d'eau de cette fontaine. Sainte Hélène avait élevé au-dessus de la piscine de Siloé une basilique dédiée au Sauveur lUuminateur. Quelques tronçons de colonnes ayant, selon M. de Yogiié, appartenu à cette basilique, subsistent seuls.

Puits de Job {Bîr'Èt/yoûb)^ appelé aussi fontaine de Néhémiey est situé à 400m. sud de la fontaine de Siloé (ait. 659 m.), au bord de la route de Mar-Saba et de la mer Morte. Très antique; 29 m. de profondeur actuelle; jadis, d'après des don-

nées historiques, la profondeur de ce puits était de 97",45. Pendant la saison des pluies, Teau déborde du puits et forme un ruisseau considérable, sujet de réjouissances comme présage d'une année fertile. Pendant la sécheresse, l'eau ne s'élève plus qu'à 2 m. au-dessus du fond du puits qu'il est alors facile à trois hommes de tarir en puisant avec des seaux, dans l'espace de trois heures.

Fontaine de la Vierge {'Ain Oumm èd-Dèrèdj)^ à 420 m. sud de l'angle sud-est du Haram èch-Chèrîf, sur la pente droite de la vallée du Cédron. La source est à 8 m. de profondeur, dans une chambre voûtée taillée dans le roc; on y descend par un escalier de trente marches. L'eau coule dans un bassin de 5 m. de long sur 2 de large ; un canal souterrain d'environ 350 m. la conduit à la fontaine de Siloé. Ces deux sources sont intermittentes.

Le nom de a Fontaine de la Vierge » vient de la tradition rapportée plus haut (p. 635), et par laquelle la Vierge Marie passa quelques jours dans la maison du vieillard Siméon, située à l'angle sud-est de l'esplanade du Temple, aujourd'hui Haram èch-Chèrîf. Durant ce temps, suivant la même tradition, elle venait laver à cette fontaine les langes de l'Enfant Jésus.

Fontaines de ^Ain Haniyèh (Saint-Philippe) et de ^Aïn-Yâlo (iMâlihah) à6'^",200 et 7 kil. sud-ouest de Jérusalem, sur le chemin de fer de Jaffa. L'eau de ces deux fontaines, dite eaude Mdlihahy est transportée en ville dans des outres. Elle est excellente et d'une limpidité parfaite. Son prix de revient, à Jérusalem, est d'environ 10 fr. le mètre cube. Les deux sources réunies ne peuvent pas fournir plus de 8 litres par seconde. Outre ce faible débit, deux autres inconvénients majeurs s'opposent à leur emploi dans une distribution' d'eau municipale : !<> elles se trouvent situées à environ 233 m. au-dessous du point le plus élevé de la ville, où doit naturellement être établi le réservoir de distribution ; et 2* elles sont la propriété des deux villages de Mâ- Uhah et de Ouèlèdjèh, qui n'ont point d'autre eau à leur disposition pour arroser leurs vergers et leurs jardins potagers.

Les mêmes difficultés se présentent au sujet des sources de

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'Aïn-Karim, de Li/td^ de Qolotiiyèh, situées la première à l'ouest et les deux autres au nord-ouest, à 6 kil. de la ville, ainsi que pour celle de ' Ain-Fârah^ à 11 kil. au nord-est. Ces quatres fontaines, qui peuvent fournir actuellement, à un prix largement rémunérateur, de la bonne eau, mais en faible quantitéy à Jérusalem, ne sauraient entrer dans un système de distribution auquel elles n'apporteraient qu'un fort petit appoint, acheté par rétablissement coûteux de machines élévatoires et une expropriation onéreuse aussi bien pour les expropriés que pour la ville.

Les piscines autres que celle de Siloé, précitée, servaient jadis de réservoirs pour les eaux de pluie. La piscine de Salomon [birkèt èS'Sultdn) était la plus importante. Le trop plein des aqueducs et vasques de Salomon s'y déversait; aujourd'hui elle est toujours à sec. Cette piscine (ait. : 720 m. ; dimensions : 200 m. du nord au sud sur 90 m. de Test à Touest) est située hors des murs, vers le sud-ouest, non loin de la gare du chemin de fer. Les autres piscines à peu près toutes aux trois quarts comblées, ne sont guère plus utiles.

Ld. piscine des bains du patriarche {birkèt hammdm hUbairiq) est située près des rues èl-Bizdr (du Bâzâr) et bdb èn-Nazdra, entre Thôpital grec et le couvent copte de Saint-Georges voisin du Saint-Sépulcre. Elle mesure 80 m. du nord au sud, sur 50 m. de Test à Touest.

Piscine probatique {birkèt-Èsrdïl). — Situation : au nord-est du Haram èch-Chèrîf, entre la porte de ce sanctuaire nommée bdb ès-Sobdl et la porte Saint-Étienne. Dimensions : 45 m. du nord au sud sur 1 15 m. de l'est à l'ouest.

Piscine de Notre-Dame (birkèt Sitti Mariam). Situation : hors la ville, à Test des murs et au nord de la porte Saint-Étienne, assez près de l'église Sainte-Anne des Pères d'Afrique dont la séparent les murs de la ville. Dimensions : 35 m. du nord au sud sur 20 m. de Test à Touest.

Piscine des Serpents [birkét Mamilld). — Au nord-ouest, hors la ville, à l''",300 au sud-est de l'hôpital municipal ; situé dans le faubourg supérieur.

Toutes ces sources, ces fontaines, ces réservoirs réunis, alors même qu'ils étaient maintenus soigneusement n'auraient pas suffi à fournir l'eau nécessaire à Jérusalem sans les grands ouvrages hydrauliques du roi Salomon auxquels sont venus s'ajouter, environ neuf siècles plus tard, ceux attribués à Ponce-

Pilate.

Vaqueduc de Salomon [qandt èl-Bourèk), situé à 14 kil. sudouest de cette ville, et à 5 kil. sud-ouest de Bèïl-Lahm (Bethléhem). Ces vasques sont alimentées elles-mêmes par la fontaine scellée (Ain Sdlèh = source pure) qui se trouve au même endroit dans une forteresse appelée qalcHat èl-Bourèk (= château des Bassins). On descend par un escalier de 26 marches aboutissant à une chambre voûtée de 1 2 m. sur 4, taillée en partie dans le roc, oti les eaux du râs èl-Aïn (tête de la source), coulent en abondance dans un petit bassin et de là se répandent à travers les canaux qui les conduisaient autrefois à Jérusalem, mais ne les amènent plus aujourd'hui qu'à Béthléhem.

Les vasques de Salomon sont au nombre de trois, pouvant emmagasiner, pendant la saison d'hiver, jusqu'à 231.500 m. cubes d'eau de source ou de pluie, destinés à remplir les vides laissés parla sécheresse. Toutefois, il ne faut guère compter sur l'importance de pareilles restitutions, car les vasques sont fort endommagées et présentent de tous côtés des fuites d'eau. Les dernières réparations et restaurations datent de 1888 et de 1874. Les précédentes avaient eu lieu vers le commencement du XV siècle, sous le sultan mamlouk el-Mèlèk èn-Nasr Mohammed, et à la fin du xr, sous Sultan Qèlâoun qui fit poser dans l'aqueduc des tuyaux en terre cuite. De semblables tuyaux, fabriqués à Hébron, sont actuellement maçonnés à l'intérieur de cet aqueduc de Salomon, entre la source et Béthléhem ; ils y fonctionnent assez mal.

U aqueduc de èl-Bourèk^ construit en gros blocs de pierres et couvert de dalles de fortes dimensions a une section de 0°*,50 X 0'",40. Pour franchir les 14 kil. environ qui séparent en ligne droite son point de départ de celui d'arrivée, il parcourt 24 kil. en cherchant toujours les courbes de niveau. Arrivé

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près de Jérusalem, il contourne la piscine de birkèt ès-Sullân à l'ouest et au nord, puis les anciens murs du sud-ouest en se dirigeant vers l'est, pénètre dans l'enceinte actuelle à l'est du quartier juif, passe le long du mèhkèmèh, franchit la porte dite bdb ès-SÛsilèh du Haram èch-Chèrîf et aboutit dans cette dernière enceinte, au bassin de réception èl-Kas (ait. : 745 m.). C'est, assure-t-on, le point le plus bas de toute la ville; mais il ne faut pas oublier que les vasques et l'aqueduc de Salomon avaient bien moins pour objet la distribution d'eau dans Jérusalem que l'approvisionnement du Temple ei du palais du roi.

La Fontaine scellée ÇAïn Sdlèk)^ conjointement avec les vasques, préalablement réparées et les deux autres sources situées au même endroit, l'une sourdant sous le troisième bassin, et l'autre, nommée 'Aïn 'Athdn^ à peu de distance, ne pouvaient fournir en tout guère plus de 9 litres d'eau par seconde. Ce débit n'est pas de beaucoup supérieur à celui des fontaines qui fournissent l'eau de Mâlihah. L'aqueduc de Salomon aboutissant, comme il vient d'être dit, à la partie la plus basse de la ville, il y aura lieu, dans tous les cas, de construire une autre conduite aboutissant au contraire à un point culminant d'où la distribution pourrait être faite à peu de frais dans tous les quartiers de Jérusalem.

Telles sont les difGcultés que les auteurs du projet actuellement soumis à l'appréciation du Grand Vèzirat croient avoir résolues, en choisissant pour point de départ les puits et l'antique aqueduc A'"Arroûb (ait. : 903 m.). Les eaux, réunies à celles des nouvelles sources indiquées plus bas, seraient amenées par une conduite souterraine dans un réservoir à établir près de l'hôpital de la municipalité (ait. : 883 m.). De là, elles seraient distribuées aux diverses localités de la Ville-Sainte dont l'altitude varie entre 850 m. (cote la plus haute) et 745 m. (côte considérée comme la plus basse).

L'aqueduc d"ArroM^, dont il ne reste plus aujourd'hui qu'environ 6 kil. en assez bon état, près du puits de même nom [bir 'Arroùb) se trouve dans le ouddî èl- Arroûb (ancienne vcUlée de bénédiction) à 9 kil. environ au sud-ouest des vasques de Sa-

lomon. On attribue, ainsi qu'il est déjà dit (p. 055), sa construction à Ponce-Pilate, qui en imputa les frais considérables à la charge du trésor du Temple. L'historien Mudir èd-Dîn, dit que l'émir Qansouh èl-Yahyaouî Ta restauré par ordre de Sultan Bâyèzld 11^ en 1483. Depuis ce temps, il a été complètement abandonné et il est devenu très difficile d'en retrouver les traces sur plus des trois quarts de son parcours. La source qui l'alimentait était très abondante dans l'antiquité, elle l'est encore aujourd'hui quoique à un moindre degré. Elle consiste en un conduit souterrain de quelques centaines de mètres, mis en communication avec l'aqueduc de dérivation par une série de puits d'eau jaillissante. Actuellement, l'eau ne jaillit plus que des deux derniers puits et une grande partie de cette eau se répand dans la vallée, en formant une nappe souterraine qui entretient la verdure et l'humidité du sol sur une étendue de plusieurs hectares. On estime la quantité d'eau jaillissante, malgré l'encombrement de la source, à 9 litres par seconde, quantité qui pourrait facilement être augmentée de 4 litres au moyen d'un simple nettoyage de la source et des galeries qui l'environnent ; elle serait portée en totalité jusqu'à plus de 23 litres par l'addition de plusieurs autres sources dont le débit est connu et par le suintement qui se produira sur le parcours de l'aqueduc souterrain projeté, comme suit :

DÉBIT DEâ SOURCES par seconde

Source principale d'^Arroûb (débit actuel) 9.ooo

— *Aïn Bourradi — 1.384

— Bîr èd-Dirouèh — 0 564

— Bèth Faghoûr — 0.300

Augmentation du débit de la source d"Arroûb 4.ooo

Débit du tunnel projeté (estimé au minimum) 4.500

Source d**Aïn MoghArèt 3.500

Total ... 23 litres

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TRACÉ DE l'aqueduc PROJETÉ

du bîr èl'^Arroûb à Jérusalem

RTLOMÈTBES

De Jérusalem (hôpital municipal) par Birkèt-Mamillâ, Nékégorié, Mâr-Eliâs, qoubbèt-Râhtl, et les vasques de Salomon . . 13*^,180 Des vasques de Salomon au ouadi èl-Biyâr . 4, 120 Du ouadi èl-Biyâr au bîr èl-'Arroûb (en tunnel) 4,800

Parcours total. . . 22^100

Les dépenses de la construction sont estimées approximativement à environ un million de francs.

Les frais d'exploitation seront d'environ 70.000 fr. pour un débit de 23 litres par seconde.

On prévoit un revenu annuel d'environ 70.100 fr. à parlir de la seconde année de la distribution.

NAHIÉ DE BÉIT-LAHM

(bethléhkm)

Orientation. — La petite ville de Bethléhem, chef-lieu du nahïé de même nom, dépendance directe du mërkèz-liva de Jérusalem, est située à 11 kil. environ au sud-ouest de l'ancienne capitale de la Judée. Du haut de la cime oh s'étagent ses blanches maisons en terrasses, comme autant de marches pour se rapprocher du ciel, elle domine la cité royale de David. Entourée de larges et profondes vallées remplies de lumière et de beaux arbres verdoyants, de larges espaces sont ouverts de trois côtés devant elle. La vue s'y perd dans les lointains vaporeux : au sud, c'est Hébron, la ville d'Abraham, et la vallée de Mamré (en hébreu : Mamré; en grec et en latin : Mambrè). A l'est, la mer Morte et les montagnes d'Arabie, avec le désert au delà. Au

nord, c'est Qouds-i Chèrîf (Jérusalem), la noble et la sainte, empourprée du sang de Jésus-Christ, et c'est ici qu'est né l'Enfant Divin.

Population. — Bethléhem est demeurée la petite ville qu'elle était du temps du roi berger, vainqueur de Goliath. Sa population actuelle n'est que de 5.930 habitants qui se dénombrent comme suit :

Mninlmani 180 hab.

<^''«>"'»-- \ i:rs :::::::::: a."! i *-o -

Chrétieni. ^ , Grecs et russes orthodoxes. . . 1.643 \

Non unis . . J Arméniens grégoriens .... 51 v 1.780 — ( Protestants • . . 30 ;

Total 5.930 hab.

Il est à remarquer qu'aujourd'hui encore, comme TertuUien (mort en 245 de J.-C.) le constatait déjà, il n'existe aucun Israélite parmi les habitants de Bethléhem.

Bethléhem est un centre religieux et scolaire. Parmi les couvents catholiques, on y compte 6 établissements français (dont 4 de femmes et 2 d'hommes), et 2 couvents de religieux italiens. Les chrétiens séparés de l'Église romaine ont dans cette ville 4 couvents, (2 d'hommes et 2 de femmes), partagés également entre les Grecs orthodoxes et les Arméniens grégoriens, chacune de ces deux communautés possédant un couvent de religieux et un de religieuses. On retrouvera (pp. 529, 562etss. et 662) quelques détails sur ces douze établissements. Toutefois il y a lieu d'ajouter ici une courte description du sanctuaire de la Nativiiéy trop important pour qu'on se borne à citer l'année 335, date de l'inauguration de la basilique de l'impératrice Hélène.

La basilique de la Nativité ^^i située hors de l'antique enceinte de Bethléhem, à l'extrémité de la ville actuelle et couvre le versant nord de la colline de l'est. Cette magnifique église a été élevée sur la place même oîi naquit Jésus; l'élable dans laquelle il vint au monde se trouve au-dessous de la partie centrale du transept de la basilique. On descend dans cette grotte soit par

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Tescalier du chœur de l'église, soit par la chapelle du couvent des Pères Franciscains, qui y est aliénante. ParTescalier du chœur, seize marches conduisent à un petit autel, formé d'une table de marbre supportée par deux colonnes. Au-dessous de Tautel quinze lampes brûlent jour et nuit ; elles éclairent une étoile d'argent incrustée dans le marbre, où se lisent ces mots :

HIC DE VIRGINE MARIA JESVS CHRISTVS NATVS EST

A 3 mètres de là, se voit un enfoncement de 2", 50 sur 2",30; c'est là qu'était la crèche.

La grotte de la Nativité mesure S'^jSO de largeur moyenne sur une longueur de 10», 55. Dans cet espace se trouvent deux autels, l'un aux Grecs, celui de V enfantement, l'autre aux Latins, celui de la crhche. Plusieurs autres autels, qui sont aux Latins, se trouvent dans des grottes adjacentes dans lesquelles on accède par l'église même des Pères Franciscains. Ces grottes sont nommées : Saint-Gérôme, Saints-Innocents, Saint- Joseph, etc.

Tous ces autels, à la fêle de Noël, sont occupés jour et nuit, sans interruption.

La veille de la fête de Noël, le patriarche latin part de Jérusalem pour faire son entrée à Bethléhem vers deux heures. Sur le parcours, il est attendu au tombeau de Rachel par un détachement de troupes turques qui doit lui servir d'escorte. Des centaines de cavaliers arabes se joignent à ce détachement. En arrivant au poste turc, le patriarche descend de cheval pour revêtir les ornements sacrés, la garde turque présente les armes^ et les cloches, du haut des tours, annoncent l'approche du cortège. Dès qu'il arrive auprès de Bethléhem (oîi il est rejoint par le consul-général de France et son personnel, dont les voitures sont escortées, depuis Jérusalem, par la cavalerie du pacha), tout le clergé, en vêlements sacerdotaux, s'avance en procession pour le recevoir. Les différentes musiques, parmi lesquelles se fait remarquer la fanfare de l'orphelinat de Dom Belloni, chanoine du patriarcat, font éclater les notes vibrantes d'une marche triomphale, accompagnées par les cloches sonnant à

toute volée, tandis que la foule, en habits de fêle, envahit les Lieux-Sainls. Après la messe pontificale de minuit et le chant des Laudes^ le clergé se rend en procession à la grotte de la Nativité pour y porter à l'autel de la Crèche un petit Jésus dans un berceau d'or.

Le retour à Jérusalem a lieu d'ordinaire vers le soir du jour de Noël afin de pouvoir, le lendemain, célébrer la fête de saint- Étienne, premier martyr, chez les Pères Dominicains.

On visite encore, auprès de Bethléhem, le puits de David [bir Daoûd), le tombeau de Rachel [qoubbèt Râhil) et la grotte du Lait, à proximité de la basilique. D'après une légende, au moment de fuir en Egypte, la Sainte Vierge s'est retirée dans cette grotte pour allaiter TEnfant Jésus. C'est pourquoi les jeunes mères y vont prier Marie de leur donner du lait pour nourrir leurs enfants.

On montre, dans le champ oîi les anges annoncèrent aux bergers la venue du Messie, une chapelle souterraine encore ornée d'antiques mosaïques, restes de l'église que Timpératrice Hélène y avait fait élever en l'honneur des Saints Anges. Ce même champ passe pour avoir été celui de Booz, oîi glana Ruth, la jeune Moabite qui devint mère d'Obed, ancêtre de Jésus.

Industrie. — Les habitants de Bethléhem sont généralement actifs et laborieux, mais leur industrie unique est la fabrication d'objets de piété, croix, médailles, chapelets, et de bibelots divers, porte-cigarettes, etc, en bois d'olivier, en pierre et surtout en nacre.

Ecoles. — Les écoles de Bethléhem sont au nombre de 20 avec 1.413 élèves dont 880 garçons et 533 filles, comme suit :

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Tescalier du chœur de l'église, soit par la chapelle du couvent des Pères Franciscains, qui y esl attenante. ParTescalier du chœur, seize marches conduisent à un petit autel, formé d'une lable de marbre supportée par deux colonnes. Au-dessous de l'autel quinze lampes brûlent jour et nuit ; elles éclairent une étoile d'argent incrustée dans le marbre, où se lisent ces mots :

HIC DE VIRGINE MARIA JESVS CHRISTVS NATVS EST

A 3 mètres de là, se voit un enfoncement de 2", 50 sur 2", 30; c'est là qu'était la crèche.

La grotte de la Nativité mesure 3"»,50 de largeur moyenne sur une longueur de 10-, 55. Dans cet espace se trouvent deux autels, l'un aux Grecs, celui de V enfantement, l'autre aux Latins, celui de la crèche. Plusieurs autres autels, qui sont aux Latins, se trouvent dans des grottes adjacentes dans lesquelles on accède par l'église même des Pères Franciscains. Ces grottes sont nommées : Saint-Gérôme, Saints-Innocents, Saint- Joseph, etc.

Tous ces autels, à la fêle de Noël, sont occupés jour et nuit, sans interruption.

La veille de la fête de Noël, le patriarche latin part de Jérusalem pour faire son entrée à Bethléhem vers deux heures. Sur le parcours, il est attendu au tombeau de Rachel par un détachement de troupes turques qui doit lui servir d'escorte. Des centaines de cavaliers arabes se joignent à ce détachement. En arrivant au poste turc, le patriarche descend de cheval pour revêtir les ornements sacrés, la garde turque présente les armes^ et les cloches, du haut des tours, annoncent l'approche du cortège. Dès qu'il arrive auprès de Bethléhem (où il est rejoint par le consul-général de France et son personnel, dont les voitures sont escortées, depuis Jérusalem, par la cavalerie du pacha), tout le clergé, en vêlements sacerdotaux, s'avance en procession pour le recevoir. Les différentes musiques, parmi lesquelles se fait remarquer la fanfare de l'orphelinat de Dom Belloni, chanoine du patriarcat, font éclater les notes vibrantes d'une marche triomphale, accompagnées par les cloches sonnant à

toute volée, tandis que la foule, en habits de fêle, envahit les Lieux-Saints. Après la messe pontificale de minuit et le chant des Laudes^ le clergé se rend en procession à la grotte de la Nativité pour y porter à l'autel de la Crèche un petit Jésus dans un berceau d'or.

Le retour à Jérusalem a lieu d'ordinaire vers le soir du jour de Noël afin de pouvoir, le lendemain, célébrer la fête de saint- Etienne, premier martyr, chez les Pères Dominicains.

On visite encore, auprès de Bethléhem, le puits de David [bîr Daoûd)^ le tombeau de Rachel [qoubbêt Râhil) et la grotte du Laitj à proximité de la basilique. D'après une légende, au moment de fuir en Egypte, la Sainte Vierge s'est retirée dans cette grotte pour allaiter TEnfant Jésus. C'est pourquoi les jeunes mères y vont prier Marie de leur donner du lait pour nourrir leurs enfants.

On montre, dans le champ où les anges annoncèrent aux bergers la venue du Messie, une chapelle souterraine encore ornée d'antiques mosaïques, restes de l'église que Timpératrice Hélène y avait fait élever en l'honneur des Saints Anges. Ce même champ passe pour avoir été celui de Booz, où glana Ruth, la jeune Moabite qui devint mère d'Obed, ancêtre de Jésus.

Industrie. — Les habitants de Bethléhem sont généralement actifs et laborieux, mais leur industrie unique est la fabrication d'objets de piété, croix, médailles, chapelets, et de bibelots divers, porte-cigarettes, etc, en bois d'olivier, en pierre et surtout en nacre.

Ecoles. — Les écoles de Bethléhem sont au nombre de 20 avec 1.413 élèves dont 880 garçons et 533 filles, comme suit :

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