‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 32 sur 190 · NAHIÉS · texte numérisé non relu

NAHIÉS

VILLAGES

Beyrouth (merkez-caza) .

Salda

ffiana nahiés^.

Chéqif.— Djébâ*a.— CboumAr. . .

TèbDÎQ.— Cana.— Mè'èrkèh . . .

Mèrdi-Avoûo.— Houotu.— Houlèh.

SoDr

Mèrdl-Ayoùn

1 4 oazM

Snahiés.

828 viUages.

Division militaire. — La 2* division du 5** corps d'armée a pour quartier général la ville de Beyrouth, où réside le férïq (général de division) qui la commande.

Autorités civiles, religieuses, etc. — Les aulorîlés civiles du sandjak de Beyrouth sont, en premier lieu, le t^ali ou gouverneur- général du vilayet, qui administre directement le merkez-sandjak et le mèrkez-caza de même nom; les trois càimakam ou sous-gouverneurs des cazas de Saïda, de Sour el de Mèrdj-Ayoûn; puis le mudir du nahié du Tèbnîn; el enfin les moukhtar ou chefs de quartiers faisant fonctions de maires, élus par les habitants des bourgs et villages. Ces mudir et moukhtar sont assistés, pour la répartition des impôts et la justice de paix, par les conseils locaux dit des « anciens », tandis que le vali^ les mutessarif et les càimakam restent soumis à la règle générale concernant les conseils administratifs chargés d'assister les chefs de toutes les administrations de TÉtat.

Il n'y a rien à ajouter ici à ce qui a été dit plus haut, page 5, sur les autorités religieuses du sandjak de Beyrouth.

Services publics. — Il en est de même en ce qui concerne les divers services publics et administratifs, suffisamment énumérés et décrits à leurs précédents chapitres spéciaux, page 8 et suiv.

Population du merkez-sandjak. — La population totale du merkez-sandjak de Beyrouth est de 171.661 habitants, comme suit :

M«..ii,«.^. S Sunnites (oamanli, etc.) . . . 52.718 i mq .«„ , ^, MuBulmanB. . | Chiites (nietéouàli, etc.) . . . 5.445 j ^«'^^^ ^*^-

l Latins 2 149

) Maronites 35.806

Gatholiques . S Grecs unis (melkites, etc.) . 16.784 \, 57.769

/ Syriens unis 2.i00

V Arméniens unis 930

^. ... ( Syriens orthodoxes 45.201

.u r" non y Arméniens grégoriens .... 401 S 47.882 catholiques. \ Protestants. . 2.280 )

Iiraélites 3.100

Drnses 400

étrangeiB 4.347

Total .... ni.661 hab.

Chef-lieu. — Beyrouth, chef-lieu du vilayet, du merkezsandjak el du merkez-caza de même nom, est la résidence officielle du vali^ gouverneur général du vilayel, du fériq^ général commandant la 2® division du 5« corps d'armée, el des principales autorités civileselreligieuses ; le siège delà cour d'appel des tribunaux du vilayet^ des tribunaux civils et criminels, du chèr'i (droit musulman) et du bédaièt{Avo\{ moderne), d'un tribunal de commerce, de la gendarmerie et de la police du merkez-sandjak^ du nazaret ou direction générale des douanes^ d'agences centrales de la Dette publique et de la régie des tabacs; d'une direction principale des Postes et Télégraphes, d'une succursale de la Banque impériale ottomane, etc. La ville est située en enclave dans le mutessariflik du Liban, sur une colline avançant dans la mer et circonscrivant au sud la baie de Saint-Georges, qui forme, au nord de la ville, le port de Beyrouth. Cette ville domine, à 60 m. d'altitude moyenne, la mer iMédilerranée, dont les flots baignent au nord^ à l'ouest et au sud, la colline sur laquelle elle est bâtie, qui descend du mont Liban, de l'endroit même où le rtahr- Beyrouth^ ancien fleuve Magoras^ prend sa source.

Population. — La population actuelle de la ville de Beyrouth, comprise dans le chiffre de la population du merkezsandjak, est très approximativement de 120.000 habitants, comme suit :

M-i»-» i S*": : : : : : ; : '"t ! ^e.oso hab.

! Latin» 1.800 )

Maronites 28.000 /

Grecs uni» 9.000 \ 39.400 —

Syriens unis 500 V

Arméniens unis 400 ;

( Syriens ortho<ioxc8 35.000 )

Ghrétieni non unis \ Arméniens grégoriens 200 [ 37.300 —

( ProtesUnts 2.100 )

Israélites 2 500

DnizsB 400

Étrangers 4.320

Tolal . . . 120.000 hab.

Beyrouth est bâtie sur remplacement de l'antique Béryte, dont la fondation remonte aux temps les plus reculés. — Sanchoniathon, auteur phénicien né à Béryte, et longuement cité par Eusèbe {Préparation évangélique^ liv. I, ch. vi), vivait avant la guerre de Troie. 11 attribue la fondation de plusieurs villes de Ja Phénicie à Ilus [El en phénicien et en hébreu), dieu que les Grecs appellent ^rowo5, et dit que ce chef des D^^S^c (EloIm),mot qui signifie « les dieux » en phénicien et en hébreu, donna Béryle aux cabires agricoles et pêcheurs. Strabon dit que cette antique ville avait été détruite par Tryphon pendant les guerres de la Syrie, mais qu'elle a été reconstruite par deux légions romaines qu'Agrippa y avait placées en même temps qu'il avait considérablement agrandi son territoire. On retrouve autour de la ville actuelle des restes de cette dernière époque : les ruines du théâtre, un aqueduc, des bains, des puits taillés dans le roc, un pavé en mosaïque, des fragments de colonnes, etc. A Ras-Beyrouth, on voit des hypogées plus anciens, renfermant des tombeaux en forme de niches, sans inscriptions ni ornements.

Sous l'empereur Auguste, Béryte reçut le droit de cité romaine, sous le nom de Félix Julia Augusta. Socrate, dans son Histoire ecrlésiastiçue^ parle de la célèbre école de jurisprudence et de belles-lettres de Béryle, qui florissait de son temps.

Baudouin l«' prit Beyrouth en UIO. Salah ed-Din (Saladin) la reprit en 1 187. Amaury, roi de Chypre, l'enleva aux musulmans qui la conquirent définitivement en 1290.

Depuis le départ des Croisés qui y ont laissé, parmi d'autres édifices admirables, la belle église de Saint-Jean, aujourd'hui mosquée principale; depuis la conquête ottomane elle-même, qui eut lieu sous le sultan Sélim l'avers 151 7, jusqu'au siècle dernier, Beyrouth appartint aux Druzes. C'était leur grand entrepôt commercial et le séjour favori de leurs émirs. On doit au plus célèbre d'entre eux, Fakhr ed-Din, le bois de pins qui s'étend du sud de la ville jusqu'au mont Liban, sur un espace d'environ SOOkilom. carrés. Le climat de Beyrouth, autrefois fiévreux, est devenu ainsi des plus salubres malgré son humidité et la tiédeur des eaux courantes, car les bienfaisants arômes résineux, ap-

portés par le venl du sud qui traverse ces bois de pins, le puri* fient sans cesse.

La première garnison turque qui occupaBeyrouth et en chassa les Druzes y fut placée par Djezzar-Pacha, sous Sélim III, vers 1798. Dès lors, l'autorité souveraine s'y affermit de plus en plus au furet à mesure des progrès de l'ordre et de la sécurité publiques; par ses soins, le commerce renaissait, Beyrouth se repeuplait. Cette ville, qui n'avait plus, lors du voyage de Volney en Phénicie, Palestine et Syrie (1782), qu'environ 6.000 hab., en avait déjà 12 à 15.000 en «848; aujourd'hui elle en a 120.000, et la population tend toujours à augmenter. De tous côtés, la ville s'agrandit; on ne voit que constructions nouvelles, riches villas, jardins délicieux d'orangers, de palmiers, champs de mûriers, d'oliviers, remplissant activement tout emplacement encore libre.

On estime le nombre des édifices bâtis chaque année à Beyrouth dans ces derniers temps à 200 en moyenne, et ce mouvement^ loin de se ralentir, ne fait que s'accélérer. Il a commencé à s'accentuer considérablement en 1863, lorsque la belle roule carrossable qui relie cette ville à Damas a été livrée à l'exploitation. — La maison des Filles de la Charité^ qui se trouvait alors hors la ville, en occupe aujourd'hui le centre, car elle a été englobée dans les nouveaux quartiers qui se sont étendus tout alentour à plus de deux kilomètres au delà. La plupart des maisons de ces nouveaux quartiers sont semblables à celles des grandes villes européennes, mais le nombre des anciennes maisons à un seul étage, à toits couverts de tuiles, est encore prédominant.

La ville actuelle de Beyrouth est bâtie en amphithéâtre; vue delà mer, son aspect est très beau. On remarque tout d'abord la caserne impériale, bâtie en 1830 et agrandie en 1889 ; le couvent des Dames de Nazareth, admirablement situé sur la colline d'Achrafiyè; le collège américain de Ras-Beyrouth, à l'ouesl, vers la mer; l'Université des Pères Jésuites, vaste et solide bâtiment, et plusieurs autres grands édifices occupant les plus beaux sites. Au loin, du côté de l'est, dominent les hautes cimes du

mont Liban; dans la plaine, au nord, s'étendent des plantations de mûriers et d'oliviers, des jardins d'orangers; au sud, les bois de pins, promenade favorite des habitants de la ville, forment au tableau un cadre de sombre verdure, tandis qu'à l'ouest les flots bleus de la mer Méditerranée baignent le pied de la colline et vont se confondre à Thorizon avec le ciel.

On compte à Beyrouth 23 mosquées, 30 han ou hôlelleries, 5 hammam (bains publics à la turque), 10 fontaines publiques; 38 églises, dont 8 (parmi lesquelles la plus remarquable est celle des RR. PP. Jésuites) ont rang de cathédrales; 1 temple protestant, 2 synagogues; 6 hôpitaux, dont les principaux sont l'hôpitel militaire et l'hôpital français desservi par les Fuies de la Charité', 20 sociétés de bienfaisance et de secours pour les indigents et les malades, 1 lazaret, 50 médecins pour toutes spécialités, 30 pharmacies; 24 cimetières dont 5 musuhnans, 1 8 chrétiens, 1 israélite ; 23 postes de police, 2 casernes, 40 boulangeries, 30 bazars et marchés, 1 abattoir, 150 boucheries, 1 poissonnerie, 25 hôtels, 3 casinos, 2 cercles, 55 cafés, 30 négociants commissionnaires^ 20 imprimeries, 12 librairies, 5 relieurs, 20 banquiers et changeurs, 10 compagnies de voitures et 10 selliers; 2 jardins publics, 10 bains de mer; 190 menuisiers et ébénistes dont 10 sont en même temps sculpteurs sur bois et 10 autres travaillent pour la carrosserie; 8 sculpteurs sur marbre, 40 orfèvres, 45 bijoutiers, 30 horlogers, 22 épiciers, 12 photographes, 120 barbiers; 5 teintureries, 5 pressoirs à huile et à résine, 15 savonneries; 10 filatures de soie à la vapeur, de 100 tours chacune; 1 minoterie, 1 fabrique de carton, 1 fabrique d'allumettes, 12 poteries, etc., et environ 20.000 maisons. Beyrouth est éclairé au gaz depuis 1888. La compagnie du gaz de celle ville y entretient 656 jjecs pour l'éclairage public, et fabrique, dans son usine, de la glace artificielle destinée à rafraîchir l'eau tiède du nahr-Beyrouth, nommé aussi nahr eUKelb ou fleuve du chien^ qui alimente la ville au moyen d'une conduite en tuyaux de fonte de 13^.250 de longueur. Cette fourniture régulière d'eau est faite depuis 1876 par \dL Beyrouth water-works Company limited^k laquelle M. Thévenin, ingénieur

français, qui vient de construire le port de Beyrouth commencé en 1882, a rétrocédé la concession des eaux.

La ville de Beyrouth, divisée en 30 quartiers, n'a pas de rues proprement dites, à Texception de deux longues chaussées partant de la place de rarlillerie à Ras-Beyrouth, quartier voisin de la mer, principalement habité par les étrangers et le corps consulaire. L'une de ces routes conduit vers le nord-est jusqu'à la rivière; l'autre se dirige au sud et aboutit au bois de pins, promenade préférée au jardin public de la place de l'artillerie.

Au mois de juillet 1894, la municipalité a décidé la construction de deux autres rues, larges de 20 pics (15 mètresj chacune. Ces deux nouvelles voies traverseront le grand bazar, édifice sans aucun cachet oriental, situé au centre de la ville; c'est un assemblage de magasins qui se suivent à la file et où l'on ne vend que des articles européens. Les travaux de percement de ces deux rues ont été commencés simultanément au milieu d'un concours considérable et en grand apparat, sous la présidence du gouverneur-général , qui a donné le premier coup de pioche.

La caserne d'infanterie, à Ras-Beyrouth, peut loger à l'aise deux régiments de troupes. La caserne de cavalerie est également assez vaste; toutefois la garnison actuelle n'est que de 500 hommes d'infanterie et 100 dragons. Un hôpital militaire, contenant 200 lits, a été, vers 1870, ajouté comme annexe à la caserne d'infanterie. Après cet établissement qui est le plus important, on doit citer l'hôpital français et l'hôpital prussien^ contenant chacun 100 lits. Le premier, subventionné par le gouvernement français, est desservi par les Filles de la Charité. Le second appartient à l'Ordre des Hospitaliers de Saint- Jean, de Prusse; il est desservi par des Diaconesses allemandes. Enfin, au troisième rang, il faut compter l'hôpital grec orthodoxe, élevé au moyen d'aumônes recueillies en grande partie en [Russie; aussi porte-t-il communément le nom d'hôpital russe; il contient 50 lits. A ces hôpitaux sont annexés 3 dispensaires oti les malades reçoivent gratis des soins et des niédicaments.

Parmi les 20 imprimeries précitées, une mention toute spéciale est due à celle des RR. PP. Jésuites et à celle de la Mission protestante américaine, toutes deux de premier ordre, parfaitement outillées, et possédant en outre fonderie de caractères, lithographie, photogravure, etc. Pour la langue arabe, on peut considérer l'imprimerie des RR. PP. Jésuites de Beyrouth comme la première du monde.

Les journaux imprimés à Beyrouth sont au nombre de 12, parmi lesquels le plus ancien est le Journal Officiel de Syrie et LibaUj en arabe et en français. Le journal officiel du vilayel de Beyrouth s'imprime en arabe et en turc, et les dix autres en arabe. Tous ces journaux sont hebdomadaires, à l'exception du Lisan id-haU qui paraît deux fois par semaine

Ecoles. — Les écoles du merkez-sandjak de Beyrouth sont au nombre de 612, dont 24 d'enseignement supérieur, 20 d'enseignement secondaire et 568 primaires ou élémentaires. Sur ce nombre total de 612 écoles de divers degrés, 565 sont fréquentées par 16.365 garçons et 47 reçoivent 6.892 filles; soit en totalité 23.257 élèves, dont le détail se trouve dans le tableau ci-après :

fi.

•ce

ie,

o r^ >n o o o (M 00 o> «^ o o ^ •* Ci «o ^* c^

ti

<«< OO 94 QO

PO

co ^-

1^ »o «H o fi CI r- -H

an

co co ^^

fi a *

oa

te ce

as

Page 1