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Écoleâ. — Les écoles de la ville de Tripoli, y compris el- Miûâ, sont au nombre de 32, dont 2 secondaires et 30 primaires.
fréquentées par 2.234 élèves, dont 1.489 garçons el 745 filles, comme suit :
éCOLBS ÉLiVES
THIPOLI BL-MINA TUIPOLI EL-MIXA
^^^■^■^^ ^^i^^H^^ avH^BHB^B ^mm^^mÊm
Bf DfnImAns : 2 lycées 1 1 61 39
— 14 écoles primaires 12 2 636 55
FraDsciscaiDs : 3 écoles primaires
(140 garçons, 80 filles) 1 2 80 140
., ,. j Pères de Terre-Sainte : 3 écoles
OaUioliqnes J primaires (79 garçon», 60 filles) . 1 2 30 109
I Frères de la Doctrine chrétienne :
\ 2 écoles primaires (garçons) ... 1 4 121 17
Termes : i école primaire de garçons » i ■ 30
Catholiqnet } Maronites : 3 écoles primaires de
8 arçons 3 » 120 »> es de la Charité : i école primaire de filles 1 » 495 »
Graes orthodozei : 2 écoles primaires (1 gnrçons et
1 mixte) 1 1 75 100
PiotCBtants : i école primaire de filles » 1 » 60
Totaux ... 21 11 1.624 610
Ensemble ... 82 2.234
Tripoli est une ancienne ville phénicienne dont le nom prixoilif n'a pas été connu des historiens grecs, qui lui ont donné Je nom deTripolis, parce que, dit Diodore de Sicile^ « cette ^ille très célèbre de la Pbénicie se composait de trois villes sépairées Tune de l'autre par un stade d'intervalle ». « L'un de ces quartiers, dit Pline, avait été construit par les Tyriens, le second par les Sidoniens, et le troisième par les Arcadiens. » Chacun de ces peuples habitait son quartier respectif. Le sénat des Phéniciens se tenait dans cette ville et y délibérait sur les affaires les plus importantes de TÉlat. Il ne reste rien des palais qu'y trouvèrent les Séleucides, ni des édifices magnifiques qu'ils y élevèrent, ainsi que les Romains. Sous le khalife Omar, Tripoli se rendit sans résistance à Khalid* l'un des généraux de l'armée d'Abou Obéïdah. Dès la première croisade, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse^ en commença le siège en 1104, mais les croisés ne parvinrent à s'en rendre maître que cinq ans plus tard. Elle fut alors érigée en comté et
in6 VILWET DE BEYROUTH
donnée en fief du Saint-Sépulcre aux comtes de Toulouse, sous lesquels elle prospéra durant 171 ans, malgré bien des querelles intestines et de terribles tremblements de terre. Outre le château qu'ils avaient élevé sur la hauteur nommée alors par les croisés « mont des Pèlerins » et par les musulmans « Sândjil » (Saint-Gilles?), château qui subsiste encore, ils l'entourèrent du côté de la mer de solides murs de fortifications flanqués de tours. A partir de l'embouchure du nahr el-Qadic/ia jusqu'à el-Minâ, on compte aujourd'hui sept de ces tours qui défendaient l'accès du rivage.
Tripoli fut enlevée aux croisés français par le sultan d'Egypte, Qélâoun, qui, en 1288, prit, saccagea, rasa cette ville, et sur ses ruines rebâtit une nouvelle cité entièrement musulmane, composée, comme celle d'aujourd'hui, d'un quartier maritime : el-Minà(la marine), et d'une ville proprement dite située près du château. Cette ville tomba aux mains des Turcs ottomans en 1517, lors de la conquête de TÉgypte et de toutes ses possessions d'Asie par Sélim T". Depuis ce temps elle a toujours fait partie de l'empire ottoman.
Le climat de Tripoli n'est pas aussi sain que celui des autres villes du vilayet de Beyrouth. Des fièvres endémiques y sévissent vers l'automne, mais elles sont rarement dangereuses. Les rues de cette ville sont étroites, mais propres et assez bien pavées. Pour la plupart, elles sont pourvues de trottoirs protégés par des arcades formant galerie, sous lesquelles les passants et les marchandises exposées devant les boutiques sont à l'abri du soleil. Les maisons et autres constructions, à l'exception des mosquées, des églises et de quelques autres édifices publics où ont été employés le marbre, le granit et le porphyre, sont bâties en grès sablonneux dit ?'amlè (sable) tiré des carrières voisines. Du pied du château-fort qui sert aujourd'hui de prison pour les forçats, on jouit d'une belle vue d'ensemble de la ville, de son quartier maritime d'el-Minâ et des environs. Cette ancienne forteresse est assise sur une croupe élroitequi se termine brusquement à l'ouest du côté de laville, et surplombe à l'est une gorge profonde où coule le ?îa/ir el-Qndicha. Après avoir approvi-
sîonné d'eau Tarabolous, ce fleuve se dirige vers la mer à Touesl, oîi Ton voit el-Minâ se dresser sur le rivage, parmi les vieilles murailles et les tours bâties par les croisés. Dans la plaine environnante s'étendent de tous côtés, à perle de vue, de magnifiques jardins d'orangers, de citronniers, des vergers remplis d'excellents fruits de toute espèce, de belles cultures de mûriers et d'oliviers, principales richesses du pays.
On estime, en effet, le revenu annuel des orangers et des citronniers de la ville de Tripoli à la somme approximative de 100.000 livres turques, soit 2.300.000 fr. environ. Pareille somme est produite par les oliviers des environs, dont la récolte fournit chaque année en moyenne 100.000 co/ d'huile. Le col équivaut à 26 oques, soit 32 kilo. 356. Quant aux mûriers, la sériciculture étant pourTripoH une spécialité, c'est estimer peu leur production annuelle que d'en borner le revenu à la seule exportation faite à destination de la France, exportation qui se chiffre chaque année par plus de 3.000.000 de fr. En résumé, on ne saurait estimer le produit des orangers, des oliviers et des mûriers de la ville de Tripoli et de la campagne qui l'entoure, au-dessous d'une valeur de 8 millions de francs par an, sans compter celle des 40.000 quintaux de savon fabriqués avec l'huile du pays dans les 11 savonneries de cette ville, et sur lesquels un quart environ est exporté en Egypte, en Grèce et en diverses places de la Turquie, et les trois autres quarts sont consommées dans les vilayets de Beyroulh, de Syrie et les sandjaivs du Liban et de Jérusalem.
On cultive aussi dans la plaine de Tripoli le tabac, la canne à sucre, le grenadier et le nopal sur lequel on élève la cochenille ou kermès animal (coccwA* me//), précieux insecte tinctorial considéré par quelques médecins anglais et allemands comme le spécifique de la coqueluche. On l'emploie, àTripoli, à teindre les ceintures de soie rouges et jaunes si renommées dans tout l'Orient sous le nom de zounnâr Tarabolomi.
On compte, àTripoli, 14 mosquées, dont 12 <i Tarabolous et 2 à el-Minâ; parmi les premières, on doit citer celle de Taïla, très remarquable; un couvent do derviches nommé cUrvicliiyèh^
situé au pied de la oionlagne; 13 églises, doni 11 à Tarabolous, et 2 à el-Minâ, ces dernières sont Tune aux maronites qui en ont aussi 3 dans la ville, l'autre aux: grecs orthodoxes qui en ont 2 à Tripoli où sont également situées celles des latins, dont 2 appartiennent aux franciscains, 1 aux lazaristes, 1 aux Filles de la Gbarité et 1 aux carmes ; enfin la onzième église de la ville est celle des grecs unis. Il y a aussi dans la ville un temple protestant et une synagogue La plus grande église est celle de Saint-Michel, aux maronites. Les Filles de la Charité ont un dispensaire, annexe de leur école. Les pharmacies sont au nombre de 6 à Tarabolous et 1 à el-Minà. Outre les nombreux fruits et réservoirs d'eau du nahr el-Çadicha^ Tripoli est alimenté par des sources également au moyen de puits et réservoirs ; on cite ceux de la source Râchin^ oîi Ton trouve des poissons.
Bétail. — L'élève du bétail dans le merkez-caza de Tripoli produit annuellement une moyenne de 28.360 têtes, comme suit :
TÊTES DE BÉTAIL
Bœufs et vaches 1.200
Buffles 30
Chevaux 390
Anes et mulets 950
Moutons 5.590
Chèvres 20.000 •
Chameaux 200
Total. . . 28.360 tôtes.
Les taxes perçues sur les buffles, moulons, chèvres et chameauXy s'élèvent à 81.865 piastres, soit env. 18.829 fr. par an.
Localités remarquables. — Arqa, situé à 30 kil. nord-est de Tripoli, est Tancienne ville phénicienne de même nom qui fut plus tard Cœsarea ad Libanum.
Tartous, siluée à 55 kil. au nord de Tripoli, est l'ancienne Tortousa (TopTouaa), qui, selon Jean Phocas et Guillaume de Tyr, est la même ville ({\iAntaradus, appartenant aux habitants d'Aradus et située vis-à-vis de leur île. C'est aujourd'hui un nahié du merkez-caza de Tripoli. Il y a, à Tartous, une station postale et télégraphique de service intérieur (langue turque).
RouAD, autre nahié du même caza, est l'ancienne lie phénicienne A'Aradus. Elle est située à 50 kil. nord de Tripoli. La ville antique, fondée par des exilés de Bidon, occupait toute la surface de l'Ile qui, selon Pline, avait sept stades d'étendue. Selon Strabon, elle avait 7 stades de tour et elle était à 20 stades de la côte, soit 1600 m. Cette distance est aujourd'hui d'environ 5 kil. Aradus était encore très peuplée à cette époque, et couverte de maisons à k un grand nombre d'étages ».
En temps de guerre, les habitants puisaient leur eau dans le détroit où se trouve une abondante source sous-marine. On fai. sait descendre sur l'orifice de cette source un vase en plomb en forme de cloche, au fond duquel était attaché un tuyau de cuir par lequel s'élevait l'eau que recevait le vase ; dès qu'elle arrivait pure etpotable,on en remplissait les récipients chargés dans des barques et on l'apportait à la ville. Selon Mutianus^ l'origine de la source était sur une montagne du continent, à 50 coudées d'altitude, soit environ 25 m. au-dessus du niveau de la mer; Teau devait par conséquent monter dans le tube en vertu des lois de l'hydrostatique. Humboldt cite deux fontaines sousmarines semblables, l'une dans le port de Syracuse, vis-à-vis de la fontaine Aréthuse, et l'autre à deux ou trois lieues des côtes sud de Cuba.
Aujourd'hui l'Ile de Rouâd n'a qu'un petit nombre d'habitants, il n'y a pas de ville proprement dite, mais seulement des hameaux dispersés.
Cette petite lie a pourtant son importance à cause de la pêche des éponges, dont elle est un des principaux centres.
CAZA DE SAFITA
Orientation; Limites. — Le caza de Safita est silué au nord-est du sandjak de Tripoli. Il est limité : au nord, par le sandjakde Lataqiyèh; à Test, parlevilayet de Syrie; au sud, par le caza de Husn cl-Akrâd, et, à l'ouest, par le merkez-caza de Tripoli.
Division administrative- — 11 n'a point de nahiés; on y compte 202 bourgs, villages et hameaux.
Population du caza. — Sa population totale est de 22.094 hab., comme suit :
Musulmans sunnites 12.300 hab.
Maronites . . . . , 544 —
Grecs unis 500 —
Syriens orthodoxes 1.650 —
Israélites 100 —
Ansariyè 7.000 —
ToTAi 22.094 hal).
Chef-lieu. — Safita, chef-lieu du caza de môme nom, résidence officielle du caïmakam (sous-gouverneur), siège de tribunaux de première instance du bédâièt (droit moderne) et du ch&r^i (droit musulman), station postale, elc, etc., est située à euv. 62 kil. nord-est de Tripoh, chef-lieu du sandjak; à 30 kil. au nord de Husn el-Akràd et à 50 kil. d'Akkar, chefs-lieux do cazas du môme sandjak; et à env. 150 kil. nord-est de Beyroulh, chef-lieu du vilayet, près du Djèbèl Ansariyè, qui sépare à Test le sandjak de Tripoli du vilayet de Syrie.
Population du chef-lieu. — Sa population, comprise dans le chiffre de celle du caza, est de 2.500 hab , comme suit:
Musulmans sunnites 1.500 hab.
Maronites 150 —
Syriens orthodoxes 850 —
Total . . . 2.500 hab.
Ecoles. — Il y a à Safita et dans le eaza de même nom 300 écoles musulmanes, dont 1 secondaire et 299 primaires, fréquentées par 3.040 garçons, dont 1 .040 musulmans et 2.000 ansariyè. Ces écoles se composent d'un lycée avec 50 élèves et de 15 écoles de quartiers et annexes de mosquées à Safila, fréquentées par 150 élèves musulmans, et de 284 écoles do village fréquentées pm 840 élèves musulmans et 2,000 ansariyè, dont beaucoup sont adultes.
Il a été déjà dit plus haut que cette population des Ansariyè, livrée jusqu'aujourd'hui à des pratiques infâmes, prétendues religieuses et tenues secrètes, avait tout récemment sollicité son admission dans la famille musulmane et dans larmée ottomane. Cette demande ayant été bien accueillie, un grand nombre de mosquées et d'écoles primaires ont déjà été construites ou sont en cours de construction dans tous les villages ansariyè pour l'instruction religieuse, civile et militaire, de ces sujets trop longtemps insoumis.
On compte à Safita 6 mosquées; 2 petites églises, Tune aux maronites et l'autre aux grecs orthodoxes; \ Aaw (hôtellerie) ; 10 magasins et dépôts de marchandises, 35 boutiques, i hammam (bain public), 15 huileries, 2 magnaneries et un grand nombre de tours à dévider la soie (chaque famille en possède au moins un), 20 cafés, 5 fontaines publiques, 6 fours publics, iO moulins à farine, etc., et 500 maisons.
Production agricole. — Les principales cultures du caza de Safita sont celles du mûrier, de l'olivier et des céréales. Les bons pâturages y sont nombreux.
Bétail. — La production moyenne de l'élève du bétail dans
le caza de Safi la s'élève annuellement à 62.715 tètes, comme suit :
TÊTES DE BÉTAIL
Bœufs et vaches 1.400
Buffles 15
Chevaux 500
Anes et mulets 680
Moulons 11.000
Chèvres 49.000
Chameaux 120
Total. . . 62.715 têtes.
Les taxes perçues sur les buffles, moutons, chèvres et chameaux, s'élèvent en totalité, année moyenne, à 21 1 .350 piastres, soit env. 48.670 fr.
GAZA D'AKKAR
Orientation ; Limites. — Le caza d'Akkar est situé au sud-est du sandjak de Tripoli. Il est limité : au nord, par le caza de Husn el-Akrâd ; à Test et au sud, par le vilayet de SyriO; et, à Touest, par le mutessariflik de Djèbèl Libnân (Liban) et le merkez-caza de Tripoli.
Division administrative. — Il n'a point de nahié et contient 174 bourgs, villages et hameaux.
Population du caza. — Sa population totale est de 20.378 hab., comme suit:
Musulmans sunnites 16.400 hab.
Maronites 582
Grecs unis 1.129
Syriens orthodoxes 200
Protestants 150
Israélites 167
Ansariyè 1.760
Total. . . . 20.378 hab.
Ghef-lieu. — Akkar, chef-lieu du caza de même nom et résidence du caïmakam (sous-gouverneur), siège des divers services publics, d'un bureau postal, d'agences de la dette publique et de la régie des tabacs^ etc., etc., est située à 40 kil. est de Tripoli, chef-lieu du sandjak, et, en ligne directe, à 100 kil. nord-est de Beyrouth, chef-lieu du vilayet. Une route carrossable de 21 kil. relie Akkar à la chaussée de Tripoli à Homs et Hamah, par laquelle se fait un important trafic pour ces trois villes, aussi bien pour des productions du caza d'Akkar que pour celles des districts voisins appartenant au Liban et à la Syrie.
Population du chef -lieu. — La population du bourg d'Akkar, comprise dans le chiffre de celle du caza, est de 3.500 hab., comme suit :
Musulmans sunnites 2.300 hab.
Maronites 350
Protestants 150
Total. . . 3.500 hab.
Écoles. — Il y a dans la ville et le caza 180 écoles, dont un lycée et 1 79 annexes de mosquées^ fréquentées par 1 .840 élèves, dont 840 musulmans et 1 .000 ansariyè. La plus grande partie de ces écoles sont situées, ainsi que les mosquées auxquelles
elles sont annexées, dans les \illages ansariyè admis, sur leur demande, à l'élude du Qoran el au service militaire.
Production agricole. — Les principales cultures sont celles des céréales, du mûrier et de Tolivier, et la culture maraîchère. Celle-ci surtout est extérieurement développée dans ce caza tout entier. On cultive l'oignon en grand dans la plaine d'Akkar en vue d'expéditions considérables à Beyrouth, en Egypte et au Hèdjâz. Souvent on expédie, en Egypte seulement, jusqu'à 2.000 tonnes et plus de ces oignons d'Akkar, très renommés dans tous ces parages. Beaucoup de collines sont couvertes de bois remplis de vastes clairières qui sont autant d'excellents pâturages ; aussi l'élève des bestiaux est-il assez productif. On estime qu'en moyenne il donne par an 43.374 têtes, comme suit :
TÊTES DE BÉTAIL
Bœufs et vaches 900
Bufnes 19
Chevaux 250
Anes et mulets 1.250
Moutons 8.100
Chèvres 32.800
Chameaux 55
Total . . . 43.374 têtes.
Le produit annuel de la taxe perçue sur les bufQes, moutons, chèvres et chameaux, s'élève en moyenne à 143.890 piastres, soit env. 33.095 fr.
Industrie. — Outre 2 filatures de soie, — dont Tune sise au village de Qobbayat est alimentée par la production des cocons du caza, qui alimente également plusieurs filatures du Liban et les nombreux tours fonctionnant dans les familles, — plusieurs villages, parmi lesquels nous citerons Nahriyè, Roumniyô et Aïdémoun,ont des fabriques de tapis rayés de six couleurs éclatantes, disposées en mille raies étroites : blanc, violet, noir,
vert, rouge et jaune. Ces tapis sirali, dits de Châm-chèhr (Damas), sont fort estimés; leurs dimensions sont d'environ 5 piks ou 4 m. de côté, soit 16 m. carrés; ils se vendent sur place de 300 à 400 piastres (env. 69 à 92 fr.) la pièce: