‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 66 sur 190 · MERKEZ-CAZA DE NAPLOUSE · texte numérisé non relu

MERKEZ-CAZA DE NAPLOUSE

Orientation; Limites. — Le merkez-caza de Naplouse estsitué au centre dusandjakde Balqa. Ilestliaiité: au nord, par le caza de Djénln ; à Test et au sud, par celui de Djémâ^ïn, et, à Touest, par celui de Béui-Saab.

Division administrative. — Le merkez-caza n*a point de nahié proprement dit; il ne se compose que du chef-lieu du sandjak, qui est la ville de Naplouse, et des 35 villages de sa banlieue, le tout administré directement par le mutéssarif, gouverneur du sandjak.

Population du merkez-caza. — Sa population totale est de 28.675 hab.; comme suit :

Masulmans sannites 25.450 hab.

LatiDB iOO

Maronites 1.000

Grecs unis 385

Protestante 150

toaéUte...j SitainV. •. : ! ! m \ 290

Total . . 28.675 hnb.

Chef-lieu. — Naplouse, chef-lieu du merkez-caza et du sandjak de Balqa, résidence du mutéssarïf^ siège de Tévôque grec orthodoxe de NeapoHs (iNaplouse), du grand-prêtre (AoA^) des Samaritains, des tribunaux de droit moderne et de droit

musulman, des divers services administratifs du sandjak, etc., etc., est située à 68 kil. nord-est de Jaffa, son port de commerce, par la route carrossable qui relie ces deux villes. Naplouse est en ligne directe à 200 kil. au sud de Beyrouth, cheflieu du vilayet, à 160 kil. env. au sud de Saïda, à 92 kil. env. au sud-est d'Akka (S*-Jean d'Acre), et à 55 kil. env. au sud-est de Qaïsariyèh (Césarée).

La population deNaplouse, comprise dans le chiffre de la population du merkez-caza, est de 24.830 hab., comme suit :

Moinlmans 24.000 hab.

Utini 100 —

Orooi oniB 50 —

Grecs orthodoxes 300 —

ProtMtants 150 —

i.r»«iit6.. . . \ ^^m^iUi- : ; : : ; : : ; ,^S î 230 -

Total . . . 24.880 hab.

La ville de Naplouse s'étend à 570 m. d*altitude le long delà vallée située entre le mont Ébal (aujourd'hui Djèbèl es-Suléïmâniyéh ou êch-chémdli^ montagne de Suléïman ou montagne du Nord) et le mont Garizim (aujourd'hui Djèbèl et-Tor ou el- Qibli, montagne de Tor ou montagne du Sud). La contrée environnante est luxuriante de verdure et d'une fertilité remarquable; partout on n'y voit que des jardins d'oliviers qui font la richesse de la ville, et des champs de céréales, de tabac, de pastèques et de melons, ainsi que des vergers remplis d'arbres fruitiers de toute espèce. Aussi Naplouse, vue surtout du versant nord du mont Garizim^ offre-t-elle un coup d'oeil magnifique avec les dômes et les coupoles de ses maisons blanches, toutes construites en voûte, ses mosquées et ses églises se détachant au milieu de ce riant paysage, abondamment arrosé par de nombreuses sources qu'on voit couler dans les rues de tous les villages d'alentour. Six de ces sources alimentent la ville ; on les nomme \Aïn el-Asal, Ain es-Su&&a?\ Ra^ el-Aïn^Aïn-Hoséin^ Ain eS'Sèt et Ain el'Qarioun, Il se fait dans cette ville un commerce assez actif de savons, d'huile d'olive, de laine et de coton. Son bazar est grand, pittoresque et bien achalandé; c'est là que

se concentre toulle mouvement ; la foule affairée s'y presse incessamment, s*y coudoie, et ne parvient qu'avec peine à circuler à travers ses longues galeries bordées d'arcades. On n'y rencontre pas de femmes musulmanes, car il ne leur est permis de sortir qu'une heure par jour pour aller remplir leurs jarres aux fontaines, pendantque les hommes font la prière dans les mosquées. Un jour par an seulement, elles peuvent aller se promener dans les campagnes^ où ne parait aucun homme ce jour-là.

Écoles. — Les écoles de la ville de Naplouse et du merkezcaza de Balqa sont au nombre de 53, dont 1 supérieure, i secondaire et 51 primaires et élémentaires, fréquentées par 1.016 élèves, dont 725 garçons et 291 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

i 1 médressé (droit et théologie) . . .

Mntiilmans \ i lycée

t 45 écoles i)rimaire8, annexes de mosquées

SyrieDi orthodoxe!. .} ] école primaire de garçons ....

' f 1 — — filles

ProteaUnts. . . \ } école primaire de garçons

(1 — — uUes

Ivraél lies orthodoxes : i école primaire de garçons .... Isiaélites samaritaini : 1 école primaire de garçons ....

Total. .

ÉCOLES

ÉLÈVES

Il y a à Naplouse 8 mosquées à minarets, 4 églises, "t temples protestants et 2 synagogues. Parmi les mosquées^ deux sont plus particulièrement remarquables : ce sont d'anciennes églises du temps des croisades, désaffectées après la chute du royaume latin de Jérusalem et consacrées au culte musulman. La première était dédiée à saint Jean et appartenait aux chevaliers hospitaliers. C'est aujourd'hui la grande mosquée [Djdmi el-Kébir). La seconde est Djâmi el-Khadra. On la dit bâtie sur l'emplacement même de la maison de Jacob, à Tendroit où il se trouvait lorsqu'on lui apporta la robe de Joseph trempée dans le sang d'un chevreau pour lui faire croire que ce fîls bien-aimé avait

été dévoré par une bêle féroce. Elle est siluée au sud-ouest de la ville, et Djâmi el-Kébir est dans le quartier de Test.

Des quatre églises actuelles, Tune appartient aux Franciscains; une seconde est destinée au patriarcat latin qui a obtenu récemment, par les bons offices de x\I. le docteur Doit, l'autorisation d'établir une mission à Naplouse, une troisième est aux Grecs catholiques, et la quatrième aux Grecs orthodoxes. Les protestants étant divisés en deux sectes, celle des anabaptistes et celle des presbytériens, chacune possède un des deux temples. Quant aux deux synagogues, les israéliles proprement dits en possèdent une. L'autre synagogue est aux Samaritains. Cette dernière est siluée dans le quartier qu'ils habitent seuls, au sud-ouest de Naplouse. C'est un petit bâtiment dont les murs sont blanchis à la détrempe. Le plancher est couvert de nattes, sur lesquelles il est défendu de poser le pied sans s'être déchaussé au préalable. Les prières sont dites en ancien dialecte samaritain, bien que la petite communauté parle l'arabe en toute autre circonstance de la vie. Les hommes sont enveloppés de grands linges blancs d'une propreté tout à fait méticuleuse, et coiffés de turbans couleur de pourpre qui sont le signe distinctif de leur communauté. Les Samaritains ont pour chef religieux et administrateur civil leur grand-prêtre {kohèn) ou souverain pontife, membre du conseil administratif du sandjak. Cette dignité est héréditaire dans une famille de la tribu de Lévi et rétribuée par la communauté qui paie la dime de tous ses biens au grandprêtre.

Les Samaritains de Naplouse sont le dernier reste de ces schismatiques dont le nom était considéré comme une injure par tout bon israélite. Ils sont issus (après la prise de Chomron (Samarie) par Sargon, en 721 av. J.-C.) du mélange des Syriens idolâtres avec les Israélites de Samarie. Cette nouvelle population, qui adorait le vrai Dieu tout en gardant le culte des idoles, forma la secte des Samaritains (Bible, 1V° livre des Rois, ch. xvii, 5 et suiv.). Leur nombre n'a cessé d'aller toujours en diminuant depuis de longs siècles. Déjà, du temps de Benjamin de Tudèle, ils n'étaient plus que 1 .000 dans cette ville ; mais ils avaient alors

de petites commuDaulés à Damas, à Ascalon, à Césarée, à Gazza, au Caire, etc., tandisqu'aujourd'huiun pelit coin spécialdu quartier sud-ouest de Naplouse suffit à renfermer les débris de cette race qui semble devoir disparaître entièrement à bref délai.

)1 est temps de retracer ici en quelques lignes le souvenir de leurs coutumes actuelles, de leurs croyances^ de leurs rites particuliers. Ce sont maintenant de purs monothéistes, repoussant absolument le culte de toute image, ainsi que toute expression qui pourrait faire attribuer à Dieu quelque affinité avec la nature humaine. Ils n'ont adopté de TAncien Testament que les seuls livres de iMoïse^ avec un texte modifié dans ce sens. L'exemplaire qu'ils possèdent est écrit eu caractères samaritains et attribué par eux au petit-fils ou à l'arrière-peiitfils d'Aaron, dont leurs grands-prêtres seraient les descendants directs; ils le conservent dans une châsse précieuse, enveloppée d'un riche tissu vénitien; Tarmoire qui le renferme est placée derrière le rideau qui cache le sanctuaire; on l'en sort au jour des expiations, et tous les assistants s'avancent pour le baiser. Ce livre est assurément très ancien, mais il ne paraît pas remonter au delà des premiers siècles de l'ère chrétienne, au dire de tous ceux qui peuvent le voir en payant seulement au kohèn 2 fr. pour une personne seule et \ fr. par personne si l'on est plusieurs.

Les Samaritains croient à de bons et à de bons mauvais esprits, à la résurrection et au jugement dernier. Ils attendent le Messie 6.000 ans après la création du monde, mais ils ne le tiennent pas pour plus grand que Moïse. Ils ont quelques chroniques, dont les plus anciennes ne datent que du xii'' siècle de notre ère, et leur littérature, en général, essentiellement religieuse, ne se compose guère que d'hymnes et de prières. En cas de stérilité de leur femme, il leur est permis d'en prendre une seconde qui partage les mêmes droits. Quand un Samaritain meurt sans enfants, ce n'est pas, comme dans la loi ancienne, son frère qui est tenu d'épouser sa veuve, mais l'ami le plus intime du défunt.

Les trois fêtes des pains sans levain, des semaines et des

tabernacles, donnent lieu chaque année à trois grands pèlerinages de toute la communauté sur le mont Garizim, mais ils n'immolent de victimes qu'à la fêle de Pâques. Sept jours d'avance, pour cette dernière solennité, les Samaritains ont planté leurs tentes sur la hauteur où doit avoir lieu le sacrifice. Chacun a revêtu ses habits de fête. Voici comment un témoin oculaire rend compte en substance de cette cérémonie :

« Tandis que nous prenions le café sous la tente du grandprêtre, sa femme préparait V aliment amer composé de laitues sauvages bouillies qu'elle enveloppait de pain azyme. Un peu avant le coucher du soleil, nous nous rendîmes sur l'emplacement consacré aux sacrifices, situé dans la direction du sommet de la montagne. Sur un feu de branchages soigneusement entretenu étaient suspendues de grandes chaudières remplies d'eau, et un peu plus haut, à quelques pas de distance, brûlait, dans une fosse profonde un autre feu non moins bien attisé. A la droite du premier feu, douze hommes en manteaux blancs et coiffés de turbans représentaient les douze tribus d'Israël. Ils se tenaient debout dans un espace entouré de pierres, et, les yeux fixés sur le plus haut point du mont Garizim, ils chantaient sur un air monotone des passages des Livres Saints et des prières. Devant eux, le grand-prêtre ou kohén 'Imrân, tourné vers le soleil couchant, taisait face à la foule rangée au dehors de l'enceinte de pierres. Les plus anciens membres de la communauté s'en détachèrent et vinrent se placer aux côtés du kohén prenant part mentalement à la prière des douze; puis des hommes et de jeunes garçons vêtus de blanc, conduisant septagneaux sans tache, s'approchèrent du feu; derrière eux se pressaient les femmes et les enfants.

f< Lorsque le dernier rayon du soleil se fût éteint dans la mer, le grand-prêtre entonna le chant solennel delà bénédiction, qu'il répéta trois fois de suite sur le peuple ; puis, d'une voix retentissante^ il dit ce commandement de la Bible qui termine le sixième verset du chapitre xii de TËxode : « El toute la multitude des enfants d' Israël l'immolera au soir ». Tandis que les douze représentants des tribus s'approchaient du lieu du sacrifice en conti-

nuantàchantercemême chapitre, les lévites sacriBcaleurs, qui avaient essayé le traDchant de leurs couteaux sur le bout de leur langue, saisissant les agneaux, leur coupèrent la gorge d'un seul coup en formulant une prière, et, au moment où les douze chanlaieni : *< Ils prendront de son sang et ils en mettront sur lun et Vautre poteau et sur le haut des portes des maisons où ils le mangeront » (Exode, ch. xii, verset 7), les pères plongèrent rindex dans le sang chaud et en marquèrent leurs enfants du haut du front au bout du nez.

<c Les douze n'avaient pas interrompu leur chant, qu'ils ne cessèrent que quand on apporta sur un plat de paille V <c aliment amer ». On le plaça devant le grand-prêtre qui distribua à chacun des hommes son morceau. En le recevant, ils baisèrent respectueusement sa main; puis, ayant rendu le même hommage aux anciens, ils s'embrassèrent mutuellement en se souhaitant une joyeuse fêle. Quant aux sacrificateurs, qui ne pouvaient interrompre leur fonction, le kohèn leur mil le morceau dans la bouche, tandis qu'ils dépouillaient les agneaux. Après que les hommes et les garçons eurent tous reçu leur portion, les femmes et les filles mangèrent à leur tour les restes.

(c Dès qu'un agneau était dépouillé, opération qu'on hâtait en facilitant l'enlèvement de la toison au moyen d'aspersions d'eau bouillante puisée aux chaudières citées plus haut, on lui passait une barre de bois à travers lesjambes de derrière, et deux jeunes gens tenaient chaque bout de cette barre sur l'épaule pendant qu'on éventrait la victime. On veillait de près en même temps à ce qu'aucun étranger ne souillât le sacrifice en s'en approchant trop. Un agneau ayant été déclaré défectueux par le grand-prêtre, il fîit jeté au feu et consumé avec les toisons, les entrailles et les pieds de devant des autres victimes. Celles-ci furent frottées de sel et portées processionnellement suspendues à des perches jusqu'à la fosse chauffée d'avance pour leur cuisson. Les chants religieux furent repris, et, lorsqu'ils furent arrivés à un certain passage, on descendit tout d'un coup les victimes dans cette fosse, dont on referma l'ouverture par une claie de branchages que l'on recouvrit de mottes de gazon. Les douze représentants des

tribus retournèrent alors dans Tenceinte de pierres où ils continuèrent à prier jusqu'à minuit, heure à laquelle on découvrit l'ouverture de la fosse pour en retirer les agneaux rôtis qui furent emportés dans des corbeilles neuves. Les Samaritains les mangèrent accroupis sur le sol et tenant un bâton de la main gauche. C'était, dit en terminant le narrateur, un tableau véritablement saisissant que celui de tous ces hommes vêtus de blanc prenant silencieusement le repa^ de lalliance. Nous nous éloignâmes, ajoute-t-il, au moment où commença la prière du matin qui se prolonge durant quatre heures. »

Naplouse est Tantique Skheyn^ qui échut à la tribu d'Ephraïm lors du partage de la teire promise. Elle devint une ville sacerdotale et do refuge, et le lieu de rassemblée des tribus. C'est là que, sous Roboam, fut décidée la séparation des dix tribus qui formaient le royaume d'Israël, tandis que les deux autres, seules restées fidèles au fils de Salomon, prirent le nom de royaume de Juda. Jéroboam choisit pour sa résidence royale la ville de Sichem qui, au retour des tribus exilées, fut le centre du culte samaritain. Après la conquête romaine, reconstruite et enrichie par Titus, elle prit le nom de Flavia Neapolis^ d'où lui est venu, par corruption, celui de Naplouse. C'est un des rares cas où le nom donné par les Grecs ou les Romains à une ville sémitique a prévalu sur son nom primitif. Neapolis devint le siège d'un évôché dès les premiers siècles chrétiens. Conquise par les Arabes, elle leur fut enlevée par Tancrède peu après la prise de Jérusalem. Baudouin II y tint une grande diète en 1120. Reprise aux croisés par le sultan éyyoubite Salah ed-Dln, elle resta au pouvoir des Égyptiens jusqu'en 151 7, date de la conquête définitive par Sélim T' de toutes leurs possessions qui, depuis lors, n'ont pas cessé d'appartenir à l'empire ottoman.

Production agricole. — Les principaux produits agricoles du merkez-caza de Naplouse sont les céréales, le sésame, l'huile d'olive, le tabac, le coton et une grande variété de fruits excellents. (Voirie tableau, page 180.)

Bétail. — On estime dans ce caza la production moyenne de l'élève du bétail à 36.541 tètes par an, comme suit :

TÊTES DE BÉTAIL

Bœufs et vaches 1.H3

Chevaux 900

Anes et mulets 1.500

Moutons 1.946

Chèvres 31.000

Chameaux 80

Total. . . 36.541 têtes.

La somme perçue en taxes sur les moutons, chèvres et chameaux, est évalué à 116.111 piastres, soit env. 26.705 fr., comme moyenne annuelle.

Industrie. — Il y a dans lemerkez-caza de Naplouse 15 savonneries. 2 fabriques d'huile d'olive et 2 fabriques d'huile de sésame.

Localités remarquables. — Deux localités remarquables, qui toutes deux ont été des capitales du royaume d'Israël, sont situées dans le merkez-caza de Naplouse ; Tune est l'antique ThersUj sur le versant nord du mont Ébal, à 8 kil. de Naplouse en ligne directe. Jéroboam en partagea le séjour avec Sichem. Omri, son cinquième successeur, y régna six ans, bien que le palais royal eût été incendié par son prédécesseur Zimri qui s'y brûla avec toute sa famille. Après ces six années de règne à Thersa, Omri acheta de Semer ou Chômer (Rois : liv. III, ch. XVI, verset 24) pour deux talents d'argent une montagne voisine, sur laquelle il bâtit la ville de Chiynrôn ou Sènirôn^ qui fut ensuite Samarie et resta la capitale du royaume d'Israël elle centre du schisme uni à l'idolâtrie, jusqu'à sa prise par Sargon (Saryoukin), successeur de Salmanazar V, en 721 av. J.-C. , après un siège de trois ans, commencé par son prédécesseur. Au temps des Macchabées (168 av. J.-C), Samarie était redevenue une

ville forle et considérable; Hyrcan 1"^*^ l'assiégea durant un an, s'en empara el la détruisit complètement. Bientôt relevée, elle fut comprise par Pompée dans la province de Syrie. Auguste donna celte ville à Hérode-le-Grand, qui la dota de magnifiques édifices et la nomma Sébaste (Auguste) enFhonneur de l'empereur. Une nombreuse colonie de soldats et de cultivateurs s'y établit alors, mais Sébaste ne tarda pas à être éclipsée par Neapolis.

L'apôtre saint Philippe prêcha l'Évangile à Samarie, qui fut le siège d'un évêché rétabli plus tard par les croisés. Le village actuel de Sébastiyèh, établi sur les ruines de Samarie et de Sébaste, est situé à 9 kil. nord-est de Naplouse et à 10 kil. ouest de T/iersa. k vol d'oiseau. Outre sa belle mosquée, à moitié détruite, ancienne église de S'-Jean-Baptiste, décapité et enseveli en ce lieu, suivant la tradition mentionnée par saint Jérôme, il s'y trouve beaucoup de restes d'édifices anciens. On y remarque surtout une colonnade élevée par Hérode pour l'embellissement de Sébaste; elle a 15 m. de largeur entre les deux rangées de colonnes, hautes de 5 m. sans leurs chapiteaux, qui ont disparu. On peut encore suivre, autour de la montagne, sur une longueur de 1.700 m. environ, la voie bordée par ces colonnes, mais son parcours a souffert plusieurs interruptions, et parfois on en perd la trace parmi les terres labourées.

GAZA DE DJÉNIN

Orientation; Limites. — Le caza de Djéntn est situé au nord-est du sandjak de Naplouse. Il est limité : au nord, par le sandjak de S'-Jean d'Acre ; à l'est, par le Jourdain^ qui le sépare du vilayet de Syrie ; au sud, par le caza de Djémâ'ïn et le merkez-caza de Balqa, et, à l'ouest, par celui de Béni-Saab et le sandjak de S -Jean d'Acre.

(*î Hyrcan !•», prince et grand-prôlre des Juifs, troisième fils de Simon Macchabée, régna à Jérusalem depuis 135 av. J.-C, jusqu'en 106.

Division administrative. — Il est divisé adminislrativement en 3 nahiés, qui sont : Djénin, Gharaouyah éch-charqi et Méchâriq el-Djérrdr. On y compte 87 villages et hameaux.

Population du caza. — Sa population totale est de 9.654 hab., comme suit :

Musulmans sunnites 7.200 hab.

Maronites 2.000

Grecs unis 209

Syriens orthodoxes 238

Israélites 7

Total . . . 9.654 hab.

Chef-lieu. — DjénIn, chef-lieu du caza de même nom et résidence d'été et d'hiver du caïmakam (sous-gouverneur), siège des tribunaux de première instance du caza^ station postale et télégraphique de service intérieur, etc., est située à la limite des montagnes de la Samarie (chaîne du Garmel) et de la plaine d'Esdrelon, à 33 kil. au nord de Naplouse, à 50 kil. à Test de Qaïsariyèh (sandjak d'Âkka), et à 55 kil. à vol d'oiseau au sud-est de Haïfa.

Population du chef-lieu. — La population du bourg de Djénln, comprise dans le chiffre de la population du caza^ est de 1.215 hab., comme suit :

Musulmans sunnites 1.200 hab.

Syriens orthodoxes 8

Israélites 7

Total ... 1.215 hab.

Ecoles. — Les écoles de la ville et du caza de Djéntn sont au nombre de 90, dont 1 lycée et 2 écoles primaires annexes de mosquées au chef-lieu et 87 de ces dernières dans les villages, fréquentées en tout par 900 garçons.

Il y a à Djénin 2 mosquées à minarets. La belle source qui

jaillit à Test de la ville est dirigée à travers les rues dont les maisons sont entourées de jardins fertiles plantés de quelques palmiers. Sur son parcours^ cette source met en mouvement plusieurs moulins et des pressoirs à huile d'olive. Djénln est identifiée à la Ginea de Thistorien Josèphe, et celle-ci correspond à Tancienne En-Gannim, qui était une ville sacerdotale de la tribu d'Issakhar, sur les confins du sud de la Galilée.

Production agricole. — Les principales et les plus belles cultures sont celles de l'olivier, des céréales, des plantes légumineuses (fèves, pois, lentilles), du sésame, du coton et des arbres fruitiers (abricotier, cognassier, citronnier, amandier, etc.), comprises dans le tableau, p. 180. Toutes les plantations d'arbres qui entourent les villages sont des plantations d'oliviers. Quelques belles vignes se rencontrent, mais il n'y a point de pressoirs pour le vin ni pour le raisiné. Les moulins sont tous dans la banlieue de Djénln; les autres cantons n'en ont pas. Quant aux huileries, on les trouve surtout dans les villages de Qébatiyèh, Bourqln, Mèsèliyèh, Yâbroud, et en plus grand nombre à Silèh. C'est aussi dans ces localités qu'on récolte les plus beaux fruits. Les pâturages sont bons, mais de médiocre étendue ; cependant le bétail abonde dans les villages de Toubâs, de Tâmoûn et le district d' 'Arrâbèh, oh l'apiculture est \ utilement pratiquée et fournit d'excellent miel.

Bétail. — On estime la production de l'élevage dans ces cantons à 51 .900 têtes de bétail^ en moyenne annuelle, comme suit :

TÊTES DE BÉTAIL

Bœufs et vaches . . 800

Buffles 250

Chevaux 350

Anes et mulets 400

Moutons * . . . . 5.000

Chèvres 45.000

Chameaux 100

Total. . . 51.900 têles.

Les taxes sur les buffles, moutons^ chèvres el chameaux, donnent un revenu moyen de 178.500 piastres, soit environ 41.055 fr. par an.

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