‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 99 sur 190 · TOTAUX PAR ESPÈCES · texte numérisé non relu

TOTAUX PAR ESPÈCES

/ Bœufs et vaches. .

^ l Buffles

5 ] Chevaux ....

" V — de race .

§ ) Anes

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\ Chameaux ....

A reporter . .

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s ( Poules

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^ ( Diodous ....

Ensbmblk . . .

Ce tableau sera décomposé plus loin aux chapitres respectifs pour montrer la part afférente à chaque sandjaq.

Le caza du Djèbèl Haourân ou Djftbèl Druzi (montagne des Druzes) produit à lui seul env. 260.000 têtes de gros bétail (bœufs et vaches) et 600.000 têtes de chèvres et moutons.

En ce qui concerne les chevaux de pure race arabe, dont l'élève avait enrichi plusieurs grandes familles de Damas, il est à remarquer que la loi, édictée en vue d'éviter que Texportatioa à rétranger n'épuisât les ressources du pays par Taccaparement de ses chevaux au dehors, a produit précisément ce que Ton redoutait. L^élève des chevaux pur sang, ne trouvant plus de débouchés rémunérateurs pour ses produits, a été tout à fait délaissé. La production est devenue si faible qu'elle ne répond même plus aux exigences locales, tandis qu'à l'étranger Timpossibilité de se procurer de nouveaux sujets en Syrie et en Arabie a provoqué une recrudescence de l'élève du cheval arabe, dont la production surpasse de beaucoup celle des pays ottomans.

La sollicitude des éleveurs syriens et arabes s'est reportée sur

l'élevage des chameaux plus soigné que partout ailleurs. Les tribus nomades surtout s'en acquittent activement et en retirent de grands bénéfices, particulièrement dans l'exploitation des entreprises de transports. La plus grande partie de la production du vilayet de Syrie est due à ces tribus. Celle de Nédïm, dont 8 grandes fractions paient la taxe des moutons, chèvres et chameaux, tantôt au caza de Douma, tantôt à Qatana, chef-lieu du caza du Ouadi ul-^Adjèm (plaine de Damas), est imposée en moyenne pour 36.100 têtes de petit bétail, soit 126.350 piastres (env. 29.000 fr.) et 1140 chameaux, soit 11.400 piastres (2.622 fr.). Quatre fractions delà tribu de Nafi, qui acquittent la taxe dans ces deux mêmes cazas, paient en moyenne, à raison de 19.500 têtes de moutons et chèvres, 68.250 piastres (env. 15.700 fr.) et, pour 380 chameaux, 3.800 piastres (874 fr.). Six fractions de la tribu de Damèn et la petite tribu de Noméirat acquittent la taxe, tantôt à Douma, tantôt à Nabk, à raison de 390 tètes de chameaux, soit 3.900 piastres (897 fr.) et 1 4.500 moutons et chèvres, soit 50.750 piastres (env. 11.670 fr.).

Dans le sandjaq du Haourân, dont tous les habitants, sauf de rares exceptions, sont cultivateurs et éleveurs, c'est encore aux tribus nomades qu'on doit les plus beaux et les plus nombreux troupeaux de moutons, de chèvres et de chameaux. De plus, neuf de ces tribus s'occupent plus spécialement de l'élève des bœufs et vaches et portent sur les marchés d'excellent beurre. Le plus estimé est celui des nomades du Sèdjah.

Le produit moyen annuel de la taxe des moutons, chèvres, buflles et chameaux du vilayet de Syrie est comme suit ;

sud de celle de VOronte [nahr él-^Asi), passe à Ba'albèk et prend sa direction générale au sud 11 entre dans le vilayel de Beyrouth par le caza de Saïda (Sidon) après un parcours total d'environ 80 kil. du nord au sud dans le mèrkèz-sandjaq de Damas.

Le Jourdain prend ses trois sources, qui sont le Hasbani, le Banids et leDdn^ au monlUevmon {d/èôèl éch-ChéU-h). Le Hasbani sort du versant ouest de la montagne près de Hâsbèyâ, à 660 m. au-dessus du niveau de la Méditerranée. Le Banids apparaît au pied du versant sud-esl, non loin du village de Baniâs, ancienne Césarée de Philippe, à 460 m. d'altitude. Le Ddn jaillit à 260 m. au-dessous du Banids^ se réunit à celui-ci, et la petile rivière ainsi formée va trouver son confluent avec le Hasbanî à 10 kil. en amont et au nord du petit lac de Houlèh, à 2", 15 au-dessus du niveau de la Méditerranée. La distance parcourue, à partir de la première source du Jourdain près de Hâsbèyâ jusqu'au bahr èl-Houlèh, est d'environ 50 kil. ; c'est là que commence le Ghôr ou vallée du Jourdain. Déjà, la différence de niveau entre les deux points de départ et d'arrivée de ce faible parcours est environ de 658 m. (13", 16 par kilomètre) : elle ne cesse point de s'accroître durant tout le reste du trajet effectué parle fleuve. A son entrée dans le lac de Tibériade, iO kil. de plus ont été parcourus, et la différence de niveau (ce lac étant à 208 m. au-dessous du niveau de la Méditerranée), est alors de 868 m., mais la proportion n'est plus que de 12 m. par kilomètre. Ënfln, à Tembouchure du Jourdain^ dans la mer Morte, la longueur totale du trajet parcouru par ce fleuve, à partir de sa source, est de 190 kil. environ, et la différence de niveau entre ces deux points est de 1.060 m. La proportion se réduit alors, calculée sur le parcours entier, à 5", 58 environ par kilomètre. Outre cela, le cours du Jourdain décrit une telle multitude de méandres que, si Ton pouvait les faire entrer en ligne de compte, on verrait sans doute que sa longueur réelle est d'au moins le double de sa longueur apparente. On peut expliquer ainsi la vitesse modérée du Jourdain et ses effets fertilisants.

Le Chéri' ai èl-Menâdiréh (ancien Hieromax) prend sa source au versant occidental du djèbèl Haourân (ancien mont AlsaJamm) et vient se jeter dans le Jourdain à 10 kil. environ de la rive méridionale du lac de Tibériade, après un parcours lotal d'environ 100 kil. dans le sandjaqdu Ilaourân.

Le Oiiadi'Zèrqd (ancien Yadoy) prend sa principale source à Rabbalh-*Ammon ou Philadelphie, aujourd'hui 'Amman, dans le caza de Sali. Celte rivière se dirige d'abord vers le nord et parcourt ainsi 50 kil. Arrivée à 10 kil. au sud de Djèr^ach, elle change de direction en traçant un arc de cercle vers l'ouest, passe à 20 kil. au nord de la ville de Sali et va se jeter dans le Jourdain à 30 kiL au-dessus de son embouchure.

Le Ouadi'Môdjib (ancien Arnon) marque la limite du pays des Moabites. qui forme aujourd'hui la majeure partie du sandjaq do Ma*ân. Sa source est dans les montagnes qui séparent le Hèdjàz du grand désert de Syrie. Son parcours qui va de l'est à l'ouest est d'environ 110 kil. dans le mèrkèz-caza de Karak, et son embouchure, à l'est de la mer Morte, est située à peu près à égale distance des rives du nord et du sud de ce lac.

Le torrent de Baréd part de Chôbèk^ petite ville du caza de Ma*ân et va se jeter dans la mer Morte à son extrémité méridionale, apros un parcours total d'environ 70 kil. dans la direction du sud au nord.

Le Dârada (ancien Chrysor/ioas), ainsi nommé à cause des richesses que ses eaux répandent dans la plaine de Damas, prend sa source sur le versant d'ouest du djèbèl èch-Charqi (Anti-Liban), dans le Ouadi èz'Zèbddni, à 1333 m. d'altitude. Il parcourt d'abord celte vallée à travers des lieux arides, peu habités, depuis sa source jusqu'au grand et beau village de Zèbdânt-qui occupe un des sites les plus charmants de la Syrie, au centre d'une forêt d'arbres fruitiers entrecoupée de longues allées de peupliers blancs, arbre caractéristique de la contrée. Arrivé là, il change de direction pour franchir la passe entre le djèbèl èch'Charqi et le djèbèl èch-Chéikh et adopte celle du nord-ouest au sud-est, que sa branche principale, X^nahr èl'Qanaouat^ continue à suivre dans tout le reste de son parcours. Après un trajet

de 30 kil., parmi les jardins embaumés el la végétation luxuriante qui ont fait surnommer la plaine de Damas « parfum du paradis», « campagne des paons célestes », « collier de beauté », elle rejoint cette ville. Là, deux branches s'en séparent, l'une à droite et Tautre à gauche, tandis que le nahr èl-Qanaouât parcourt Damas d'un bout à l'autre, fournit par mille conduits une eau limpide et fraîche à cette multitude de fontaines qui alimentent si abondamment chaque rue, chaque mosquée, chaque maison^ chaque jardin, arrose le pied de la citadelle et sort de la ville en se divisant de nouveau en deux branches, dont Tune conserve le nomde nahr él'Qanaoudt et l'autre prend celui de Ddrada, pour aller, à 32 kil. plus loin, se jeter dans le lac dit bahr él-^Atabèh. La longueur totale de ces branches principales du Bdrada est d'environ 90 kil. Les cinq autres branches de ce fleuve, c'est-à-dire les deux qui s'en sont séparées en amont de Damas et leurs trois subdivisions subséquentes, prennent les noms de Yesid, Taoura, Banids, ^Aqraba (fleuve des scorpions) et èl'Mèzzèh. Elles se perdent dans les lacs bahrèl-'Atabéh, bahr èl'Hidjânéh elbahr Bdlâ> Plusieurs de ces branches et de leurs nombreuses snbdivisions de moindre importance sont des canaux creusés, les uns dès la plus haute antiquité, les autres par les khalifes èmèvi (Omniades) el leurs successeurs Abbasides.

Deux affluents du Bdrada méritent encore d'être cités : le nahrél'A^ouadJQiXdLvWxhre^ de Fidjêh qui sont les anciens fleuves Abana et Pharp/iar de la Sainte Écriture (IV, Reg., v, 12). Ces deux rivières prennent leur source au versant est du djèbêl ftch- Cheikh, ancien mont Ilermon. La première, \enahrèl-A'ouadj\ ancien A ba?ia, qu'on appelle aussi rivière du Paradis, passe à Darèyâ, séjour délicieux, désigné dès les temps les plus reculés sous le nom de « maison du Paradis » précisément à cause de ses excellentes eaux. Elle se jette dans \e Bdrada h 2 kil. environ en aval et à Test de ce joli village, après un parcours total d'environ 25 kil. du sud-ouest au nord-est.

La rivière de Fidjèh est, malgré les apparences, l'affluent le plus considérable du Bdrada^ bien qu'elle s'y précipite actuellement à cent pas à peine du rocher d'où elle jaillit avec im-

péluosité, à l'endroit nommé ^Ain-Fidjéh^ « source du Fidjèh », dans le gracieux village de ce nom. En effel, le Phar- /?Aa;* était amené jadis jusqu'à Palmyre (Tadmor) par une conduite formée d'un canal souterrain entièrement taillé dans le roc et d'un aqueduc. On peut, du point d'origine du canal, situé à 2 kil. de la source, près de OuadiBesîma^ sur la rive gauche du Bdrada, suivre son parcours à travers les montagnes et jusqu'au milieu du désert, sur un trajet d'environ 50 kil., point où commençait l'aqueduc dont on voit les restes à Tadmor, dans les ruines de Palmyre. La distance totale entre ^Ain-Fidjéh^ source du Pharphar^ et Tadmor dépasse 250 kil. ; son parcours était donc plus du double de celui du Ddrada, La largeur du canal est d*en viron 75 centimètres sur une hauteurde 1 m. 80. On attribue sa construction à Zénobie, reine de Palmyre (267 ap. J.-C.)

Les habitants de Damas venaient autrefois au village de Fidjèh, près de la source du Pharphar, dont les eaux fraîches et limpides ont la réputation d'être très saines, pour y passer la saison des cerises, fruits extrêmement rares en Syrie elsiabondants à Fidjèh que sous les sultans mamlouks successeurs de Qélaoun (1279-1290), fils de Béïbars, on en expédiait jusqu'en Egypte, où le cerisier ne réussissait pas.

Lacs; Marais. — Il existe dans le vilayet de Syrie sept lacs principaux, qui sont: dans le mèrkèz-sandjaq de Damas, le bahr èl-^Atabéh, le bahr èl-Hidjâwk [bahr él-Alérdj) et le bahr Bdld\ — dans le sandjaq de Ilamâ, le lac de Homs ou de Qatini'/i; — dans le sandjaq du llaouràn, le lac de Houlèh (anciennes eaux de Mérom)^ le lac de Tibériade (mer de Génésaret/i)\ — et dans le sandjaq de Ma*ân, la mer Morte.

Le bahrcl-'Atabèh^ le bahrèUHïdjdnèh (ou ba/ir èl-M^rd/) elle bahr Bdld sont situés dans la partie nord de la plaine de Damas, nommée èl-3Jèrdj\ voisine du Adièt al-Cham ou désert de Syrie. Ils sont peu connus; le premier a environ 20 kil. de longueur sur une largeur moyenne d'environ 10 kil.; on lui donne communément env. 50 kil. de tour. Le bahr èl-Mérdj^

éloigné d'environ 10 kil. sud du bah' êl-^Atabéh, affecle une forme ronde presque régulière, dont la circonférence est d'environ 36 kil. Le bain- Bâiâ, enfin, silué à 12 kil. sud-est du bahr él-Mèrdj, et, suivant celte même orientation, à 20 kil. environ àxxbahr ^/-'A/aAM, alaformed'un cœur dont la pointe est tournée vers le sud-est. Sa plus grande largeur est de 10 kil. et sa plus grande longueur de 13 kil. Dans le voisinage de ces lacs, se trouvent situés plusieurs étangs sans importance. Toute la contrée environnante n'est qu'un vaste marais rempli de grands roseaux (aruîido cIonax\ canne de Provence, etc.) que les fellah coupent et vendent à Damas. Souvent des bandes de brigands et quelquefois même, à ce qu'on prétend, des corps d'armée sont venus se cacher dans ces roseaux. Au sud de ces lacs, croissent aussi en grand nombre des lamaris [tamarix gallica)^ arbustes desquels exsude, par suite de la piqûre du coccus mannipanis, la sorte de manne dite manne du montSinài^ dont les Arabes de celte dernière contrée, oùles tamaris sont très communs, font leur principale nourriture pendant une partie de l'année.

Une prodigieuse quantité d'oiseaux aquatiques et autres, tels que pélicans, canards et oies sauvages, cigognes, etc., etc., demeurent habituellement dans les fourrés impénétrables de ces marais, avec les sangliers, les tortues, les serpents, les grandes araignées d'eau, les crabes, les caméléons, les geckos. Chaque jour, une foule d'onagres, de gazelles, de chacals, de perdrix, sortent du désert pour venir se désaltérer aux eaux des lacs du iMèrdj de Damas.

A l'est de ces lacs, à Tendroil où le terrain commence à s'incliner vers TEuphrale, on rencontre le cratère éteint d'un ancien volcan où l'on va chercher les pierres noires et poreuses qui servent à paver les rues de la ville de Damas.

Le lac de Horns est situé au sud-ouest de cette ville, à la distance de 10 kil. environ. Sa plus grande longueur est d'environ 17 kil. environ du sud-ouesl au nord-est, sur une largeur moyenne de 6 kil. du nord-ouest au sud-est. L'altitude de la plaine de Iloms, à cet endroit, est de 450 m. au-dessus du niveau de la xMéditerranée. Comme tous les lacs de la Syrie, ex-

cepléla mer Morte, le lac de Homs est très poissonneux. Cependant on n'y pêche pas beaucoup, car VOrontey qui le traverse dans sa plus grande longueur et passe ensuite h Homs, suffit à la faible consommation de poisson des habitants.

Au point où commence le Ghôr ou vall<^e du Jourdain^ à 2", 15 au-dessus du niveau de la mer Méditerranée, est situé le lac de Houlèh (anciennes eaux de Mérom). Sa forme est celle d'un triangle à peu près équilatéral, d'environ 7 kil. sur chacune de ses trois faces. Sa profondeur est de 5 à 6 mètres. Des observations thermométriques, faites sur ses bords le 5 mai 1893 par M. Th. Barrois, ont fait ressortir de grandes variations de température dans la même journée, variations qui se produisent en même temps dans Tair ambiant et à la surface du lac. Ces variations, dues à l'influence du soleil et à Tactîon d'une forte brise du nord-ouest qui s'élève régulièrement dans toute la vallée du Jourdain entre 3 et 4 heures après midi, ont été observées comme suit :

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