‹ Systéme de chimie (volume 2)Chapitre 73 sur 79 · SUBSTANCES VÉGÉTALES · texte numérisé non relu

SUBSTANCES VÉGÉTALES

INGRÉPlfiWS l>JE3^LÀNT£5.

Du sucre.

^^Shcr. d'arai- jyj^ j^p^ Dànieul ayant sourent répété avec succès le

f procédé de M. KirchofT, chimiste i'usse , pour couyerlir 'amidon en sucre » eh faisant bouillir pendant 38 à 4o heures de l'amidon avec de Teau acidulée par de l'acide sulfurique /roulut s'assurer si la chaleur' de Teau bouillante est absolument nécessaire \ et s'il ne serait pas possible de réussir également à un. degré plus, faible de température Ipng-temps continuée

Il fit en conséquence un mélange dé 4ôo parties d'eau froide, 2 partiies d'acide aiilfurrque concentré, et loo

J)artie.s d'amidon; après a v<nr bien agité' ce mélanine -/il e plaça dans une étuve à la température (le 38 à 5o éegréS' centigrades y en ayant attention de remplacer l'eau perdue par révaporaltion. Au bout de trois se- ^ maines le mélange n'avait éprouvé aucun changement. Un nouveau oiélanee fait avec de l'eau bouillante au lieu d'eau froide , et placé , comme le premier , dans une étuve pendant le même temps » n'a présenté qu'une gelée claire sans aucune apparence de sucre. '

Z)e ^amidon.

M. Théodore de Saussure a publié uneî suite d'expériences intéressantes sur les changemens qu'éprouve iipontanément un mélange d'amidon et d'eau abandonné à lui-même , soit dans le vide « soit au contact de l'air. Ji disparaissait près du quart de l'amidon , et les trois quarts

' Anoalcs d« cbîmie et de physique, tome X ^ page 319.

• DB l'AMIBON. 4^5

restans étaient convertis dans les substances suivantes» savoir :

. 1 sucre d*amidon.

2 gomme.

5 amidine.

4 lignetis amilacé..

.5 ligneux mêlé de charbon,

6 amidon non décomposé.

Le poids Au sucre d'amidon s'élevait à près de la moitié de celui de Famidon. La gommedevrait plutAt être désignée par la dénomination d'amidon torréfié /comme ayant les caractères de cette substance.

U amidine, que M. de Saussure a ainsi nommée ; est vÈùe substance qui a des propriétés int^médiaires entre la gomme e|; l^amidon. On robti^nt du résidu de la dé* composition de l'amidon , après en avoir extrait par l'eau froide tout ce qui était susceptible de «se dissoudre dans ce liquide. I?eau bouillante dissout l'amidine et la laisse à l'état de pureté par l'évaporatiôn à siccité. Cette subi stance est demi -transparente »• cassante et très^-soluble dans L'eau à la température 4c 62 degrés, cenlisrades. Cette dissolution se colore en bleu avéô l'iode.^ Os soustriacétate de ' plomb la coagule ; et e\lè est précipitée' abondamment par l'eau de *bdi^yte ; mais l'eati dé chaux' et l'infusion de noix de galle ne la précipitent pas. La dissolution aqueuse de potasse dissout l'amidine; et; la dissolution ne présente point l'étal visqueux; les addes et Talcool l'en précipitent.

La substance appelée par M. de 'Saussure ligneux amilacé s'obtenait en mettant ei\ .digestion , dans dix fois son poids d'une lessive alcaline.. contenant un douzième de potasse, le résidu insoluble, 4e l'amidon décomposé. Il se formait .ainsi une dissolution brune de laquelle l'acide sulfurique étendu précipitait le li«eux amilacé sons la forme d'iHXe sub^ance combustible, légfère, brune ayant l'éclat dit jayet.. Cette .substance cqlore i^n bleu la dissolution aqueuse d'iode.'. . . , .,

' 6* édition de Thomson, toI. IV, page jS; Phil. trans. 1819, page 39;^ Annales de chimie et de physique, tome XI ^ page $79,

4^6 INGRÉDIÏ'VS'SSS FI.ANTE5*

De l'indigo,

Composition Pour reconnaître quelles étaient tes parties constr-

tuantes de l'indigo , M. Thomson crut dévoie de seryir

h cet effet de Tindigo de la cuve de rimjiri/ûêur eti ca>

licot , dans laquelle l'indigo, est dépouillé db èà /Couleur

bleue par du sulfate de' 1er , et teliu en diss6HitioD au

moyen de l'eau de chaux. Le liquide; dans' tetie cuve ,

€^l de; «{^uteut ÎMiiier^fti'ais. tic^e \iou)6ur ptisfiH» immé-

dilitieHi0Dtjâu.Meu et l'indigo «'y priaiplu^i f%t YfOfo-

sîlipB. du liquide là 4!fi|r^ i i. j • ■

Après avoir fait digéneir dansrde ra«ide.hjFdraiehlok*ique,

en séph^r. MiflBsàmtoept l'indigl) ailisi régéaéréi M- Tb<Hn-

son le.'Coosidérait.isiDaimé pur, et le ôbaulTaU ûlors ao

roUgo^i Blélé àvec-iine-qiiaisitité suffisante dé peroxide de

cuivre^ Irôbtint d'un grain {envitoixt'^) d'itidigo.

^ ..'.... ' isentin. ç!»bp». . .

Gaz acide carboniqMe^ • • . 49 :* >• .

Or 7^: 7 ,= 49» 4'ouîr.surt que i indigo conUenl 7 atomes 4c^CûrJbouè par 1 at'oinW ^V.zote^ Le miàl^ du carbone et de l43^oJ^ç,,dan6 ees^ga^Bj, e^tj,

! j jC9iribi0l»6: ♦:.;.. .vjft,4pS . • , ^o^ . . ». p,6i5a

;.'i -'AteHe*.^ -*>* If. (^ 9ttt36: ».*^«.ou •;>,.. f)»884.

r»\». r. . . , iii-.f i*r.^">ariîf. "i.:.: . /» .' . ^ '

no' '.I l'idlte' ''.'• ' :rii . :.;.". ^5^

i> 1 .'«'I »■! r ,1 .1!, {Mlili<î «l^k ' • ' ' ..» '»; li i>/ti.i Itl , »

.Geit]%p^eH^ii(»tM«^ji;4»lçig^§i;Pi6,^uit^ Ainsi iesf:p«rtie« içoÉs^tittoiiteliille^ riq^gQ![S0i4«i^Yoir :

6 atomes oxigène •• > . sit '6^%#

'"l "atonie AKOtet' ■*♦'*■• >■ » • • » -* -*- • "•* «^yd

l'â^oo

DU .GL,CÏEN. .... 4^7

De sorte que le poids d'un atoipe d'iqdigo psi \ o* M. Tharn-

sop

assq^e n être ]pmâi3 paryepu à QDteoir a inaigo ^ Ijui çûL pas fpurpi de razpte.

. Bw pJjpoj^aqt la (Uss>Q)ption jaune d'indîgp îi uq volume ooripM fie gaz Q>îjgène, }u$qii'^ précipitation de ripdÎKo ^n bleu, et en.preuant note du voliime du gpz.^^^èppbé,! et 4u poids de rindîgP précipité » M. Ttiom§pp s'assura que Tindigo deviept soluble dâo:^ lois alcalisi , et pe^d sa çbuljear Wçqe, lor^qu'pp lui enlève up seul atpfp^i ^'?4' gène ; d où il Sfiit qpe û liase ^olqble de rjpdigo ponsiste d^nâ

'7 alotnes carbone .'........= 5,85 "

6 atomes' oxîgène; '=^ 6,00

1 atome azot^ . ; ...'.= 1,76 '

DÛ gluten, '

[ M. Tad<Iejr ^ cbimisie italien ; a dernièrement ree^niiii que le gltiten itaîs de froment peut être liécomposé ^t< àenx pnneipeà , qu'it a distingués par l6s> noms de gliadîne (de yXtç ^-^ gletèn ) et zimame (de ^ufsvj , fet^enti). €es principes s'obtiennent isolés, en pétrissanjt le giû^ ten tVaiîs'avec des portion» suocessifes d'aleool V- peii^ dant tout ^nssi long - temps que ce liquide conlti^ue^ Se devenir laiteux en l'étendant d'eau. Lès dissolùllpiïs' éU cooliques, abandonnées au repos, déposent peu à peu une mat ièi^e blâncbe , consistant dlins de petits fi}a&iens de gluten; et elles deviennent transparentes. En abafndôn^ nant ato^^^là'tique^ar à w^e évapPration spPntaihéev ià

f^tiàdtnb resté en cérïâidtance de miel et à l'état de méf an ^ avec une petite quantité d'une matière ré^neijsè jaune , ^'on ^ peut «éparef en faisant d^érer ce ré^ sidu dans^'de l'étbér sufifuifque-, qui ne dissont pas s^n^i-^ bleraent ia gliadine. La portion' de gluten qui n a pas' été dissobtè par 'Katcopi , est ie ^Jm^ma.

• 6» ^d'uïçn 4fiTb^fauo^ , vol. JV, page 189; 4n»9^ offftUfitoffhy^

Olaidioe.

Zimom*.

488 INGRÉDIE^S DES PtANTES.

I^a gliadine sèche est de couleur jaune-paiile » fégèrement transparente , .en plaques minces , cassante , el ayant uiie légère odeur de rayon de miel; elle exhale, lorsqu'elle est faiblement chauffée, une odeur qui ressemble à celle de pommes cuites. Dans la boucne , elle devient vîiiqueuse» et sa saveur est douceâtre et balsa-;mique. La gliadine est un peu soluble daps Tâlcooi bouillant; mais la dissolution perd de sa transparence |i mesuré qu'elle se refroidit; et lorsqu'elle est froide» elle ne retient qu'une très-petite quantité de gliadine. Cette dissolution forme une espèce de vernis sur les corps aux^

Jùels on l'applique. La gliadine se ramollit ^ mais ne se issout pas dans l'eau distillée. Cette liqueur^ étant chauffée à l'ébuUition , la gliadine est transformée en écume ^ et le liquide reste légèrement laiteux. Cette liqueur est spécifiquement plus pesante que l'eau.

La dissolution alcoolique de gliadine devjent laiteuse par son mélange avec l'eau, et elle est précipitée eii flocons blancs par les carbonates alcalins ; les acides minéraux et végétaux l'affectent à peine. La gliadine sèche se dissout dans les alcalin caustiqiieà et daûs Içs acidçs. Mise sur des charbons ardens,.elle se boursoufle , i$t se con-. tracte alors à la manière dès substances anit^aies. Elle brûle avec une flamme assez vive, et laisse un cbarbon léger » spongieux , difficile à incinérer. Elle est très-sensi-* Jblemept attaquée par l'jqfiision de noix de-^al{e. La gliadine e^t susceptible d'éprouver une fermentation lente , et de donner ;lieu à fermentation dans des dissolutions suci'ées. . . .

, Le^ di^cn traité , qomihe on vient de le dire , avec l'alcool, est réduit à environ le tiers de son volume primitif. Cette diminution n'est pas seulemetit due à la sé- 1)ftr0iion de la gliadine, mais aussi à celle de J'eau que e gluten contenait avgnt d'avoir été soumis à l'ajçtion de l'alcopl. Le zimome, ainsi obtenu, est en petits globules, ou constitue une mas^e informe , dure , rude au toucher, incohérente, et d'un blanc cendré. Laré dans de l'eau, il recouvre en partie sa viscosité,^ et sa couleur passe promptement au brun par le contact de l'air. Le zimome est spécifiquement plus pesant que l'eau ; il fennenle à la manière du gluten; car lorsqu'il entre en putréfaction »

' Dt CAMPHRE. 489

il exhale une odeur urineuse fétide. Le zimeme se dissout complètement dans le vinaigre et dans les acides minéraux, à la température de Fébullition. Il se combine avec la potasse caustique , en formant ^insi une espèce de savon. Lorsqu'on le met. dans de l'eau de cbaux , ou dans des dissolutions de carbouates alcalins , il durcit , et prend une apparence nouvelle, sans se dissoudre. Projeté sur des charbons ardens , il exhale une odeur qui ressemble à celle de cheveux ou de corne qui brûfent, et il brûle avec flamme. Le zimo.me produit différentes espèces dé^fermentations , suivant la nature de la substance avec laquelle il se trouve en contact.'

Du camphre.

M. Thomson , cherchant à déternoJner la composition compoiition.

centigram.

di^ camphre , fit passer un grain (environ 6,5) de cainppre à travers un tube de cuivre , rempli de peroxide de ce métal chauffé au rouge. Il obtint ainsi g5»6 centimètres cubes de gaz acide carbonique ^ et 8»43 centi-

grMmies d'eau =^ 0,009 d'hydrogène ^ iii>7i centimètres cubes de gaz hydrogène. Or' In quantité de car-, hone dans gS ,6 centimètres cubes de gaz acide carbonique s'élève • • .

• centigram.

L'hydrogène à , . cgS'i

5,710 Perte de poids, v 0,790

' 6,5oo

Et cette différence doit provenir de Foxigène que le

gram.

camphre contenait. Mais 0,790 de gaz oxigène = 5,70 centimètres cubes. Il parait donc , d'après cette expé«* rience , que les parties constituantes du camphre , en le

■ 6* édition de Thoouon^ vol. XV, pa^e 91 ; Ant^ of phiiosophy, XV, page 390.

490 INGRÉOIENS UBS PJLANTES»

supposant à l'état gazoux , seraient « savoir :

Hydrogène. . . . . * * . '. • . 111,71 Carbôtlê. ;....•••••. O^^^i.

Oxigène^^ . . 5,70*

c;e qui esta pçu près l'équivalent de

10 atomes hydrogène . . < =^' 1,2 5a ou i4»49 8t atomes 'carbone. . . . 4 =* 6,678 73,9i

i atome dxigène ' = 1 ,000 il ,60

De VûliviUe*

C'est par ce nom que M/ PeHfelîèr â cru devoir désigner une matière particuUère.qui cQU^titue l'un des ingrédiens d'vne su|)$tanc^ 'd'apparence gjç»qim:euse ,. qui exsude ^ l'olivier. On l'obtient aisément , en faisant dissoudre m sub^tanco gop\wus^ .dans de 1 alcool rectifié » et en abandonnant cette dissolution à une évaporation spontanée. Il s'y dépose peu à peu ides cristaux en afgjmlies aplaties, d'iid blanfo jaunâtre. Ces cristaux sont Vi^hilte / à l'état d« pureté.

Propriétés. L'olivillc cst sôus la formo d'une poudre blanche , bridante , ai^ilacée , ou d'aiguilles aplaties. Elle n'a pas d'odeur ; mais sa saveur est toat-à-fait particulière» comme j étant en même temps amèré et sucvée , et ayant -quelque chose dyromâtique. Chauffée à 70 degrés centigrades • elle se fond, et prend, en refroidissant, l'apparence d'une résine deéèirïeur légèrement jaunâtre. Paés cet état, elle devient électrique par frottement , mais sans qu'elle pa- ^raisse avoir éprouvé aucun changement chimique. Mise sur un charbon ,ardcnt , elle prend feu dilQcUement, et brûie en émettant beaucoup de fumée.' A la distillaticyi , eUe donjie dé l'eau., de l'âcîdetACiétiKJ^ et de i'iuuîfe ; R&aû «psint d'«mmduiaq«ie« L'iolivillé c«t h petoe âoluUo dans l'euM Aroidet il faut 32 parties A'tm bauiUante ftour

dissoudre une partie de. cette sub^tanœ* La dissolution

• 6» édition de 'Tfiomson, vol. IV, page 114.

nE6 RÉSINES. ifi^l

eêl transiiareDie.ei incolore; mais elle devient laliei|«e^ en refroiaissant » par la séparation de rolivifle » aui reste long-temps en suspension dans la liqueur. Lei aicalis facilitent la dissolution de Toliville dans Teau , sansgue sa nature en soit altérée» si ces alcalis ne sont pas conpéntrès. L'alcool est le meilleur dissolvant de rdivitle : à chaud , il paraît être c»pabl$ d^ la disfi^udi^ eia ,i^a(e proportion. L*éther sulfurique n'a poîqt d'action surelle » non plus que les huiles fixes et volatiles ; cependant ces derniers corps en dissolvent à chaud une très-petite portion , qu'ils laissent précipiter à mesure qu'ils se refroidissent. L'acide nitrique dissout l'oliville à froid , et il se colore en un rouge foncé. Par l'application de la chaleur, l'action est de beaucoup augmentée; la couleur rouge disparaît, et le liquide devient jaune en refroidissant. Il se dépose beaucoup d'acide oxalique , et il se forme de la matière jaune amère. L'acide sulfurique étendu n'tigrtpaâ sur Toliville; mais cet ^cide coneentré le c.harbopae tout à coup* L'acide acétique coûpeqtij^ la dtssQut aisément 9 soit à froid, soit à chaud. La dînollitioo est* incolore, et ne précipite point par son mélange avec l'eau , à nloins que Folivilie-ne soit |M>compag4l»ée dé résine ;' eelié-ci étant, dans ce ca€, précipitée enune poudre jaunâtre. v . . .

De tous les isels , les acétates de plomb ^on% les seuls qui aient de: Inaction sur les dissolutions d^olivfHe; ils précipitent sa dissolution aqnevise en flocons très-blancs , qui sont splublës dans l'acide acétique.'

. Des résines^

Ml Thomson , après avoir fait observer qu'ïl'n'y a que trois résines , savoir', la poix résine ordinaire ^^ là san^ dardaùe elle cppal^ qui aient été analysées avec assez de précision: pour nous mettre en état d'estimer le nombre d'atomes qui entrent dans leur composition ^ ajouté que très-probablement on confond ehsemble différentes substances résineuses sous le nom de peit-résine ; au moins ses expérietices .^ur la* poix résine ne s^aiccordent point

» 6* éditioirde ThDinson, vol. IV, page lai ; JnnaùoffffiUotaphffi XII, p. 33 ; JottiftMÛ de pharmacie, tome II, page 337.'

49V INGREDIEN8 DES 7LANTE8.

avec celles ^de MM. Gay-Lussae et Thenard. M'. Tfaéin-

ccaligram.

êon ayant fait passer un grain (6,5 ) de résine, dans ua lobe rempli de peroxide de cuivre chauffé au rouge, elle fut convertie en acide carbonique et en eau. II obtint 81,932 centimètres cubes d'acide carbonique et

centigr. ' centigr, . -

6,799 d'eau s= 0,765 d'bydrogène. Le poids du carbone dans 8i,9Ss centimètres cubes de gaz acide carbonique ' est de •

centîgram.

De l'hydrogène 0,755

■1— — .1 ■ I II «il

. . Total. ... . 4»825 .Manquant.. . • • • . .2,675

c 7»5op , ^

M. Thomson considère cette perte comme étant de I-oxigènè. Actuellement 9 en convertissant ces poids en vokimes , on a ■ ' >

. .centim. cubes. atome». ^ , atomes.

. Cafboi^e. • • 81,93a . • ou 5 • • ou 10

Hydrogène. 90,125 • . ou 5^ • • pu ii-

Oxigène. . . 12,209 . • ou \\ . . ou .3

. 10 atomes carbone. .. , ==. 7,5 : 11 atomes hydrogène, * = 1,575 *

'5 : atomes pxigène. . . = 5, »

Lorsque la résine est chaufliée à la température de i34 degrés centigrades , elle devient tout-.à-fait liquide; et si on la maintient à cette température, elle perd une certaine quantité d'eau, et probablement aussi d'huile. En la laissant alors refroidir > elle se solidifie en une poixrésine d'un jaune rougeâtre , composée » d'après les expériences de M. Thomson , de *

, :. 4 atomes carbone. • • • = 5, b

.1 atome hydrogène. » . = o,i25

~ 3 atomes oxigène. • • • = 3, » .. .

DES ItisiNES. 49^

En faisant passer un grain ( 6;5 centigrammes ) de sandaraque dans un tube rempli de peroxtde de cuivre chauffé au rouge, on obtient 91,907 centimètres cubes de gaz acide carbonique et 6,5 centigrammes d'eau; or, les poids du carbone et de Thydrogène dans ces deux substances sont , savoir ;

centîgram.

Carbone. 4>â84 "

Hydrogène 0,719

Manquant i»i97 '

6,5oo

M. Thoipspn attribue ce déficit à Toxisène. Or , en supposant ces trqis. parties constituantes à {'état de gaz , leur Yolumç serait , savoir :

' \ * * ' c€Dtim. cubes. - Tolamcs.

. Carboïié. .'. 9i»93l . . . ou , , . 14 Hydrogène. '.' 83,885 . . . Ou . . . i3 Oxigèbe. . . 8,75^ . . . ou . . . o,5

Ce qui équivaut à

i4 atomes carbone = io,5oo

^ 1 3 atomes hydrogène. ,..='' 1,62s 1 atome oxigène. .•....= 1,000

i3,is5

Lorsque la sàndàraqiie a été maintenue pendant quelque .temps À une chaleur de 1 âS"* centigrades en état de fusion, elle est considérablement altérée dans son appa> rence'eC dans ses propriétés. En l'analysant dans cet état ^ M. Thomson la trouva composée de

i3 aiomes carbonef. . ... = 9,75

16 atomes hydrogène, . . =: 2,00

, . ' 4 atomes oxigène = 4» »J

1! parait ainsi que, par l'expositiao èpla chaleur, les pro*

494 INGRÉDIEKS D^â PiANTES.

portions de Thydrogènè et de Toxigène «ont augin^otiSes , et celle du carbone diiuinuée»' •

De la laque. .

Le dôCtenr John publia en iSro une «uîte dlobseri vations sur la laque eu bâton, d'4>à il tiila la eondasiofn que cette espèce de résine consiste dans trois substances distinctes, savoir: ime matière ^colorante', un corps particulier 3 auquel il donna le nom de iaccme , et de la résine.

Il parut eh 1816 une analyse faite .avec soin par le même chimiste de la laque en bâion ; 120 parties de cette laque se composent , suivant lui , de

parties.

Résine , insoiuble dans Tétber. ...... 80

Lacciiie. . sto

Cochenilline. . 4>^

Matière extraclive. ...;«. . 3,»

Extrait jaune., i, ...... ^ .,....,, . e^5

Acide laccique. .........,*.,. ©^75

Cochenille colorée recouyrant les insectes^ 8^5

Suif avant la consistance, de cire. .. . , 2,»

Laccate de potasse. ....

Sulfate tle. potasse. . . . •

liydro-chloratQ de potasse, i ...... . i,25

Phosphate de potasse. • . • A , ,

Un:&el.xle ier /

Matière ^CQreuse 0,76

Perte 4»7$

i2o,'oc

La U^ecine était la ipatièue iqui restait ^apnès qœ I4 laque eut été mise à plusieurs re^priscs en digestion dao» Talcool et dans Feau, jusqu'à ce qu'il n% fût plus rien enlevé par ces liquides. ' Ëfle se distingue par les caractères'suivans.

Propriétés. La lacciné est dure et cassante^ de couleur jaune et

avec un , cjertain degré de transparence ; elle est inso«

< 6« édition .4e Thom^oo 9 v^L lY, jiag« 1^8; JnHaii offk^mûfky,

XV,p. 46S.

ÛES RÉSINJCS. 495

lable dans Teàu froide , et %e ramolUt Aam Teau chaude^ mais sans s'y dissoudre. Dans l'alcool froid , elle se ramollit^ augnietite de volume et devient glissante au toucher. L'abool ne peut la dissoudre, mémo à chaud. Dans l'ëther et les huiles essentielles « elle se boursoufle \ïù. peu , devient tout-à-fait transparente , mais ne s'y dissout pas.

La laccine. se dissout très-facilement dans une lessive de potasse , et la dissolution se colore légèrement en brun^ L'acide hydro-chlorit[ue rend cette dissolution laiteuse , et la laccine se précipite lentement. L'acide snlfurique concentré dîlssout très- rapidement cette substance ; la dissolution est de couleur améthiste, et elle se trouble pat son mélange avec l'eau. En faisant bouilKr pendanit longtemps la laccine avec de l'eau contenant du dixième ad huitième de son poids d'acide sulfurique, il ne s'en dissout qu'une petite portion. Cette portion s'obtient àl'état d'une gommé jaunâtre, lorsqu'après avoir séparé i'acide dans cette dissolution au moyen de la chàux , on l'évaporé t c'est par cette propriété, que la laccine se distingue aisément de la cérasine. L'acide nitrique concentré dissout lentement la laccine à Faide dé la chaleur. La dissolution est claire , de couleur jaune et «ans aucune saveur amère. Elle dépose. peu à peu quelques cristaux d'acide oxalique. Elle n'éprouve aucun effet de l'action de l'acidé nitrique étendu , soit à froid , soit h chaud.

Lorsqu'on chauffe la laccine , elle se ràmoHit'en exhalant one odeur aromatique. Elle ne se fond pas , mais elle se charbonne par degrés. A la distillation , ta laccine fournit de l'eau , un acide qui, saturé avec la soude ^ précipite en blanc l'hydrochlorate de fer« et une liuile d'un jaune brun. On ne découvre aucune trace d'ammoniaque dans les produits de la distillation. '

Du gaïac»

M. Taddey , chimiste italien , avait eu occasion de re^ connaître qu'en métant de la farine de froment et de la résine de gaïac réduite en poudre , le mélange ^e colorait

' 6*«ditioD d« ThoiQsoDs ^oI« IV, page i49; Ciiemiicbe UoteKti^ ebungen, 1, Sa, et IV, la.

496 INGRÉDIENS DBS PLANTES.

en bleu 5 dès, qu'après y avoir ajouté de l'eau» pu lema* laxait à l'air. Cette découverte ayant donné lieu à des recherches sûr ce sujet, il a été observé, i"" que dans lia mélange de résine , de gaïac et d'amidon pur , humecté d'eau , il né se développait pas de couleur bleue ; et qu'il en était ainsi des mélanges de cette résine avec d'auîrcs matériaux immédiats des végétaux ne contenant pas de zimame ( vor^ article gluten çi-devant ) ; 2" que le gaïac ne se colorait pas , ou que très-légèrement , lorsqi^'II était mêlé avec des farines pauvres en gluten ; 5"* qu'il ne se manifestait aucune coloration, dans le mélange du gaîàc avec, des farines dans lesquelles le gluten avait éprouvé de grandes altérations.

D'après ces résultats , on a cru pouvoir considérer la résine de gaïac comme étant un bon réactif pour reconnaître la farine de froment . de bonne qualité , ou pour apprécier les altérations qu'elle peut avoir éprpuvées par une légère fermentation ou par son mélange avec d'autres fannes pauvres en gluten.. La farine de froment pourr rait être réciproquen^eht aussi d'un* emploi utile pour reconnaître la pureté de la résine de gaïac. On s'était assuré de plus que cette résine , mal^ée avec le zimome » lie se coloré qu'autant que le mélange s'opère avec le contact de l'air atmosphérique.

D'un autre côté, le docteur ^ollaston avait précé^ demment observé que la racine de gaïac deviêat verte lorsqu'on l'expose en même temps au contact de l'air et de la lumière; et cet effet a lieu , suivant lu^,. au plus haut degré dans les rayons les plus réfrângibles ; tandis, qu'au contraire , les rayons les moins réfrângibles font ^

£ar leur vertu désoxidante, reparaître la coiMeur bleue. )epuis, M. William-Brande a remarqué que le gaz oxi- Î;ène verdissait plus promptement la résine de gaïac que 'air asinosphérique ; ainsi le phénomène de la coloration de cette résine , qui résulte, d'après l'opinion de ces savans, de l'action sur cette substance, de l'air, et de la lumière , M. Taddey l'attribue au gluten avec le concours de l'air atmosphérique.

Dans cet état de choses , M. Planche , pharmacien à Paris, qui s'était occupé, il y a déjà plusieurs années» de recherches sur la résii^^e . de gaïac , a cru devoir entre-

DES RESINES. 497

{Krendrc de nouvelles e:!cpériences sur celte substance. Ces expériences lui ont fait connaître, i"^ que plusieurs substances 9 mais particulièrement les racines fraîches, ont la propriété de développer la couleur bleue de la résine de gaïac dissoute dans Tatcool ; 2^ que la plupart de ces racines desséchées ne colorent plus la teinture de gaîac ; 3** que d'autres racines ne font éprouver aucun changement à cette teinture ; 4° qu'îl est des substances qui , privées de la faculté de développer la conteur bleue , neutralisent cette propriété dans celles qui en jouissent; 5** qu'en général , les corps qui colorent en bleu la résine de gaïac , perdent cette propriété par la chaleur; 6*^ enfin , qu'il est des substances qui ne développent la couleur bleue ni à froid ni à chaud. Parmi les racines qui colorent en bleu » et avec lesquelles , au nombre de plus de 25 , M. Planche fit des essais» sont celles delà consoude» de la pomme de terre, du navet cultivé, de l'oseille, etc. , etc. ; les racines qui ne colorent point en bleu , sont celles de patience sauvage , de fougère mâle , de fraisier , etc. Les substances qui neutarahsent la propriété de la coloration en bleu dans celles

Ïui la possèdent , sont la racine de réglisse sèche réuite en poudre et la racine de squine ; et les substances qui ne produisent la couleur bleue ni à froid , ni à chaud» sont les mucilages de semences de lin , de psyllium , de coins et celui de gomme adraganlhe.

Dans le cours de ses expériences , M. Planche eut occasion de reconnaître que la teinture de gaîac et le lait froid , agités ensemble , offrent un liquide d'une couleur bleu céleste ; que le sérum de lait obtenu au moyen de la coagulation à froid par l'alcool « n'agit pas sur la teinture de gaiac; que du lait et de la teinture de gaïac , en ébuUitiôn l'un et l'autre , étant introduits dans un flacon bien sec , et chauffé pendant une demi-heure h une température de plus de 80 degrés pour en expulser l'air , il ne se produisait aucune action ; eniin, que le mucilage de gomme arabique » qui , préparé à froid , colore en bleu, ue produit aucun changement lorsqu'on traite la gomme par l'eau bouillante.

M. Planche crut devoir examiner ensuite quelle pouvait être l'influence de la lumière ^t de l'air atmosphé-

49^ INGnÉDIENS DES IPLANTEâ.

rique sur la coloration en bleu de la résine de giaïac. Apres avoir mis dans une soucoupe de terre brqae un morceau de racine de pastinaea satina, et reccoyert cette sottcoupe d^une petite cloeiie tubvlée revétiie de papier noir , il introduisit aussitôt , pat* la tvbulure , ^oel-

3ues gouttes de teinture de gâïae sur kr racine; a» bout 'une demi-heure ayant soute?é la cloche, il trouva que ta racine , colovée d'un beau bleu , était en tout sem«blable pour jla teinte , à un morceaci de Ja mênse racine , arrosé de teinture de ga^ae et exposé à la hiibière diffuse ; d'où il sUit , que la réfrangibilité des rajons lutnineux n'avait pas été dans l'expérience, k caase de ta coloration. Quant h Finfluence de l'air atmosphérique, M. Planche ayant fait bouillir du lait pur, il t'introduisit après l'avoir laissé refroidir , dans une petHe machine de compression en cristal ; et au moyen d'une pompe aspirante et fonlatfte , il y fit arriver autant d'atr atmosphérique que le lait avait p« en absorber. Après trois heures de contact, pendant lesquelles l'appareil bien clos fut fortement agité , le lait ayant été m^ avec de la teinture de gaïac , il n'y eut pas de ecAova tient; et ce qui ajoute à celte preufe, que l'air ne contribne en rien à la coloration de la teinture de gaïac, c'est que du lait pur , qui n'a pa» subi Taction de la chaleur , étant mêlé avec de la teinture de gaïac ; la couleur bleue se développe dans le vide de la machine pneunuitique comme à 1 air Rbre.

D'après ce travail important sur la coloration de la résine de gaïac , et les résultats qu'il en a ol>lenus , M. Planche s'est borné à conclure , que si le concours de l'atr et la lumière a été annoncé comme étant nécessaire pour produire cette coloration en bleu ou en vert , au moins cette théorie n'est>elle pas généralement applicable dans tous les cas où la coloration a lieu; puisque , toutes choses étant égales d'ailleurs de la part de ces deux ageos , la résine de gaïac mélangéei avec telle Substance , se colore en vert ou en bleu ; tandis que mélangée avec telle autre substance , sa couleur naturelle n'éprouve pas d'altération.'

' > journal de pfa»rin>cie, tomcT, page i4-

ou CAOUÏCUOUC. 499.

Du caoutchouc*

M, Thomsoji » en obserraut qu'il a été avancé par Fourcroy , que le caoutchouc donne de l'ammoniaque, à la di&tiltatioa, annonce que, sans avoir vérifié l'expérience de laquelle ce servant a tiré cette conclusion ^ il a de fortes raisons de la considérer comme inexacte.. Ayant fait passer un grain (6»5 centigrammes) de caout- ' chouc dans un tube de cuivre rempli de peroxide de ce métal cliaufCé au rouge , il obtint 76,761 centimètres cubes de gaz acide carbonique, et 5, 18 centigrammes d'eau y sans rien autre chose de plus ; d!où il suit qu'il n'y^a aucune raison de considérer l'azote comme une partie constituante dn caoutchouc. Le poids du carbonedans 76,761 centimètres cubes de gaz acide carbonique est de

centigram.

Celui de IJiydrogïne dans 5, 18 centigrammes, d^eau , est de ; . . 0,006

3,846 Manquant. • • • .• 2,654

6vâoa

Ce déficit doit être attribué à Foxigène présent dans le caoutchouc. Or, si l'on conçoit que ces trois ingrédiens y existent à l'état gazeux , leurs volumes seront ainsi qu^il suit :

centim. cubes. ▼olomes.

Carbone 76,761 . . . ou- ^ • . 5

Hydrogène. ..... 6g.»o2â ... ou ... 4f

Oxigène i5,364 . . . on . ,. . 1

Ce qui équivaut à

10 atoflies carbone ?« 7,5

9 atomes hydrogène. . . . . . . ^r 1 , 1 stfi

4 atomes oxigène =«4

> 6« édition de Thomson , toK IV; pag» 17^ ; Annale* de chimie , tome XI, paga 2i32.

500 INGREDIENS DES FIANTES.

Du ligneux. •

Od a cru loDg'teinps que Tacide sulfurique » en détruisant le tissu des matières organiques , se bornait à agir sur elles à la manière d'une haute température , et tendait plus ou moios à en opérer la combustion. M. Braçonnot a été conduit à d'autres résultats. Il s'est assuré que sans charbonner la substance ligneuse , on pouvait la transformer en gomme et en sucre , par une variation d'équilibre de ses principes , et par leur combinaison avec ceux de Teau , et , à ce qu'il paraît , avec une portion d'oxigène de l'acide sulfurique employé ; d'où il résulte» qu'une quantité donnée de ligneux doit produire beaucoup plus que son poid^ de gomme ou de sucre , lorsqu'il est traité convenablement avec cet acide. Conversion i6 grammcs de sciure de charme , broyée par petites

Wa^'wcre*^^ portious avcc de l'acide sulfurique d'une densité de i ,82 7 , s'y dissolvent en grande quantité , quoiqu'il se dégage du gaz sulfureux; la liqueur mûcilagineusé acide étendue d'eau y filtrée et saturée avec de la craie fournit par l'évaporation près de 10 grammes de gomme, que 1 on peut transformer en sucre par une réaction prolongée de l'acide sulfurique affaibli bouillant.

M. Braconnot a^ reconnu depuis , que la sciure pouvait / produire une plus grande quantité de gomme que celle qui nous vient d'être indiquée , en se servant d'acide sulfurique d'une densité inférieure à 1,827, qui est celui qu'il a employé dans ses premières expériences. Conversion Les ^hiffous de toilc , la paille ou le coton , se prélent

de la toile en i" •• i •* ii*»v i.. • l'v

gomme. bcaucoup micux que la sciure de bois à cette singuhère

métamorphose de la matière ligneuse en gomme ou en sucre. 24 grammes de toile de chanvre ont perdu à la dessiccation 1 gramme d'eau hygrométrique; humectés ci broyés avec 34 grammes d'acide sulfurique, il en e&t résulté presque aussitôt, et sans dégagement de gaz sulfureux, un mucilage très-épais, tenace, homogène et peu coloré , entièrement soluble dans Teuu , à l'exception aune matière amiliforme du poids de 2,5 grammes, qui n'est qu'une portion du linge très-divisé que le filtre çépare. de la dissolution mûcilagineusé acide; celle-ci, saturée avec de la. craie et privée du sulfate de chaux ,

DU LIGNEUX. ' 5oi

qu'elle retenait en dissolution », a fourni , par l'é? apora don à siccité y une gomme transparente et peu colorée , du poids de 26,2 grammes, qui ont été fournis par 21, 5 grammes de toile , déduction faite d'un gramme d'humidité y et de 2 ,5 grammes de matière ligneuse , amiliforme. Il résulte de l'analyse de ces 26,2 grammes de matière gomodeuse» qu'ils peuvent être exprimés ainsi qu'il suit:

grammes.

Matière ligneuse. ......'. 2i,5o

Elémens de l'acide sulfurique. .* 2,83

Elétnens de Teau 0,40

Chaux combinée i,47

Total. 26,20

Cette gomme , privée , par l'acide oxalique de la chaux la^omoî^'aiuqu'elle retenait , puis bien lavée à l'alcool , ressemble à ficieiicprola gomme arabique; elle est transparente, d une légère gneux. couleur jaunâtre , d'une cassure vitreuse , fade , insipide et inodore; elle forme un vernis très-luisant sur la surface des corps; mais son mucilage est moins tenace que celui.de la gomme arabique : aussi ses propriétés, collantes sont-elles à un plus faible degré , ce qui n'empêche pas qu'elle ne puisse servir dans les arts. Sa dissolution dans 1 eau n'est nullenjient troublée par le nitrate de baryte , ni par l'acétate de plomb; mais le sous-acétate deplomb y forme un magma très-blanc , soluble dans Tacide acétique affaibli. L'hydrochlorate d'étain protoxidé pré-' cipite auisi cette gomme de. son dissolvant; mais le sulfate de fer rouge ne produit aucun changement , tandis qu'il coagule abondamment la dissolution de gomme arabique. Traitée par l'acide nitrique, cette gomme fournit une grande quantité d'jacide oxalique , mais point d'acide mucique. La gomme arabique en poudre , broyée avec l'acide sulfurique concentré, se convertit en une gomme absolument semblable à celle dont on vient d'exposer les principales propriétés.

Si , au lieu de saturer avec de la craie la dissolution Stter»d4>b»i mùcilagineuse du bois , de la paille, ou du linge, avec l'a- ^^*'^<^*^**'*°' cide sulfurique , on étend cette^ dissolution de plusieurs fois son poids d'eau , et qu'on la fasse bouillir pendai^t en-

503 INGRÉD^tENS IVES PLANTES.

yiron i o heures, ou jusqu*à ce qu'âne portion ée la liqaeDr saturée de carbonate de .chaux ne précipite plu^ le soiaacétate de plomb , alors , on peut être assuré que toute la matière gommeuse est convertie en sucre, qu^îl ne s'agît plu.<^ que de séparer de l'acide, en neutralisant cëlni-cî ^vec de la craie. La liqueur filtrée et évaporée en consistance de sirop , donne , s 4 heures après, des indices dé cristaux; et , au bout de quelques )ours • le tout se solidifie en une seule masse de sucre cristallisé. Il est passablement pur , lorsqu'après l'avoir pressé fortement dans du linge usé, on le fait cristalliser une seconde fois; mais ildevient d'un blanc éclatant, étant traité par le charbon animal. Ce sucre ^ d'une saveur franche et agréable , produit dans la bouche une légère sensation de fraîcheur. Il passe aisément à la fermentation alcoolique. Sa dissolution dans l'alcool chaud cristallise par le refroidissement. Se» cristaux sont en groupes sphértques, qui paraissent fornaés »ar h réunion de petites lames divergentes et inégales. [1 est inutile d'insister davantage sur ks autres propriétés ' de ce sucre artificiel qui est parfaitement identique avec le sucre de raisin. Dé âo,4 grammes de4inge, traité par Tacide sulfurique , on a obtenu 25,3 grammes de ancre , desséché jusqu au point qu'il commençait à répandre une odeur de caramel; néanmoins il y a eu quelques pertea. Cette augmentation remarquable estencore due h la fixation des élémens de l'eau, qui se sont combinés à la matière ligneuse dansies proportions néèessaires pour faire du sucre.

Piiisque l-observation semblé indiquer que le 'bois est de -la gomme , ou du mucilage , moins de f'oxigèhe et de rhydrogènfe dans les proportions poinr faire l'eau , on peut , eh remoritailt à Toriginede la formation de le matière ligneuse , apprécier les moyens qu^ la n^fture mcft en œuvre 'pour la créer. En Texaminatf t un peu avant sa naissance , on voit qu'elle se présente sous la forme d'un tifiucilage dans lequel se font remarquer de petits grains blancs qui paraissent être une première ébauche ^u bois. "Cette matière, en raison du r6le importaot 'qu'elle joue dans la végétation , a 'reçu, comme on le «ait, le nom de substance organisatrice , ou Cambium de ^BufiameL Aidée de ririfluence vitafe , cette suUs-

DES LIGNEUX. 5q3

tance parait abaudoMier .peu à peu uae partie ^s élc-' mens de l'eau , pour caostifcuer d'abord le liber , les couches corticales, l'aobjer^ le pareucbyme • ei enfin le •bois propremeot dtt^ lequel âoit être extrêmement va* riable dans la ^ropertioa de ses princiipes, suivant qu'il est de fiouvelle ou d'anciè&ue Ibcipation^ Cette manière d'entvisager la Arausforoeiaitiôn du cambium en bois » paraîtra Assez probable., si Ton copsidëre qu'on peut faire rétrograder ce derajier à soaétàtprlmiùf de mucilage. Il n'est pas besoin de rappeler* que le bois se concrète souvent en grande «abondt^ce dans le sein même de la. matière muqueuse ^el «ucrée , coaune cela se voit dans les fruits à iH>yauK » dinns les cooocé^îons ligneuses des poires , «te. Observons en outre que la mort du végétal Ae.met pas un terme k cette soustraction d'oxi* gène^et d';bydrogène; elle continue d'avoir lieii, et fait passer les ;matières ligneuses sous diiTéreos états jusqu'à ce qu'dile soit eolièremqnt détruite.

' Gat aoide se foraae pendant la réaction de l'acide suU guKuHqut!,^''" furifiie isur le ^issu lignje^îc, et parait êine le résulM ide la oombinaîson d'uœiinaitère .vé^tale aveic l'acide bv« posultoique. dl est tràs*(ulgre,déliqilescwt|iaQrisitaUir lisable ; exposé à la tempéi^attire de J «au ballante » il se décompose, et fournit, pour résultat, de l'acide siilfu^ reine, de l'acide sulfurique et une matière végétale on partie ohacbonnée; Cet. acide ne produit aucun changement dans lesltasolutions métalliques; le nitrate de baryte et le sous>acétafce de plomb , n'en sont troublés en aucune manière. Il parait dissoudre tous les oxides métalliques avec lesquels il Ibrme des sels incristallisables.

Si au lieu d'ajouter au bois de l'oxigèneet de l'hydro- d^^r^^iT"

Î!;ène , pour le traoflformer en .gomme ou en sucre , on ^^ ^■^ "'' ui soustrait au contraire une portion -de ces deux principes, il en résulte une substance ayant une parfaite ressemblance avec Tulmine qui exsude naturellement de l'ulcère sanieux dos vieux ormes , «t dont M. Yauquelin lit connaître le ocemier la nature partiottUère. C'est ei^ étudiant l'actioa oe la potesse sur le bols , que M. Braconnot est parvenu à produire artificiellement l'ulmine. U s'est assuré que la matière ligneuse puro, n'est pas

5o4 INGRÉDIENS DBS PLANTES.

sensiblement soluble dans la potasse ; mais il eti est touf autrement, lorsqu'on chauffe avec cet alcali un poids égal de sciure de bois et un peu d'eau dans un creuset d'^rgraai pu de fer ppur le torréfier, en ayant soin d'agiter continuelle- ' ment lé mélange; il arrive un moment où toute cette sciure se ramollit et se <lissout presque instantanément et se boursoufle beaucoup ; en versant de l'eau dans le creuset, toute la matière se dissout avecy une extrême facilité, sauf un léger résidu formé de silice, de cfirbonate de chaux , de phosphate de chaux, et d^ quelques traces de matière végétale. On obtient une liqueur brune très-foncée qui relient en dissolution la potasse combinée avec l'ulmine ; y

un acide en sépare celle-ci sous la forme d'un précipité brun floconneux abondant, qui ne demande plus qu'à être bien lavé. La sciure peut fournir plus du quart de son

t»oids d'ulmine artificielle desséchée. Le linge usé donae es mêmes résultats; il se produit de l'eau , de l'acide acétique et une petite quantité d'huile jaune empyreumatique. L'ulmine artificielle est noire , brillante comme du jayet , très-fragile , et se divise aisément en fragmens anguleux ; dans cet état de sécheresse , elle est insoluble dans l'eau ; mais lorsqu'elle vient d'être précipitée , elle s'y dissout en petite quantité , surtout à l'aide de la chaleur : cette liqueur , d'une couleur brune foncée , mousse par l'agitation comme la dissolution d'ulmine naturelle» et comme elle, elle est précipitée de son dissolvant par le nitrate de mercure , le nitrate de plomb, le nitrate d'argent , le sulfate de fer rouge , le nitrate de baryte , l'acétate d'alumine , le chlorure de calcium , de sodium , la chaux et la litharge.

L'ulmine artificielle , non desséchée et chaude , rougit le papier teint par le tournesol. Elle se conibine avec une extrême facilité à la potasse et à l'ammoniaque , et sature entièrement leurs propriétés ; ces combinaisons , inaltérables à l'air , pourraient servir en peinture. La même substance est soluble dans l'acide sulfurique concentré, ainsi que dans l'alcool, ces dissolutions sont abondamment précipitées par l'eau, ^o grammes d'ulmine artificielle ont fourni à la distillation 4 grammes d'un liquide •incolore , contenant de l'acide acétique et quelques trace» de matière huileuse, 5 grammes d'huile brune empyrcu-

' ÉcôRCEs. 5o5

niatiqiie « soluble en toute proportion dans l'alcool et dans la lessive alcaline; le résidu charbonneux , d'un aspect bronzé et irisé , pesait g 3 grammes; il a laissé, après sa combustion ,0^79 grammes de cendres , composées en grande partie de carbonate de chaux, de phosphate et de sulfate de chaux , de silice et d'oxide de fer. Traitée parTacide nitrique, Tulmine artificielle fournit de l'acide oxalique , une matière assez abondante • peu soluble » d'une saveur amère , et d'une couleur de tabac d'Espagne '; enfin un liquide brun acide qui précipitait la colle animale. L'ulmine existe dans plusieurs anciens produits du règne végétal, ainsi que l'a constaté M. Braconnot^ elle fait partie constituante de l'humus; il parait même que- la portion soluble de certains terreaux est formée d'ulmine et d'ammoniaque. On la retrouve aussi en abondance dans la tourbe, dans quelques lignites; mais elle n'a pu être produite avec la houille. '

Des quinquinas,

MM. Pelletier et Caventou ayant entrepris de nouvelles recherches sur les quinquinas , se sont particulièrement occupés de l'examen chimique du quinquina gris ( cinchona condaminea ) ^ du quinquina jaune ( cinchona cordifplia ) » et du quinquina rouge ( cinchona oblongifolia ). ,

,. MM. Pelletier et Caventou se sont d'abord procuré , gninquin» par le procédé du docteur Gomès de Lisbonne , la matière cristallisable nommée par lui cinohonin ; mais ayant reconnu que par ce procédé le cinchonta obtenu était encore accompagné d'une matière grasse, ils eurent recours à une autre méthode pour se le procurer parfaitement pur. Et comme cette substance leur avait paru, lors même qu'elle contenait une matière grasse , jouir des propriétés

' M. Thomson rend compte, dans sa 6* édition , toI. IV, pae. i83, des cipériences de M. Braconnot snr le ligneus , insérées dans le jourjÛiï anglais ,4 fanais of phiiosophy, XVI, 93. Mais ce chimiste ayant bien voulu me transmettre l'exposé fait par lui de ses intéressantes recherches sur ce sujet, j'ai cru devoir le présenter ici de préférence à ce qni peut eu avoir été dit ailleurs. B.

5o6 PARTIES DES PLANTES,

alcaKnes, ils peasèreot qa'il convenait de cliasfgôr l6|2<»i} de cinclumin , que lui avait donné le doctem* Goqoès^ en celui de cinckonine , puisque dans la nomenclalure française les bases salifiahles organiques déjàjcoaiiues onl une teri^inaison de ce genre.

La cincfaonine k rétat de pureté s^obtient en aiguilles prismatiques déliées » dont on ne oeut pas détermiiHH* la forme cristalline , ou en plaques Manches translucides , cristallines , réfractant la lumière.

La cinchonine est très-peu solnide dans l'eau i elle exige deux mille cioq cents fois son poids de ce li<}i!iide bouillant pour s'y dissoudre , et par le refroidîsseaienl la dissolution prend une teinte opaline.

La cinchonii^ a une sa-veur amère particulière' , elle

est inaltérable > Tair; cependant à la longue elle abs(»4ie

'de l'acide carbonique. tEjcposée à la chaleur dans des

vaisseaux fermés , elle ne se fond pas avant-de se décotn-

t>oser. A la distillation à feu nu , elle fournit en gteéral es mêmes produits que les^matières végétales non azotées; distillée aveo de l'oxide de cuivre dans un appareil convenable 9 elle ne fournit que de l'eau et dej'acide carbonique.; d'où il suit qu 'il n ent/e dans sa composition que de Toxigène , de l'hydrogène et du carbone ; bridée par le nitrate d-ammoniaque , elle ne laisse aucune trace de niatfères minérales alcalines ou terreuses.

La clncboDÎne est très-soluîble dàiis l'alcool , surtout à l'aide de la chaleur. Ses dissolutions alcooliques sont ' très-amères. Elle se dissout aussi dans l'étber , quoique beaucoup moins que dan« l'alcool , Surtout à froid. Les huiles fixes ouvdatiies la dissolvent également , maià en très-petite quantité. Ces dissolutions sont amères.

La cinchonine , comme substance alcaline , ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. Elle s'unit à tous les^acîdes , et paraît former des combinaisons neutres et sans aucune action sur le tournesol arec les acides minéraux Jes ^dus -énergiques. JËlle ne s'unit pas auxcoi^ps combustibles , ni à celles de leurs combinaisons avec i'oxigène qui ne sont pas .acides. . MM. i^elletier etCa;ventou ayant vOïKiIfte examiné les diverses combinaisons que la ciochonine est susceptible de former, ils ont soumis .le^quinquina gris à l'analyse ,

jaune.

écoRf.ES. 5o7

et ïU OBt reeomiu » en rédukani ce quinquina k n*être plus que du bois , qu'il était composé , savoir :

1** Be la cÎDchoDlne unie à l'acide kinique.

a® De roatlèVe grasse verte.

3" De matière coloranle rouge très-peu soluMe.

4* De matière colorante rouge fiolublo ( tannin ).

5"" De matière colorante jaune.

6^ De kinate de chaux.

7* De gommé.

^•D'amidon.

9* De ligneux.

MM. Pelletier et Caventou ayant traité cette. écorce i„?„'i''**'^" de la même manière que celle précédente , ils considérèrent d'abord que la )substance qu'ils avaient ainsi obtenue ne devait être autre chose que le oiachoaine mêlée ttveç ^elque matière étrangère particulière au quinquina jaune ; en conséquence tous leurs soins se porièreot sur les moyens de l'en séparer ^ et c'est en cherçlMmi ainsi à obtenir isolée cette matière amère , qu'ils furent amenés h reconnaître que c'était ^Me substance alcaline ;particnlière et différente de la cinchonine; et pour la distinguer de celle-ci • par un nom qui pût indiquer également son origine , ils crurent devoir lui donner celui de quinine.

La quinine n'est pas susceptible ^e cristalliser. Dans son état de parfaite dessiccation , elle est sons la forme de masse poreuse d'un blanc sale. Sa saveur est trèsamère ; Tcau bouillante n'en dissout que les o»oo5 de son poids , et l'eau froide encore moips.

L'alcool dissout très-facilement la quinine , et celle-ci est plus soluble que la cinchonine dans l'éther snlfurique. Elle se dissout aussi , mais en petite quantité , dans les huiles fixes et volatiles. Cette substance n'éprouve aucune altération à l'air, et ne parait pas même altérer sensiblement l'acide carbonique. Elle se décompose par Faction du feu , et donne , conMne la cinchonine , à la distillation à feu hn , les produits des matières Végétales non azotées; elle st) comporte aussi comme ta tinchonine avec le deutoxide de cuivre. La quinine tétabiit la couleur ^bleae du tournesol rougi par un acidoé Elle s'unil aux acides , «t forme des sels en général- moins so-

5o8 PARTIES DES PLANTES-

Inbles et plus facilement cristallîsabl^ que ceux de cid* chonine. :

Après avoir examiné les diverses comUnaisons de la quinine , MM. Pelletier et Caventou ont .soumis à l'analyse le quinquina jaune , et ils ont obtenu pour résultats » savoir:

Du kinate de quinine.

Du rouge cinchonique.

De la matière colorante rouge ( tannin ).

De la matière grasse.

Du kinate de chaux.

De l'amidon.

Du ligneux.

De la matière colorante jaune.

Qiiinqaina MM. Pelletier et Gaventoo ont obtenu de cette espèce

'^"^' de quinquina , et par le même procédé d'extraction , une

matière alcaline en tout semblable à la cinchonine du

^ quinquina gris , mais en quantité trois fois plus forte

pour un poids donné des deux écorces ; par l'aniailysè ,

ils ont trouvé que le quinquina rouge test composé de

Kinate de cinchouine.

Kinate de quinine.

Kinate de chaux.

Rouge cinchonique.

Matière colorante rouge soluble ( tannin ). Matière grasse.

Matière coloraate faune.

. Ligneux.

Amidon/

Anthémis pyrethrutn.

Cette plante • la pariétaire d'Espagne ou la camomille pyrèthre » produit dans la bouche , lorsqu'on la mâche , une sensation brûlante, et occasione une salivation abondante. M. Gautier ayant exanliné cette plante, dans la vue de reconnaître la nature de la substance qui donne lieu à ces ^ifets , il trouva qu'ils étaient dus h une huile

■ Annalcf *ée cbimie et de pfayùqae« tome XV» pagei 289 et 537*

DES FEUILLES. Sog

fixe particulièrie qui réfiiibit dans Fécopce » ei qu'on y apercevait, en regardant de très-près et arec beaucoup d attention, logée dans de très-petites vésicules. Cette huile de couleur rougeâtre , d'une odeur forte , est insoluble dans Teau , solide lorsqu'elle est froide , mais se fondant par la chaleur. M. Gautier retira de cent parties de cette espèce de camomille les substances suivantes :

Huile volatile traces

Huile fixe. ......... 5

Matière colorante jaune. . . i4

Gomme 1 1

Inuline 35

Ligneux 35

Chlorure de calcium, traces.

Du séné.

MM. Lassaigne et Feneulie ont soumis en dernier lieu le séné à un nouvel examen chimique. Celui qui a servi à leurs expériences est l'espèce distinguée dans le commerce parla dénomination de 9^nif de /a }>a/^/ie [cassia acutifolia de Lamarck ). Il a été choisi bien sain , privé des portions de tiges et pétioles , et , autant aue possible , séparé des feuilles de cynanchum et autres apocyhées avec lesquelles il est toujours mélangé.

En soumettant ce séné à l'analyse , MM. Lassaigne et Feneulie en ont obtenu un produit particulier, qu'ils considèrent comme le principe purgatif du séné; et en eifet ils se sont assurés que ce principe particulier pris à petite dose , purge en donnant de légères coliques ; ce qui les a engagés à le désigner par le nom de cathariine du mot français , cathartique (purgatif), tiré du grec xaQaipfo , je purge. Ce principe est , suivant ces chimistes , au séné , ce que Témétine est à l'ipécacuanha.

La cathartine est incristallisable , d'un rouge jaunâtre ,

* 6* édition deTliomeon, vol. IV, page 208; AnnaisoffhUoso'phy^ XIII, 69; Journal de pharmacie , IV, 49; Annales de chimie et dr phyi«ique,*tome Vl/I, pa^ 101.

5lO PARTIES DES FIANTES.

ayant une odeur parlicdlière et une saveur ftfâère tiaHséakôodo. Ette se di«SQnt daûs ffticck)! et dans Feau en toute ppoportioD , et est ii^solublé dans l'étber; Son ex* trait, attire l'humidité de F'air.

Sa dissolution aqueuse précipite Tinfusion de noix de galle en flocons jaunâtres , le sous - acétate de plomb en fk)C€^BS de même nuancé; i'iodo et Tacétate de plomb neutre nV occasionent point de précipité ;. le persuliàle de fer colore la liqueur en un brun , que ta potasse , la soude et l'ammoniaque rendent plus foncé; et le chlore la décolore en la décomposant.

D'après cette abalyse , par MMi Lassàigpe et FeneuUe » les feuilles du^^^^ta acutifoUà contiennent^ savoir :

!• De la chlorophylle.

s^ Une huile grasse.

S"" Une huile volatile peu abondante.

4^ De Talbumine.

5"* Un principe purgatif ( cathartine ).

6* Un principe colorait jaune.

7* Du nujKfueux.

h^ De l'acide malîque*

9® Pli malate ot du Uii^ti^ate de qhaux. lo'' Dé l'acétate de po^asjse^ .

11^ Sels^ minéraux. '

Du chônùpodiwm olidum.

Cette plante contient » diaprés l'exaaften chifliique au« quel MM. Lassaigne et GhevalHer l'ont soumise, de l'ammoniaque non combinée; et c'est , dans leur opinion , à cetalcs^, qu'est due l'odeur particulière de^la plante. ^ Ces chimistes en ont retiré, savoir :

Pu carbonate d'ammoniaque.

De l'albumine.

De l'osmazome.

Une résine aromatique»

Une matière amère.

W II I I ■ I» «■ I ■ ■ ■ Il I [ Il ■ I ■ ■ ■ ■! ■ ■

> Annales de chimie et de*pb7siquç,.tpi»ie 2.VI| page i6..

DBS FEUILLES^ 5i l

Du nitrate de potasse en quantité considérable. De l'acétate et du phosphate de potasse. Du tartrate de potasse.

loo parties de la plante donhèrent 5 l parties de po-^ tasse. '

Du in&sembryanthemum cristaltinum.

On assure que le suc de cette plante est toujours plus froid que Tair environnant. M. le docteur John annonce, qu'étant occupé à faire l'examen de cette plante, le i5 septembre à Berlin, le thermomètre ,' qui était stationnaire à l'ombre à 1 2,5 degrés centigrades , ayant été plongé dans la sève de cette plante , s'abaissa à 5 degrés. Il trouva que cette sève consistait dans

Une fols et demie son poids d'eau.

Du ligneux.

De Textrait.

De la gomme.

De la résine en très-petite quantité.

De l'albumine.

Une poudre verte.

Du nitrate de potasse en quantité, considérable.

Du muriate de soude.

Du phosphate de chaux.

Du carbonate de chaux.*

Des fleurs.

MM. Lassaigne et Chevallier ayant soumis à rexamen rieurs oeiurchimique les fleurs de Vamtca montana, en ont extrait Aes substances suivantes, savoir :

Une résine ayant l'odeur d'arnica.

Une substance amère nauséabonde ressemblant à la substance émétique , qu'on obtient du cytisus laburnum.

De l'acide gallique. ^

uica uiuolauj.

' 6* édition de Thomson , vol. IV, pa|[. a44 » Annait offfhitosophj^f XII, a3i.

' 6* édition de Thomson , vol. IV, page i/^St.; Chemiiche Untenuchuogen, It, 7.

5l2 VÉGÉTATION. '

Une matière colorante jaune.

De l'albumine.

De la gomme.

De l'hydro-chlorate et du phosphate de potasse.

Des traces de sulfate.

Du carbone de chaux.

De la silice. '

De la nutrition des plantes*

M. Théodore de Saussure, à qui la physiologie végétale doit des expériences nombreuses et exactes sur les phénomènes de la germination et de la nutrition des plantes , avait démontré, contré l'opinion de quelques naturalistes, que les végétaux ne forment point Içs différentes substances salines que fournit leur incmération ; et il avait tiré , des résultats qu'il avait obtenus dans ces essais multipliés sur ce sujet important, la conclusion que les alcalis et les terres qu'on trouve dans leé plantes sont absorbés du sol. Il observe , en général , que plus les plantes sont isolées du terrain dans lequel elles végètent,, moins elles fournissent de sels.

Cependant M. Schrader de Berlin avait publié depuis des expériences qui semblaient prouver le contraire; car il annonçait qu'aptes avoir fait germer des semences de froment, de seigle et d'orge dans une boite contenant de la fleur de soufre humectée avec de l'eau distillée , et placée dans un jardin , préservée de la poussière et à l'abri de la pluie , il avait trouvé que les blés qui avaient poussé ainsi contenaient plus de matière terreuse qu'il n'en existait dans les semences qui les avaient produits.

Des expériences faites plusieurs années après sur le même sujet, par M. Braconnot, se trouvèrent être d'accord avec celles de M. Schrader. Mais M. Lassaigne, considérant combien , d'après les connaissances plus précises que nous avons aujourd'hui sur )a nature des alcalis et des terres, il serait incompatible d'admettre qu'ils soient un produit de la végétation , crut avoir lieu de se

' 6* édition de Tbornson , vol. IV, page 2So;j4nnaiiofphilosophij, XVI ,90.

ÔE Là NUTRITION DES PLANTES. 5l3

persuader , en examinant attentivement les procédés employés par MM. Schrader et Braconnot, que ces chimistes n'avaient pas pris toutes les précautions que réclément des expériences aussi délicates/ M. Lassaigne se détermina en conséquence à entreprendre de nouvelles expériences sur ce sujet. •

Après avoir placé» le 2 avril dernier , 10 grammes de semences de sarrasin ( polygonum fagopyrum ) dans une capsule de platine , contenant de la fleur de soufre lavée> humectée avec de l'eau distillée récemment préparée ; il posa cette capsule dans une large assiette de porcelaine , contenant un demi-cenlimètrc d'eau distillée, et recouvrit le tout avec une grande cloche de verre. A la partie supérieure de celte cloche était adapté un robinet qui, au moyen d'un tube de verre recQurbé en sypbon, et terminé par un entonnoir également de verre , permet* tait de verser, de temjps en temps , de l'eau sur. le soufre*

Au bout de trois jours, les graines avaient en plus grande partie germé. On continua de les arroser tous les jours ; et dans Pespace d'une quinzaine , elles avaient poussé des tiges de 6 centimètres environ de hauteur, et surmontées de plusieurs feuilles.

Après les avoir rassemblées avec soin , ainsi que plusieurs graines qui n'avaient pas levé , on incinéra le tout dans un creuset de platine. La cendre obtenue pesait

gram.

4», 2 20. Soumise à l'analyse, on en retira, savoir :

jgrammet.

Phosphate de chaux. . 0,190

Carbonate de chaux » . • o, sS

Silice o, & .

Chlorure de potassium .*...... Traces

mt^

Cette expérience ayant été répétée le 25 avril, avec les mêmes précaution». M.- Lassaigne en obtint les mêmes résultats.

10 grammes des mêmes semences de sarrasin, ayant été incinérées» elles donnèrent exactement la même quan-

5l4 PARTIES DÉS PtANTES.

tité de cendre de même nature. D*où il suit que, pendant le développement de ce$ graines , il ne s'ëlait pas formé de sels alcalins.

M, : La^saigne conclut de ces expériences , confor* mément à ce qui avait été déjà démontré par M. de Saus* sure , que les alcalis et les terres que. l'on trouve dans les plantes ne sont pas formés pendfint Tacte de la végétation , ainsi que MM. Schrader et Braconnot l'ont annoncé,

mais bien qu'ils sont absorbés du sol. '

Des semences.

Les grames du senapts nigra sont bien connues par leur saveur fortement piquante , et la propriété qu'elles ont d'agir comme vésicatoire. Cette qualité d'âcreté réside dans une huile jaune , qui peut être distillée avec l'eau. Elle s'abaisse dans ce liquide ; et , suivant les expériences de M. Thibierge, elle n'est solubleni dans l'alcool, ni dans l'éther, mais elle se dissout daàs l'eau. Outre cette huile acre, la moutarde contient une huile fixe, insipide, qu'on peut en séparer par expression. On y découvre également la présence de soufre , d'albumine , de gomme, d'acide phosphorique , de plusieurs phosphates , avec traces de sulfates et d'hydrochlorates. »

Des bulbes.

berosul^'"*'"* Cctto plante, connue aussi sous le nom de nk<iejon méguson , gland de terre , anetle , est l'objet d'une culture particulière en Hollande , où l'on en fait usage comme aliment^ M.. Braconnot , qui a soumis à Texanien chimique les.tuâ)ercules du latkyrus tuberosus, sl trouvé, parl'analyse, pour parties constituantes, sur âoo grammes, savoir :

grammes.

" Eau 327,9s

Amidon 84,oq

Sucre cristallisé , identique avec celui 4e

la canne. 3o,oo

< Noteremise par M. Lassaigne.

* 6« édition de Thomson » vol. IV, page 37 a; Annais offhUosophy, XVI) 90; lohn's cbemische Untersucnungcn , lU, i53.

DES BULIBS. 5rS

grammes.

Ci^ontre 44i»98

Fibre ligneuse. â5,20

Afatière aniix^alisée iS,n

Albumine i4>>

Oxalate de chaux 1,80

Huile rance. •.....*... )

Matière analogue à l'adipocire. j * * * '^

Phosphate de chaux. o,5o

Sulfate de potasse 0,22

Malate de potasse • 0,20

Phosphate de potasse .0,10

Muriate de potasse. 0,10

Principe odorant »

5oo,oo ■

< 6* édllion de*1rhom8on, vol. IV, pa^. a8a ; AnnaU of phUotojfhjff. XUX, 70; Anoalef de chimie et de physique , tome VIII, page a4i.

VVivWWWWvVWV«W«MWVW«W«WWkVVVMl<<^MAWVMMAWV^MVWVVWMMWVV«WV\M^V^^

SUBSTANCES ANIMALES

De l^ gilatîne.

Suere de gëlalioe.

Acide nitro- •««ehariquc.

ÂpbI^s avoir constaté qae toutes les espèces 4e matières ligneuses , bois , écorce , paille , chanvre , etc. , {meuvent être transformées en gomme et en sucre par 'acide sulfurique , M. Bracdnnot a étendu ses recherches sur quelques parties des animaux. Gomme plusieurs d'entre elles , telles que la peaii , le' tissu cellulaire , les membranes , les tendons , les aponévroses , et les cartilages se dissolvent entièrement dans Teau bouillante et se convertissent en gélatine cette, substance s'est présentée la première à ses essais.

Ce sucre , d'une nature toute particulière , s'obtient en faisant bouillir pendant environ cinq heures i partie de colle forte , s parties d'acide sulfurique concentré » et' 8 ou 10 i^arties d'eau, que l'on renouvelle à mièsure qu'elle s'évapore ; la liqueur, suffisamment étendue, saturée avec de la craie, fournit un sirop sucré qui dépose des cristaux grenus que l'on purifie par une nouvelle cristallisation. Ce sucre est moins fusible que le sucre de canne , et cristallisé beaucoup plus facilement que lui \en prismes transparens aplatis, groupés eo^ semble, souvent tabelliformes. Il ne donne aucune indice de fermentation avec la levure , en quoi il difl^re du sucre de bois qui fournît de l'alcool. L'alcool affaibli bouillant n'a aucune action sur lui. Il n'est guère plus soluble dans l'eau que le sucre de lait , avec lequel il semblé avoir quelques analogies ;* mais , traité par 1 acide nitrique , il né donne point d'acide mucique , mais bien un acide nouveau , que. M. Braconnot a désigné sous le nom d*aci€le nitrosaccharique,

£n chauffant de l'acide nitrique sur du sucre de gélatine , et en évaporant avec ménagement la dissolution , il ne se manifeste aucune effervescence apparente, et Ton

DE LA GÉLATINE. " Bl'J

eblienl un îé^ida qui se ptéad en une ma^se cristainàe que l'on presse fortement dans du papier gris; par une nouvelle cristallisation on à l'acide nitrosaccharique en beaux prismes , incolores , transparens , aplatis et légèrement striés ; le sucré de gélatine peut en donner beaucoup Elus que son poids. Sa saveur acide est à peu près semlable à celle de l'acide tartarique. Il ne produit aucdn changement dans les dissolutions métalliques ou terreuses. Uni à la potasse , il donne un sur-sel et un sel neutre ; qui cristallisent l'un et l'autre en belles aiguilles , lesquelles projetées sur un charJ^Qn ardent , détonent à la manière du salpêtre. Avec la chaux il donne aussi un sel détonant en beaux prismes aiguillés , n'attirant point l'humidité de Fair et peu soluble dans l'alcool. Avec l'oxide de cuivre , un sel cristallisable , inaltérable à l'air. Avec la magnésie, un sel déliquescent, cristallisable. • Avec l'oxide de plomb » une combinaison qui ressemble à de la gomme. Enfin , cet acide dissout le fer et le zinc avec dégagement de gaz hydrogène , et donne nais» sance à des sels incristallisables. Il parait être le résultat de la combinaison de l'acide nitrique avec le sucre de gélatine.

La fibre musculaire , traitée par Tacide sulfiirique de^ "^"«f^e. la même n^anière que celle que nous venons d'indiquer* pour convertir la gélatine en sucre, ne donne pointnaissance à du sucre , mais à an extrait d'une saveur très-marquée d'osmazone ^ou de bouillon; en faisant bouillir cet extrait à plusieurs reprises avec de l'alcool à 34*, il s'y dissout en partie; la portion insoluble est pour la plus grande partie une matière peu aniinalisée «

3ui est précipitée médiocrement par Finfusion de noix e galle, et abondamment par le persulfate de fer et le nitrate de mercure. Le liquide alcooKque , chargé de la partie soluble de cet extrait, retient en dissolution une autre matière peu animalisée , et laisse déposer en refroidissant la lèucine. Là dissolution aqueuse de cette substance évaporée jusqu'à pellicule, donne de pletits cristaux grenus mamelonnés d'un blanc mat ; mais si on abandonne cette dissolution à Tévaporation spontanée» il se forme à sa surface une multitude de petits cristaux ij^olés\» aplatis, qui ont exactement 1» forme des moulea

5l8 SUBdTANGBS. ANIM;iLI.ES.

de'boutbB avec un reJK>r4 ^ leur <^irc9û£érenee , et an poUit ou une dépression à leur cofitre. La leuGÛae a un goût agréable de }us ^e yiande. Chauffée dans une cornue de verre , elle se fond à uae lempéeature supérieure à Feau bouillante , répand «me odeur de viande griHée , donne un produit légèrement ammoniacal et se sublime en partie sous la forme de petits cristaux blancs , grenus, opaques. La dissolution de leucine dans l'eau n'est point troublée par le tannin , ni par les dissolutions métalliques » si ce n-e^t le nitrate de~mereure , qui la sépare entière-. iKient de son dissolvant sous la forme d'uft^cipité blanc floconneux.

j^Acide^nitro- £a tsucine se dissout aisément dans l'acide mtrique. Si l'on expose cette dissdluiton à la chtaleur f&oF en chasser > la majeure partie die Tacide nitrique , on remarque qu'il. se produit à peine une légère effervescence , mais sans aucune émissio» de vapeur rutilante ; le résidu » exposé à une chaleur douce de bain de sable» sc'sdidifie en une seule ma^se cristattiBe , laqueUe pressée daoa du papier gris et redissoute dans l'eau , a par&ilement cristallisé enfine» aîguiUes divergentes^» presque incolores , c'est l'a-» cide nitroleucique. Il forme avec les bases salifiaMes des sets, qui ont un tout autre arrangement que les nitroseccharates ; sa combinaison avec la «baux » produit un sel inalléffabie' à l'atr ^ cristallisé en petits groupes ar* rondis^ Ge sel , projeté sur un charbon ardent ^ se fond dans son eau de crisitalHsation , et fuse , mais moins rapidement que le nitrœaeeharate die chaux. Avec la magnésie , il donne aussi on sel en petits cristaux grenus » n'attirant point l'humidiilé de l'air. On a vu que le nitrosaecharate de mageésie est détiqueseent et încristaliisable. • L'aeide nitrokuci<|ue est encore le résultat de la combinaison de l'acide nitrique avec la leueine. '

De Curée ou néphrine,

* M. Thomson observe que le mot. ure^ fut tcès>impro prement choisi par Fourcroy , en conséquence de cchû

' Elirait rtoU par M. BracoânoU

DÉ l'CRÉE OU IN'ÉPHRINH. SlQ

acide urique » substance également particulière à Furine» ayant à très-peu près le même nom « ou du moins nu nom qui indiquer£|it un rapport entre les deux sub-» stances; tandis , que dans le fait , il n'existe aucune connexion entre elles. N. Thomson considérerait donc oomme un très^grand» perfectionnement la substitution au motr urée de celui de néphrine, dérivé de vcfpb?» le rein , l'organe , par lequel cette substance est séparée du sang.

M. Thomson indique pour obtenir la néphrine , un procédé dont on est redevable au docteur Prout, el^ qu'il a répété plusieurs fois avec succès.

Après avoir évaporé jusqu'au quart de son volume de l'urine saine , on \a mêle avec environ le tiers de son

froids d'acide nitrique , d'une densité de 1,4»^^ on aisse le mélange en repos pendant s^ heures. Il s'y forme un grand nombre de lames soyeuses ; de couleur brune , qui consistent dans de l'acide nitrique et de la néphrine unis ensemble. On dissout dans l'eau ces cristaux , préalablement desséchés entre des doubles de pa«> pier Joseph» et on ajoute à la dissolution autant de potasse qu'il en faut pour saturer l'acide nitrique. La dissolution concentrée étant abandonnée à elle-même , il s'y dépose des cristaux de nitrate de potasse , qu'on sépare de la liqueur pour l'évaporer ensuite» et faire digé-^ rer le liquide résidu dans de l'alcool. Ce liquide dissout la néphrine , et la matière colorante de l'urine; mais en laissant le nitrate de potasse non disso\is. Après avoir alors évaporé à siccité la dissolution alcoolique , et fait dissoudre le résidu dans l'eau , on met cette dissolution dans une fiole , en y ajoutant une certaine quantité de noir d'ivoire récemment préparé; et après avoir agité pendant quelque temps , on jette le tout sur un ultre. Le' noir d'ivoire sépare toute la matière colorante , et la liqueur qui passe est incolore comme de l'eau. En l'évaporant lenieDBient » on obtient la néphrine è l'état d*une belle substanceblanche^demi-transparente, et cristallisée en prismes tétraèdres.

La néphrine » ainsi obtenue , n'a que peu ou point d'odeur. Sa saveur est forte et acre » ayant de la res^ semblance avec celle des sels ammoniacaux* Par son ex-

t>20 SUBSTiNGBS ANIMALES.

position à l*air , elle attire rhumidité et se convertit en ttn liquide épais. Cette substance est extrêmeâieiitsoluble dans iVau. et il se produit'pendant sa dissolution dans ce liquide un degré de froid considérable» L'alcool la dissout avec fkcilité ,< mai« à peine en aussi grande proportion que l'eieiu. La' dissolution alcoolique* cristallise, beaucoup plus facilement par l'évapopation , que la dissolution aqueuse. ' r '

De la Caekeniline»

MM. Pelletier et Caventou , qui ont examiné la cochenille, postérieurement au travail du docteur John sur cette substance , ont donné h la matière colorante' qu'idle. . contient ,'le nom de carminé; mais M. Thomson déclare qu'il préfère celui de cochenilinù, par Jequel le docteur John avait cru devoir désigner ce principe; il considère cette dénomination comme plus conforme aux règles de la nomenclature chimique , et moins susceptible d'ambiguité.

' Les chimistes français obtinrent la x^ocheniliDe à Tétat de pureté par le procédé suivant : en faisant digérer la cochenille dans l'alcool, pendant tout aussi long-temps qu'elle colorait ce liquide en rouge, et en abandonnanti ensuite' cette liqueur alcoolique à elle-même, elle dé-.

1)Osait, par l'évapor^tion spontanée, une matière cristaiine d'une belle couleur rouge. Cette matière étant dissoute dans de l'alcool très-fort, et la dissolution mêlée avec son volume d'éther sulfurique , le mélange se troublait , et au bout de quelques jours la cocheniline se dé; posait en formant au fond du vase une incrustation d'un très-beau rouge pourpre*

La cochentiine ainsi obtenue est. d'un rouge pourpreéclatant; elle adhère fortement aux parois du vase ok elle s'est déposée; elle a un aspect grenu , comme si elle était composée de cristaux; elle ne s'altère pas à l'air et n'en attiire pas sensiblement l'humidité ; chauffée à âo degrés centigrades , elle se fond ; à une température plos élevée , elle se boursoufle et se décompose <^ abandon-

' 6« édition de Thomson) vol. IV, page 419*

DE LA COCHENILINE. . 521

nnfnt du gaz hydrogène carboné , fournissant beaucoup d*hai1e et une petite quantité d'eau d'une saveur légèrement acide. 11 n'y a pas de trace d'ammoniaque dans les produits.

La cocheniline est très-soluble dans l'eau. La dis- solution peut être réduite par l'évaporation en consis-^ tance de sirop ; mais elle ne cristallise point. La cocheniline , en se dissolvant dans l'eau ,' colore ce liquide en un beau rouge carmin. Il ne faut qu'une trèsf>etite portion de cette substance pour donner une couear très- prononcée à une grande quantité d'eau. Elle se dissout aussi dans l'alcool ; mais plus ce liquide est rectifié, moins sa faculté dissolvante est forte. L'éthcr sulfurique ne dissout poiût la cochenille ; les acides faibles la dissolvent; mais il est probable que t^'est seulement à raison de l'eau qu'ils contiennent. Aucun acide ne la précipite lorsqu'elle est pure ; mais cet effet est produit par presque tous les acides , lorsqu'elle est à l'état de combinaison avec la matière animale particulière de la cochenille. Cependant si les acides ne précipitent pas la cocheniline à l'état de pureté , ils produisent tous un changement sensible sur sa dissolution aqueuse. Ils la font passer d'abord au rouge vif, puis elle acquiert par degrés une teinte jaunâtre , et finit par devenir entièrement jaune. Lorsque les acides ne sont pas très-concentrés , la cocheniline n'est pas altérée dans sa nature», car en saturant l'acide la couleur primitive est rétablie.

L'acide sulfurique concentré détruit et charbonne la cocheniline. L'acide hydrochlorique la décompose sans la charbonner» et il la convertit en une substance amère,

Îni n'a plus aucune ressemblance avec la cocheniline. l'action de Tacide nitrique , en décomposant cette substance , est encore plus rapide ; il se produit quelques ' cristaux en aiguilles , ressemblant dans leur aspect à de l'acide oxalique ; mais ces cristaux, ne précipitent pas Peau de chaux , lors même qu'elle est mêlée avec de l'ammoniaque. La nature de ces cristaux ne fut pas déterminée.

Le chlore agit avec énergie sur la cocheniline ; il fait passer sa couleur au jaune, et par degrés il la détruit tont-à-fait. Il ne produit pas de précipité dans la dissola-

522 Substances AiriMAtEs.

tlon aqueuse de cocheniliQe,.si elle ne contie&t pas de malière animale. Le chlore est donc un réactif utile pour découvrir la présence de matière animale dans ce principe colorant. L'action de l'iode est l'a même que celle du chlore» mais son effet est moins rapide.

Les alcaHs versés dans une' dissolution de cocheniline font virer sa couleur au violet cramoisi. Si l'alcali est immédiatement saturé , la couleur primitive est rétablie; et, par conséquent, la cocheniline reste sansaroir éprouvé d'altération , ou au moins n'ayant été que légè* rement modifiée; mais si l'action de l'alcali est continuée, pu si elle est augmentée par l'application de la chaleur, la couleur violette se dissipe , le liquide devient d'ahord rouge, puis jaune,, et alors la nature de la matière colo-^ rante est complètement altérée.

L'eau de chaux produit, dans la dissolution aqueuse de cocheniline , un précipité coloré en violet ; la baryte et la strontiane n'occasionent pas de précipité, maie ils donnent lieu au même changement de couleur que les alcalis. L'alumine a une alHnité très-forle pour la cocheniline. De l'alumine nouvellement précipitée , ajoutée à une dissolution aqueuse ie cocheniline, la décolore totalement , et l'alumine est convertie en une laque d'un très-beau rouge. Si , avant d'ajouter l'alumine à la dissolution aqueuse , on y verse quelques gouttes d'un acide, la laque qu'on obtient est d'une belle couleur rouge comme précédemment , mais par la moindre chaleur çlle passe au violet. Le même effet est produit par l'addition h la liqueur de quelques grammes d'un sel alumineux.

La plupart des dissolutions salines altèrent la dissolution aqueuse de cocheniline , mais il en est peu qui soient capables d'y. produire un précipité. Les sels d'or en altèrent seulement la couleur; le nitrate d'argent n'y produit aucun changement. Les sels de plomb solubles font passer la couleur au violet , et Tacétale de piomb détermine sur-le-champ un précipité violet abondant; en décomposant ce précipité, au moyen d'un courant de

5az hydrogène sulfuré , on peut obtenir la cocheniline issoute dans l'eau à l'état de pureté. ,

. Le protonitrate de mercure produit dans la dissoIuUoa

t)£ lA COGHENILINE. 5â3

aqueuse de Cocheniline un précipité violet. L'action du pernitrate de mercure est moins énergique , et k couleur du précipité est écarlate. Le perchlorure de mercure ne produit aucun effet queiconquCé

Les sels de cuivre et de fer n'occasionent point de

[précipité ; mais les premiers font tourner la couleur du iquide au violet , et les sels de fer au brun.

L'bydrochlorate de protoxide d'étain produit dafis la liqueur un précipité violet abondant. L'hydrocblorate du peroxide de ce méii^lfait passer la liqueur à l'écarlate , mais sans oecasioner de précipité ; si alors on ajoute de l'alumine en gelée, on obtient un précipité d^un beau rouge > qui a'est point altéré par l'ébullition*

AueuB des seb alumineux ne donne lieu à précipité dans la dissolution aqueuse de la cocheniline , mais ils font passer la coaieur au cramoisi.

Les sels de potasse * de soude et d'ammoniaque y produisent les marnes changemens.

MM. Pelletier et Caventou ont cru devoir conclure (le Faction des différens sels sur la cocheniline , que les métaux susceptibles de différens degrés d'oxîgénation , agis sent sur la matière colorante deia cochenille, comme les acides , lorsqu'ils sont an fMtœifnum d'oxidation ; mais eomme alcalis ,. quand ils sont au minimum ou au me^ dium d'oxidation ; et que cette influence alcaline peut s'exercer à la manière d'un acide , lorsque les oxidesdont il s'agit peuvent produire un précipité insoluble avec la matière colorante.

Le tannin et les matières- astringentes en général ne précipitent pas la matière colorante de la cochenille. .

Mm. Pelletier et Caventou ayant mêlé une certaine quantité de matière colorante avec de l'oxide noir de enivre , et soumis le mélange au degré de chaleur nécessaire , ils n'obtinrent d'autre substance gazeuse que de l'acide carbonique ; d'où il suit que la cocheniline est composée de carbone , d*oxigène et d'hydrogène , et qu'elle ne contient pas d'asote.'

■ - ji -

> 6* édition de Tbomson, toI. IV, page 4^7; Annales de chimie et de physique, torac VI II , page aSo.

5^4 ' SUBSTANCES ANIMALES

Des Huiles.

Huile de ba- L'huilc de baleine entre en éfiuUilion à b température ^ine- de 538. degrés centigrades; si on la distille, elle perd

beaucoup de sa viscosité et acquiert la propriété de bouillir lorsqu'elle est chaaiirée à 210 degrés centigrades. En faisant passer cette huile à travers un tiijau de ier rempli de fragment de brique pilée chauffés au rouge , elle est convertie en une huile éminemment volatile , qui bout à Ss^centigràdes et brûle aussi facilement que Télher. Cette huile y limpide et incolore, très -fluide, et d'une odeur forte , est connue^n chimie sous le nom d'huile de Dippel , de celui du chimiste qui en trouva le premier le mode de préparation. M. Thomson annonce , que d'après ses expériences , les parties constituantes de l'huile de baleine sont ainsi qu'il suit :

gram.

Un grain (6,5) de cette huile , qu'on fait passer à travers du peroxide de cuivre chauffé au rouge , se convertit en 88,877 centimètres cubes ^^ ë^^ acide carbonique, et 9,425 grammes d'eau. Or, ^

Le poids du carbone dans cette quantité ^ ÎP^- . d'eau estvde. . . r= 4>47^

Celui de l'hydrogène dans cette niême quantité d'eau .. ^s= .i»o46

Oxigène pour compléter les 6,5 grammes. = 0,978

Total. . ' = 6,5oo

grammes. . . • , '

Mais 4,4476 àe carboue =z 6 volumes,. ou la atomes = 9,000 I ,o56 d'hydrogëoc = 8,5 volumes , ou 17 atomes = 2,is5 0,978 d'okigène.'. = 0^5 volumes 9' ou a atome! = s^ooo *

Poids d'uo atome d'huile de baleine = i5,ia5

OU un multiple de ce nombre. D'après les expériences de M. Chevreul sur le savon , il est probable qufe le véritable poids d'un atome d'huile de baleine est dé trois fois' le nombre précédent.

La pesanteur spécifique de l'huile de baleine est réduite par la distillation , de 0,9191 , qui est celle de, l'huile de baleine commune , à o>868o > en fabént passer

DE ljl soie. ^ SaS

6,5 grammes de cette huile diëtillée ii travers du peroxide de cuivre chauffé au rouge ; cette qpantité est transformée ea 90,695 centimètres cubes de gaz acide carbonique et 8,45 grammes d^eau ; d*où il suit que les parties Constituantes de cette* huile sont :

Carbone . • 4»^^ , ou la volumes, ou i5 atomes =• 9,000 Hydiogëoe 0,94^9 ou ^^ volumes, du i5 atomes = 1,875 Oxigêne. • 0,991,00 vohime; ou a atomes =7 3,000

6,5oo 12,875

Ainsi cette huile semble n'avoir perdu que deux atomes d'hydrogène.

La chaleur spécifique de l'huile de baleine est o,53o2. Lorsqu'elle est chauffée de i5 à 232 degrés centigrades dans du verre ^ elle se dilate de ^ en ne tenant pas « compte de la dilatation du verre. '

De la soie.

Si l'on humecte légèrement de la soie avec de i'àcide .TransfomiA-'

ii»« . > vl» • l • 1 • j^ 1 lion de la soie

sulfurique , et qu après 1 i^voir laissé agir pendant quel- en muciuge. ques minutes , on broie le tout avec de l'eau , il en ré* suite un mucilage blanc très -épais qu'on peut laver avec de l'eau froide qui n'agit pas sensiblement sur lui , quoiau'une trè^grande quantité de ce liquide bouillant peut le dissoudre. Cette matière mucilagineuse qui parait être la soie elle-même très-rapprochée de son état primitif de noTucilage, ne sèche pas aussi rapidement que celle qui se trouve dans la^ chenille du ver k soie, et. avec laquelle , au rapport de Réaumur, les Mexicains préparent leur admirable vernis. Si* au lieu défaire agir une petite quantité d'acide sulfurique sur la spie , on en augmente la dose en prolongeant l'action pendant vipgtquatre heures , elle se . convertit en une matière rougeâtre , transparente , très-soluble dans l'eau , qui ressemble à la colle forte , quoique sa dissolution concentrée nerse prenne point en gelée parle refroidissement. Cette matière animale est pi^cipitée abondamment de son dis-

j»wM. ■.».'■ I y. ■ ■ III ■ , . , . . , n miia^i^ipai ....

t 6*édilioadeTlu>mson^voL IV, p«ge43a.

526, PARTIES DBS ANIMAUX.

solyant par l'infusion de noix de galle et surtout par le sous-acétate de plomb.

On VQÎt que toutes les fois qiie l'acide salfiirique concentré tombe sur un vêtement d'étoffe de soie eu de coton , il ne le brûle pas comme on le dit ; mais la partie, qu'il touche est bientôt perforée par sa conversion en mucilage. '

De la laine.

ac^YatïS^n L'acide sulfurique. étendu du quart dé son poids d*eau , Sîesîub? mélangé avec la laine lui communique une couleur rouge veii'^f ^"^ ^^' ^^"^ qu'elle se ramollisse sensiblement ; mais si on expose tion. ' le mâange à la température de l'eau bouillante , il en résulte un mucilage épais, homogène; en arrêtant là ^ l'opération , on peut séparer , par la saturation avec la craie, une matière animalisée^ soluble dans l'eau , ayant absolument l'aspect de la colle forte , et d'une saveur désagréable;, l'infusion de noix de galle, versée dans sa dissolution , dans l'eau , la précipite entièrement; le précipité est blanchâtre , floconneux, divisé, et ne se réunit ' nullement en une masse élastique et collante comme celui formé dans la dissolution de gélatine. Le nitrate de plomb en trouble à peine la transparence; mais le sous-acétat« de plomb et le nitrate de mercure, y forment des précipités blancs fort abondans. Lepersulfate de fer coagule entièrement la dissolution de cette matière en une masse d'un rouge orangé , précisément comme celle qui est produite par le même réactif dans une dissolution de géla-> tine. L'alcool bouillant n'a presque aucune action sur cette matière qui djuSère de celles qui ont été indiquées précédemment. Si aulieu de séparer la matière animale du mucilage acide épais dont on vient de parler, on prolonge un peu l'action de la chaleur , il perd entièrement son aspect mucilagineux ; étendu d'eau et mis en ébuiKtion pendant neuf heures , il donne pour résultât , de la leucine, une matière peu animalisée soluble dansFalcool, et une autre substance insoluble dans ce liquide qui a le même goût de bouillon et des propriétés semblables à

■ ■ ■ .• ■ » I I ■ ■! ■ I — — — 1»Bi— — ^— W»i— 0—

> Extrait remÎB par M* Braconnot.

D]5 tK BILE. 52;^

celle qui a été produite avec la fibrine dans les mêmes circonstances. On voit par ce qui précède que les substances animales les plus insolubles, peuvent être transeformées en plusieurs substances solubles, beaucoup moins azotées, par l'acide sulfurique. Cette singulière-transformation est opérée par une soustraction d'hydrogène et d'azote dans les proportions nécessaires pour produire l'ammoniaque , et sans doute aussi par une absorption d'oxigèûe de l'acide sulfurique. '

De la bile.

MM. Lassaigne et Chevallier ont fait l'exi^men chimique et l'analyse de \dL bile du coaîta fauve ^ atelesarachnoïdes (Geoffrdy)» et de la biU du cou^uar, felii discolor ( Bufion).

La bile du coaïta fauve, était jaune, d'une consistance visqueuse , ayant une odeur fade et une saveur amère; elle ne faisait éprouver aucun changement au papier de tournesol , ni au sirop de violelte. Cette bile contient , d'après l'analyse ,

1" De l'albumine.

2"* De la matière colorante jaune.

3* De la résine verte.

4* Du picromel.

5* Des mnriates de potasse et de soude.

6* Du phosphate de soude.

7* Des traces de phosphate de chaux.

La bile du çouguar était d'un jaune rougeâtre ; sa sar veur, d'abord douce, devenait légèrement anière; elle ne faisait pas passer au bleu le papier de tournesol , rougi par les acides; elle moussait par l'agitation.

La petite quantité que MM. Lassaigne et Chevallier purent se procurer de cette bile ne leur permit pas d'examiner quels étaient les sels qui s'y trouvaient ,mais ils avaient reconnu qu'elle contenait :

1* De l'albumine.

d' De la matière jaune.

* Extrait remis pv M. Braconnot.

5âS PARTIES DSS ÂNIMAUÏ.

5* De la résine verte.

4* Du picromel. *

De la liqueur de tamnios,

M. Lûssaigne a fait, sur la composition des eaux de l'allantoïde et de Tamnios de la vache , de nouvelles recherches qui Font conduit à des résultats importans » qu'il expose ainsi qu'il suit :

Le fœtus , dans la matrice , est enveloppé dans plusieurs membranes successives particulières, auxquelles les analomistes ont donné différens noms. La première , la plus extérieure , est appelée chorion; av-dessous de celle-ci s'en trouve une autre, très-apparente surtout dans les quadrupèdes , qui a reçu le nom d^allantoïde , enfin , la troisième , la plus interne qui environne le fœtus, est Yamnios,

Ces deux dernières renferment des liqueurs différentes dont la quantité et la nature varient suivant l'époque de la gestation de l'animal , et son espèce.

La liqueur amniotique de la femme , avait déjà été analysée par MM. Yauquelih et Buniva , comparativemeint avec celle de la vache ; maïs dans celle-ci s ils ont trouvé un acide cristallisable , jouissant de propriétés particulières , qu'ils ont appelé acide amniotii/ue , du nom de la liqueur d'où ils l'ont retiré. Gomme dans leur travail ils n'ont pas fait mention de la liqueur de l'allantoïde , qui souvent est en plus grande quantité que celle del'amnios; il estvraiseinblable qu'ils l'auront confondue avec .cette dernière, ou qu'ils auront examiné le mélange des deux.

M. Girard, directeur de l'école royale vétérinaire d'Alfort , dans ses recherches anatomiques sur le fœtus de la vache , s'étant procuré séparément les eaux de l'allantoïde et de l'amnios, les remit à M. Lassaîgne pour les soumettre à une nouvelle analyse chimique. Les résultats que celui-ci obtint prouvent non-seulement la différence de composition de ces deux eaux, mais encore que l'acide appelé jusqu'à présent amnioUque n'existe

' 6* édition de Thomson , toI. IV, page 5ia; Annals of p4Uiogop^* XIV, i46; Annales de chimie et de physique^ 1. XI, p. io4 et io6.

Eau d« l*aldela

DE LÀ LIQUEUR DE 'I'aMN rés. §29

point dans la liqueur contenue dans l'amnios ^np^is bien dans celle de l'allantoïde.

Cette liqueur est transparente , d'une couleur jaune- lantSaî fauve , d'une saveur fade légèrement salëe ; sa pesan- ^'**»«teur spécifique , à i^"" centigrades, est de 1 ,072; elle Rougit le papier de tournesol. Soumise à t'analyse , elle a donné :

i*" De l'albumine,

2"* De l'osmazome en assez grande quantité.

o^ Une matière mucilagineuse azotée.

4* Un acide cristallisable , jouissant de toutes les

propriétés de l'acide amniotique désigné par

MlVl. Yauquelin et Buniva 5* De l'acide lactique et lactate de soude. G"* De l'hydrochlorate d'ammoniaque.

7* Du chlorure de sodium.

8^ Du sulfate de soude en grande quantité. 9^ Dû phosphate de soude, lo*" Du phosphate de chaux et de magnésie.

Cette liqueur est jaunâtre, visqueuse, d'une saveur niMde'^iV^a'?' salée et piquante; par le repos, il s'en sépare une ma- <:'><'' tière analogue au mucus ; elle bleuit le papier de tournesol rougi; examinée par la même méthode que la précédente , elle a fourni :

1° De l'albumine. ,

î2'° Du mucus.

0°^ Une matière jaune analogue à celle de la bile,

4° Du chlorure de sodium.

^^ Du chlorure de potassium.

<>• Du sous-carbonate de soud^ç.

7"* Du phosphate de chaux.

Ces résultats obtenus plusieurs fois sur des fœtus de 5,6 et 8 mois , prouvent : 1" que l'acide appelé amniotique n'existe pas dans l'eau de l'amnios, mais dans . celle de l'allantoïde; s"" qu'il est probable que MM. Yauquelin/et Buniva ont opéré suri eau de l'allantoïde qui leur aura' été remise comnie étant celle de l'amnios, ou encore que leur travail aura été. fait sur le mélange de ces deux eaux; en conséquence , M. Lassaigne pense ,

^30 PAETIES BES ANIMAUX.

qu'en le dj^tioguant de» autres acides connus par le nom a acide Bilan toïque, il remplira le but des auteurs de sa découverte.

M. Lassaigne ayant eu à sa dispositioqune certaine quantité de cet acide , provenant des analyses précédentes, crut devoir saisir cette occasion pour examiner quelques-unes de ses combinaisons » détern^iner le rapport de ses principes, constituans , . et ajouter ainsi aux propriétés qui lui ont été reconnues premièrement par MM. Vauquelin et Bunjiva. ( Annales de chimie , tome 53, page 275. )

propriëidsdc 1© u cristallise en prismes carrés d*un blanc nacré ;

l'acide allan- .^ • • «J x • U^ ri v 1» •

tojque. il est msipide et inaltérable a 1 air.

2° Chauffé dans une petite cornue y il se décompose en fournissant beaucoup de sous-carbonate d'ammoniaque , de l'hydrocyatiate de la même base , de l'huile et un charbon très-léger qui brûle sans laisser de résidu.

3** L'eau , à la température ordinaire , en dissout -^ de son poids; l'eau bouillante en dissout j^,Ia dissolution rouçit la teinture de tournesol ; par son jrefroîdîssèment , elle laisse précipiter presque en totalité cet acide . sous forme de belles aiguilles prismatiques divergentes.

4* Sa dissolution aqueuse ne précipite ni la chanx , ni la baryte, ni la strontiane , aiiisi que les dissolutions de nitrate d'argent, de mercure, d'acétate et de sous-acétate de plomb.

5° Traité par l'acide nitrique bouillant , il est converti en une matière jaune , gommeuse et acide , qui n'est nullement amère.

6° Calciné dans un appareil convenable avec le deutoxide de cuivre , il a donné , pour le rapport de ses élémens en poids :

Oxigëne. 32,»

Carbone . . . • 28,1a

Azote. ............ 2&,24

' Hydrogène • • r i4»5o

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