TOME IL
Alcalis nouvellement découverts.
Ijitiine,
M. Vauquelin venait de faire, sur l'invitation de M. Gîllet Laumout , l'analyse d'une pierre trouvée à Uto en Suède , .et nommie pétalite, 11 y avait reconnu la présence d'un alcali, qui lui parut se rapprocher davantage, par sa nature, de la
» Ann, de Chîm. et Phyi. V, a6o.
• Ibid, Vil , 3a,
5^54 ' A*F«>î»tX.
potasse que de tout autre. M. Vauquelio apprit, quelques jours après, que M. Ârfredson, )euoe chimiste qui travaillait tiepuis un an dans le laboratoire de M. Berzelius, avait trouvé dans la pétaliie uo alcali uouveaXi , auquel M. Berzelius et lui avaient donné le noin de lithion ( du mot grec ^lfi«r . lapi* €hus)\ comme ayant été découvert dans le règne minéral; dans la nomenclature française, ce nom a du être converti en celui de //VAiVie.
tv^ùkku C^t alcali se disUngue, suivant M. Arfredson , delà soude et de la potasse, i*. en ce que le sel formé par sa combinaison avec Tadde carbonique est très-difGcile à dissoudre dans Teau. 2^ Par sa disposition à attaquer le platine, lorsqu'on le fait rougir dans un creuset de ce métal. 3^. Par la grande fusibilité des sek qu'il forme avec les acides sulfurique et bjdrochlorique ; le premier coulant comme une huile avant ti être chaufté à l'incandescence, et le second attirant Teau de l'atmosphère avec avidité. 4*« ^^^ ^ia grande capacité pour saturer les acides, surpassant en cela de beaucoup, celle de la potasse et de la soude, même celle de la magnésie , avec laquelle le nouvel alcali a beaucoup de rapprochement par ^a quantité d'oxigène. 5^ Parce qu'avec Facide tartareux , il forme un sel efOorescent -, tandis qu'avec l'acide acétique , le sel qui en résulte se prend en gelée , ou dans une masse d'apparence gommeuse.
D après la nouvelle de la découverte de cet alcali , et ce premier exposé de ses propriétés , M. Vauoueiin ayant reçu un auti*e échantillon de lo grammes de pétalite, il en sépara l'alcali annoncé; et après lui avoir, en effet, reconnu les propriétés indiquées par M. Arfredson, il trouva qu'on pouvait i>opri<té$ encore y ajouter celles suivantes \ i». il a une saveur causti- • «jouter, que^ comme les autres alcalis fixes , et il verdit les couleurs bleues végétales. 2*. Il forme avec l'acide sulfurique un sel , qui crystallise en petits prismes d'un blanc éclatant, parais* sant être carrés, ayant une saveur salée /sans amertume, comme celle des suifatesi^e .soude et de potasse. Ce sel est plus soluble dans l'eau, et plus fusible au feu que le sulfate de potasse. 3"*. Il forme avec l'acide nitrique un sel déliquescent, d'une saveur très-piquante, ce qui n'appartient ni an nitrate de potasse , ni à celui de soude. 4^. Avec l'acide carbonique, il donne un sel peu soluble, qui s'e£9eurit à l'air. On peut le précipiter d'une dissolution sulfurique concentrée ,
ALCALIS KOUTfiLLttSmT^DicOUVlSlLtB. ^$6
âQ moyen 'â^€ dissbkitîoii cle€iriM>D4fte'»clè fMH^^^V aussi rapprochée. CepeodAOtc» sovsrC^rbonale ésitipS^Mpeat pliif âokbie que les carbonatea terreux. licpamît.^!iî.£UlKe trésproropteroeot Tacide carbonique de Tair ; car il sMfli^du (eoips nécessaipe à révaporation ie sa dissolution ppi^*^' fl^'il ^^^ entièrement carbonate. S^. U est soluble dans environ cent fois son poids d'eau froide , ei'quoiqne faibli),^ sa diçaoludon fait effervescence avec las acides ^ agit fortement #Hr.(^s.Qo^ leurs bleues végétales. 6^. La dissolution. d^ q^. sel, précipité l'hydrochlorate de chaux ^ tes sulfates de m^igpéaie et djalii« mine en flocons blancs; les sels de cuivre, de fer e| d'argent^ sous des couleurs absolument semblables à celles quV produi'* sent les carbonates de soude et* de pôtass^;) ^*f il dégage l'ammoniaque de ses combinaisons salines. 80. La chaux et la barite lui enlèvent Tacide carbonique. 9^. Il ne précipite point rbydrocblorate de platine , comme }ieLj|0u$-<:ai>bon#ta de potasse. io<>« La lithine, en slunissaat au. sotifrei: donn^ u» sulfure de couleur jaune ^ très-aolublie .dans l'eau, ^ et ^qiM est décomposé par les acides avec les mêmes pbénoii(«q6s.'que le| saKuf es alcalins ordinaires v il parait ^ par l'abondance des Précipités qu'y. font naître les acides,, que polt^alodli saturjÇ beaucoup de soufre. En cherchant à re€OilUAU(^J%!cap^c(itf de saturation die cet alcali et le r8Dp(>i;t de ^i^^<)x^gène avec celui des ajcide^, qU^il nèùtrârisê ,'Kf. vauquelin ^ tjîQUf é , par les résultats de ses expériences , que 100 parties âè sultate du lithiue desséché se composent ae
.Acide sulfurique ^^.... . 69,20 '
Oxide de lilhiwe . ;. V .'..'* 3o,86
LetapiH^rt ehtre Po¥.ii^e de Pacide'sulfijirique^et celui tles bases qu'il sature étant de 3 à 1 , et les 69,a<Q d'acide sulfurlqu^^ trouvés dans le sulfate de lithine , représentant 41 } ^2 d^oxï-» gène, il est évident ', qtie'sTl nTy a pas , d'âii's <5e <^aâ-ci , d'exception à là loi générale ,les 3b,8o d'ôxîde de lllliine existans dans loopâirtièsdu sulfate, contiennent i3,84 d'oxigèoe; d'où il '9ok que' 10& parties d*Oxide.de lithiue seraient wmées de
i Lithine : * . 56|5o^ •
Oxigène. • •»•#••.•• 4^^So
5r50 * AFPvirBfx.
Qosnlîléâ'oxlgtee phis gruide cpie oeUe qui se troQfe èoê tous ks âtttreâ alcalis jus<|u'à présent connus.
De ces expériences on déduit que le nombre équiraleiil pour le liihine est 1^997 > ^^ ^^ ^^ oxide ASI997Î celui èi sulfare sec de Uthine 72,97; et celui du sul£ite cristallisé
M. Arfredson ajrant fait de nouvelles recherches sur b pétalite , minéral dans lequel il avait précédemment trouvé le lithion ou li^ne, sW assuré], par Tanatyse, que ce minénl est composé ,'sur t:ent parties , m
Silice 77»5oo
Alumine ., i6,85o
Lithion • 5,650 •
H a examiné ensuite les diverses combinaisons de la Uthiae avec les acides, carbonique, sulfurique, nitrique, hydnh cUorique, acétique, tartanque et borique. Parmi ces combinaisons, ilaparticuliéreroent cherché à reconnaître les parties constituantes de celjes formées avec les acides sulfurique e( hydrochloiîque , et il a trouvé qa'dles étaient, savoir ^ pinir le •nlfatedelithine^de
Acide Sulfurique.' 68,65
Lîihine.. •.... ,' 5i,3S
Et pour llivdrochlorate de ce même alcali , de
Acide h jdrochlorique 60,0^
Lithine. • « . « • %i94k
H, ArFi'edsODa déduit deces résultats quèPoxide delittiioe devait être formé de
Radical métallique 56,3^
Oxig^ne 43,66 '
' - On voit ainsi, que le chimiste suédois a trouvé dan^ Vùidi^ de lithine ^ et dans le sulfate de ce nouvel alcali ^'i-peu-pri»
^ Ann. d^Chltai. ctckPbTt. Vll^ tgg^tt 184^
ALCALIS HOU^PtlLlMBIfT* DiCOinrXATt. ^$7
exactement les mémeft proportions dé principes oonstitiiaos , que M. Vanquelio y avait reconnues *•
Strychnine* ^ .
MM. Pelletier et Ga ventou, ont trouvé dans la fève de Saint- Ignace et dans la noix vomiquetm alcallvégétal nouveau, qu'ilà ont appelé^/i^Â7x//i0^commerayantretirede plusieurs espèces de strychnos. Ces chîjnîsles ont obtenu cette substance par le procédé suivant : '
Après avoir redissous dans l'eau froide, un extrait alcooli- '«r^»»*»®"* que formé avec la fève de Saint-Ignace , ou la noix vomique^ on traite la dissolution par du sous-acétate de plomb. Les matières grasse, gommeuse, et la plus grande partie delamatiére colorante, ainsi que Tacide contenu dans Textrait, se précipitent. Il reste, dans la liqueur filtrée, un acétate de strjchlu'ne, un excès d'acétate' de plomb et de la matière colorante. * En y faisant passer un courant de gaz acide bydrosulfurique^ on précipite tout le plomb, qui est séparé par la filtration. On la traite alors avec de la magnésie , qui décompose Tacé* tate de strychnine; on enlève ensuite par des lavages k f eaù froide , l'acétate de magnésie et la matière colorante. La strychnine étant très-peu solude, elle reste sur le filtre avec Texcès de magnésie y dont on la sépare au moyen de lalcool bouillant qui la dissout sans attaquer la magnésie. En évaporant cette dissolution alcoolique , on obtient la strychnine en petits cristaux, presque microscopiques et très-blancs.
La strychnine a une saveur des plus amères , quoiqu'elle ''*p^^'*^ 4oit très-péu soluble. Il faut 6000 parties d'eau froide pou^ la dissoudre , et aSoo de ce liquide bouillant; elle est inalté- .rable à l'air. Au feu , elle se charbonne sans se fondre. A la distillation, elle donne les produits des matières végétales, non-azotées. Distillée avec te deutoxide de cuivre, elle ne donne que des traces d'azote, et encore ce principe paraît-il lui être étranger.
La strychiine se combine avec tous les acides, qu'elle salttce parfaitement. Son sulfate est très-soluble , et cristallise en cubes, ou en prismes à 4 pans très-courts. Il est moins ^plqblQ dans lalcool que dans l'eau, ce qui ^st une propriété contraire à celle de la base.de ce sulfate-
• Aoa. àt CUim. el d^k|<., X| la*. •
yS9 * afpsudix*
U est fornié de strychoioe < 9o,5oa
acide 9^^^^
Le phosphate de strychnine cristallise eo prismes à 4 pans beaucoup plus allongée que ceux du sulfate. L'hjdrochlorate cristallise en aiguilles très-déliées et presque soyeuses -f et le nitrate affecte également la forme d'aiguilles se groupant en étoiles , en faisceaux , etc. Ce nitrate est d'un blanc opaque , ayant un aspect nacré très-Teroarquable. En le traitant avec un excès d acide nitrique, il devient d'ua très- beau rouge de sang , qui , à la longue , passe au jaune. lie même effet est produit par cet acide sur tous les sels de strychnine. MM. Pelletier et Caventou croient pouvoir attribuer cette couleur rouge à une plus grande quantité d'oxî- §ène fixée dans l'alcali; car ils se sont assurés qu'on la faisait isparailre par les corps désoxigénans , tels que lacide hydrosulfurîque , l'hydrochlorate detaih au minimum, Tacide sulfureux, etc. La strychnine , séparée de ses sels rouges au luoyea d'une k^ se qui s'empare ae Facide , esl d'un jaune orange, et se combine avec tous les acides, en donnant des sels rouEcs. A Taide de la chaleur et d'un excès d'acide nitrique , les sels rouges deviennent jaunes ; et alors , on ne peut plus faire disparaître entièrement la couleur par les corps désoxigéfiaus ; on n'obtient que des précipites d*un jaune brunâtre, qui n'ont point encore été suffisamment examinés.
La strychnine ngit sur Fiode à la manière des alcalis rainéfaux ; la couleur jaune de l'iode disparaît, et il se forme deux sels : un \cyihie et un hydriodate de strychnine.
Dans la fève de St. -Ignace et dans la noix vomique,lastrycU- Tiine est unie à \m acide, qui a de l'analogie avec l'acîde ma* lique , dont il tîiUère cependant sous plusieurs rapportïs. "MJVL Pelletier et Caventou l'appellent acrde igasarimie, d'îgft- 8ur, nom delà fève de St.-Ignace dans les Indes orientales.
La strychnine est le principe actif de la fève deSt.-Igntceet de la noix vomique. Prise à l'intérieur, elle agit avec la pkis grande énergie sur l'économie animale, comme poison; les chiens les puis forts ne résistent ps a nue dpse oe dix centigrammes, et ils périssent {)romptement *. ' • V — • — '-^ — -
ALCALIS ROUTSIXEMSKT DÉCOUVF.RT». 759
NofA. M. Pelletier a tout réoeimnent fait la dÀïou verte, dans la fausse augostnre, d'uoe autre substance alcaline. Cette substance nouvelle diffère de la strychnine par une
Îlas grande solubilité, par sa facilité À cristalliser en prismes 4 pans , et surtout par les propriétés de ses combinaisons. Son nitrate , au-lieu de se présenter comme celui de k strychnine sous la forme ^aiguilles blanches nacrées, affecte ceUe de prismes à 4 P>^ transparens. M. Pelletier n'ayant pas terminé son travail sur cette substance , il n'en a point encore présenté Texposé et les résultats , et n'est pas fixé sur le nom qui lui paraîtra le mieux convenir pour distin* guer ce nouvel alcali.
Nota. Depuis la découverte de la strychnine, il a été fut en Suède des expériences analogues , dans les mêmes vues et par le même procédé, sur la digitale; et Ton a reconnu aussi dans cette plante, dont on fait actuellement un si grand usage en médecine , la présence d'un alcali.^
Picrotoxine-.
M* Boullay vient d'annoncer, qu'on peut aussi considérer comme alcali végétal, le prindpe amer vénéneux, ou picrotoxipe, qu'il a extrait le premier, de la coque du Levant (meni spermum coculi^s)^ et dont il a été parlé page 6 1 de ce 4*' volume. Ce chimiste a reconnu, par de nouvelles recherches sur cette substance, dont il a présenté le détail dans sa deuxième thèse, soutenue au mois de décembre i8i8, devant la Falculté des Sciences de l'Université de Paris, que le principe vénéneux de la coque du Levant est une véritable base salifiable, susceptible de faire fonction d'alcali par rapport aux acides, et oe donner naissance à des sels bien caractérisés , de forme et de solubilité variées. Par l'analyse que M. BouHay a faite de l'un de ces sels , le sulfate de picrotoxine , il Ta trouvé composé , sur cent parties ,. de
Acide $ulfbrit|ue. .:.«.•»..• 9;09 Picrotoxiqe.* . . • .•.:.. * 90,61
c'est-à^dife de 0,10 d'acide sur 0,90 de Jb^e.
IVL Boullay ayant traité, dans son nouveau travail snr la picrotoxine , cette substance aveC' les aeid^ suHurique , nitrique; bydroclilorique , pbosphoriqufiy,<:arbom/|ue, âcéti-
Histoire.
j6o . AJ^JPSNDU.
que, iartarique et oMdîqiie , s'esi assuré qae le» acides végéuux paraissent être les meilleurs dissolvaus de ce poisoii| et les plus propres i neutraliser ses qualités véuéueuses. ^icalidu Ckénopediutu vulvaria.
MM. A. Chevalier et J. L. Lassatgne ont reconnu, dans le ehénopedium vuharia^ la présence d'uQ alcaK libre ; et ce qui ajoute à rîDtérêl de cette découverte, c'est que cet alcali e&t ^ammoniaque.
Ces chimistes , cherchant i reconnaître qnellc est la cause de lodcur fétide de poisson pourri qu'exhale , lorsqu'on la frotte, Fespece de chénopedimn, que par celte raison on a désignée par le surnom de vulvaria^ ils se déterminèrent k la soumettre à des expériences analytiques. Ils trouvèrent que cette plante , dont l'analyse qu'ils en ont faite a été insérée dans le Journal de l'harmacie , cahier de septembre 1817, contient du sous-carbonate d'ammoniaque qu'on obtient par la distillation au bain-marie avec nn peu d'eau , de Talbumine , de Tosmazome , une petite quantité d'une huile jaunâtre aromatique , avant quelque analogie avec foliban , une matière amère soluole dans l'eau et dans Talcool ^ de la résine vetle , du nitrate de potasse en grande quantité , des' acétates et phosphates de potasse et de chaux. Les ti;;es sèches du ehénopedium vulvaria donnent, suivant eux, sur 100 parties, s 8 parties de cendres , dont ils ont retiré i3^ parties de saliu, et de sons-carbonate de potasse.
Acides nouvellement découverts,
.•Mr.. . . Purpuriqite*
■M. Gaspard Brugnatelli avait communiqué à l'Iostitut de Milan, dans saséance du 13 mars* i8t8, la découverte d'un acide qu'il avait obtenu en traitant l'acide urique par l'acide nitrique, etilexposait les caractères ipii distinguaient cet acide de tous les autres jusqu'à présent cqnou^» Mais le docteur Prout ayant annoncé, dans un mémoire présentéjf 1 1 juin %\xv vaut, à la Çociété royale de Londres, qu'il avait trouvé, en traitant également l'acide urique par l'acide nitrique, un nouvel acide, dont il'décrit les propriétés, on a pn juger, d'apTés* les expériencesde'Ces chimiste*s, -que les acides obtenhs par chacnnd^eux^ieottrès-^ifférens, et que cehii deM« Bhk gnatclllnîé|tâil pas pur.,
ACIDI5 KOUVSLLEMSNT htCOVYËKtê^ y6l
Suivant le docteur Proat, la substance d'un beau pourpre ^ produite par FactioD dç l'acide nitrique et de la chaleur suj: l'acide urique , substance connue depuis long-temps des cbi-' mistes, est un composé d'un acide particulier avec l'ammoniaque.
L'une des propriétés reinarquables de cet acide , qu'on peut également former en traitant l'acide urique avec le chlore ou l'iode , est celle qu'il a de produire des composés d'un beau pourpre, par sa combinaison avec les alcalin et les terres alcalines-, c'est en considération de cette propriété que , sur l'observation de M. WoUaston, le docteur Prout a donné au nouvel acide le nom 0'acide purpunque.
Cet, acide , q»'on peut aisément séparer du purpurate Propriété*. d'ammoniaque par les acides-sulfurique ou hydrochlorioue^ se présente ordinairement sous la forme d'une poudre a un jaune clair, ou de couleur de crème. Il est entièrement insoluble dans l'eau ; il est par conséquent insipide, et n'a aucune actio9 sur le papier de tournesol, quoiqu'il décompose proroptemenv les carbonates alcalins s^ l'aide de la chaleur. Il est soluole dan$ les acide&minéraux concentrés, et dans les dissolutions alcaUnes; mais en général, il ne se dissout point dans les acideç étendus d'eai). L'aJcool ne l'attaque; pas. Il prend à lair une couleur pourpre, probablement en attirant de Tammoiiiaque* CbaufTé, il se décompose et donne du carbonate d'aminoniaque, de l'acide bjdrocyanique et un peu de liquide d'apparence huileuse.
BruIé avec de l'oxide de cuivre , on a reconnu qu'il est composé de
Hydrogène • , •••••••. 4^54 Conpotiuo».
Carbone* «• 27,37
Oxigène 36,56
Azote 3i,8i
Parmi les purpuratea adcalins , qui sont tous susceptibles de crisulliser , le purpurate d'ammoniaque donne, des cris* taux ayant la forme de prismes quadrangulaires^i , vus par la lumière transmise, paraissent d'un rouge intense de ^o nat ; tandis que, par lumière réfléchie , deux 4es façn^ oppo*. sées parai^ept d'ua beau vert , pendant que les deux autres faces opposées semblent avoir conservé leur couleur natiirelle. Cette propriété remarquable parait être commujne à d'autres purpttrates alcalins. Le$ purpurates métalliques s«
distiDgaent en général par leur soIubiUté et la beauté de lenra couleurs. Le purpUratede zinc est d'un beau jaune d'or, celui d'étain d'un blanc de perle; les autres purpurates sont d'une couleur plus on moins rong;e.
L'acide purpurique forme probablement, suivant le docteur Prout, la base de plusieurs Couleurs animales et végétales. La couleur ceiUet du sédiment de Turine , pendant la fièvre , parait être due à du purpurate d'aittmoniaque. Le docteur rrout pense encore, qu'on pourra employer dans la peinture quelques-uns des sels purpuriques , et même aussi dans la teinture; car ils paraissent avt)ir de fortes affinités, principalement pour les substances animales*.
M. Vauquelin avait remarqué que M. Gaspard Bmgnatelli, et le docteur Prout, en annonçant la découverte d'un acide qu'ils avaient également obtenu, l'un et l'antre, par Faction de Facide nitrique, ducblore et de l'iode, surTande nrique, ne présentaient , à ce sujet, que des détails très-peu satisfaisans. II lui paraissait extraordinaire, que ces chimistes eussent négligé d'mdiquer les procédés qu'ils avaient suivis pour séparer cet acide des autres corps, ayant dû nécessai* rement se produire par les actions multipliées qui avaient eu lieu, en traitant Facide urique avec les agens éuoncés. Lie procédé, surtout de M.Brugnatelli, qui ajoutait que le nouvel acide peut aussi s'obtenir par t acide oxalique, lui semblait plus difficile à comprendre. Enfinil trouvait ce chimiste en contradiction avec le docteur Proût, sur un grand nombre de points relatifs aux propriétés du nouvel acide.
D'après ces considérations^ M. Vauquelin s'est déterminé à entreprendre une suite d^xpérience» sur l'acide annoncé , nommé par le docteur Pxout, iu:ide purpurique. M. Vauquelin a reconnu .que, par l'action du chlore et de Factde nitrique sur Faciide urique, il se forme deux acides, savoir : un acide coloré , et un acide blanc très-puissdbt. Ces deux acides Afférent essentiellement Fun de l'autre , en ce que le nreinier eàtcolofé, et forme, avec le plomb, un sel insoluble ; taïKiys que l'autre est blanc, et prodluit un sel sohble avec le ménie métal.
Nil'untii l'autre de ces àddes, dont M. Vauquelin a exa-
♦ Annalft^of Philo&ophj. XÏI ,^^ ; et Ann. de CUinu ^t de Pb/s.
iCIDES NOUYELIEMEÎCT DÉCOUVERTS. ^63
miné ks propriétés , ne s'effleurit à l'air, ne précipite Peau de chaux , et ne donne lieu à formation de précipités blancs dans les dissolutions de plomb et d'argent, comme l'acide de M. Brognatelli.
Ils ne sont point précipités de leurs combinaisons salines par l'acide snliurique, ni par aucun autre; ils n'ont point la couleur de la crème, et ne sont point insolubles dans Feau, comme l'acide du doctet^* Prout.
M. Vauquelin croit pouvoir attribuer ces différences, à ce ' * que les deux chimistes n'ont obtenu, ni l'un ni l'autre, leur «cide à l'état de piureté. Us ont toujours eu un mélange des deux acides trouvés par lui , mélange , accompagné tantôt d'oxalate d'ammoniaque , et Untôt diiydrochlorate de cette base. Ce n'est, en effet, que dans cette supposition -qu'il lui serait possible d'expliquer les résultats des expériences de M. Brugnatdli et du docteur Prout.
M. Yauquelin termine cet important travail sur l'acide purpuriqoe , par exprimer ou'il lui reste cependant quelque doute sur l'existence des oeux acides qu'il a reconnus. Il pense qu'il se pourrait qu'il n'y en eût véritabiement qu'un seul , dont les propriétés seraient modifiées par une matière tH)lorante développée en même-temps par l'action, sur l'acide «rique, des agens dont il a été question. Cette couleur, en effet, se détruit radicalement, sans que l'acidité du corps qui en est revêtu paraisse diminuer; et si cette codeur était essentielle à l'acide, sa destruction entraînerait nécessairement celle de l'acide lui-même ; a moins, cependant, que fat couleur ne fut aussi un acide très-destructible, combiné avec l'acide incolore; alors sa décomposition ne diminiierait point la force de l'acidité , mais seulement la masse de l'acide. Dans cette supposition,- ce serait la matière* colorante* qui donnerait à l'acide ia faculté de précipiter les dissolutions de plomb et d'argent. Mais s'il en était ainsi , le nom diacide ptirpuriqse ne conviendrait pas au nouvel acide 'annoncé, celui d' acide Jirique $ur'0^igéné'\\k\ scfrait mietix approprié.
' M. Yauquelin se propose d'édair<iir ces doutes par de nouvelles expériences.
M. Thénard a publié des observations ^ur des coinbiiiar- * sons nbuvelies entre roaigènaiétdiv^tis^acides. Ces obser-
764 AI^PBKDIX.
valions présentent des faits très-remarquables, digoeé ^ fixer ratfemion des chimistes , et elles doivent eu foire es* pérer de oouveaux» On ne peut que regretter, sans doute, d être réduit à ne présenter ici qu'au aperçu d'un aussi beau et aussi important travail.
Si Ton délave dans sept ou huit fois son poids d'eau le pe* roxide de barinm, préalablementhumecléettorobé en poudre^ et si Ton verse dessus peu-à-peu de Tacide nitrique faible, il s*y dissout facilement par Tagitaiion, sans développement de gaz. La dissolution est neutre, ou sans action sur le tournesol et le curcuma. Eu y afoutant alors une quantité convenablt d'acide sulfurique, il se produit un précipité abondant de sulfate de barite, et la liqueur , filtrée ou décantée, n'est plus que de Teau chargée d'acide nitrique oxigéoé.
Cet adde est liquide, incolore; il rougit fortement le tournesol, et ressemble > par presque toutes ses propriétés physiques , à l'acide nitrique*
Cet iicide, soumis à Faction du feu, ne laisse dégaeef qu'une partie de son oxigéne; mais il en abandonne une plas grande quantité , lorsqu on le combine avec une: base, il serait donc difficile de concentrer lacide nitrique oxigéné par b chaleur, sans l'altérer. En le plaçant dans une capsula sous le récipient d'une machine pneumatique où était éga« lement une autre capsule remplie de chaux , et en faisant le vide à 10. ou 12 centimètres près, M. Thénard obtint oft acide assez .concentré pour donner, en le distillant^ ooae fois son volume de saz oxigèoe ; tandis qu'auparavant il et fournissait tput au plus un volume et demi.
L'acide nitrique oxigéné , mis en contact avec les métaux, dissout trè$^bien ceux que l'acide nitrique est suscqHible de dissondi:e;,ii n'a ppiot d'action sur l'or. Les dissolutions des métaux^ par l'acide nitrique oxigéné^ ont lieu, en général, sans développetnent de gaz, et avec production.de chaleur*
Dans les nitrates oxigénés neutres, le rapport entre Is quantité d'oxigèno de Tacide , et la quantité d'oxigèœ de l'oxide , est dç 6 i^ i.\ et, par conséquent, dans l'acide ni* trique oxigéné, l'azote serait à l'oxigéoe, en volume, comin^ I est à 3 , en supposant totitefois , dans ces évaluations, qne l'acide nitrique oiy^éné est pur, c'est-à-dire sans aucun mélange d'acid^ nitrique.
M., Thénard, en4>pérant avec dWres acides, ainsi qu'il
âCIDBS HOOyXUBKEKT DiC0UT£llT9. ^65
Varait (ait aree l'acide Ditrique, 8*est assuré que» non-seolement la plupart des acides pouvaient être oxigénés comme l'acide nitrique , mais qu'ils étaient encore susceptibles de a'oxigéner pinrienrs foid« En réitérant l'oxigénation de lucide liydrocfabrique,il s'est chargé d oxigène jusau'è quinze fois ; €t cet acide était devenu tel, qu'a la température de 20^
centigrades, et sous la pression de 0,76 de mercure, il contenait trente-deux fois son volume d'oxigène,. et seulement quatre volumes et demi de gaz bydrochlorique -, c'està-dire que le volume de l'oxigène étant n^ celui de Taclde liydrocnlorique n'était que dé i . Mais laciae hydrochlorique, i ce degré d'oxigénation , )i'est point encore saturé d'oxigène ; H peut en recevoir une nouvelle portion^ en le omettant en cotitact avec du sulfate d'ai^ent. Lérsqu'aprés avoir séparé -Sar le filtre le chlorure d'argent qui s est formé , on ajoute e l'acide hydrochlorique en quantité moindre que n'en con* tient l'acide hydrochlorique oxigéoé, et qu'on verse alors dans le mélange la quantité de barite qui peut suiBre pour précipiter l'acide sulfurique, tout l'oxigène, dont cet acide s'était chargé iorà de sa mise en contact avec le sulfate <f«rgeiit, se portant sur l'acide hydrochlorique, cehii-ci p&sse au summum d'oxigénation : c est ainsi qu'en ajoutant ce second moyen au premier, M. Thénard est parvenu à obtemV un acide hydrochlorique oxîgéné contenant, en volume, environ seize fois autant d'oxJgéne que d'acide hydrodilorique réel.
* L'acide hydrochlorique, oxigéné seulemeiit au point où il contient quatre fois son volume d'oxigène, est un liquide trés-acide, incolore^ i-peu-près sans odeur, et rougissant fortement la teinture de tournesol. Chauffe jusqu'à son degré d'ébuUidon, il se décompose, et est copverti en oxigèoe et en adde hydrochlorione. Saturé de barite, dépotasse on d'ammoniaque , il se oécompose bien plus profnptemidut , ef tte laisse dégager que de l'ôxigène.
Lorsqu'on met de l'oxide d'Argent dans de l'acide hydro-* ^hlorique oligéné, il se produit une vive effervescence: ^e est due, à ce que TuDion de ces deux corps donnant Keti k U formation d'eau et dNin chlorure par la réa^'on de Foxide d'argent et de l'acide hydrochlorique , l'oxigène . combiné avec celu^ci, devient libre tout-ï*coup^ et reprena fétat die ^as»
DansVacide hydrocUoriqiieoxigéné, rhjdfogéûeetroii'
fèae sont dans les proportioDS nécessaires pour former eau. • ' .
Lorsqu'on verse uoexcès d'eau debarite dans les addef nitrique et hydvochloriqueoxigénés^ et, à plus ferre raison, sufoxigénésfilse forasie un précipité criataUiD de <deatoxide de barium. Il en est de même avec la strontiane, la chaux et quelques autres oxides.
Par suite de ses recherches sui: les acides oxîgénés, M. Thénard crut devoir en faire de nouvelles, pour s'assurer si Teau seule ne serait pas susceptible de s'oxigéner-, et ajaut tenté, après plusieurs essais, d opérer cette oxigénation de l'eau par Vacide sulfuriquè oxigéné et Teau de barite, en versant peu-à-peu, et jusqu'à saturation, de Teau de barite dans de Tacide snlfurîquc oxfgéué, en ayant soin d'agiter constamment, il olaîint une liqueur, quil s assura ne contenir ni acide sulfuriquè ni b^inic,etqui cependant renfermait beaucoup d'oxigène. \i lut parut donc, d*après cela , que Peau était susceptible d être oxî^cneç ;.jet depuis, il a, reconnu qu'elle peut prendre plus tic sk fois son volume d'oxigène.
L'eau oxigénée, placée ilims 1e vide, n'abandonse pas son oxigène; elle se concentre, et iinit par se vaporiser. Plongée dans un mélange frigorifique , elle se Qoogéle sans éprouver d'altératiqn ; tandis qu'elle perd tout son oxigèoe, lorsqu'elle est chauftce au degré de..rébullition. Mise en contact avec Foxide d argent , il se produit une, très-vive effervescence, duc au dégagement subit de l'oi^igèDe, que l'eau abandgnne tout-à-coup ' en réduisant loxide. L'argent, à l'état métallique, dé$oxigéj[;ie l'^u presqu'aussi Uen qu'à Tétat d'oxîJe. i
, E^ continuant ses^recberche.s sur l'eau oxigénée « M. Thénard annooce, qu'ayant placé sous le récipient d'une machine;,pnetimatique dans un verre , au-dessus d'une capsnie presque entièrement remplie d'acide sulfuriquè, 1 200 parties d'eau, qui contenaient seulement trois fois et demie leur volume d'oxigène, elles se so[nt promptement congelées, et réduites, en quelques jours , à Ho parties. Alors l'eau , au* lieu de 3 volumes et demi,encoiitenair4r* M.Thénwd pe«s^f qu'en poussant sur une plus grailde quantité levaporation beaucoup plus loin, il aurair obtenu de l'eau encore plus oxigénée. Il fait observer qu'il ne peut avoir aucun doute à cet
ACIDES NOUy£IXBMCKT DÉCOUVERTS. ^67
égard, puisqu'il possède uue liqueur acide ^ qui coutient cent vingt fois soa volume d'oxigène, qu'elle contiuue d eu absorber avec la même facilité qu'au commencefuent de l'opération y et qu'elle en laisse à peine dégager par la saturation d'un alcali.
De l'eau oxigénée concentrée , au point de contenir 4 f fois son volume d'oxigène, est insipide, inodore, sans couleur et n'ayant pas d'action sur le tournesol. Elle se congèle et se volatilise dan$ le vide sans se décomposer. La chaleur de l'eau bouillaDte, le charbon et les oxides d'un grand nombre de métaux, en dégagent promptement tout l'oxigène. Il est remarquable, que ce dégagement d'oxigène, qui a presque toujours lieu avec de vives effervescences, au-licu de produire du froid , échauffe au contraire d'une manière sensiule, les liqueurs dans lesquelles il s'opère.
Par de nouvelles expériences sur l'eau oxigénée, M. Thénarâ a reconnu que cette eau, contenant 120 fois son volume tl'oxigcne , ne pouvait pas s'oxigéuer beaucoup plns^ en continuant à y aissoudrc du deutoxide de barium par l'acide hydrochlorîque , etc.
Mais en concentrant cette eau sous le récipent de la madiine pneumatique à l'aide de l'acide sulfurique^ il a fîni
f)ar obtenir de l'cau^ qui contenait plus de 400 fois son voume d'oxigène.
Celte eau ainsi concentrée, étant placée sur la peau, en attaque bientôt l'épiderme, le blanchit , et cause, pendant quelaue temps de violens plcolcmens.
Elle a une saveur qui paraît ilre , en même-temps , astringente et amère, et qui tient tiiî peu âe celle de Témétique,
Lorsqu'on en met quelques gouttes dans un tiit^e, et qLrori y ajoute ensuite de loxide d'argent, le tiibe s ectiannc au point qu'on ne peut plus le tf^mr, et rofTervescence est des plus violentes.
Enfin , lorsqu'on en met un peu plus dans un verre, et qu'on y laisse tomber tout-à-coup de l'oxide d'argent récemment précipité et encore humide, il se fait une sorte d'explosion *.
♦ Attrt.deChîm. et dePhys. VIII, 3o6j IX, 5i , 94, 3i4, 44i ; etX,ii4,
y6$ APFlKDIX.
Acide Delphinique^
M. Thomson , en présentant Texposé du beau travail de M. Chevreiil sur les corps gras , n'avait pu parler alors qae des acides margarique , otéique et cetique obtenus par ce chimiste } qui les avait ainsi nommés , de la graisse de porc et du spermacéti saponifiés par la potasse*, DeDuis, M- thevreul s'étant occupé d'expériences sur l'huile au delphinus globiceps, il trouva que cette huile se réduisait par Vaclion delà potasse; i.o en un acide particulier, cju'il à appelé deiphinique , 2.0 en principe doux, 3.» en acide margarique, 4-° ^^ acide oléique, 5.* en deux matières grasses, ncrtl acides et fusibles, l'une à 27 et l'autre à 35 degrés centigrades. L'acide deiphinique était contenu dans le liquide aqueux résultant du traitement par l'eau et par l'acide tartarique en excès, de la matière savonneuse qu'avait produite la saponification de l'huile de dauphin par la potasse. Ce Uquiae aqueux ayant été distillé, le produit de cette disliUation fut neutralisé par de l'eau de harite , puis évaporé à 8iccité.Pour séparer ensuite Pacide deiphinique delà barite, M. Chevreul, après plusieurs essais, y parvint , en introduisant dans un tube de verre allongé, fermé à une extrémité , une dissolution aqueuse concentrée du delpbinate de harite , et en y versant ensuite de l'acide phosphorique con* centré, en proportion suffisante pour dissoudre tout le phosphate de harite ; au bout de quelques heures de repos de ce mélange, M. Chevreul obtint, i.*^ un liquide aqueux contenant du phosphate acide de harite, et un peu d'acide deiphinique; 3.^ un Uquide oléagineux se rassemblant à la surface du
Ïremier, et qu'il en sépara au moyen d'une pipette. C'était acide deiphinique à l'état d'hydrate.
Fropriétf». ^^^ acide ressemble à une huile volatile ; il a une légère couleur citrine, une odeur aromatique très-forte, ayant de l'analode avec celle du fromage et du ocurre rance. Sa saveur est acide et très-piquante, suivie d'un goût étheré de pomme ^ de rainette; sa vapeur a un goiit sucré d'éther. Il est très-
soluble dans l'alcool et peu dans l'eau. Ces dissolutions rougissent fortenient la teinture de tournesol. Sa pesanteur
* Vojei Toi. U de cette tradactios» p. 4^6 et soiranit».
' ACIUS KOOTXOSHBHT DtCOtJTI&TS. 769
ipédfi^ , & la taupéralore de 1 4^ centigrades , ett de 0,94 1 • Cet aade^ it l'état d'hydrate, se compose de
Acide 86,65
Eaa i3,3S
Le ddphinaté de batite est formé de
Acide .' 100
Barite , •4f6r
84^61 de barite cooteiiaiit 8,88 d*0K%éiie^ il s*eimiit que 100 d'acide delphinique neutralisent cette qmUMÎié d*oxigèoe dans les bases salifiables.
M. Cheyreol a formé da detphinate de plomb, cni'il a rereconmi être à Téiat de sms^etpbûiate, et dts d^pbinates de stroDtiane et de obanx.
M. Chevreul n'a obtem, de l'home de poisson ^ que dea traces d'adde delphinicrae ; eUe n'a ms £aiimi de substance cristallisée, analogue à la -oétine; elle ae. saponifie plus faci* lement qu'elle, et sans produire de anbMMCe noQ*acide.
Nota. M. Chevreul aidait annoncé que la cétine se sapo« sifiait difficilement par la potasse, et qu'eRe se conrertissaif, ï.^ en nne matière soluble dans Teau, mkis n'ayant pas la saveur sucrée du principe doux desbuiles; a.* en un acide
Eas congénère de Tacide margariqne, auquel 3 avait donné nom ê^acîde cétiquè; 3.* en un antre acide gras analogue à l'acide oléique; mais depuis ce travail, il a eu lieu de reconnaître que l'acide téticrae n'est {>oint un acide particriiet, et que les apparences qui lui en avaient imposé, pro tiennent du mâapge a'un cotps gras non acide*.
Aeide chiorifuê t>aigéné,
Cest à M. k comte Frédéric de Scadion qu'on doit 1^ découverte de cet acide très-remarquable. En décomposant le chlorate de potasse par l'acide awfurique , avec la précaution de n'opérer, que sur de petites quantités, de fondre ft de laisser refroidur le. sel. dans la xiornae avant d^i^SttWr l'acide , Faction est peu- violente , ^ il se -dégage à nne noér'
f j|»i.id*iCIU|a.«i4t.PbyfcYU, l^,>•4M3f^ .. . >
77© AfpiiïDîx*
pérfttnre convenable, on ^ae pouvant être tecneiUi sur W. mercure, qui a été désigné par le nom .de deutoxide de chlore; le résidu contient du sulfate de potasse et un sel inconnu peu solublêl Al de SCadiob^etf examii^t cesel, qu'il a appelé cktoraiè ôxîgéné dé 'pàfàsèe y a recoDOQ qu'étant mêlé avec son poids d'adde suUurique étendu d^ 0,33 d*eau . il se décoo^ppae par 1% cbaleur* À une tenmé* rature supérieure i celle de i4o^9 ^^ vapeurs blancbes commencent à se manifester , et tèé vapeurs se condensent dans le récipient , en tih liqufdé acide. Cest ce liquide que M. de Stadion a nommé acûe ckhtifuô oxigéné* ^^. L'acide chlorique oxigéné ne paraît pouvoir exister qu'ea
^**'*'*' . combinaison avec Peau , ou avec une base. Il est incolore , et n'a point d'odeur remakiquable ; il rougit la teinture de toortiesol , et ne détruit point les cosleurs. La lumière ne le dé* compose pas. Ou peut le concentrer à une douce cbaleor* U ae volatilise à la tetnpérature d'environ 1 4o<>. U n'est décoioposé ni par l'acide faydrochiorique, ni par les acides sulfiireox «t faydr05ulfurkroe.il ne précipite point le nitrate d'argent. Les sels^ que Vadde cUoriqueoxigéné forme avec les bases, ae décomposent, À unetempécature d'environ 200», en oxigéoe «t en chlorures* lUnedétouipeDtqtte faiblement avec les corps combustibles , et ne sont ppint^écomposés jiar les acidesjes f lus puissans , à la température de l'eau bouillante*
L'acide c^oriquft oxigéné est formé , suivant M. de Stadion , de i de çhJori^ et de 7 pxigène.
M. Gaj-Lussac avait d'abord conjecturé, ainsi qu'il Ta an* Boncé , qvie ces proportions n'étaient point exactes ; mais ayant décomposé par le feu, du culorate oxigéné de ppfassc, qu'il avait prépare lui-même, il a trouvé, comme M. de Stadion , qu^il donne huit proportions d'oxigènp , dont une ap* partient à la potasse du cbbfate^ et les sept autres à l'acide. . Ainsi, daprés cette découverte,. les quatre combinaisoD* dii chloré avec l'oxigène , sont formées de ta maniéi^ suivante , Savoie f ' ■
CUeré* Osffèat.
Pi^otoxide de chlbre . • • , . i proportionv é . . i proporuo*
Deutoxide de chlore. « «^ 1 ..•^•••^.^v. 4
-Aoîde cbloriqud*«''«^ *•••. i' •••••.»•••«• « 5 ' '
Acide chlorique qxi^éné. 1 ,..,. 7*!..
^iOI^MllOB'a
ACIDES IfOOYXLLBiairT BÉCOttBlttS» , ^jt Acide eliagique.
M. BracoDuot désirant se procurer de Padde gatUaue , et ayant snccesBivemeot employé , à cet effet ^ les procédés de MM. Barael ^ Richter , et celoi modifié de Schéde , reconant qu'il l'obtenait plas facilement et en plus grande quantité^ en exposant on mélange de noix de galle pulvérisée et délayée avec un peu d'eau , à une température suffisante pour qu'il s'y établit «n mouvement de fermentation alcoolique , avec dégagement visible d'acide carbonique ^ et odeur vineuse sensible» En exprimant la masse lorsqu'elle est devenue acide , il en sort un liquide brun , qui , à la distillation , fournit un produit légèrement alcoolique. Le marc , fortement exprimé et traité par l'eau bouillante , donne une lîquenr qui , passée à travers un lin^e , est trouble et laiteuse ; elle contient une grande quantité d'acide gallique, et une poudre blanchâtre insoluble^ qui se dépose comme de Tamidon^ C est ' cette poudre que M. Braconnot considéra comme étant presqu'entièrement formée d'un acide particulier* P^iur en sépa^ rér cet acide , il délayait la poudre avec une légère dissolue tion de potasse, qui s'y. combinait avec dégrig^ttenl de chaleur sensible; et en décomposant ensuite par 1^ aciideabydrt)^ cUoricpie ou acétiqae> la comlÙBaison neutre du Aouvel acide avec la potasse, combinaison qui était d*un blanc verdàtre après dessication , il mettait le nouvel adde en liberté.
L'acide ainsi obtenu est insipide^ pulvérulent, d'un ivoptwui. blanc un peu fauve. Il n'est pas sensiblement soluble dans l'eau , lors même qu'elle est bouillante , et il rougit à-peine le papier de tournesol. Cet acide se combine avec la potasse, la soude, l'ammoniaque et la chaux; par Faction continuée de l'acide nitrique', il finit par fournir neauconp d'acide oxa^ liqiie, mais point, ou infiniment peii , dé jaune amer.
Soumis à la distillation , cet aade se décompose en pattîe. , il laisse du charbon, et exhale une vapeur jaune, qui se cott* dense en cristaux aciculaires transparens , de couleur f anrfô verdâire. Cette matière crisulline n'a pohit été analysée; elle parait contenir beaucoup de carbone, et très-peu à'by* drofjènc et d'oxîgène.
D'après ses principales propriétés^ surtout celles de saturer entièrement les alcalis, M. Braconnot a pensé qu'on ne pouvait contesiel: à son nouvel acide un rang
^a APPiiriifS.
parmi kft acides Tégéuux, oooiqo'ii soit Fon des phs msolables^ et 3 â cru deroir rappeler eilb^iie, da mot galle reoTeraé '•
M. Ghevreul s'est empressé d'adresser, relativement a k décourerte de cet acide, «ne réclamation à MM. les Rédactenrs des Annales de CUmie et de Physique, ayant {Kmr d>jet de faire observer, que dans le fi*. Tolome éa Oictk»aaire de Chimie et de MétaUurgie de TEocydopédie Méthodique, rédigé par MM. Fourciioj et Vanquelin , on lisait , sa mot tannin /l'extrait d'an travail de lui, sur la noix de galle* Il y rendait compte d'expériences aSÉes détullées sur Vacide ^Uagique , qui tendent a prouver que cette svbetaÉce cou* tient, !.• un prindpe colorant famie volatil; %.• de Pacide gallique; 3.* un pnncipe colorant ronge; 4*^ ^^^"^ matière asotee ; 5.* i,i4 oe cbanx et de fer sur loo d'acide eUagiqoe. M. Chevrenl arjonte qui! est arrivé à ces conclusions eo opérant une dissolution partielle d'adde dlagique dans l'alcool, au moyen de son d^estenr distillatoire ; mais que son travail sur la noix de galle, n'ayant pas prindpalesientpour but d'y trouver des corps nouveaux, il avait envisagé Xacidê eUagiqué sous d'autres rapports que M. Braconnot; il avait bien onservé qu'il roueissait le papier de tournesol 3 mais 3 ve lui avait pas donne de Bomparticidier,tte paisantpas Tavoir obtenu à l'eut de pureté *•
Jtcide pyromucique.
M. Houtott-Lablllardière , en calcinant dans une cornue de l'adde saccholacti<^e ou muciqne, obtint pour produits, un liquide brun très^acide, accompagné de quelques cristaux, dont une partie reste attachée au col de la cornue; ii «^ dégage, en outre, des gaz acide carbonique et hydrogène carboné, et il reste un charbon léger. Cest Tadde fonn^ dans ce cas, que M. Houtoii-LabiUardiére considère cornai un adde particulier , auquel il donne le nom diacide pyromuciqucj à raison de l'analogie de sa formation avec celle de l'adde pyrotartarique.
PrepriM*. L'acide pyromudque, séparé de l'acide acétique et ^
Ann. deChla. et de Phjrs. IX, 181.
Ann. dcCbim. ctdePbjrs. DC^Sif.
ÂCIDKS NOimiXKMBHT BiCOUT£&TS. 77}
Fhiiile empyreamatlque qui l'empêchent de cristalliser, et màsk Tétat de pareié, est bIaDC| inodore et d'une saveor acide assez forte. U se fond à i3o® centigrades ; au-dessua de cette température, il se volatilise et se condense en un liquide qui se solidifie par le refroidissement. U en résulte une masse cristalline , qui présente à sa surface des aiguilles très-déliées. Mis sur les cburbons ardens , il se fond et se iroIatiUse en répandant des Tapeurs blanches et piquantes. ' L'acide pjromucique n'attire pas rbumidité de l'air. U rougit fortement le tournesol; il est beaucoup plus soluUe ^ns l'eau bouillante que dans l'eau froide; et l'alcool le dissout plus abondamment que l'eau.
Cet adde se combine avec les différens oxides métallianes, et forme, avec la plupart de ces bases, des sels solubies susceptibles de cristalliser.
M. Uoutou-Labillardièi^ a trouvé cet acide composé de
£■ poidb. Sa «dtanM.
Charbon 5a,ii8^«.«« 371 Cooipoiîd««.
Oxiçène 4^1806. 1 ao
Hydrogène. .. . s^iii*. ... a,84
Acide ménispermiqne.
■ M. Boullaj , dans son premier travail sur le menispermum ^occulus , j avait reconnu , par Fanalyse , la présence d'uR acide végétal , qu'alors il qualifia d'acide malique ; mais, dans ses nouvelles recherches sur cette substance, dont il a rendit compte à la Faculté des sciences de l'Université de Paris , il a reconnu à cet acide , dont il a plus particulièrement examiné la nature , les propriétés : 1^. de ne pas troubler l'eau de propriiiés. chaux; ^: de former avec la barite un sel peu spluble; 3**. de précipiter en gris le nitrate de mercure , en jaune foncé le nitrate d'argent, l'hydrochlorate d'étain en jaune, et l'bydrochlorate d'or en rouge brun ; 4*- de ne produire aucune action sur la dissolution du sulfate de protoxide de fer; mais de tlécermôier instantanément, dans celte du sulfate de deutoxide, ira précipité vert très- foncé et très-abondant ; 5^. déformer dans U oissolution de sulfate de magnésie un précipité con^ sidérable; &>. enfin , de ne pouvoir être converti en acide oxalique par l'action de l'acide nitrique.
^ Aao. de Glum. «t de Ph)rt. IX ,36^
77^ ii»MirDix
M.BoulIay croît pouvoir conclure de ces propriété, que dans leur ensemble , elles ne lui paraissent appartenir à aucun acide connu, et que Faction de celui-ci sur la dissolution de •ulfate de fer , et sur celle de sulfate de macnésie doit suffire pour le faire distinguer. Il fait d ailleurs observer , que s'il
Ïroduit plusieurs effets analogues à Tacide malique avec lequel avait aabord confondu cet acide , il en diffère évidemment sous des rapports essentiels.
C'est donc, suivant.M. Boullay,un acide végétal nouveau, qu'il désigpe provisoirement sous le nom Slacide ménispermique y de cel^ii de la substance dont il Ta retiré, et parce qu'il lui paraît probable qu'on le retrouvera -'-"* ^^** ""*■**** espèces de ménispermes.
\ dans les autres
l^CMMMLCMXs HOuvelki sur quelques Acides anciennement connus.
Acide Sofbique.
M. Vauquelin avait fait, en 1817, des expériences sur Tacide découvert précédemment par M. Donovan , qui, pour le distinguer de 1 acide malique avec lequel il est toujours accompagné, en plus ou moins grande quantité, dans les v^étaux , lui avait donné le nom A^ acide sorbique^ comme Tayaot trouvé plus abondamment dans le fruit du sorbier des oiseleurs. L'objet du travail de M. Vauquelin sur cet acide , était de pouvoir l'étndier sous un plus grand nombre de rapports, et de vérifier la découverte de M. Donovan. Pour remplir ce bttt , M. Vauquelin prépara du suc de sorbier , en examina la nature; et après avoir obtenu Tacide sorbîque d'après le procédé indiqué par M. Donovan , mais en le modifiant pour avoir l'acide pur et sans couleur, il rechercha les propriétés de cet acide et en fit Fanalyse. Les résultats de ces expériences donnèrent lieu à M. Vauquelin d'annoncer que les propriétés reconnues à Pacide sorbique par M. Donovan , et sur-tout celle nue présente sa combinaison avec Foxide de plomb, étaient Lien propres à lui faire penser que c'était un acide nouveau , mais qu'elles laissaient quelque cm;>5e à désirer, aue les propriétés ajoutées par son travail , en confirmant 1 opinion de M. Donovan sur le point principal , rendaient l'histoire de cet acide un peu plu^ complète, et prouvaîtn^
ACIDES Aircici^ifBirfiKt conNus. yyS
me le firoit du sorbier ne contient pas d'adde maliqne, comme lavaient pensé Schéele et M. Donovan.
Posténeurement à ce trayail de M. Vauqnelin sur Tacide sorbique , M. Houtou-Labillardière , frappé de Tanalogie (|Qi existe entre les propriétés de cet acide et celles de Tacîde inaliaue , s'était aussi occupé d'expériences , dont les résultats 1 avaient porté à penser que ces deux acides pourraient bien ne différer l'un ae l'autre, que par des matières étrangères , mélangées à l'acide malique , qui en modifient les propriétés réelles; et que l'acide découvert par M. Donovan , et obtenu sous forme de cristaux, était l'acide malique pur. Eu effet, M. Houtou-Labillardière a annoncé, dans une note lue à la société de pharmacie de Paris, le i5 mai 1818, que l'identité des deux acides lui avait été démontrée par les expériences dont il y rend compte. Après avoir sursaturé par du lait de cbaux, le suc de joubarbe, et fait évaporer aux 0,76 la liqueur filtrée, elle déposa un sel blanchâtre, pulvérulent ,, peu soluble; après avoir convenablement lavé ce sel avec de l'alcool faible , il le traita avec de l'eau qui se chargea de tout le malate de chaux. Ayant alors ajoute k cette dissolution du nitrate de plocnb neutre, il s'y forma un précipité de malate de plomb , qui ayant qté lavé et convenablement traité
Sar l'acide hydrosulfurîquc, donna iine dîssoklîon încolore 'acide maliqiiç. Cette dissolation évaporée en consistance d'un liquide sirupeux, laissa déposer ^ au bout de quelques jours , des cristaux blanchâtres , semblables 4 ceux que produit Pacide sorbique- Ces cristaux jouissaient d'ailleurs - comparativement, de toutes les propriétés qui caractcriscnt Tacide ^orbique.
M. Braconnot ayant fait aussi, de son côté, une suite d'expériences sur la nature de l'acide malique', dont il rendit compte à la société des sciences de Nancy, lé 11 juin 1818, ftit amené par leurs résultats ^ à la même conclusion de rJdentité des addes malique et socbique^ •
H paraît dpnc ne deypir plus être douteux 'aujourd'huî ^ que jWide de la joubarbe et celui dés çonjmes ne soit Iç mêuie que celui du fruit du sorbier. Ainsi Tacide découvert dans ce fruit, par M. Donoyau , qui lui a donné le nom d'acide Sorbique , n'est autre chose que l'acide malique de Schéele , jnaîs dans un plus grand état, de pureté *i
; Aim-'^ CWm; et de Pfcijf. Yî ; 33:5 tt VlH, i49 «^ a^Q^ *
77^ A»?sv»ix.
Aude BheumiquÊ.
M. Thomson , en faisant mention , vol. i x, page i88 it cet ouvrage , de l'acide que M. Henderson anoonfait ayoir retiré du $uc de la tige de la rhubarbe ( rheam rhaponticttm)^ remarque que les caractères et la nature particulière de cet acide , auquel M. Henderson avait donné le nom d'acide rheu^
ridée de le soumettre a un examen plus approfondi.
Cest ce que M. J. L. Lassaigne a entrepris le premier. En suivant le procédé de M. Henderson , et après avoir pro* jeté, dans le suc de la rhubarbe chauffé i environ 55* centigrades , du carbonate de chaux , en agitant continueHemeot jusqu'à cessation de toute effervescence , il reconnut avec surprise qu'un papier de tournesol , qu'il y plongea , rougissait : en vain ajouta-t-il du carbonate de ciiaux , il ne |)at parvem'r à le saturer entièrement. H conclut de cette drconstance, qui n'avait point été observée par M. Henderson, que le suc de la rhubarbe contient deux addes , Fun qui n'est pas de nature à être saturé par le carbonate de chaux , l'autre qui , en décomposant ce carbonate , forme avec sa base on
sel insoluble. C'est sur ce dernier seL qui devait contenir ».-j • 1. «« ï ' i/ A ^ Il
tiges de la rhubarbe a plus d'amnité avec h chaux qu'avec l'acide sulfurique. U se détermina alors à faire bouillir le sel calcaire avec deux £ois son poids de carbonate de pd^sse pur et trente fois son poidâ d'eau distillée ; et après avoir tnaintenu le mélange en ebnilitiotipendant trois quarts d'heure! et filtré alors la liqueur , il la satura exactement par de Tadde nitrique pur, et m bomllir, pour chasser le peu d'acide car* boni^ue qui aurait pu être resté en dissolution. En mèlaot ensuite la liqueur avec une dissolution d^acétate de plomb , il soumit le précipité blanc floconneux qui se forma , après l'avoir lave à l'eau bouillante , et délayé dans f eau , ï Factioa d'un courant de gaz hydrosulfurique. La liqueur, séparée par la filtration du siufûre de plomb, était incolore et d'une saveur très-acide. Ajaot été évaporée et placée dans un lieu (w»i
AciDis ÂKCiEiririiisirT connus. 777
il s'y forma , au bout d'uoe demi-heure , de longs prismes trausparens d'une saveur trés*acide.
M. Lassa^ne, en examinant la nature et les propriétés de cet acide, lui reconnut celles qui suivent , savoir : i^. Il est propriéi«. inaltérable k Taîr. d*. Il est soluble dans environ deux fois et demie son poids d'eau froide. 3®. Sa dissolution est précipitée par l'eau de chaux, en une matière pulvérulente , comme la dissolution d'acide oxalique. 4^ Les sulfate et hydrochlorate de chaux sont précipités par cet acide en une poudre blanche trés«fine, comme avec l'acide oxalique. 5^. Les sulfate et hydrochlora te de cuivre donnent, par leur mélange avec cet acide, imprédpité blanc bleuitre pulvérulent , effet que produit Faa de oxalique avec ces mêmes dissolutions. 60. Le nitrate d'argent est précipité en poudre blanche. 7^ Le nitrate de mercure mxminimum est précipité enflocons blancs gélatineux. L'acide oxalique se comporte de même avec ces deux nitrates. 8^. Cet acide chauffé dans un petit tube de verre, fermé par un bout, s'est volatilisé presqu en totalité i la partie supérieure du tube , comme cela a lieu avec l'acide oxalique. 9*. Enfin , cet acide forme avec les alcalis et les oxides métalliques des sels ^ ne diffèrent en rien par leurs propriétés physiques et chiouques , de ceux formes par Tacide oxalique.
M. nenderson avait annoncé , comme propriété la plus Temarquable et véritablement distinctive de son acide, celle
Îu'il lui attribuait d'agir avec facilité sur le mercure à état métallique, et de le dissoudre avec effervescence ; M. Thomson considérait cette propriété comme étant incom-
Satible avec la nature des acides v^étaux. Et en effet, 1. Lassaigne , en faisant chauffer une dissolution concentrée de Tacide qu'il a obtenu du suc de rhubarbe avec du mercure retiré du cinabre , n'a jamais pu parvenir à dissoudre un atome du métal , quoique l'ébullition ait été continuée pendant lonc-temps.
n parait donc résulter évidemment des expériences de M. Lassaigne , que l'acide obtenu par M« Henderson n'était pas pur; qu'il ne doit pas être établi comme formant un acide v^étai particulier, ainsi qœ ce chimiste l'a annoncé; mais qu'il fouit de toutes les propriétés de l'acide oxalique'^.
* Ans. àt Chioi. et dePhjt. VIII, 4o).
yyS AF^SITDIX.
Du Cyanogène et de P Acide hydrocyanique.
M* VanqueliD a donné suite , par un travail très • étendu et d'un grand intérêt , à celai très-important de M. Gay- Lussac sur le cyanogène et l'adde bydrocyanique ; sujet sur lequel ce savant avait reconnu lui-même qu'il restait encore des expériences à faire. Celles de M. Vauquelin sur Tune et l'autre de ces substances , peuvent être considérées comme étant l'examen te plus complet de leur manière d*agtr sur les oxides métalliques , et des effets qu'elles éprouvent de l'action d'autres corps.
II résulte de ce travail de M. Vauquelin , que toute! ses expériences^en confirmant les beaux résultats obtenus par M. Gay- Lussac sur la composition du cyanogène et de l'acide bydrocyanique, et en en étendant les conséquences, loi ont fait reconnaître ;
i.o Que le cyanogène , dissous dans l'eau, se convertit, en vertu des élemens de ce liquide qu'il décompose, en acide carbonique , en acide bydrocyanique , en ammoniaque , et dans un acide particulier qu'on pourra appeler' acide cya* nique, et en une matière charbonneuse. Ces nouveaux composés s^arrangent entre eux , ainsi qu'il suit : L'anuno* niaque sature les acides, d'où résultent des sels ammoniacaux solubles , et la matière cbarbonneuse insoluble se dépose ;
2.0 Que l'altération , que portent les alcalis , proprement dits , dans la constitution du cyanogène, est absolument de la même nature que la précédente; c'est-à-dire, qu'il se forme de l'acide bydrocyanique , de l'adde caroonioue , vraisemblablement de l'acide cyanique , de la matière cbarbonneuse et de l'ammoniaque, qui alors devient libre i cause de la présence des autres alcalis; voilà pourquoi, comme la observé M. Gay -Lussac , la dissolution du cyanogène dans un alcali, donne sur-le-cliamp du bleu de Prusse avec la dissoluUon acide de fer;
3.0 Que les oxides métalliques ordinaires produisent, sur le cyanogène dissous, les mêmes effets que les alcalis, avec des vitesses différentes , suivant l'affinité que chacun d'eux exerce sur les acides qui se développent ; mais dans ce cas, il se forme trois ^sels ou des sels triples , ainsi que la preuve en a été fourm'e dans lecours des expériences, à l'article de
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Fox! Je (le fer et de Foxide de cuivre; crue conséquemment le cyanogène, semblable^ à cet égard, au chlore, ne peut se combiner directement aux oxides métalliques , et qu'il fcvrme un acide hydrogéné et des acides oxigénés , parce qu'il est composé, et que le chlore est simple;
4.^ Que le cyanogène peut dissoudre le fer sans qu'il se forme du bleu de Prusse, et sans qu'il y ait dégagement d'hydrogène ; ce qui est prouvé par la belle couleur pourpre qu'y fait naître l'infusion de noix de galle ; mais, comme dans la portion du fer qui n'est pas dissoute^ on trouve du bleu de Prusse , il n'est pas bien certain que le fer soit dissous
I)ar le cyanogène ; il est plus vraisemblable que c'est par 'acide cyanique : ainsi . dans ce cas , leau aurait été décomposée; il se serait lormé de l'acide hydrocyaniquequi se porterait sur le fer , et de l'acide cyanique qui , également uni au fer , le tiendrait en dissolution ; peut-être se formet-il aussi de l'ammoniaque et de l'acide carbonique ;
5.<> Que Tacide hydrocyaniqne forme directement , soit avec le fer , soit avec son oxide , du bleu de Prusse sans le secours , ni des alcalis, ni des acides ; que, conséquemment , le bleu de Prusse parait être un hydrocyanate de fer;
6.0 Que toutes les fois que le cj^anure de potasse est en contact avec Feau , il se produit de l'ammoniaque ^ qui se combine avec l'acide carbonique qui se forme en mêmetemps; d'où il suit, qu'une grande quantité de cyanure de potasse ne peut donner qu'une petite quantité d'hydrocyanate, puisqu'une grande partie de cette substance est changée en ammoniaque et en acide carbonique ;
7.^^ Il parait aussi que les métaux qui , comme le fer, ont la propriété de décomposer Feau à la température ordinaire, ne forment que des hydrocyanates; et que ceux qui ne décomposent pas ce fluide , ne forment, au contraire , que des cyanures : au nombre de ces derniers , sont l'argent et le mercure ; cependant il est possible que le cuivre fasse exception*.
* Aon. d« Chim. et de Pbys. IX, iiS.
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JDes Ethers phosphorique et arsenique,
M. Thomson ne parle de ces deux éthers que pour faire observer qu'on les obtient, d'après les expériences de M. Boullaj, en substituant, à l'acide sulfurique, les acida phosphorique et arsenique , et que ces deux éthers ont 1 analogie la plus complète avec Télher sulfurique*. Cependant , il paraît convenable d'entrer id dans de plus grands détails sur ce sujet.
Schéele et Lavoisier avaient tenté en vain de former de l'éiher avec de lacide phosphorique et de l'alcool, et MM. les académiciens de Dijon n'avaient pas eu plus de succès en distillant de l'acide du phosphore avec de l'alcool. M.Bou* det fils semblait, à -la- vérité, avoir réussi, long • temps après, à former de Tétber en distillant un mélange de parties égalcb d'acide phosphorique très-concentré, et d'alcool i 3oo; mais cet éther n'était pas assez pur ni en assez grande quantité pour en pouvoir reconnaître les propriétés , et les comparer à celles des autres éthers connus. On peut donc considérer , qu'il restait encore incertain si l'acide phosçhorique avait réellement la facultéde convertirl'alcool en éther.
Ce fiit alors que M.Boullay, cherchant, par divers essais, à réunir les ctroonstances essentielles qui lui semblaient devoir assurer le succès de h préparation de l'éther phosphorique , parvint , ati moyen d'un appareil imaginé par lui à cet eifet, à Tobteair dans lui grand état de pureté.
L'appareil parliculiclr de M. BouIIay consistait dans un enroonoir de cristal , dont la queue se liait avec un vase en (orme de poire , terminé lui - même à sa partie inférieure par un tube. L'entonnoir , dont la tige se tronve former le col dii vase , est percée d'une tubulure transversale qui reçoit un robinet de cristal , au moyen duquel on établit, ou l'on intercepte à volonté la communication entre Tentonnoir et le vase. Au sommet du tube qui forme la partie inférieure de ce vase est adapté un robinet semblable à celui qui en traverse le col. Lorsqu'on veut que l'extrémité inférieure de l'appareil arrive au fond d'une comne, oo des-
* Vol. II delà tradaciîon , p. 376.
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cende à trarers un liquide , on y ajuste un tube plus ou moins long, suivant la profondeur à laquelle on a l'Intention d'atteindre. Pour £ure écouler, par le tube inférieur, le fluide contenu dans le vase , on ouvre Torifice supérieur, et la pression de l'atmosphère produit Técouleûient, mie Ton régie à volonté en ouvrant le robinet inférieur : au-lieu de robinets de cristal , on peut les avoir en platine , garnis d'écrous de la même matière.
Pour la préparation de Téther phosphorique, M. BouUaj adaptait cet appareil à une cornue tubulée, placée sur un bain de sable, dans laquelle il avait mis de Tacidç pbospho' ri^e pur , en consistance de miel. A cette cornue était jomt un ballon a deux tubulures, dont une portait un tube plongeant dans un flacon rempli de chaux, et de là, un autre tube se rendant dans la cuve hydro-pneumatiquè; à la tubulure inférieure , était luté un petit flacon pour recueillir les produits et les séparer à mesure qu'ils se présenteraient* Le tube inférieur du vase portant Tentonnoir, plbngeait dans l'acide phosphorique. La température de cet acide étant élevée
l'alcool se trouvait en contact avec cet acide chaud , i^entrait en une violente ébi^tioo. Il 7 avait développement da fumée, le mélange prenait une couleur brune. Des stries abondantes coulaient sur les parab des vases, tt il passait un gaz dans la cuve pneumatonmimique. L'alcool étant entièrement introduit, on continuait de cbaufiCer jusqu'à ce.qoe ce mêlante fut rédoit à siccité. En rectifiant ensuitct les premiers prodmts sur du chlorure de sodium desséché à la tempéra* ture d'environ f^ffi cantîcrades, 10 founussaient, dans la proportion des 0,1 a de Talcool employé, de l'éther phosphorique très-pur. C'est avec cet appareil, disposé de la même manière, que M. Bonllay obtint depuis l'éther arsenique, avec cette différence dans le procédé^ que Facide araeniqne pur mis dans la cornue, doit être dissous dans la moitié de son poids d'eau distillée , porté ensuite à la température capable de faire bouillir la disswultion , et qu'il est nécessaire de rectifier à plusieurs reprises le produit obtenu. . M. Boullay a donc prouve le premier, par cette formation des éthers pnosphorique et arsenique , que ces deux acides
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très-cooeeBtrés et chauds, pouvaient transforoier Takool ea éthers parfaits du premier genre. Cette découverte, en donnant les moyens de reconnaître que les éthers pbosphorique et arseniquc ressemblent parfaitement àFéther sutfari<{ae, a présenté réellement un fait intéressant pour la science, en répandant une nouvelle lumière sur la théorie de rétbérification. Il se peut d'ailleurs que Fingénieux appareil, imaginé par M. BouUay pour produire ces éthers, soit par la suite utilement employé à aautres usages^.