La tachure
On appelle tachure la trace ou tache que quelques minéraux laissent sur les doigts ou sur le papier , lorsqu'on les frotte. On peut faire usage de quelques-uns de ces minéraux pour écrire.
V* Dureté. On exprime par cette qualification la résistance Du«té.
ftfp MINÉRAUX.
qu'un corps oppose aux efforts qu'on fait pour le rayer ou le racler. Les minéraux sont i .° durs > a«° demi-durs; 3 .° tendres,
i. Les minéraux sout considérés comme durs, lorsqu'ils ne se laissent pas entamer par le couteau , et qu'ils font feu avec l'acier. Us peuvent être sous ce rapport dans trois élats difïérens: i .« extrêmement durs , résistant à la lime; a.° très* durs, cédant un peu à la lime* 3.° durs, susceptibles d'être rayés par la lime.
a. Les minéraux sont demi-durs , lorsque cédant avec difficulté à l'action du couteau , ils ne font pas feu avec l'acier.
3. Les minéraux sont tendres, lorsqu'ils se laissent facilement entamer et tailler par le couteau , mais n'étant pas susceptibles de recevoir l'empreinte de l'ongle. Téawit*. y/9 Ténacité. Relativement à leur propriété de ténacité, les minéraux sont, i.° aigres, lorsqu'en les coupant avec un couteau, les particules s'en détachent avec bruit. a.°&o /j7*j,ou, se laissant couper au couteau, lorsqu'étant entaillés par le couteau, leurs particules au-lieu de se séparer, restent* ô. • Ductiles, lorsqu'ils obéissent à la pression.
Ftasgibiuié. VII. Frangibilité. On désigne ainsi la résistance qu'opposent les minéraux, lorsqu'on essaie de les rompre. 11 y a dans les minéraux cinq degrés de frangibilité ; i .° ils sont très-difficiles à rompre ; a.o difficiles à rompre ; 3.° médiocrement difficiles à rompre; 4-° frag^es i 5.° très-fragiles*.
fu«wiité. VIIJ flexibilité. La flexibilité est cette propriété qu'ont les corps de se laisser plier sans se rompre. Parmi les mioéraux, il y en a de flexibles, d'élastiques , de non élastiques et de non flexibles.
Vr.pjp»!^u^ IX, Happement à la langue. On nomme ainsi cette adhé-
* Dans la description des caractères des minéraux , celui de la frangibilité' est désigné par le mot franeible , en y ajoutant modérately% easilf , very*, pour exprimer les aiverses modifications de ce caractère. Le terme f tangible se trouvant dans le Dicttorinaire de Boiste , qui lui donne pour signification , capable ététre rompu v il m'a semblé que je pouvais traduire, par Ce mot français . It tn^mi mot du texte anglais $ et j'ai pensé qu'il y avait avantage a l'employer de cette manière. Je crois aussi que par ce mot franexb le , ou penl exprimer qu'an minéral est susceptible d'Aire pulvérisé; de aorte qu alors moderatcly, easily, %tcry, frangible, indiqueraient en français modérément faaic , JacUe , très-facile à pulvériser.
( Note du Traducteur. )
DESCRIPTION DES MINERAUX. Ztfi
sion que certains minéraux , lorsqu'on les pose sur la langue, contractent avec elle. On distingue diffërens degrés de force dans le bappement à la langue , et on le dit i.° très fort; 2.° médiocre ; 3.° faible ; 4-° très faible.
X. Son. Par ce mot, on désigne le bruit que certains rai- s©-, néraux font entendre, lorsqu'on les frappe ou qu'on essaie de les plier. Ce bruit dans quelques minéraux est sonore , dans d autres c'est un son désagréable qui choque l'oreille, et dans quelques-uns , tel cme lëtain , c'est un cri.
Les propriétés particulières de la friabilité et de la fluidité des minéraux , n'ont pas besoin d'être décrites.
Quant à ce qui a rapport à ['électricité, quelques minéraux deviennent électriques par chaleur, d'autres par frottement , et il en est qui ne peuveut pas être rendus tels. Dans quelques minéraux l'électricité est positive ou vitrée; dans d'autres elle est négative ou résineuse.
Pour la recherche des propriétés chimiques des minéraux, Cbaïamta*. on se sert souvent avec avantage de l'instrument auquel on donne le nom de chalumeau. On peut , par son moyen, déterminer dans quelques minutes uue graude variété de caractères, que par les procédés ordinaires on eût employé beaucoup de temps à reconnaître. Le chalumeau consiste simplement dans uu tube creux courbé, portant à quelque distance de son extrémité une boule avec un petit tube conique, se terminaut en un filet très-délié par où sort un jet d'air qu'on porte sur la flamme d une bougie. Cette flamme est ainsi concentrée et dirigée sur de petites particules du minéral à examiner, placées soit sur uu morceau de charbon creusé à cet effet, soit dans des cuillers d'argent ou de platine. Le chalumeau se remplit de l'air que celui qui fait l'expérience tire de ses poumons, ou au moyen de soufflets adaptés à l'instrument. En exposant ainsi une très-petite portion d'un minéral à l'action de la flamme concentrée, on juge de l'effet que la chaleur produit sur lui , et l'on peut essayer celui qu'il éprouverait à une très-haute température de l'action d'autres corps, tels que le borax, la soude, le sel raicrocosmique, etc. On peut , au moyen des propriétés que ces expériences dénotent, reconnaître dans beaucoup de cas la nature et même les parties composantes d'un minéral.
Ce fut Von Swab qui introduisit le premier l'usage du chalumeau dans la minéralogie. Cet instrument fut perfec-
ag4 MINÉRAUX SIMPLES.
tionnc depuis par Cronstedt, et beaucoup plus encore par Bergman. Saussure substitua au charbon un filament de cyanite, en fixant sur la pointe de ce filament une très-petite portion du minéral à examiner, et en le soumettant dans cette situation à l'action du chalumeau. En opérant aiusi , il lui fut possible de faire ses expériences sur de très-petites molécules, et de parvenir à opérer la fusion de beaucoup de corps considérés jusqu'alors comme infusibles.