X. FAMILLE PIERRE D'AZUR
Cette famille contient quatre espèces, savoir : le lazulite, Yazurite , Khauyne, le spath bleu.
Espèce iTe. Lazulite *.
Cette pierre, oui se trouve principalement dans les parties septentrionales de l'Asie, fut connue pendant long-temps des minéralogistes sous le nom de lapis-lazuli.
Sa couleur est le bleu d'azur. Elle passe dans quelques variétés de la pierre au bleu de Prusse, et dans d'autres au bleu de smalt. On la trouve en masse , dissémiuée et en morceaux arrondis. Son éclat est le peu éclatant *, sa cassure est inégale à petits grains, Elle est tianblucide sur les bords; elle raie le verre; elle est aigre et aisément frangible. Sa pesanteur spécifique est de 2,76 à 2,o,45 3.
A un feu de 100 degrés de Wedgewood, le lazulite conserve sa couleur; à un feu plus violent il se boursoufle et se fond en une masse d'un noir jaunâtre. 11 fait un peu effervescence avec les acides, et il s'y dissout en une gelée lorsqu'il a été préalablement calciné. Margraff publia une analyse du lazulite daus les mémoires de Berlin pour 1758. Cette analyse de Margraff a été confirmée depuis par Klaprotb. Clément et Desormes ont découvert le lazulite cristallisé, et ils en ont rapporté la forme au dodécaèdre à plans rbombes 4.
( Vauquelin , Haùy. III, 243.
» Kirwan. I, a83. Haiïy. III, 145. Brochant. I, 3i3. Jameson. 1 , 337.
» Brisson
« Aon. de Chim. L, 1 44-
PIERRES. 38l
Ses parties constituantes sont, d'après l'analyse de Klaproth, savoir:
Silice 46,o
Chaux 28,0 v
Alumine i4,5
Oxide de fer. . . . 3,o
Sulfate de chaux. 6,5
Eau 2
Espèce 2. — Azurite %.
Lazulite de Werncr.
Ce futKlaproth qui fit connaître cette substance aux minéralogistes. L'ayant trouvée à Vorau en Autriche , il en donna une courte description, dans laquelle il prouva que ce minéral différait de tout autre connu. On avait rencontré, depuis, en Siyrie,près de Waldbach , et dans les environs de Neustadt^ une substance à laquelle le même nom avait été donné, et cette substance fut analysée et décrite en 1806 par Bernhardi et Trommsdorff3; à-peu-près dans le même temps, le baron Vou Moll découvrit un minéral, qu'on appela d'abord mollite, et auquel on donna, depuis, le nom de sidérite , et Mohs fit voir que ce minéral était le même
3ue l'azurite. En 1807, Léoubard ♦ publia une description u lazulite et de la sidêritc^ dans laquelle il les considère comme deux espèces distinctes. Suivant lui, Bernhardi, Trommsdorff et Mohs, n'avaient vu que le lazulite, et non la sidérite. La description du lazulite parLéonhard, diffère considérablement de celle de Bernhardi. En 18075, Klaproth publia une description et l'analyse d'un minéral de Krieglacb en Styrie , qu'il appela lazulite ; mais ce minéral différait évidemment dans ses propriétés, et du lazulite et de la sidtritc des précédens écrivains. J'applique ici \è nom ftazurite au minéral originairement annoncé par Klaprotb, comme se rencontrant à Vorau.
* Beitrage. I, La chaux clait à IVlat Je carbonate.
• JamesonN Min. I, 34t.
' Gehlcn's Journ. Sesond séries. I, 30$. 4 llul. Ht, ioî.
•Beitragc. IV, 279.
il se trouve en couches dans du schiste micacé, et suivant Léonhard dans des fentes de schiste argileux. Sa couleur tient le milieu entre le bleu de Prusse et le lîleu de smalt. Il se présente disséminé, ou en cristaux qui sont imparfaits , mais qui paraissent être des prismes tétraèdres très-obliques «. Les pans des prismes sont quelquefois lisses, quelquefois ils sont faiblement striés longiludinalement. Le lazulile est éclatant, c'est l'éclat vitreux. La cassure en longueur est imparfaitement lamelleuse, la cassure en travers est inégale, a petits grains. Les fragmens sont indéterminés, à bords aigus. Il est opaque, ou à-peu-près, demi-dur, aigre, et aisément frangible. Ses parties constituantes sont :
Espèce 3.
— Hauyne.
Ce minéral n'a encore été trouvé, jusqu'à présent, qne dans quatre lieux, qui tous peuvent être considérés comme volcaniques, savoir: dans le voisinage de Home, de Napies, d'Audernacb, et en Auvergne. Il fut observé pour la première fois près de Rome par Gismondi, qui lui donna le nom de latialite. INéergaard , qui le décrivit depuis, l'appela hauyne, en Thouneur de Haiiy , à qui la minéralogie a de si grandes obligations. Il fut eucore depuis décrit et analysé par Léopold Gmclin a.
La couleur de ce minéral est le bleu de Prusse , passant à travers le bleu ciel , au bleu de béril. On le trouve en couche dans la lave, en grains anguleux. Gmelin en trouva un échantillon cristallisé eu octaèdre imparfait. A l'intérieur il est éclatant et vitreux. La cassure est imparfaitement con-
1 Bcrnbardi décrit les cristaux comme étant des octaèdres j mais Léonard assme qu'il n'a jamais aperçu uue semblable figure dans raturitc de S;tlul>ourg.
■ Trommsdorf, Grhlen's Journ. Second séries. I, ao8.
1 An nais of Philosopny. IVj Ȕ>3.
PIERRXS. 585
choi<îe. Les fragmens sont à bords aigus. Il varie du demitransparent au translucide.il raie le verre et même le quartz, mais très-faiblement. Il est aisément frangible. Sa poussière est blanchâtre. Sa pesanteur spécifique est, suivant Gismondi, de 3,333, selon Neergaard, de 3,ioo, et d'après Gmelin, de 2,833. Au chalumeau, il se fond sans difficulté en un grain opaque , rempli de bulles d'air. Avec le borax il se fond en un grain transparent, ayant la couleur de la topaze. Dans l'acide hydrochlorique il devient opaque et perd sa couleur. Lorsqu'on le projeté en poudre dans cet acide, il émet l'odeur de gaz acide hydrosulfurique, et se prend en gélée.
Ses parties constituantes sont :
Silice.... 35,48" 3o,oJ
Alumine 18,87 J^»°
Chaux 11,79 »3,5
Acide sulforique 12,60 12
Oxide de fer 1,16 1,0
Potasse i5,45 11,0
Acide hydro-sulfuri que et perte. 4,65 Trace.
Perte — 17,50
Espèce 4- — Spath bleu*.
Ce minéral se rencontre dans une montagne de Styrie, où il fournit la portion de feldspath, la roche étaut principalement composée de quartz et de mica. Ses couleurs sont le bleu d'azur, passant au blanc bleuâtre. A l'intérieur il est peu éclatant : c'est l'éclat résineux. Sa cassure est esquilleuse, passant à la cassure lamelleuse. Les fragmens sont indéterminés à bords non aigus. Il est translucide sur les bords. Il est rayé en blanc de neige. 11 est demi-dur. Sa pesanteur spécifique est de 3,o46. Au chalumeau, il devient d'un jaune isabelle ; il se fend, mais il ne fond pas. Avec le phosphate de soude ou le borax, il se transforme en un verre transparent.
• Annals of Philosophy. IV, 198.
• Vauquelin, Tableau comparatif de Haûjr.
• Jatntson. I, 346.
Ses parties constituantes sont :
Alumine 71
Silice i4
Magnésie 5
Chaux 3 1
Oxidedefer 0,75
Potasse o,a5
Eau 5,oo
Perte 1