XVI.« FAMILLE PIERRES SAVONNEUSES
Il y a sept espèces dans cette famille, savoir: la ma- F>m;,i,p; gnésie native, le bol, le meerschaum, la sphragide, la terre à foulon, la stéatitc, V agalmatoïite .
Espèce i.re — Magnésie native*.
Ce minéral, oui a été trouvé en petites veines dans la serpentine à Hoboken,dans le New-Jersey, fut découvert et décrit par le docteur Bruce , professeur de minéralogie à
• KUproth , Beitrage. 1 , 299.
• Jarocson, 1 , 4>8.
» KJaproth , Beitrage. I, a5;.
4 Jaineson, I,
ni. a7
New-York ". C'est un hydrate de magnésie. Sa couleur est le blanc de neige passant au blanc verdâtre. 11 est en masse avec un. éclat nacré. La cassure est lamelleuse ou rayonnce. Il est demi-transparent dans la masse ; la lame simple est transparente. Cette pierre est tepdre, un peu élastique. Elle happe légèrement à la langue. Sa pesanteur spécifique est de 2,i 3. Elle est soluble dans les acides. Elle consiste en
Magnésie 70
Eau. 5o
En la supposant un composé de 1 atome de magnésie et de 1 atome d'eau , sa constitution serajj:
Magnésie 68,94
Eau 3 1,06
Espèce 2. — Bol\
C'est principalement dans l'île de Lemnos, à Sienne en Italie, et dans la Silésie, que ce minéral a été rencontré.
On le trouve en masse; sa cassure est parfaitement coochoïde ; à Vintérieur il est brillant; il devient éclatant par la raclure. Il est translucide et opaque, tendre, se laissant facilement couper au couteau. Sa pesanteur spécifique est de i,4 à 2 ; il acquiert du poli par le frottement; il happe à U langue ; il est gras au toucher ; sa couleur est le jaune de crème passant au rouge brun et au rouge de chair; il est quelquefois tacheté de noir et de brun. Lorsqu'on plonge cette substance desséchée dans l'eau , elle donne un léger bruit dû au dégagemeut de bulles d'air. Ses parues constituantes sont :
Silice 47
Alumine 19
Oxide de fer 5,4
Carbonate de chaux 5,4
Carbonate de magnésie 6,2
Eau »7i°
• Bruce's Journal. I , q6.
» Kinpran. I, igi. Brochant. I, 45<). Jamc*on. I, 486.
? Bergman , Ormsc. IV, 157. L'echanliUoa venait de Leraoot.
Espèce 3. — Meerschaum.
Kefckili. — Ecume de' mer.
C'est près de Konie, dans la Natolie, qu'on retire cette substance de la terre. On l'y emploie à la fabrication des fourneaux de pipes à fumer turques. Le produit de leur vente fournit à l'entretien d'un monastère de derviches, établi près du lieu où cette pierre se tire. On la trouve dans une grande fente, large d'environ deux, mètres, dans une terre grise calcaire. Les ouvriers employés à son extraction assurent qu'elle se reproduit dans la fente a et qu'elle s'enfle d'elle-même sous forme d'écume3. Cette substance, au moment où on la retire de terre, est de la consistance de la cire , mais elle se durcit à l'air. Au feu cette pierre sue, il s'en exhale une vapeur fétide; elle devient dure et parfaitement blanche.
Sa couleur est le blanc jaunâtre , rarement le blanc de neige. On la trouve en masse ; à l'intérieur elle est raatte ; elle prend de l'éclat par la raclure ; Sa cassure est terreuse à grain fin , passant à la cassure conchoïde applatie ; les fragmens sont à bords assez aigus -, elle est opaque , tendre , facile à se diviser, elle ne se rompt pas aisément; elle est grasse au toucher; sa pesanteur spécifique est 1,600 4.
Ses parties constituantes sont :
Silice 5o,5o 4»
^Magnésie 17,25 i8,a5
Chaux o,5o o,5o
Acide carbonique. 5,oo »
Eau a5,oo 39,00
Perte 1,75 i,a5
Espèce 4« — Terre de Lemnos*.
«S>Ara£i7fcde Karsten.
Ce minéral n'a encore été trouvé, jusqu'à présent, que dans l'Ile de Leranos, où il est en grande vénération. Il en fut
■ Kirwan'sMin. I, 1 44- Brochant. I, 4^a* Janeson. I, 4&3» » Rcignegg, Phil. Mag. 111 . i65.
» D'où lui est venu le nom de hcf-kilt , ou plutôt kef-hclU, écum« argileuse ou argile légère.
4 Klaproth.
* Klaproth, Bcilrage. II, 174.
• Jamcson. J, \Sg.
envoyé par Hawkins des échantillons àKlaproth, qnî l'analysa et en décrivit les propriétés.
Ses couleurs sont le gris jaunâtre et le blanc jaunâtre. Il est souvent marbré sur la surface avec de la rouille formant comme des lâches. 11 est mat. La cassure est fine, terreuse. Il est complètement maigre au toucher et il happe fortement à la langue. Plongé dans l'eau, il tombe en morceaux et il se dégage des bu'les d'air en grand nombre.
Les parties constituaulesde ce miuéral sont :
Silice .
. . . 0C,oo
Espèce 5. — Terre à foulon*.
Ce minéral se rencontre à 1 état le plus parfait dans les contrées méridionales de* X Angleterre. On le trouve aussi dans la Hante-Saxe et en Suède.
Ses couleurs sont le blanc verdâtre, le gris verdâtre et le Vert d'huile d'olive. Otte terre est quelquefois tachetée, et elle ne se présente qu'en masse; à l'intérieur elle est matte: par sa raclure elle prend de l'éclat ; sa cassure est tantôt inégale, tantôt imparfaitement conchoïJe et tantôt esquillense. Les fragmens sont indéterminés et à bords obtus ; ils sont aussi schisteux ; la terre à foulon est ordinairement opanne, trèstendre, se laissant facilement couper au couteau ; elle happe à peine à la. langue; elle est grasse au toucher-, elle se divine en morceaux dans l'eau sans former pâte avec ce liquide -, elle se fond eu une scorie brune spongieuse.
« Klaproth , tieitrage. IV, 333.
• Kirvran. I, i6j. Brochanl. I, {6j. Jameson. I,
Ses parties constituantes sont :
Silice 53,o 48,5
Alumine 10,0 i5,5
Chaux o,5o »
Magnésie i,a5 i,5
Oxide de fer 9i?^ 7i°
Ilydi ochlorate de soude. o,to »
Eau a4 ..... a5,5
Perte it4<> a,o
Espèce 6. — StéatUe*.
Quoique les anciens eussent fait mention de cette pierre, les minéralogistes n'y avaient cependant encore fait que peu d'attention à l'époque où Pou publia , dans les mémoires de Berlin, pour 17.47» ses expériences sur cette substance.
Elle est ordinairement amorphe, mais quelquefois elle se rencontre cristallisée en p; ismes hexaèdres. Ses couleurs sont le blauc grisâtre, le blanc venlAtre, le blanc jaunâtre et le blanc rougeatre. Elle est quelquefois tachetée; les faces latérales des cristaux sont striées en travers. A l'intérieur elle est matle ou brillante; par sa raclure elle devient éclataute; sa cassure est csquilleusc ù grosses écailles : quelquefois elle est inégale, conchnïde et même teudaut à la cassure fibreuse à larges fibres; les fraginens sont à bords obtus. Cette pierre est translucide sur les bords, tendre, se laissant facilement couper au couteau et aisément franchie. Elle ne happe point a la langue. Elle est grasse au tomber; sa pesanteur spécifique est a,6i>4; elle est m fusible au chalumeau ians addition , mais elle y perd sa couleur et se durcit.
/ Klaproth, RVitrage. IV, 33f. Le premier t'rliantillon Tenait de Byrgale , au comté deSurrey; le second, de IVimptch en Silésie.
» Kirwan. 1, i5i.f>ou, Mr'nv Rerl. i;47»P- $7* Wiegleb, Journ. de Phys. XXIX , «o. Lovoisier, Mcm. Par. 1778, p. 433. Brochant, I, ',74. Jamcion, I, 4g5.
Ses parties constituantes sont :
Silice 59,5 .45,0 6i,a5 64
Magnésie 3o,5 2Û,j5 26,2$ 22
Alumine » 9,25 1 3
Chaux. ..... » * 0,75 »
Oxkiedefer. . . 2,5 1 1 5
Potasse » 0,75 » »
Eau 5,5 18,00 6,00 6
Perte 2,0 i,25 3,75 »
Espèce 7. — j4 galmatolite , bildstein , ou pierre
à figure*.
Ce minéral, qui fut originairement classé parmi les stéatites, nous est apporté de la Chine, et toujours coupé en figures diverses doù lui vient son nom. Ce fut par l'analyse qu'en fit Klaproth que l'attention des minéralogistes se porta pour la première fois sur cette substance.
Ses couleurs sont le gris verdâtre, le gris jaunâtre, le brun jaunâtre*, il s'en présente quelques variétés de couleur d'un rouge de chair, et il en est quelques-unes qui sont tachetées. On rencontre le bildstein en masse; à l'iutérieur son éclat est à peine le brillant ; sa cassure est parfaitement esquilleuse, tendant à la cassure schisteuse. Les fragmens sont quelquefois anguleux indéterminés, à bords aigus, et quelquefois ils sont schisteux. Cette substance est translucide, tendre et très-tendre , se laissant facilement couper au couteau. Elle est presque grasse au toucher ; sa pesanteur spécifique varie de 2,780 à 2,8 1 8 4.
On a réuni dans la table qui suit les parties constituantes de ces espèces, telles qu'elles ont pu être reconnues par l'analyse.
* Klaproth, Beilrace. II, 179. Le premier échantillon Tenait de Bayreutli . le second de CornouàiJlc*.
* Vaurjuelin, Ann. de Cliioi XL1X, 83. Le premier échantillon était la variole appelée craie de lîriancon.
s Jomeson. 1 , 5oo. Klaproth, Beitragc. II, 184. Vauqoclin , Ann. de China. XLIX ,77.
* Rbprotb.
rte
jj
Oxidc de fer ....
Oxidc de manga-
Trace.