II. FAMILLE DES PHOSPHATES
Cette famille ne renferme que deux espèces, savoir:
Espèce i**. — hépatite.
Cette espèce à été divisée en deux sous-espèces , savoir t Vùpatite commune , et Xapatite conchoïde ou pitrrt d'à* perge.
Sous-Esp^ci ir«. — Jpalilc commune*.
Ce minéral se rencontre dans des filous de mines d'éfaiû. On le trouve dans le Corn< maille et en Allemagne. Werner en fit le premier une espèce nouvelle, et lui donna le nom <ju elle porte d'après le mot grec *x«7**, a raison de ce qu'on lavait par erreur classée avec d'autres minéraux.
Ses couleurs sont le blanc, le vert, le bleu et le ronge de différentes nuances -, telles que les blancs grisâtre,
* Kirwan, I, 128. Brochant, 1 , 58o. Hauy, 11 , aîf Janacso», U, %o8.
geâtre, jaunâtre et vcrdâ;re; le vert de roontigne, le vert céladon, le vert pistache et le vert poireau-, le ronge de rose et de chair ; le gris de perle; le bien violet, le bleu de lavande et le bleu indigo ; le brun jaunâtre. Toutes les couleurs sont un peu claires ; ce minéral se rencontre le plus souvent cristallisé. La forme primitive de ses cristaux est un prisme hexaèdre régulier; sa molécule intégrante est un prisme triangulaire équilaléral, dont la hauteur est à l'un des cotés de la base comme, i à \/.2 Les prismes hexaèdres sont toujours surbaissés, et passent quelquefois à la cristallisation eu tables à 6 faces. Les bords et les angles latéraux , et quelquefois ceux terminaux , sont t» onqués. Les faces latérales sont ordinairement striées en longueur ; les faces au sommet sont lisses; à l'extérieur elle est très éclatante; à l'intérieur elle est peu éclatante; c'esf l'éclat grasse rapprochant de 1 éclat vitreux; sa cassure en longueur est imparfaitement 1 mielleuse; le clivage est quadruple comme d.ms le béril ; sa Cassure entravers est inégale; elle se rapproche delà cassure conchoïdea petites cavités. Lapatileen masse est en concrétions grenues à gros grains; elle est transparente et translucide; elle donne une réfraction simple; elle est demi-dure; le spatb fluor la raie; elle est aigre, et aisément frangible; sa pesanteur spécifique est de 3, 179. Mise sur les charbons ardens elle devient phosphorescente. Elle passe à l'état électrique par la chaleur et par le frottement.
Sous-Esp£ce 2. — Pierre d'asperge* .
On n'a encore trouvé principalement ce minéral qu'à Caprera près le cap de Gates, en Munie, province d Espagne, il se rencontre également eu Frauce et eu Norwègc. Rome de Lisle et les autres minéralogistes français regardaient cette espèce comme une chrysolite. (
Sa couleur est un vert d'asperge, passant quelquefois au • blanc verdàtre ou au vert pistache. Quelquefois elle tient le milieu entre l'orangé et le brun jaunâtre. Ou la trouve toujours cristallisée en prismes hexaèdres équiangles, terminés par un pointement obtus à 6 faces, placées sur les faces latérales. Les bords latéraux sont tronqués; les faces latérales
' Haùy, Jnurn. <1p* Min., N.° XXVIII , 3io.
» Rroctianl, 1 , ,186. Vauquelin , Jouro. des Min., N.° XXXVII, 19. Jauicfcoo, II, 112.
sont striées en longueur-, les autres sont lisses-, les crîstaui sont parfaits; à l'intérieur la pierre d asperge est peu éclatante ; son éclat est celui du verre -, sa cassure est imparfaitement lamelleuse, passant à la cassure inégale -, elle est translucide, quelquefois presque transparente -, elle est demidure se rapprochant du tendre. Elle est aigre, et aisément frangible; sa pesauteur spécifique est 3,og8; elle n'est pas phosphorescente.
Espèce 2. — Phosphorite
Ce minéral se trouve en couches très considérables dans la province d:Estramadure en Espagne. Sa couleur est lebl&BC jaunâtre, souvent tacheté d'un gris jaunâtre*, on le trouve en masse ; à l'intérieur il est mat ou brillant*, sa cassure est imparfaitement lamelleuse à lames courbes, inclinant à la cassure lamelleuse floriforme; quelquefois la cassure passe à une cassure terreuse à gros grains. Ce minéral tend à la forme des concrétions distinctes lamelleuses et épaisses-, il est translucide sur les bords, tendre, approchant du demidur; il est aigre; sa pesanteur spécifique est de 2,81 4- -
On a trouvé à Kobolobanya près Szigcth, dans le coraitat de Marmarosch en Hongrie, une substance consistant dans une matière terreuse , qui devient phosphorescente lorsqu'elle est chauffée, en émettaut une lumière d'un jaune pâle. Cette propriété porta les minéralogistes à considérer cette substauce comme étant une variété de fluate de chaux, lorsque Hassenfratz l'ayant analysée, recouuut quelle se composait principalement d'acide phosphorique et de chaux*. On en conclut qu'elle était semblable à la phosphorite d'Esiratnadure. Pelletier, qui examina peu de temps après cette matière terreuse, lui rendit sa place parmi les fluates de chaux, ayant trouvé qu'elle était un mélange de fluate de chaux, Je silice et d'alumine, avec un peu d'acide phosphorique, d'acide hydrochlorique , et de fer 3. Klaproth a fait depuis l'analyse de cette substance, et il a trouvé que les premières expériences de Hasseufratz étaient exactes; d'où il suit qu'elle doit être considérée comme se rapprochant de la naturel
« Brochant, I, 53 \. Krrtr.ind , Pellelicr et DonaJci, Journ. <*• Php., \XXVII , 161. Jamfbon , II , ai 5. • Ann. de Chim , 1 , 101.
la phosphorite d'Estramadure. On a inséré, dans la table qui suit, les résultats obtenus par Klaprolh.
La composition de 1 apatite fut d'abord reconnue par Proust ; Vauqueb'u est le premier des chimistes français qui ait déterminé la composition de la pierre d'asperge ; je n'ai pas eu connaissance qu'elle eût été analysée auparavant en Allemagne. Proust établit le premier la composition de la phosphorite. Il en fut fait depuis une expérience plus exacte par Pelletier, Bertrand, et Donadei. On a présenté , dans la table qui suit, le résultat de ces différentes expériences.