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CHAPITRE III

. Des minéraux composés.

Les minéraux que nous venons de décrire dans le châpiire précédent ne se trouvent presque jamais isolés. Ils sont ordinairement réunis en groupes variés, composant les roches et en général tout ce qui tient à la constitution minérale du globe terrestre. L'étude de ces groupes, auxquels on a douné le nom de Minéraux composes , est l'objet de la géologie ou géognosie, l'une des branches les plus importantes de la physique. C'est par cette- science que nous parvenons à la '** connaissance de la structure du globe, que nous déterminons legisseraeut respectif des différens miuéraux , leur rapport entre eux, et que nous jugeons des changemens auxquels ils

1 Kirwan, II, a58. Bergman, II. afl5. Brochant, H „ 45o. Hai/i IV, m5. Jamcson, JII , 5Jo.

» Kir w un, >-

minéraux composés. 637

sont assujétis, ou qu'ils ont éprouvés. Ce n'est que par des observations nombreuses et par une grande habileté à bien saisir les faits, quon peut faire quelques progrès dans un sujet de recherches aussi difticile. L'art de l'exploitation des mines a été pendant long-temps suivi avec beaucoup plus de soin en Allemagne que dans tout autre pays. La surveillance de cette exploitation y fut cooflée à des hommes instruits, qui recueillaient avec soin tout ce que les travaux pouvaient leur présenter de plus intéressant. Aussi est-ce en Allemagne qu'il a été fait le plus d'observations, et que les matériaux propres à former une science de la géologie , ont été rassemblas. Weruer , professeur célèbre de minéralogie à c^r*!^. Freyberg , entreprit cette tâche difticile. En généralisant p*r We,ai ' avec la plus étonnante sagacité, les observations de ceux qui l'avaient précédé , ainsi que les siennes propres, il parvint à fonder une théorie qui excita l'attention universelle. 11 donna le nom de géognosie à cette branche de la science qu'il venait de créer ainsi. La théorie de YVerner n'a encore été expliquée eu détail, jusqu'à présent, que dans ses leçons. 11 n'en a été publié, à ma connaissance, sur le continent, aucun exposé intelligible 1 ; mais en Angleterre, nous sommes redevables au professeur Jameson d'un traité excellent sur ce sujet, sous le titre dE/émens de Géognosic. Ce traité, trèscomplet , publié en 1808, forme le troisième volume de sa minéralogie *.

« M. Brochant, ingénieur en chef des mines , professeur à IVcoIe royale des mines à Pari* , a publié un Traité élémentaire de Minéralogie suivant les principes de Werner, et dans lequel la théorie de ce minéralogiste célèbre est complètement et clairement exposée. La deuxième édition de cet ouvrage, dont la première a été promptement épuisée, date de 1808. Il peut paraître étonnant que le docteur Thomson n'ait pas eu, à l'époque de cette cinquième édition de son Système de Chimie (181^), connaissance de cet important ouvrage.

( JYote ilu Traducteur. )

• Je ne peux trop recommander à l'attention des minéralogistes cet intéressant ouvrage. On y trouve, indépendamment delà théorie de Werner, une masse énorme de faits de la plus grande importance, que tout minéralogiste doit connaître. L'exposé que je donne de cette minéralogie, quoique très en raccourci, est anssi détaillé que la nature de ce présent Système de Chimie pouvait le comporter, et c'est au professeur Jameson que je dois tous les matériaux qui m'ont servi à le former.

Il existe une antre théorie géologique, qui est, jusqu'à un certain point, l'opposé de celle de Werner . Cette théorie, établie avet bcau-

Nous n'avons aucune notion directe et précise relative* roent à la structure des parties intérieures de la terre ; mais aux surfaces , cette structure se présente à nos regards par des ravins, des fleuves, des mines , etc. , et ce sout les seuls objets d'observations qui puissent nous fournir les moyens de l'étudier. Ces observations constituent les fondemens de la géognosie; c'est d'elles que toutes les conclusions de la science sont déduites.

Roche». Les niasses pierreuses dont il nous paraît que la terre se compose sont quelquefois simples , ou formées de quelqu'un des minéraux décrits dans le chapitre précédent, tels que, par exemple, la pierre calcaire, la serpentine , le quartz ; mais plus fréquemment ces masses sont des composés, formés de deux ou d un plus grand nombre de minéraux simples diversement mêlés et unis ensemble ; teb que le granité , qui consiste dans du quartz, du feldspath , et du mica» i «• roche* niasses pierreuses , ou roches , sont en grand nombre,

ifeV^acîuîî" ^ e^es sc re0000^1** d*05 le sein de la terre reposant l'une «par ten «. ^ |'autre . <je manière au'une roche d'une espèce de pierre

est couverte par une roche d'une autre espèce, comme celleci l'est par une troisième, et ainsi de suite. Or, dans cette superposition des roches, on a observé que leur situation n'est pas arbitraire ; chacune occupe une place déterminée, de sorte qu'elles suivent entre elles un ordre régulier daos l'enveloppe de la terre, depuis la plus grande profondeur à laquelle il ait été possible de l'examiner , jusqu'à sa surface. Ainsi , dans la considération des roches, il est deux choses qui doivent fixer l'attention, savoir: leur composition, et leur situation, ou leur gissement respectif. Mais outre les roches qui constituent en presque totalité la croûte terrestre, il est des masses qui se présentent aussi à notre observation.

coup d'esprit et de sagacité par an homme de génie, est bien conna? en Angleterre, sousle nom de Tftéorie huttonienne. Il pourrait d'abord paraître singulier nue je n'en aie fait aucune espèce de mention dans le texte, surtout 4 après les nombreuses et importantes expérience* de sir James Hall , et la grande masse de preuves et d'éclairctêêemrm fournis a l'appui de cette théorie parle savant et l'éloquent profrssenr Ptayfair. Mais tout examen de cette théorie serait àerenu étranger nu chapitre présent , parce qu'elle a moins pour objet le gissemeo: des minéraux composés que leur formation originaire j sujet néces* anirement hypothétique, et dont, par conséquent , je n'ai pas csm devoir m'oceuper.

sîhccture d£s nocnxs. 63g

Ces masses, qui traversent les roches dans des directions différentes, sont connues sous le nom de Jilons. 11 semblerait que les roches ayant été séparées dans différents endroits par des fentes qui s'y seraient opérées de leur partie supérieure à celle la plus basse, la brèche où le vide aurait été rempli depuis pat la matière qui constitue le iilon.

Ainsi donc 1 examen des minéraux composés, ou roches, se divise naturellement en trois parties, savoir : i. la structure des roches ; i , le gissement des roches ; ô , les filous. Nous allons nous occuper séparément de ces trois objets de considération dans chacune des trois sections suivantes.

SECTION PREMIÈRE

De la Structure des Roches.

On peut .partager les roches en deux classes*, savoir :

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