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Acide formique

Richter observa de plus que les nombres, dans chaque table, constituent une suite, aont le rapport entre eux, est le même dans toutes les tables. En supposant par exemple , que dans la table représentant les muriates , la quantité de potasse nécessaire pour saturer 100 parties d'acide muriatique, fut trois fois celle qu'il faudrait d'alumine pour produire le même effet , la même çhose aurait heu à l'égard des sulfates , nitrates , et tous les autres genres de sels. 11 faudrait trois fois autant de potasse pour saturer 100 d'acide sulfurique , nitrique , ou tout autre acide quelconque, que cette saturation eût exigé d'alumine.

Ces faits expliquent comment, lorsque deux sels neutres se décomposent entre eux , les nouveaux sels formés sont neutres aussi , et comment il n'y a ni excès d'acide ou de base de l'un ou de l'autre côté. Les mêmes proportions de bases qui saturent un poids donné d'un acide , saturent tous les autres acides -, et la même proportion d'acides , nécessaire à la saturation d'une base , opère celle de toutes les autres bases *, d'où il suit , qu'on peut assigner à chaque acide et à chaque base des nombres indiquant le poids de chacun d'eux , qui saturera les nombres appliqués à tous les

*0 SE Jl'aFFIKITÉ ï!f GÉNÉRAL.

autres acides et bases. Cest ce qu'exécuta Fischer d'après les expériences de Rkbter ; et c'est aussi d après cela que le docteur Wollaston construisit sa règle d glissoire d equivalens chimiques , si précieuse sous tous les rapports pour le chimiste praticien. , Théori. Dalton, sans connaître la loi générale déjà decou-

Atomique de * " r» / . • -««■» 1 A

Daiioa. verte par Richter, porta en 1804 son attention sur le sujet. Il fut frappé du petit nombre de proportions dans lesquelles les corps simples sont susceptibles de s'unir , et de l'ordre constant de ces proportions. Ainsi en représentant le poids du carbone par y S , nous trouvons que loxide de carbone et l'acide carbonique, les deux seuls composes de carbone et d'oxigène , ont pour parties constituantes, savoir :

Oxide de carbone . . 7S carbone 100 oxigène, Acide carbonique. . 7$ carbone -+- aoo oxigène.

De sorte que la quantité d'oxigène dans l'acide carbonique est à la quantité de ce principe dans l oxide de carbone

comme 2 est à 1. *

Si nous représentons le poids d un atome d azote par 175, nous trouvons que tous les composés d'azote et d oxigène sont formés ainsi qu'il suit, savoir :

Protoxide d'azote, de 175 azote -r- 100 oxigène.

Deutoxide d'azote , de 175 azote 200 oxigène.

Acide hyponilreux, de 1 75 azote -4- 3oo oxigène.

Acide nitreux, de 1 75 azote 4oo oxigène.

Acide nitrique, de. . 1 75 azote -4- 5oo oxigène.

De sorte que la quantité d oxigène dans ces composés , celle de l'azote restant toujours la même, est comme les nombres 1 d 3 4 5

'()n peut faire les mêmes observations, relativement à la composition des oxides métalliques , des ch/orures, des sels neutres, et en effet de toutes les combinaisons chimiques que nous connaissons. Dalton eut l'idée heureuse que ces nombres proportionnels représentaient les poids respectifs des atomes des corps combinans ; que ces corps se combinent soit 1 atome d'un avec 1 atôme d'un autre, ou avec a atomes, ou avec 3,4,5 ou 6 atomes. D'après cette notion, si nous représentons le poids d'un atôme de carbone par 075 un atôme d'oxigène sera 1, et l oxide de carbone se composera de 1 atôme carlfune et de 1 atôme oxigène, et

DI L'AFFINITÉ IIT GÉNÉRAL. 3f

l'acide carbonique consistera dans 1 atôme carbone et a atomes oxigène. Si le poids d'un atôme d'azote est 1,75, et celui d'un atôme d'oxigène î , alors les composés d'azote et d'oxigèoe seront formés, ainsi qu'il suit :

Protoxide d'azote, de 1 atôme azote -4- 1 atôme oxigène,

Deutoxide d'azote. .. 1 -+- a

Acide hyponitreux. . 1 -4*3

Acide nitreux 1 +4

Acide nitrique 1 -4-5

La simplicité et l'importance de cette opinion firent une prompte et forte impression sur les chimistes en général. Sa vérité est aujourd'hui presque universellement admise. J en ai donné une explication très -étendue dans une précédente partie de cet ouvrage, et j'ai tâché de déterminer le poids de l'atome de tous les différens corps simples , ainsi que des composés divers qu'ils sont susceptibles de former ; mais cette théorie, qu'on a dénommée théorie atomique , me semble présenter une objection insurmontable à l'opinion avancée par Berthollet , que la masse influe sur les combinaisons et décompositions chimiques.

aa. J'ai déjà essayé de donner une idée de l'ingénieuse Hypotw* hypothèse de Berzelius et de Davy, au moyen de laquelle "^m*.1** ils ont entrepris de généraliser encore davantage nos notions sur l'affinité chimique, en nous la faisant considérer comme pouvant être représentée par les états opposés d'électricité. Tout corps , dans leur opinion , jouit d'un état électrique permanent, résineux ou vitré. Deux corps dans le même état d'électricité n'ont point d'affinité l'un pour l'autre; il en existe entre ceux qui sont dans des états opposes, et la force d'affinité est proportionnelle au degré d'intensité 'des électricités différentes dans les deux corps. Pour séparer des corps l'un de l'autre , il suffit de les ramener au même état électrique , ou vitré , ou résineux. Davy et Berzelius ont soutenu l'un et l'autre cette hypothèse avec beaucoup d'esprit et de talent. C'est à elle, en effet, que nous sommes, jusqu'à un certain point, redevables des brillantes découvertes dont Davy a enrichi la science. Mais les faits qu'ils font valoir à l'appui de cette théorie , tout ingénieux et plausibles qu'ils sont, ne me paraissent pas propres à nous convaincre qu'elle est une représentation exacte de ce qui se passe eu nature.

Il n'a pas été prouvé, je pense, d'une manière satisfaisante, que des corps sont dans des états électriques permanens, et ce fait ne peut être admis sans renverser entièrement l'édifice de la science de l'électricité , telle quelle existe actuellement. Les bases de cette science sont établies sur la supposition de l'existence de deux fluides subtils auxquels ou a donné les noms d'électricités vitrée et résineuse. Lorsque des corps contenant chacun de ces fluides viennent en contact, les deux électricités sont censées se combiner ensemble, et par cette union, elles sont privées de leurs propriétés caractéristiques, de manière à ce quelles cessent de donner aucunes indications de leur présence. Il est vrai que par l'électricité on parvient à décomposer différens corps; mais il en est de même de la chaleur \ et il ne peut être rien avancé d'évident pour prouver que la chaleur et l'électricité n'agissent pas exactement de la même manière sur des corps.

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