AIR
soufre en acide. On juge de la quantité d'oxigéne contenue dans l'air ainsi examiné, par la diminution de volume qu'il a éprouvée. Cette méthode est non-seulement extrêmement simple , mais encore elle exige très-peu d'adresse; et cependant elle est, autant que toute autre, susceptible d'une grande exactitude. La seule objection à laquelle elle puisse donner . lieu est celle de la lenteur de sou effet ; car, si la quantité d'air sur lequel on opère est considérable, il peut s écouler plusieurs jours avant que la diminution de volume soit parvenue à son maximum.
Mais cette objection contre la méthode de Schéele a été PtrfcKoBn'e complètement détruite par M. de Marty,qui perfectionna l'eu- pw d* ****** diomctre de ce savant. 11 trouva, que l'emploi d'un mélange de limaille de fer et de soufre n'est pas bien convenable , parce (ju'il exhale une petite auantité de gaz hydrogène dégagé par 1 action sur le fer de 1 acide sulfurique formé , mais qu'on remplissait parfaitement l'objet au moyen de sulfures hydrogénés, obtenus en faisant bouillir ensemble du soufre et de la potasse liquide ou de l'eau de chaux. Ces substances nouvellement préparées ont bieu, à-la- vérité, la propriété d'absorber une petite portion de gaz azote ; mais elles perdent cette propriété lorsqu'elles sont saturées de ce gaz, ce qui s'opère facilement en les agitant pendant quelques minutes, avec une petite portion dair atmospbérique. L'appareil de de Marty consiste dans un tube de verre de 25 centimètres environ de long et de 21 millimètres au plus de diamètre, ouvert à Tune de ses extrémités et scellé hermétiquement à l'autre. Le tube du côté de son extrémité fermée est divisé en cent parties égales, ayant un intervalle d'environ a millimètres entre chaque division. Ce tube sert à mesurer la portion d'air à employer dans l'expérience. Après lavoir rempli d'eau, on la laisse écouler insensiblement en tenant le tube renversé et le doigt appliqué sur son extrémité ouverte, ayant soin de l'eu retirer de manière que la portion graduée du tube se remplisse ainsi exactement d'air. On introduit ensuite ces cent parties d'air dans un flacon de verre rempli de sulfure de chaux liquide , préalablement saturé de gaz azote, et pouvant teuir de deux à quatre fois le volume de l'air admis. On ferme alors le hV'on avec un bouchon de verre usé à Féméri, et on l'agile pendant cinq minutes. Au bout de ce temps on le débouche sous l'eau , et
»to composition di t^ATMospnènr.
pour plus grande sûreté on peut l'y fenner et l'agiter encore- Après cela, on introduit de nouveau l'air dans le tube de verre gradué, aûn de reconnaître la diminution de son volume +.
L'air analysé par ce procédé éprouve absolument la même diminution dans quelques circonstances que l'expérience se fasse. Que le vent soit haut ou bas, ou de quelque partie qu'il souffle ; que l'air essayé soit humide ou sec, Chaud ou froid ; quelle que soit l'élévation du baromètre, la saison de l'année et la situation du lieu dans le voisinage de la mer, des marais ou sur des montagnes , il n'y a aucune différence dans les résultats. M. de Marty trouva constamment la diminution entre les 0,21 et o,a3.
EwHomfttr* 3. La 3\ espèce d'eudiomètre fut proposée par Volta.
«tcVtiu. Q»est pHr |e gaz hydrogène qu'il opérait la séparation de
l'oxigène dans l'air août il voulait reconnaître le degré de pureté. Sa méthode consistait à introduire dans un tube de verre gradué , des mélanges en proportions données de gaz by* drogène et de l'air à essayer, et à les enflammer ensuite
Î>ar l'étincelle électrique. Il jugeait de la pureté de l'air par e volume du résidu. Ce moyen eudiométrique a été examiné depuis par Gay-Lnssac et Humboldt, qui l'ont trouvé d'une grande précision. C'est une des plus simples et des plus élégantes méthodes pour évaluer la proportion d'oxigène dans l'air. Dans des mélanges de 100 mesures de e»z hydrogène avec aoo ou tout autre plus grand nombre de mesures de gaz oxigène jusqu'à 900, la diminution de volume, après la détonation complète, est toujours de 146 mesures. On obtient la même diminution eu augmentant jusqu'à un certain point la proportion de l'hydrogène. 11 résuite des essais faits avec cet eudinmètre de Volta , par Gay-Lussac et Humboldt, que 100 mesures de gaz oxigène exigent, pour leur combustion complète , 200 mesures de gaz hydrogène , ce qui se trouve bien d'accord avec les expériences faites précédemment à ce sujet en Angleterre. Il s'ensuit qne la manière de se servir de cet instrument est très-simple. On &it un mélange, à volumes égaux, de l'air qu'on veut examiner et de gaz hydrogène. Ou reco? nait la diminution du volume après la combustion : on en divise la quantité par îm'S. le quo-
♦ Jo^ro. de Phj,. MU, 13*
AIR. fit
tient représente le nombre de mesures d'oxigène dans l'air. D'un grand nombre d'essais faits à différentes époques de Fannée , sur des mélanges de 200 mesures d'air et d'un même nombre de mesures d'hydrogène, on eut presque constamment une diminution de volume s élevaot à 1 26 mesures j or, 126 divisé par 3 donne 4a pour la quantité d'oxigène dans les 200 mesures d'air, et, par conséquent, 100 parties d'air en contiennent 21 d'oxigène
4. Dans la 4e* espèce d'eudiomètre , l'absorption de l'oxi- Eudi. m**» gène de l'air s'opère Dar le moyen du phosphore. Ce fut * B«rth*,«1' Achard qui proposa le premier cette méthode eudiométrique % dont s'occupèrent successivement après lui Reboul, * Seguin et Lavoisier 4, et à laquelle Berthollet * a, plus récemment encra, donné lederler degré de perfectionnement.
Au«beu de la combustion rapide da phosphore, à laquelle on avait recours , Berthollet laisse brûler spontanément cette substance dansVair, dont il absorbe ainsi complètement l'oxigène -, et si ¥ on opère sur une petite quantité d'air, l'effet a lieu dans un espace de temps très*court. Tout l'appareil consiste dans un tube de verre étroit et gradué, contenant l'air dont on veut faire l'essai. On y introduit un cylindre da phosphore fixé sur une tige de verre, et le tube est tenu renversé sur l'eau. Le cylindre de phosphore doit être assez long pour traverser à-peu*près tout l'air contenu dans le tube. 11 s'élève immédiatement du phosphore des vapeurs blanches qui remplissent le tube. Elles continuent de s'exhaler ainsi jusqu'à ce que l'oxigène se soit combiné en totalité avec le phosphore, il résulte de cette combinaison de l'acide phosphorique qui gagne , à raison de son poids , la partie inférieure du vaisseau, et qui est absorbé par l'eau. Le résidu ne consiste plus que dans le gaz azote de l'air, tenant en dissolution une portion de phosphore, qui, ainsi que s'en est assuré Berthollet , augmente son volume des 0,02 5. Par conséquent le volume du résidu, diminué de cette quantité
• Journ. <3c Phys. LX, «g.
• Ibid. 1784, 1.
» Ana. de Chim. XUI , 38.
• Ibid. IX , ao3.
! Ibid. XXIV, 73 / et Journ. de l'Ecole polytecb. I, W, otfe
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