‹ Systême de chimieChapitre 82 sur 260 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De F Eau de mer.

L'océan est le grand réservoir où vient se vider l'eau des lacs et des rivières. Elle en est ensuite élevée, parévaporatiou,sous la forme de celte humidité qui, retombant en pluie sur la terre, la fertilise et supplée à la déperdition des sources et des rivières. Cette circulation constante devrait naturellement porter à croire à priori que les eaux de l'océan ne diffèrent pas beaucoup de celles des rivières et des lacs; mais rien ne serait plus erroné qu'une semblable conséquence ; car l'eau de mer , comme tout le monde sait , diffère matériellement de l'eau ordinaire dans sa saveur, sa pesanteur spécifique, et dans d'autres propriétés. Elle contient une proportion beaucoup plus grande de matière saline , et particulièrement d'hydrochlorate de soude, de laquelle on le retire ordinairement. Et, en effet, si l'eau de la mer n'était pas ainsi imprégnée de ces substances salines , la putréfaction de la masse immense de matières animales et végétales qui s'y trouvent rassemblées , deviendrait promptement fatale à tous les habitans de la terre. Quantité La profondeur moyenne de la mer n'étant pas connue , on l'oau de mtr. ne ^eut ^$ déterminer la quantité absolue d'eau qu'elle contient. Il a été démontré par M. de Laplace, ou'il faut anmoins une profondeur d'environ deux myriametres (quatre lieues ) pour faire cadrer la hauteur à laquelle on sait que les marées s élèvent dans le principal océan avec la théorie de Newton sur les marées * ; et dans cette supposition , la quantité d'eau que renferme l'océan doit être immense ; car en admettant même que cette profondeur moyenne n'excédât pas 400 mètres, son contenu solide , en considérant sa surface comme formant les 0,75 de celle de la terre, serait d'environ cent trente-trois mille cinq cents myriamètres cubes, su propriété*. L'eau de mer est d'une saveur ainère très-désagréable , aumoins lorsqu'elle est prise à sa surface, ou près du rivage ; mais celle qu'on en retire à de grandes profondeurs n'est

• Ann. de Chim. MX, 96; cl Gchlen » Joura. a.« série. I, C45.

• Mem. Par. 1776, p. ai3.

EAU DE MER. a^l

salée 1 ; d'où l'on voit que l'amertume de sa saveur est aux substances animales et végétales qui y sont accidentellement mêlées près de sa surface. La pesanteur spécifique de leau de mer varie de 1,0269 à i,oa85 \ Elle ne gèle qu'à environ 3 ><>» au-dessous de zéro de l'échelle centigrade.

L'eau de mer a été examinée par un grand nombre de chimistes, et il a été fait différentes suites d expériences exactes pour en déterminer les parties constituantes. La table qui suit présente la quantité de sels contenus dans 10000 parties d'eau de mer, d'après les résultats de ces expériences.

Hydrochlorate de

Sulf.Ue de magnésie.

Suif.» Le de soude* . • . * Hydrochlorate de

Hydrochlorate de chaux •.**••••••«

Sulfate de ckaux. . . .

3o,3ft

67,65 8,oi

Hydrochlorate de

to

lo

Sulfate de magnésie.

Sulfate de soude. . . .

Hydrochlorate de

Hydrochlorate de

Sulfate dr chaux. . . .

1 Bergman. I, 180. ■ Bladh, K.irwan's Geoloçical Essays, p. 355. 1 Nairne, Phil. Trans. 1776, i.re part. « Lavoisier, Mém. Par. 1773, p. 55r». L'analyse se trouve dan* une dissertation snr remploi de ralcool dans l'analyse des eaux mine'rales. 5 Bergman , Opusc. I, 183. 6 Lichtenberg, Schweigger's Journ. II, 256. C'était de l'eau de la Baltique. Il trouva également, carbonate de chaux o,83, carbonate de magnésie 0,41 , et environ 43 centira. cubes de ga* acide carbonique. 1 Pfaff , ibid. (détail aussi de l'eau de la Baltique ; il obtint également, 1,3 de carbonate de chaux. • Link, ibil. Ce fut aussi de l'eau de la Baltique qu'il analysa ; il obtint 0,41 de matière résineuse. » Bouillon- Lagrange et Vogel, Annals of Philosophy. IV, 206. La première eau était celle du canal d'Angleterre; la seconde, du canal de Biscaye, et la 3.' de Feau de la Méditerranée. Les deux premières contenaient a et au-moios 1 de carbonate de chaux et de magnésie, et ces deux premières contenaient 3,3, et au-moins 1,1 de gai acide carbonique. iMurray, Edim. Tran*. Yill, ao5. La première analyse

Page 1