‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 165 sur 228 · MATIÈRES FÉCALES» 62 I · texte numérisé non relu

MATIÈRES FÉCALES» 62 I

pas à la nutrition. Elle a subi des altérations considérables , au-moins en partie, par son mélange, ou son union avec différens corps employés, pendant la digestion, à séparer les parties nutritives de l'aliment, des parties inutiles. Les physiologistes ont désiré pendant long-temps qu'il fut fait des recherches exactes sur ces matières, dans l'attente qu'elles répandraient un nouveau jour sur le procédé de la digestion. Si l'on connaissait bien , en effet, les substances prises intérieurement comme aliment, et toutes celles nouvelles qui sont formées par la digestion , c'est-à-dire , toutes les parties constituantes du chyle et de l'excrément , ainsi que la variation produite dans l'excrément par les diverses sortes d'alimens , ce serait un très-grand pas de fait dans l'étude des changemeus que la digestion fait éprouver aux substances qui nous nourrissent.

Plusieurs des chimistes anciens avaient porté leur attention sur les exe rémens des animaux1 ; mais ils ne furent dédommagés par aucune découverte importante , de ce que leur travail avait de désagréable. Vauquelin s'est assuré de quelques faits remarquables , relativement à la matière excrémentitielle des poules. Dans l'été de 1806 , Berzelius publia une suite d'expériences laites avec beaucoup de soin sur les excrémens humains, et qu'il annonçait avoir entreprises, dans l'intention principalement d'éclairer les fonctions de la digestion2. Environ deux ans auparavant, Thaër et Einhof avaient donné connaissance d'expériences semblables sur les excrémens de bestiaux-, expériences dont l'objet était de découvrir , s'il est possible , les principes auxquels ces excrémens devaient leur puissante action comme engrais 3. Je présenterai dans cette section un exposé des résultats qu'obtinrent ces différens chimistes.

I. On suppose que la couleur des excrémenshumains, dont Matières ul'aspect n'exige aucun détail particulier , dépend du mélange calcsl'"I,!'iJ"ts de la bile avec l'aliment dans le canal alimentaire. Lorsque cette couleur est trop claire, on croit pouvoir en conclure qu'jl y a insuffisance de bile ; si cette couleur est trop foncée , on

' Van Helmout's custos errans, sect. VI. Opéra Helmont , p. i-fj.

Neumanu's Works , p. 585.

a Gehlcn's Journ. VI > 58g.

3 Ibicl. III , i-fi.

Glï PARTIES DES ANIMAUX.

l'attribue à une surabondance de cette sécrétion. L'odeur est fétide et particulière ; au bout de quelque temps elle se change par degrés en une odeur qui tient de l'aigre. La saveur est à-la-fois araère et douceâtre. La matière fécale fraîche n'altère pas les couleurs bleues végétales , ce qui indique qu'elle ne contient point d'alcali , ni d'acide libre'.

i. La consistance des matières fécales humaines varie considérablement dans différentes circonstances ; mais on peut évaluer, comme terme moyen , aux o,y5 , la perte de poids qu'elles éprouvent par leur dessication au bain-marie. 2. pariies 2. Elles ne se mêlent pas facilement avec l'eau ; mais on

icnsiituaûtes. peut } par une agitation et une macération suffisantes , parvenir à les y délayer. Si l'on fait passer le liquide dans cet état à travers un linge, il laisse une matière d'un brun grisâtre, retenant une odeur particulière, dont s'imprègnent fortement toutes les substances qui sont en contact avec ce résidu. Après la dessication, cette substance présente des débris des matières végétales employées comme aliment, et peut-être aussi de quelques matières animales. La' quantité de ces débris forme environ les 0,07 des matières fécales 3.

3. Le liquide passé, abandonné à lui-même, laissa déposer une matière visqueuse d'un vert jaunâtre, qui pouvait en être séparée par la filtration. La quantité s'en élevait , étant desséchée, aux 0,1 4 des matières fécales employées. D'après les expériences nombreuses de Berzelius sur cette matière, elle paraît être principalement composée de trois substances : i°. d'une matière adipeuse , qu'on peut en séparer par le moyen de l'alcool, qui a plusieurs propriétés communes avec le picromel , et que Berzelius considère comme étant cette substance un peu altérée ; i°. d'une substance particulière colorée en jaune , qui se dissout dans l'eau après que la matière adipeuse est enlevée. Cette substance, Berzelius la compare à la gélatine; mais elle semble avoir plus de rapport avec le mucus, ou du-moins , contenir le mucus comme partie constituante. Elle est soluble dans l'eau, et insoluble dans l'alcool : le tannin trouble sa dissolution, sans y occasionner de précipité -, l'acétate de plomb y en produit un blanc abondant ,

* Gehlcn's Journ. VI , 5i2.

» Ibid. p. 535.

3 Ibid- p. 5i3.

MATIERES FÉCALES. Gz?)

mais sans faire perdre à la dissolution sa couleur jaune. Elle entre très-promplement eu putréfaction , en exhalant l'odeur d'urine putréfiée; 3°. d'un résidu gris verdàtre , insoluble dans l'eau et dans l'alcool, et qui laisse, après son incinération, de la silice et du phosphate de potasse *.

4- Le liquide passe à travers le filtre était d'abord d'un jaune clair -, mais par son exposition à l'air il brunit , et passa par degrés à une couleur foncée, jusqu'à ce qu'à la lin la dissolution lût devenue trouble. Lorsqu'il eut été concentré par l'évaporation, il s y manifesta de petits cristaux transparens, qu'on reconnut être des cristaux de phosphate ammonîaco- magnésien. En examinant la dissolution , on trouva qu'elle contenait les substances suivantes ; i°. de l'albumine , qu'on "pouvait obtenir en mêlant de l'alcool à la dissolution concentrée. Le précipité consistait dans un mélange d'albumine et de sels phosphoriques. îoo parties de matières fécales ne produisirent que 0,9 parties d'albumine ; ^°. de la bile. Berzeiius entendait par cette substance ,un mélange de picromel et de soude. Il en inféra la présence, de la nature du précipité produit par les acides , ainsi que du sel de soude qu'on obtint en évaporant le résidu. La quantité de celte substance contenue dans 100 parties de matières fécales, était 0,9; 3°. d'une substance particulière, d'un brun rougeâtre , çoluble dans l'eau et dans l'alcool. Les acides la colorent en un brun intense. Une petite quantité de tannin la précipite en rouge et à l'état pulvérulent; et par une quantité plus grande , elle est précipitée en flocons bruns grisâtres. L'hydrochlorate d'étain, le nitrate d'argent et l'acétate de plomb , la précipitent. Lorsqu'on la chauffe elle se fond en répandant l'odeur d'ammoniaque. Après sa combustion , elle laisse des traces de sonde et de sels phosphoriques. Berzeiius suppose que cette substance est formée par le picromel , qui subit quelque changement après que les matières fécales ont été exposées à l'air. La quantité obtenue sur 100 parties de matières fécales, était de 2,7 parties; 4^ divers sels. Ces sels ne forment en tout , y compris le phosphate ammoniaco-nuignésien , que 1,2 parties dans 100 parties de matières fécales. Leurs proportions respectives sont ainsi qu'il suit , savoir :

* Geblen's Jouru. VI, 5a&-534.

6a4 PARTIES DES AMMAUX.

CarLonate de soucie 35

Hydrochlorale de soude 4

Sulfate de soude 2

Phosphate ammoniaco-magnésien. 2

Phosphate de chaux 4

Tels sont les principes constituais des matières fécales humaines , d'après les expériences deBerzelius. La table suivante présente le résultat de son analyse*.

Eau 70,3

Débris végétaux et animaux . . . 7,0

Bile 0,9

Al bumine 0,9

Matière extractive particulière. . 2,7

Sels 1,2

Matière visqueuse, composée de picromel, de matière animale particulière , et de résidu insoluble i4,o

100,0 II. La matière excrémentitielle examinée par Thaè'r et

FxTPmens t-i* 1 f ' ■ 11 i i - * i> • 1 1 •

de bestiaux. .Einhor était celle des bestiaux nourris a letable, principalement de turneps. Elle avait une couleur verte jaunâtre, une odeur analogue à celle du musc, et peu de saveur. Sa pesanteur spécifique était de i,o45. Elle n'altérait pas les couleurs bleues végétales, et par conséquent elle ne contenait ni alcali, ni acide libre.

1. L'acide snlfurique mêlé avec cette matière, y développe l'odeur d'acide acétique ; mais Thaër et Einhoî" ont l'ait voir que cet acide n'existe pas dans les matières lécales , et qu'il est formé par l'action de l'acide sulfurique. Les alcalis caustiques, les acides nitrique et hydrochlorique , ne produisent que peu de changemens sur les excrémens des bestiaux, au-moius sans le secours de la chaleur.

2. Lorsqu'on dessèche au bain-marie 100 parties de ces excrémens, ils laissent pour résidu un peu plus de 28 parties de matière solide.

3. Lorsqu'on en eut délayé dans l'eau 249 grammes, il se déposa une quantité de sable, qui pesait 3 grammes.

Gchlcn's Journ. VI, 536.

Page 1