‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 177 sur 228 · CONCRÉTIONS MORBIFIQUES · texte numérisé non relu

CONCRÉTIONS MORBIFIQUES

L'annonce des résultats de cette analyse n'ayant été accompagnée d'aucuns détails , nous ue pouvons pas nous assurer jusqu'à quel point on peut les considérer comme exacts *.

8. Fourcroy et Vauquelin n'ont trouvé la silice que dans deux calculs, quoiqu'ils en aient analysé environ 600. Ainsi, 8. suie on doit la considérer comme une partie constituante très-rare de ces concrétions. Dans les deux calculs qui eu contenaient, elle était mêlée avec du phosphate de chaux8. Ces deux calculs étaient de ceux qu'on appelle muraux, mais d'une couleur plus claire qu'a l'ordinaire; ils étaient extrêmement durs, très-dilficiles à scier ou à réduire eu poudre. On peut aisément découvrir la présence de la silice par la propriété qu elle a de se fondre en verre avec les alcalis fixes , ainsi que par ses autres propriétés bien connues Le professeur Wurzer a découvert la présence de la silice dans la proportion de 0,01 , dans un calcul qu'il analysa ; il était composé de

Phosphate de chaux 1 7, 53

Acide urique. j5,54

Matière animale 6,55

Silice i ,

Alemani trouva aussi une proportion excessive de silice dans le calcul qu'il analysa, et dont nous avons énoncé les résultats.

g. Fourcroy et Vauquelin soupçonnèrent l'existence de9. Urée. l'urée dans les calculs ; mais ce fut Bracde qui en découvrit le premier la présence. Il l'obtenait en faisant digérer dans l'eau ou dans l'alcool , les calculs qu'il supposait en contenir, et en évaporant la dissolution. La proportion de cette substance semble être quelquefois considérable. Dans une analyse, M. Braude trouva o,H6 de matière animale, dont \a plus grande partie était indubitablement de l'urée 4.

10. Ce fut le docteur Wollaston qui découvrit loxide 10. Ourfe cystique , et qui en reconnut la nature. 11 trouva qu'un petit cyst>ïae-

1 Ann. de Chim. LXV, 222.

* Fourcroy, idem. XXXII, 221.

â Gehlen's Journ. Second Séries , II , a65.

4 Phil. Mag. XXII, 17.1.

calcul , sorti de la vessie d'un homme , en était entièrement composé. Ce calcul était blanc, dense, facile à casser, et il avait beaucoup de l'apparence de la pierre calcaire magnésienne. Les caractères que le docteur Wollaston distingua dans cette substance nouvelle et particulière , étaient ceux suivans; savoir : i°. elle se dissout et se combine également avec les acides et les alcalis , et cristallise dans l'une et l'autre de ces dissolutions. 2°. L'alcool la précipite de sa dissolution dans l'acide nitrique. 3°. Elle n'est point rougie par l'action de l'acide nitrique. 4°- Elle ne produit aucun changement sur les couleurs bleues végétales. 5°. Elle est insoluble dans l'eau , l'alcool et l'élher. 6°. À la distillation, elle donne du carbonate d'ammoniaque et de l'huile , et ne laisse qu'un très-petit résidu fixe, qui est du phosphate de chaux. Cette substance n'a encore été trouvée , jusqu'à présent , que dans 3 ou 4 calculs.

i.. Matière u- Tous les calculs contiennent une matière animale, animale, paraissant former le ciment qui lie ensemble les autres ingrédiens du calcul; cette matière est souvent en très-petite quantité, et quelquefois en proportion très - considérable. Fourcroy et Vauquelin la considérèrent d'abord comme étant de l'albumine; mais ils ont annoncé depuis s'être assurés que c'est du mucus ; opinion beaucoup plus vraisemblablement exacte , le mucus étant sécrété par la surface intérieure de la vessie , et par conséquent, toujours présent en plus ou moins grande quantité.

Telles sont les parties composantes des calculs urinaires ; mais comme ces substances s'y trouvent souvent mêlées ensemble de diverses manières , il est important de pouvoir reconnaître les parties constituantes de ces différens calculs par leur aspect , et de savoir quels sont les principes qui s'unissent habituellement ensemble ; car cette connaissance peut nous conduire par la suite à la vraie théorie de leur formation, et peut-être nous fournir ainsi les moyens de prévenir la plus terrible de toutes les maladies. Après avoir fait l'examen de plus de Goo calculs, Fourcroy et Vauquelin les ont divisésentroisgeures, et en douze espèces, dans l'ordre suivant: Genre I. Calculs composes d'un seul constituant.

CiaKificatîon Espèce i. Acide urique.

iks calculs. Espèce ?.. Urate d'ammoniaque.

lisjièce 3. Oxalalc de chaux»

CONCRÉTIONS MORBIF1QUES. 6^5

GENRE II. Calculs composes de deux constituans.

Espèce i. Acide urique et les phosphates en couches.

Espèce 2. Acide urique et les phosphates mêlés ensemble.

Espèce 3. Urate d'ammoniaque et les phosphates en couches.

Espèce 4- Urate d'ammoniaque et les phosphates mêlés ensemble.

Espèce 5. Les phosphates mêlés ou en couches.

Espèce 6. Oxalate de chaux et acide urique en couches.

Espèce 7. Oxalate de chaux et les phosphates en couches.

(*ENRE III. Calculs qui contiennent plus de deux constituans.

Espèce 1 . Acide urique , les phosphates, et l'oxalale

de chaux.

Espèce 2. Acide urique , urate d'ammoniaque , les

phosphates , la silice.

Nous allons présenter un exposé de chacune de ces espèces.

Esp. 1. Acide urique. Sa couleur est celle du bois, avec Description des nuances diverses de jaune ou de rouge. Sa contexture est sesPec< rayonnée et lamelleuse , compacte et fine. Sa pesanteur spécifique est de r ,5 à 1 ,786 , et quelquefois seulement de 1 ,276. Sa surface est ordinairement lisse et polie. Il se dissout complètement dans les lessives alcalines, sans répandre d'odeur d'ammoniaque. Sur les 600 calculs analysés par Fourcroy et Vauquelin, il y en avait i5o de cette espèce, qui est la plus commune.

Esp. 2.. Urate d'ammoniaque. Sa couleur est blanche brunâtre. Sa contexture est lamelleuse : les lames se séparent aisément l'une de l'autre. Sa pesanteur spécifique est de i,223 à 1,720. L'urate d'ammoniaque est souvent cristallisé à sa surface. Il est soluble dans l'eau chaude , sur-tout lorsqu'il est réduit en poudre. Il se dissout dans les alcalis fixes avec dégagement d'ammoniaque. Cette espèce est rare. Brande a rendu probable que ce calcul n'existe pas, et que ceux, que Fourcroy et Vauquelin rapportent à celui-ci, sont composés d'acide urique , d'urée, et d'hydrochlorate d'ammoniaque.

Esp. 3. Oxalate de chaux. Sa couleur est le brun de suie. Sa contexture est dense et dure , analogue à celle de

l'ivoire. Sa surface est inégale et garnie en totalité Je protubérances pointues ou arrondies. C'est par cette raison qu'on distingue les calculs de cette espèce par la qualification de muraux. Sa pesanteur spécifique est de 1,428 à 1,976. Il exhale, lorsqu'on le scie, l'odeur de sperme. Etant calciné, il laisse un résidu de carbonate de chaux. Il est insoluble dans les alcalis , et se dissout difficilement dans les acides. Cette espèce est assez commune.

Esp. 4* -Acide inique et les phosphates en couches. La surface de ce calcul est blanche comme la craie , friable , ou d'apparence spathique et demi-transparente , selon que l'enveloppe extérieure est composée de phosphate de chaux ou de magnésie. Ces calculs sont souvent gros. Lorsqu'ils sont coupés , ils présentent un noyau d'acide urique. Quelquefois ce noyau est recouvert de couches alternatives des deux phosphates. Sa pesanteur'spécifique est très-variable. Cette espèce n'est pas rare. Elle formait environ les 0,02 des calculs examinés par Fourcroy et Vauquelin.

Esp. 5. Acide urique et les phosphates mêlés ensemble. Cette espèce varie dans son aspect. Quelquefois ses parties constituantes sont disposées alternativement en couches visibles; et quelquefois elles sont trop minces pour pouvoir être distinguées à la vue ; on ne peut les reconnaître que par l'analyse. La pesanteur spécifique est de 1 ,2 1 3 à 1 ,789. Cette espèce n'est pas rare. Elle composait environ les o,025 des calculs analysés par Fourcroy et Vauquelin.

Esp. 6. Urate d'ammoniaque et les phosphates en couches. Cette espèce ressemble à la quatrième par son aspect; mais au- lieu d'acide urique , son noyau est composé d'urate d'ammoniaque. Elle n'est pas très-commune , et les calculs dont elle se compose sont plus petits que ceux de la quatrième espèce.

Esp. 7. Urate d'ammoniaque et les phosphates mêlés. Ces calculs ressemblent à ceux de la cinquième espèce; mais ils s'en distinguent par une couleur moins jaune , et par un dégagement d'ammoniaque , lorsqu on les traite avec la potasse. Us sont petits et assez rares.

Esp. 8. J,es deux phosphates mêlés ou en couches. La couleur est (i'mi blanc de craie. La contexture est lamelleuse; friable, facile à séparer, et tachant, comme la craie, la surface d'autres corps. Les calculs de cette espèce sont souvent

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