danslcbscurilê
» Je présume que Saussure s'assura simplement que la nouvelle portion cru gaz auque] il avait donné le nom d'azote, ne diminuait pas av.ec l'oxigène, et ne rendait pas trouble l'eau d* chaux. Plusieurs autres gaz ont ces propriétés. Ainsi il était possible que ce fut quelque gaz inflammable. L'hydrogène aurait détpnné avec l'oxigène; mais cela n'aurait pas lieu avec quelques-uns d«s gaz inflammaLJes composés , lorsqu'ils sont trcs-étendns avec Pair ai.niosph.cmuc, a- Mena. Par. 1786.
3f)0 VÉGÉTATION-.
vicient l'air plutôt qu'elles ne l'améliorent. Or , puisqu'on a trouvé que l'émission de gaz oxigène dépend de l'absorption de l'acide carbonique , il est probable que cet acide n'est absorbé que dans la lumière. Saussure , à-la -vérité , a voulu prouver que les plantes absorbent et décomposent l'acide carbonique, même dans l'obscurité; mais si cela a lieu, la quantité en est si excessivement petite qu'on ne saurait l'apprécier. Couleur verte III. Sennebier a fait voir que la couleur verte des plantes par k lumière, dépend de l'absorption de l'acide carbonique. Il paraît que ce n'est seulement que lorsqu'elles végètent à la lumière; car lorsqu'elles végèteut dans l'obscurité elles sont blanches ; et par leur exposition à la lumière , elles verdissent en trèspeu de temps, dans quelque situation qu'elles soient placées, lors même qu'elles sont plongées dans l'eau , pourvu cependant qu'il s'y trouve de l'oxigène ; car M. Gough a fait voir que la lumière elle-même n'a pas la propriété de produire la couleur verte sans la présence de l'oxigène \
Sennebier a aussi remarqué , que lorqu'on fait végéter des plantes dans l'obscurité, leur étioleraient diminue beaucoup si l'on mêle un peu de gaz Irydrogène à l'air qui les environne2. Ingenhousz avait déjà observé , qu'en ajoutant un peu de gaz hydrogène à l'air dans lequel les plantes végètent, même à la lumière, leur couleur verte devient plus foncée3; et il paraît qu'il pensa aussi avoir prouvé par ex-
Jîériences, que dans ces circonstances les plantes absor- )ent du gaz hydrogène +. Humboldt a reconnu que le poa. annua et compressa , le plantago lanceolata , le trifolium arvense , le cheiranthus cheirî , le lichen verticillatus , et plusieurs autres plantes qui croissent dans les galeries des mines , conservent leur couleur verte dans l'obscurité , et que dans ces cas , l'air qui les entoure contient une certaine quantité de gaz hydrogène. Ce savant en conclut , que la couleur blanche des végétaux étiolés est due à ce qu'ils retiennent une proportion d'oxigène plus considérable que la proportion ordinaire, ce qu'il est possible d'éviter en les entourant de gaz hydrogène. Cette opinion peut être fondée dans certains cas; mais les expériences déjà mentionnées de
• Mnnch. M cm. IV, 5oi.
* Encycl. métlj. Physiol. vcget. p. •yS.
3 Ami. de Cliim. III, 5"].
4 Ibid. p. 6i.
FONCTIONS DES FEUILLES. 3<)ï
M. Gough suffisent pour nous convaincre que cette propriété de retenir l'oxbèue n'est pas la seule différence qu'il y ait entre les plantes vertes et celles étiolées '.
Rouelle fit voir que la matière colorante verte des plantes est d'une nature résineuse. Berttwllet a conclu de ce fait, Onuoppoié ainsi que de la circonstance de la formation de cette mat-ière ie« Pu0te« à la lumière seulement, que les feuilles des plantes ont la aec|^°sen, propriété de décomposer l'eau aussi bien que l'acide carbonique, lorsqu'elles sont exposées au soleil. L'oxigène dégagé est fourni en partie, selon Bcrthollet, par l'acide carbonique décomposé , et en partie par l'eau, taudis que le carbone et l'hydrogène entrent dans la composition des parties inflammables de la plante. Cette théorie ingénieuse, quoiqu'assez probable , n'est pas susceptible d'être prouvée directement. Les expériences de Saussure nous apprennent que , lorsqu'on fait végéter des plantes dans l'eau pure , ou dans des atmosphères dépourvues de gaz acide carbonique , il n'y a pas augmentation de quantité de leur matière fixe ; mais lorsque leurs atmosphères contiennent ce gaz acide , la quantité dont elles augmentent en poids est beaucoup trop grande pour qu'on puisse l'attribuer au carbone et a l'oxigène provenant de l'acide carbonique absorbé1. Il est donc évident, qu'une portion de l'eau d<>it entrer dans \e--r composition. Il est également plus proltable, que les éiémeus de cette portion d'eau se combinent différemment , plutôt que de continuer à rester à l'état d'eau. Ces faits viennent certainement à l'appui de l'hypothèse de Berthollet. En considérant en effet lagrande quantité d'hydrogène contenue dansles plantes, il est difficile de concevoir d'où plies auraient pu l'obtenir, si l'eau qu'elles absorbent ne contribue pas à le leur fournir.
IV. Les plantes ne végètent qu'auîant que leurs feuilles Les fiante* sont en communication avec l'air atmosphérique ou avec le rVxigène! gaz oxigène. Cette opinion avait été rendue probable par ceux des savans qui , vers la fin du i j*. siècle , fixèrent particulièrement leur attention sur les propriétés physiques de l'air ; mais le docteur Ingenhousz est peut-être le premier
* Les plantes dont ta couleur est blanche, A raison de ce qu'elles végètent dans l'obscurité, sont appele'es étiolées, du mot français, étoile , comme si l'on voulait dire des plantes, qu'elles croissent p«r la lumière des étoiles.
,* Recherches, p 2ij»
des chimistes modernes qui l'ait mise hors de doute. Il reconnut que le gaz acide carbonique , le gaz azote et le gaz hydrogène opéraient entièrement la destructiou des plantes , à moins qu'ils ne fussent à l'état de mélange avec l'air atmosphérique ou le gaz oxigène. Il reconnut aussi, que les plantes profitaient très-bien dans ces derniers gaz x. D'après ces données , il était assez clair , que les feuilles des plantes absorbaient l'oxigène; et toutes les séries d'expériences chimiques faites sur les plantes conduisaient à la supposition que cette absorption ne se faisait que la nuit. Saussure a fait depuis des recherches plus complètes sur ce sujet 5 il a non-seulement confirmé ces suppositions , par des expériences décisives , mais il y a ajouté plusieurs faits nouveaux , dont on n'avait pas jusqu'alors soupçonné l'existence 3.
1. La plupart des plantes refusent de végéter dans le gaz azote. Il n'y a que celles qui sont abondamment pourvues de parties vertes , telles que le cactus opuntia , etc. , qui puissent continuer d'y vivre; et s'il en est ainsi, c'est parce qu'elles dégagent pendant le jour une portion d'oxigène dont l'absorption pendant la nuit les soutient3.
2. Lorsque les feuilles des plantes sont mises en contact avec l'air atmosphérique pendant la nuit , elles diminuent le volume de cet air en absorbant del'oxigène. Quelques plantes convertissent , en même-temps , une portion de l'oxigène en gaz acide carbonique , tandis que d'autres ne forment pas une quantité seusible de ce dernier gaz. Ainsi , par exemple , les feuilles du cactus opuntia , du crassula cotylédon , du sempervivum tectorum , de K agave americana , et de la stapelia -variegata, absorbent simplement l'oxigène , tandis que les feuilles du quercus robur > du sedum rejlexum , de Xœs* calus hyppocastanum y et du rohinia pseudo-acacia absorbent de l'oxigène, et forment une portion de gaz acide carbonique , inférieure en quantité au gaz oxigène quia disparu *.
3. L'inspiration de l'oxigène par les feuilles, n'a lieu que lorsqu'elles conservent leur forme d'organisation. Si on la détruit , en les réduisant en pâte , par exemple , il n'y a plus d'absorption de gaz oxigène , quoiqu'une portiou de ce gais
' tngcnhousz., II, passim.
% Recherches, p. 60.
* ILid. p. 197.
4 Saussure, Recherches, p. 61.
FONCTIONS DES FEUILLES. 3p,3
soit même alors convertie en acide carbonique par l'action de la matière carbonacée présente *.
4- L'oxigène ainsi absorbé par les feuilles des plantes, ne s'en sépare pas , lorsqu'étant mises sous le récipieut de la machine pneumatique, on fait le vide. Elles fournissent bien, à-la-vérité , par ce moyen , un peu d'air , mais toujours en beaucoup moindre quantité que celle de l'oxigène absorbé ; et cet air est précisément de la môme nature que celui de l'atmosphère dans laquelle étaient les plantes avant l'expérience. On ne parvient pas non plus à dégager l'oxigène des feuilles en les soumettant au plus grand degré de chaleur qu'elles puissent supporter sans être détruites *.
5. Il y a lieu de croire que le gaz oxigène ainsi absorbé eiu par les plantes , s'y convertit en acide carbonique , et que ce CûenDvearcîd"' n'est seulement que lorsque la plante est saturée de cet acide carboQique- ( si on peut s'exprimer ainsi), que l'oxigène environnant
est en partie transformé en acide carbonique, en se combinant avec la matière carbonacée de la plante. Par l'exposition des feuilles à la lumière , cet acide carbonique est décomposé , et il se dégage une certaine quantité d'oxigène j ordinairement plus grande que celle qui avait été absorbée. Mais lorsque les plantes végètent daus des atmosphères dépourvues d'acide carbonique , l'oxigène dégagé à la lumière est toujours en proportion avec l'oxigène inspiré pendant la nuit , ce dégagement étant toujours le plus abondant dans les plantes qui ont absorbé le plus d'oxigène.
6. Les plantes diffèrent beaucoup entr'elles relativement Différent
à la quantité d'oxigène que leurs feuilles absorbent pendant daa^a0qr£éel:t" la nuit. Les plantes grasses en absorbent le moins, probablement parce qu'elles n'exhalent point de gaz acide carbonique. C'est par cette raison qu'elles peuvent vivre dans des situations élevées , où l'atmosphère est raréfiée. Viennent ensuite les arbres verts , qui , bien qu'ils absorbent plus d'oxigène que les plantes grasses , en exigent cependant beaucoup moius que ceux des arbres qui perdent leurs feuilles pendant l'hiver. Celles des plantes qui réussissent dans des sols marécageux , n'absorbent que très-peu d'oxigène. Les tables qui suivent présentent le résultat des expériences de Saussure
' Saussure. Recherches, p. "t\.
Table» de
3<)4 VÉGÉTÂT 10 H-.
sur ce sujet. La première colonne renferme les noms des plantes dont les feuilles furent employées; la seconde, les noms des mois dans lesquels les expériences furent faites-, et la troisième , le volume d'oxigène absorbé , en supposant le volume des feuilles employées dans chaque expérience toujours 1,00*.