SELS D'ARGENT
Esp. i3. Benzoate d'argent. L'acide benzoïque ne peut se combiner qu'avec foxide d'argent, qu'il dissout et avec lequel il foime un sel aisément soluble dans l'eau, mais trèspeu dans l'alcool. Ce sel , qui n'est point déliquescent à 1 air, se colore en brun par son exposition aux rayons du soleil. Au feu, son acide s'évapore et l'argent reprend son état métallique '.
Esp. i4- Succinate d'argent. L'acide succinique n'exerce H- Succincte; aucune action sur l'argent, mais avec son oxide, qu'il dissout, il forme un sel qui cristallise en prismes fins , oblongs , rayonnes2.
Esp. i5. Oxalate d'argent. L'acide oxalique n'attaque point l'argent, mais il dissout une petite portion de son oxide. Bergmau, qui examina le premier i'oxalate d argent , reconnut qu'on pouvait le former en versant de l'acide oxalique dans une dissolution de nitrate d'argent. Il est sous la forme d'une poudre blanche qui se dissout à peine dans l'eau et p^s du tout dans . Polcool. Ce s«;l est soluble dans l'acide nitrique. Il noircit à l'air, et par conséquent son oxide s'y réduit s.
Esp. 16. Tartrate d'argent. L'acide tartarique n'aitaque l6, Tartrate< pas l'argent; mais le tartrate acide de potasse dissont son oxide avec lequel il forme une masse saline qui noircit par son l'exposition à l'air 4. L'acide tartarique ne précipite point la dissolution de nitrate d'argent.
Esp. 17. Tartrate de potasse et d"' argent. Thénard a fait voir qu'en mettant du tartrate acide de potasse dans du nitrate d'argent liquide, il se forme un sel triple composé d'acide tartarique, de potasse et d'oxide d'argent. Ce sel est décomposé par les alcalis et leurs carbonates, ainsi que par les sulfates et les hydrochlorates5.
Esp. 18. JMellate d'argent. L'acide mellitique n'occasionne aucun précipité dans le nitrate d'argent6.
Esp. 19. Citrate d'argent. L'argent n'est point attaquable 19- Citrate, par l'acide citrique; mais son oxide s'v combine, et de cette union résulte un sel insoluble dans l'eau, d'une saveur acre
1 Tmmmsdnrf, Ann. de Chim. XI, 3i5.
* Wenztl, Yerwanckschaft , p. 2^5.
3 Fergman. 1 , 38G.
4 Wenzel, Verwandtschaft , p. 2t8,
5 Ann. de Clr'm. XXX VIII , 30.
6 Klaprotii's Bcitrage. III, t'3i.
et métallique. La lumière le noircit, et il donne à la distillation de l'acide acétique, en abandonnant l'argent à l'état métallique. Ce sel est décomposé par l'acide nitrique. Ses parties constituantes sont, suivant Vauquelin, à qui nous devons la connaissance de ces faits, de
36 Ari.le.
64 Oxide d'argent.
îoo
En le supposant composé de î atome acide -f- î atome oxide, ses parties constituantes doiveut être :
Acide citrique 35,3
Oxide d'argent 66,6
îoo
car le poids d'un atome d'acide citrique est juste la moitié de celui d'un atome d'oxide d'argent.
Esp. 20. Saccho-lactate d'argent. L'acide saccho- lactique produit un précipité blanc dans la dissolution de nitrate d'argent*.
Esp 2i. Malate d'argent. Schéele s'assura que l'acide malique précipite la dissolution de nitrate d'argent, mais on n'a pas examiné la nature de ce précipité 3. ■t. Lactate. j?sp 22# j^acrate d'argent. On obtient ce sel en dissolvant du carbonate d'argent dans l'acide lactique. La dissolution d'un jaune verdâtre, a une saveur désagréable de vert de gris. Lorsqu'elle est évaporée sur une capsule très-plate, elle se dessèche en un vernis jaune verdâtre, avec une surface resplendissante comme celle d'un miroir. En l'évaporant dans une capsule profonde, il devient brun par la réduction d'une partie de l'argent. Même dans la matière jaune polie, une portion fie l'argent est réduite, comme cela devient évident en dissolvant le sel dans l'eau 4.
Esp. cî3. Zumate d'argent. L'acide zumique dissout facilement l'oxide d'argent, a l'aide d'une douce chaleur. La dissolution donne, par le va po ration, îles cristaux en aiguilles soyeuses, réunies ensemble en globules, de manière que toute
* Fonreroy. VII, 20g, » Schéele.' II , 80.
3 Crell'â Annals. Il, 11. F.ngl. Trans.
* JBerzelius, Djurkeinien. II, 4^8.
sels d'ok, ?33
îa liqueur paraît s*êfr° coagulée. Ce sel, desséché, est d'une belle couleur blan< he; mais il devient rouge par sou exposition à la lumière. 11 se dissout daDs vingt fois son poids d'eau, à la température de 190 centig. Chauffé, il se fond, se boursouffle, bruii.t, s'enflamme et laisse de l'argent métallique*.
Telles sont les propriétés des sels d'argent, autant qu'elles ont pu être examinées. Ces sels ressemblent à ceux de mercure, en ce que , surtout, ils sont insolubles dans l'eau. Le seul d'entre eux qui soit d'un usage ordinaire , est le nitrate, qu on emplove à une grande variété d'objets , soit en chimie, soit dans l'économie domestique. On reconnaît aisément la composition des sels d'argent eu les considérant comme des composés de 1 atome oxide d'areent et de 1 atome de chacun des acides, Le poids d'un atome d'oxide d'argent est i4?7^- J^uis avons précédemment donné le poids d'un atome des acides.
SECTION XXV
Sels d'or.
Quoique l'or ait été travaillé de toutes les manières et avec la plus persévérante industrie par les alchimistes et les métallurgistes; quoique, pour les chimistes aussi, il ait été à tous les âges de la science, un objet intéressant d'examen, il n'est cependant pas de genre de sels qui nous soient actuellement si peu connus que ceux qui ont les oxides de ce métal pour base. Ce n'est pas parce que les recherches sur ce métal étaient nécessairement dispendieuses , que les faits sur la nature des combinaisons de ses oxkles nous manquent ; mais c'est à raison des propriétés particulières de l'or lui-même. Ce métal n'étant attaquable par aucun des acides, exceptés l'acidehydro-chloro-nitrique et le chlore, il ne pputèlre directement formé de sels d'or que Ibydrochlorate. Tous les autres ne s'obtiennent qu'en précipitant loxide d'or de sa dissolution dans l'acide hydrochloro-nitrique et en le dissolvant en-
* Braconaot, Aon. de Chim« LXXXVI , 92.
suite dans les autres acides. Mais on n'eut l'idée de l'emploi de cette méthode, qui est diilicile, que lorsque la nature de9 oxides d'or fut connue; et depuis, aucun chimiste n'a considéré ces sels ce m me étant digues de recherches. Il est vrai en effet qu'ils ne présentent pns l'espoir de ces découvertes brilla u tes, dont l'attente attache aux autres parties de la science* On conviendra cependant qu'un travail bien exact sur la nature et les propriétés des sds métalliques cxi^e autant d'habilité et de sagacité qu'aucun autre examen quelconque, et qu'il contribue liait tout àïrtaht à l'avancement de la science. 11 répandrait un nouveau jour sur la minéralogie et même sur la géologie : il nous fournirait les movens de connaître avec plus de précision la nature de l'affinité, et il nous servirait aussi a discerner la vérité de certaines théories chimiques àetuelleraent en vogue.
Ou ne connaît que deux oxides d'or , le pourpre et le jaune. Mais le premier de ces oxides ne se combinant point av«jc les acides, il s'ensuk que tons les sels d'or sont, strictement parlant, persels^ ou des combinaisons de l or avec un maximum d'oxigène. De même aussi on n'a distingué jusqu'à présent que deux espèces de seîs d'or, Vfydroçhlorate et le nitrate.
Les propriétés caractéristiques des sels d'or sont les suivantes :
er.ractères. i • Us sont solubles dans l'eau, et la dissolution est de couleur jaune.
2. Le ferrocyanate de potasse précipite leurs dissolutions en blanc, ou blanc jaunâtre.
3. L'acide gallique, ou l'infusion de noix de galle, colore ces dissolutions en vert, et il se précipite une pondre brune qui consiste dans l'or réduit.
4. Une lame d'étain, ou de l'hydrochlorate d'étain, produit, dans ces dissolutions, un précipité pulvérulent de couleur pourpre.
5. Le sulfate de fer précipite l'or à l'état métallique. L'acide sulfureux produit le même effet.
Le meilleur moyen à employer dans l'examen des sels d'or, serait de dissoudre le métal dans l'acide hydro-chloro-uitrique, de p écipiter le peroxide par un carbonate de potasse, et à chaud, de laver convenablement cetoxide et de le dissoudre pendant qu'il est encore mouillé dans les di&'érens acides,
Par cette méthode , on pourrait former les sels d'or, et reconnaître leurs propriétés.
Esp. i . Nitrate d'or. L'acide nitrique n'attaque l'oxide d'or i. Nitrate que lorsqu'il est concentré. La dissolution est de couleur brune et elle contient toujours un grand excès d'acide. En y ajoutant de l'eau, l'oxide d'or se précipite. Il parait qu'il n'y a que peu d'affinité entre l'acide nitrique et l'oxide d'or. C'est sans doute la raison pour laquelle cet acide ne dissout pas le métal *. Lorsque la dissolution est chauffée , l'or est précipité à l'état métallique.
Esp. 2. Sulfate d'or. Ce sel s'obtient en dissolvant l'oxide a. Sulfate, d'or dans l'acide sulfurique chaud , étendu d'eau. Il est jaune , avant une saveur très-styptique, et contenant toujours un excès d'acide. J'ignore s'j! est susceptible de cristalliser, et je ne connais les propriétés d'aucun autre des sels d'or.
SECTION XXVI
Sels de platine.
Le platine ayant, comme l'or, la propriété de résister à l'action de tous les acides , exceptés l'acide hvdro-cbloronitrique et le cblore , il présente sous ce rapport le même obstacle à l'examen de ses sels. Il ne doit donc pas paraître étonnant que la connaissance de ce genre de sels soit à peine plus avancée que celle des sels d'or.
Les sels de platine se distinguent par les propriétés suivantes :
1. Leur dissolution dans l'eau est d'une couleur brune Catactèrasi jaunâtre.
2. Le ferrocyanate de potasse ne précipite pointées dissolutions.
3. Il n'y est pas non plus produit de précipité par l'acide gallique ou l'infusion de noix de galle.
4. La potasse et l'ammoniaque y occasionnent des précipités en petits cristaux de couleur orangé.
5. L'acide hydro -sulfurique en précipite le platine à l'état d'une poudre noire.
- ' ' i ■ . , mmmmm . ,1 i
* Vauquelin, Ann. de Chim. LXXVII, 33a,
Il y a lieu de croire, d'après les expériences de M. Edmond Davy, qu'on ne peut ajouter aucune confiance à celles de Bergman et de Chenevix sur les sels de platine. Ainsi donc les seuls sels de ce métal , qui nous soient actuellement connus, sont le sulfate et les sels triples , consistant dans le sulfate combiné avec les sels alcalins et terreux. i. Sulfate. Esp. I. Sulfate de platine. Ce fut Proust qui fit le premier mention de ce sel en 1802 * , et il fut particulièrement examiné par M. Edmond Davy en 1812 a. On peut l'obtenir en faisant passer un courant de gaz acide hydro -sulfurique! dans une dissolution de platine dans l'acide hydro-chloronitrique. Il se précipite une poudre noire qu'il faut laver et faire bouillir à siccité dans l'acide nitrique; et le mieux est de répéter une seconde fois cette ébullition afin d'opérer la conversion complète de la poudre en sulfate de platine.
Le sulfate de platine ainsi obtenu , est d'un brun approchant du noir. Il est sous la forme d'une croûte poreuse , qui a de la ressemblance avec la matière charbonneuse que laisse le sucre décomposé par la chaleur. Il est très-cassant et se réduit facilement en poudre. Son éclat ressemble un peu à celui du sulfure de zinc cristallisé. Sa saveur est acide et métallique avec un certain degré de causticité. Il rougit légèrement la teinture de tournesol. 11 est très-déliquescent et par conséquent très-soluble dans l'eau. Il se dissout dans l'alcool , l'éther , l'acide hydrochlorique , l'acide nitrique et l'acide phospho ique. Les alcalis forment avec ce sulfate des composés triples. Sa dissolution dans l'eau est de couleur brun obscur d'une grande intensité. En y versant de 1 hydrochlorate d ammoniaque , il ne se produit point de précipité ; mais si l'on fait bouillir la dissolution à siccité, il se forme de l'hydrochlorate ammoniaco de platine. L'acide sulfurique ne peut être séparé de ce sel par aucune des méthodes ordinaires . à raison de la disposition du sel à entrer en composés triples. Eu le chauffant au rouge, il est entièrement décomposé 7 et il reste le platine à l'état métallique. On obtient du gaz oxigène, un peu de gaz acide sulfureux et un liquide semblable à l'acide sulfurique fumant des Allemands.
1 Ann. de Chim. XLIX, 180.
a Philosophical M&gazine. XL , 35<y.
SELS DE PLATINE. j'îf
II paraît, d'après les expériences de M. Edmond Davy , qu* ce sulfate est composé de
Acide sulfurique * 26,3
Proloxide de platine 73,7
Or, si nous le considérons comme un composé de 1 atome acide sulfurique -+• 1 atome piotoxide de platine, sa com« position serait :
Acide sulfurique 27,58
Protoxide de platine. . . 72,42
Nombres qui se rapprochent de très-près du résultat des expériences de M. Edmond Davy.
Esp. 2. Sulfate de potasse et de platine. Lorsqu'après avoir neutralisé par de la potasse nue dissolution aqueuse de sulfate de platine , on fait bouillir la liqueur pendant quelques minutes , il se précipite une substance d'un brun obscur, et le liquide reste incolore. Ce précipité est le sel triple dont il s'agit.
C'est une substance d'un brun obscur ou noir 7 en grains qui ressemblent a ceux de la poudre à cauon. Elle a un trèsgrand éclat se rapprochant de celui du sulfure de zinc. Elle est rude au toucher, insipide, insoluble dans l'eau, inaltérable à l'air , et n'éprouvant aucune action de la part de l'acide nitrique bouillant Ce sel se dissont aisément dans l'acide bydrochlorique bouillant-, mni^ l'acide hvdro - chlorocitrique n'a que peu d'action sur lui. 11 est insoluble dans les acides sulfurique , phosphoi que , et acétique bouillans. L'ammoniaque n'agit pas sur lui. Lorsqu'on le fait bouillir dans une dissolution de potasse , il ne se produit aucun effet apparent; mais si l'on fait bouillir la dissolution jusqu'à siccité . et qu'on chauffe , il paraît s'être formé deux composés distincts , l'un jaune et l'autre olive. 11 est insoluble daiia 1 alcool et dans l'éther. A une chaleur rouge , il est décomposé 5 les produits sont de l'oxigène ? du platine et du sulfate de
^38 DES SKLS*
potasse. Les parties constituantes de ce sel triple, sont, d'à-
près l'anaKse de M. Edmond Davy , savoir:
Protoxide de platine 78i°^
Sulfate de potasse io,8£
Eau loi84
Ce sel doit être considéré comme un composé très-extraordinaire, et il semble mériter a peine le nom de sel. Sa composition do:t être :
6 Atomes de protoxide 77,97
i Atome sulfate île potasse 10,89
10 Atomes eau * l->l*
Esp 3 Sulfate de soude et de platine. On peut obtenir celle substance de la même manière que l'espèce précédente, en substituant seulement^ sonde à la potasse. Sesproprietes sont entièrement semblables , et par con equent elle n exige point une description particulière. Ce sel est compose , suivant l'analyse de M. Edmond Davy, de
Frotoxide de Platine 84, 16
Sulfate de soude 7."
Eau b'75-
Ainsi il doit être formé de
8 Atomes protoxide .... 83,83 i Atome sulfate de sonde . 7^lS
10 Atomes eau ??3!L.
Esp f\ Sulfate ammoniaco de platine. On forme cette espèce' comme les deux qoi précèdent , en neutralisant avec de l'amuiooiaque , une d.ss .Union aqueuse du suLate de platine el eu faisant bouillir U liqueur pendant quelques minutes. La substance dont il s'agit , se précipite ; on la lave
et on U fait sécher. ,
Sa couleur est d'un brun léger ; elle est en pondre ou en morceau* d'une agrégation la, le. bile «I <''S/Pllle '.'n"\luble dans l'eau, eunaUetablc a t'ait, Ce sel triple se dtssout
dans les arides hydrochlorique et sulfurique , à l'aide de la chaleur. En le faisant bouillir dans une dissolution des alca^ lis fixes . il est décomposé. Etant chauffé , il se décompose avec un* sorte de détonation imparfaite. M. Edmond Havy ne lit pas l'analyse de ce sel avec précision; niait» il infère d'une expérience , qu'il e.st composé de
Oxide de platine jo
Sulfale d'ammoniaque et eau. 3o
Esp. 5. Sulfate de barite et de platine. Lorsqu'on ajoute une dissolution d'hydrocblorate de ha rite à une dissolution aqueuse de sulfate de platine, il se produit un précipité brun qui est le sel triple. 11 <st insipide , insoluble dans l'eau T et dans. les acides hydrochlorique et n trique houillans. L'acide bydro-cbloro -Citrique chaud le dissout et l'acide sulfurique agit de même sur lui à la tempérât re de lébullition. Ce sel n'est pas décomposé par les alcalis. Lorsqu'il est chauffé au rouge , i! ne donne que de l'eau , et il ne se dégage aucun gaz. M. Edmond Davy , à qui nous sommes redevables de la connaissance de ces faits, ne ht pas T'analyse de ce composé.
Esp. 6. Sulfate d'alumine et de platine. Lorsqu'on met de l'hydrochlorale d'alumine dans du suifate de platine , il se forme un précipité brun gélatineux, qui est le sel dont il s'agit. C'est une poudre noire luisante , insoluble dans l'eau, et inaltérable à l'air. Il est insoluble à froid dans les acides minéraux , qui ne l'attaquent que légèrement a la température de l'ébullition. Chauffé au rouge , il ce donne que de l'eau , et se colore légèrement. Il contient au-moins -l'j pour îoo d'eau. Mais M. Edmond Davy , de qui nous tenons lou% les faits qui précédent , n'en ht pas lanalyse.
Ou n'a point encore examiné jusqu'à présent, les autres sels de platine-
"" * '' Util! ————— | | ,
SECTION XXVII
Sels de palladium.
La découverte du palladium est si récente , ce métal est si rare , et on a tant de peine à l'obtenir à l'état de pureté , qu'il est difficile de se procurer une connaissance exacte des sels qu'il peut former. C'est par le docteur Wollaston et par Chenevix, que nous avons eu celle de tous les faits qui ont été publiés jusqu'à présent relativement à ces sels, qu'on distingue par les propriétés suivantes.
Ctr«ctèrei. ]t ]|s sont presque tous solubles dans l'eau, et la couleur de cette dissolution est d'un beau rouge.
2. Le ferrocyanate de potasse produit dans ces dissolutions un précipité de couleur olive, ou plutôt d'un brun jaunâtre sale.
3. Avec l'hydro-sulfate de potasse le précipité est brun noirâtre.
4» Celui qu'y occasionnent les alcalis est orangé.
5. Le mercure et le sulfate de fer en précipite le palladium à l'état métallique.
6. L'bydrocblorate d'étain rend ces dissolutions opaques et les précipite en brun ; mais lorsqu'elles sont convenablement étendues , la couleur devient d'un beau vert d emeraude.
Le nitrate de potasse et l'bydrocblorate d'ammoniaque ne troublent point ces dissolutions.
c Nitratt. Esp. 1. Nitrate de palladium. Lorsqu'on met du palladium dans de l'acide nitrique concentré , incolore , ce liquide acquiert par degrés la couleur rouge ; mais l'action de l'acide est extrêmement lente et elle a lieu sans aucun dégagement quelconque de deutoxide d'azote. Ce fait, unique jusqu'à présent dans 1 histoire de l'action des métaux sur l'acide nitrique, explique jusqu'à un certain point la lenteur de l'action de l'acide-, l'émission de gaz, qui se produit pendant la dissolution d'autres métaux, n'a pas lieu. Lorsque l'acide contient du deutoxide dazote , l'action est plus rapide *.
• Wollaston , on the disco\ery of palladium, Phil. Tran». i8o5.
5ELS DE PALLADIUM. 74l
Le nitrate de palladium ainsi formé est d'un rouge obscur; il donne par l'évaporation une matière rouge qui est probablement à l'état d'un sous-nitrate.
Esp. 2. Hj dm chlorate de palladium. L'acide hydrocblo» *rique n'agit que lentement sur le palladium , à l'aide de la Hydroehicr*** chaleur; et par cette action il se colore en rouge. Mais le véritable dissolvanr de ce métal est l'acide hydro cbloro nitrique, qui l'attaque très-vivement , et forme avec lui une dissolution d'hvdrochlorate de palladium d'une belle couleur rouge r. Les propriétés de ce sel n ont point ete examinées.
Esp. 3. Sulfate de palladium. En faisant bouillir de s. Saifett. l'acide sulfurique sur le palladium , il acquiert une belle couleur rouge, en dissolvant une portion du métal sur lequel cependant son action n'est pas très-forte *. Les propriétés de ce sulfate ne sont pas connues.
Esp. 4* Hydrochlorate de palladium et de soude. Lorsqu'on verse dans une dissolution d'bydrochlorate de palladium une dissolution d'hydrochlorate de soude, ou de soude, il ne se forme point de précipité , et par l'évaporation de la liqueur du mélange , on obtient un sel triple qui est un bydrochlorate de soude et de palladium. Ce sel est déliquescent à l'air , propriété qui suffit pour le faire aisément distinguer de Fhydrochlorate de soude et de platine , dont les cristaux sont permanens 3.
Esp. 5. Hydro chlorate de palladium et de potasse. La dissolution du nitrate de potasse dans l'acide hydrochlorique agit facilement sur le palladium \ mais elle n'attaque point' le platine, parce que l'hydiochlorate de platine et de potasse est à peine soluble dans l'eau , tandis que l'hvdrochlorate de palladium et de potasse est remarquable par la facilité avec laquelle il se dissout. La proportion la plus convenable de cette dissolution est, suivant le docteur Wollaston, à qui nous sommes redevables de la connaissance de ces faits , de cinq parties de l'acide étendu avec un volume d'eau égal au sien, et d'une partie de nitrate de potasse. La dissolution de
1 Chenevix, on palladium. Phil. Trans. i8o3.
» Ibid.
* Wollaston's on a ncw métal found in crude platina. Phil. Trans.
palladium ainsi formée, qui est de couleur rouge, donne, par l'évaporation, des cristaux d'hydrochlorate de palladium et de potasse. Ils sont très solubb s dans l'eau, mais ils ne le sont pas du tout dans 1 alcool. Ces cristaux affectent la forme de prismes tétraèdres, et présentent un singulier contraste de couleur. Vus transversalement , ils sont d'un vert clair ; mais en les regardant dans le sens de li direction de leurs axes, leur couleur est la même que celle de la dissolution. Cependant, à raison de son extrême intensité , cette couleur se distingue difficilement dans les fragmens qui excèdent 0*0020 d épaisseur. La couleur des cristaux vus obliquement est celle d un brun sombre , résultait d:uu mélange de rouge et de vert *.
Esp. 6. Hydrochhrate de palladium et d'ammoniaque. Ce sel triple e.ct , comme le précédent, très-soluble dans l'eau, ce qui le distingue suffisamment de 1 hvdrocblorate de platine et d'ammoniaque -, d'où il suit que le palladium n'est pas précipité de ses dissolutions par Thydrochlorate d'ammoniaque. L bydrochlorate de palladium et d'ammoniaque ressemble sous tous les rapports , suivant le docteur Wollaston, à fbvdrocblorate de palladium et de potasse. r. Esp. ":. Ferrocyanate de palladium. Par une addition de
cyanure de mercure à une dissolution neutre, qui contient le palladium , il se forme peu-à-peu un précipité floconneux d'un j mue pâle. Ce précipité est le ferrocyanate de palladium. Il est insoluble danS leau; et ses propriétés varient un peu dans différentes circonstances. Il est en général affecté par la chaleur, comme d'autres bydrocvanates ; mais lorsque le palladium, après avoir été dissou^ dans l'acide nitrique, a été précipité dune semblable dissolution neutre par le cyanure de mercure, le précipité ainsi formé a la propriété de détoner lorsqu'il est clnuffé. Le bruit qu'il produit alors peut être comparé à celui qui résulterait de l'inflammation d'une quantité égale de poudre à canon , et conséquemment celte détonation n'est accompagnée d'aucun indice d'explosion violente, à moins que le sel ne soit renfermé très-étroitement lorsqu'elle a lieu. Le degré de cbileur nécessaire pour produire cet effet , est celui qui suffirait pour fondre
Wollaslon on a new mctil from crude platina.
5ELS DE RHODIUM. yfô
le bismuth. La lumière qui se manifeste par cette détonation est faible ; elle ne peut être visible que dans une obscurité parfaite **
SECTION XXVIII
Se/s de rhodium.
Le docteur Wollaston est le seul qui ait examiné les sels de ce genre , «nais assez seulement pour nous faire voir que leur ba>e est l'oxide d'un métal particulier. Leurs j ropnétés ne sont pas assez connues pour fournir matière à une description détaillée. Berzelius a ajouté un petit nombre de faiti à ce que nous en savions déjà. On peut distinguer ces sels par les propriétés suivantes.
i. Leur dissolution dans l'eau est de couleur rouge. Caractères,
2. Elle n'e.t point précipitée par le ferrôcyanaté de potasse.
3. Elle ne lest pas non plus par lhydrosulfate de cet a'cali.
4- L'hvdrochlorate d'ammoniaque et les carbonates alcalins ne la troublent point-, mais par les alcalis purs , il s'y forme une poudre jaune qui se dissout dans un excès d'alcali.
Esp. ï. Nitrate de rhodium. L'acide nitrique dissout i Nitrate. l'oxide de rhodium. La dissolution est de Couleur rouge et ne produit point de cristaux.
Esp. ^.Hydrochlffrate de rhodium. ,La dissolution de l'oxide de rhodium dans l'acide hydrocblorique est de couleur rosée. Elle ne donne point de cristaux, ma. s le résidu de son évaporation à s cciié est soluble dans l'alcool I. h droeblorafe d'ammoniaque, le nitrate de potasse ei j'hydroçhlorate de soude, forment dans cette dissolution, sans v occasionner de précipité , des sels triples qui ne se dissolvent point dans l'alcool.
Esp. 3. Hydrobhlorate d,' soude et de rhodium. Ce sel triple, qui a la saveur du sulfate de soude, est sons la
* WoUaston's on tlie discovery of palladium.
J744 BÊS SELS,
forme de cristaux rhomboïdaux don? l'angle aigu est d'en- Viroo ~5*>. Ils s<nl d'une couleur rouée très-foncée et inaîtérâbles a l'air. Ils se dissolvent facilement dans i,5 parties d'eau, mais ils sont insolubles dans i'alrool. t. Sulfate. Esp- 4- Sulfate de rhodium. Lorsqu'après avoir mêlé de rhydro-sulfate d'ammoniaque avec de l'hydrochlofate de soude et de rhodium, on chauffe le mélange, il se précipite un sulfure de rhodium. En traitant ce sulfure avec de l'acide citrique fumant , il esf converti en persnlfate de rhodium , dont partie s»' dissout dans l'acide , et dont une autre portion reste a l'état d'une poudre noire. Lorsque l'acide nitrique est chassé en totalité , le persulfate de rhodium reste. Il est déliquescent à l'air, et prend une couleur rouge. Lorsqu'il est dissous dans l'eau et évaporé à siecité , il ne devient pas noir comme d'abord ; mais il est à l'état d'une matière sirupeuse de couleur orangé , qui par une plus grande chaleur se gonfle , et devient spongieuse comme de l'alun calciné. Dans cet état , il se dissout lentement dans l'eau , et en le laissant en contact avec ce liquide , il y est entièrement dissous au bout «le deux on trois jours. La potasse caustique le précipite eu une substance d'un jaune" pâle, qui paraît être un sous-sulfate triple.
Exposé à une chaleur ronge cerise , il s'en sépare de l'açide sulfurique et du gaz oxigène , qui laissent une poudre noire insoluble. Cette poudre est, suivant Berzelius, un protosulfate de rhodium *o
SECTION XXIX
Sels d'iridium.
]Les sels de ce genre sont encore moins connus que ceux du genre précèdent, rwaetêrts. l« Suivant les chimistes français, et Tennant, de qui seuls nous tenons tous les faits énoncés jusqu'à présent sur ces sels, ils semblent être solubles dans l'eau, et d'une couleur qui, verte d'abord, passe au rouge par la concentration , à vaisseau ouvert , de leur dissolution dans ce liquide. - — ii i i n
* Ber/elius, Annals of Philosophy. III, 206.
2. Le ferrocvanate de potasse, et l'infusion de noix de galle n'occasionnent point de précipité dans, cette dissolution , mais. ils la rendent incolore.
3. La dissolution de ces sels dans l'eau parait être en partie précipitée parl'liydrothlorate d'ammoniaque, puisque, suivant Descostils , la couleur rouge que prend quelquefois l'hydrochlorate de platine et d'ammoniaque , doit être attribuée à la présence de L'iridium.
Le seul des sels d'iridium qui ait été examiné jusqu'à présent, est l'hydrochlorate de ce métal. La dissolution de l'iridium dans l'acide hydrocblorique donne par une évaporation leute, une masse imparfaitement cristallisée . qui étant sé< liée entre des doubles de papier brouillard , et ensuite redissoute , fournit par l'évaporation des cristaux de couleur rouge. C«s cristaux se dissolvent dans l'eau, et forment avec ce liquide une liqueur d'un rouge foncé, inclinant à l'orangé.
SECTION XXX
Sels de tellure.
L'oxide de tellure existe comme tenant le milieu entre les acides et les bases salifiables. Il peut, comme les acides, se combiner avec les bases salifiables, et former avec elles des sels neutres. I est susceptible aussi de s'unir aux acides, comme le font les bases salifiables, et de former avec eux des sels neutres. Nous avons donc deux genres de sels de tellure , i.° les sels dans lesquels l'oxide de tellure se comporte comme un acide ; 2° les sels dans lesquels l'oxide de tellure agit comme une base. Je décrirai séparément ces deux genres de sels après avoir établi les caractères auxquels on peut reconnaître les sels de tellure.
i. Les alcalis précipitent en blanc leur dissolution, et ce Caractère-..
Îjrécipilé disparaît de nouveau par une addition en excès de 'alcali.
;*. Le ferrocyanate de potasse n'y produit point de précipité.
3. L'hydro-sulfate de potasse y en occasionne un de couleur brune ou noirâtre.
4 Avec l'infusion de noix de galle, le précipité est' jaune et floconneux
5. Le zinc, le fer et l'antimoine, plongés dans les dissolutions de sels de tellure, en séparent ce métal à l'état d'une poudre noire qui reprend, eu la frottant , son éclat métallique f.
Genre I. — Sels dans lesquels Voxide de tellure se comporte comme un acide.
Ces sels n'ont été examinés jusqu'à présent que par Berzelius; et ses recherches à ce sujet n'ont pu être qu'imparfaites, à raison de la petite quantité de tellure qu'il avait en sa possession. Les faits suivans sont ceux qu'il a pu constater.
1. Tellurate d'ammoniaque. En faisant digérer de l'oxide de tellure d .ns de l'ammoniaque , il se dissout. A mesure que la dissolution refroidit , elle dépose une poudre blanche , qui est du tellurate d'ammoniaque 3.
2. Tellurate de potasse. Si , après avoir mêlé l'oxide de tellure avec du nitrate de potasse, on chauffe le mélange , le nitrate de potasse se fond d'abord sans agir sur l'oxide; mais à la température à laq elle l'oxide commence à prendre l'état liquide , il décompose le nitrate de potasse avec une vive effervescence, l'acide nitrique est chassé, et l'oxide se dissout dans la potasse. La masse, lorsqu'elle est refroidie, a une très grande ressemblance avec l'émail. Cette masse se dissout dans l'eau bouillante, et la dissolution dépose, par le refroidissement, une poudre blanche imparfaitement cristallisée: c'est un tellurate de potasse Ce sel se dissout en petite quantité dans l'eau froide , et en proportion beaucoup plus considérable dans l'eau bouillante. La dissolution chaude donne, en se refroidissant , le sel en poudre. 11 a une saveur légèrement métallique, et il agit faiblement, comme un alcali, sur les couleurs bleues végétales3.
3 et 4* TeU'irates de chiux et de barite. Ce sont des poudres blanches, qu'on obtient en versant du tellurate de potasse dans de I hydrochlorate de chaux ou de barite ♦.
1 K.laprotfi's "Rritra^e III, i- et Crell's Annals. 1798, I, 98. • Berzeliu*, NicholsoiCs Journal. XXXVI, i3t. s Ibul. i3o.
^ Ibul. j3i.
5. TelhiTnte de enivre. En versant du tellurate de potasse dans du sulfate de cuivre, il se produit un précipite d'un tenu vert d'émeraede. Ce précipité est le tellurate de cuivre. Chauflé,il donne de 1 eau. et noircit. A. une chaleur plus forte, il se fond en un verre noir. Mis sur un charbon rouge de feu, jl est réduit avec détonation , comme du nitrate de potasse, en laissant un alliage de tellure et de cuivre d'un ronge pâle \
6. Tellurates restans. Le tellurate de potasse précipile le persnlfate de fer en muge ; et en blanc , les dissolutions de zinc - de mercure , de plomb, de l'argent et du manganèse *.
Tellurate de plomb. C'e^t une poudre blanchâtre. En la chauffant , elle perd son eau de combinaison . et devient jaune. À une température un peu plus élevée, elle entre en fusion, ei forme une masse demi transparente, qui ressemble à du chlorure de plomb. Ce tellurate est composé ? suivant les expériences de Berz.lius , de
Oxide de tellure 42,2
Proloxide de pluinb. . . . 5-, 8
En le supposant formé de 2 atomes oxide de tellure et i atome protoxide de plomb , sa constitution sera :
Oxide de tellure 4ii66
Protoxide de plomb. . . . 58,33
100, oo
Ainsi le sel est un bitellurate.
GEMiE Iî. — Sets mec base de tellure.
Berzelius reconnut qne l'oxide de tellure se combine avec les acides sulfurique, byJrochlorique et nitrique, et qu'il forme avec eux des sels neutres4. Les faits qui suivent sont ceux qu'il a constatés, relativement à l'action de ces acides sur le tellure.
i. Kitrjte de tellure. L'acide nitrique dissout aisément le
» Berzelius , ^"icholson's Journal. XXXVI, i3i.
» Ibid. p. i3i.
3 Ibid. p. i32.
* Ibid. p. i3o.
tellure. La dissolution est incolore, et n'est pas troublée par l'eau. Elle donne, lorsqu'elle est concentrée, de petits cristaux dcndritiques , blancs, légers et aiguillés1.
2. Hydrochlorate de tellure. La dissolution du tellure s'opère avec facilité dans l'acide h ydrochloro nitrique. Elle est transparente ; mais lorsqu'elle est étendue d'eau , il s'y forme un précipité blanc d'oxide de tellure, qui se redissout par une addition d'eau. Lorsque la dissolution est précipitée par l'alcool, et que la poudre blanche, qui se dépose, est convenablement lavée , elle ne contient plus qu'une très-petite proportion d'acide2.
3. Sulfate de tellure. Lorsqu'on garde, dans un vaisseau fermé, un mélange d'une partie de tellure avec ioo parties d'acide sulfurique , le métal est dissous, et il donne à l'acide une couleur cramoisie. En versant de l'eau dans l'acide , la couleur rouge disparaît, et le métal est précipité en flocons noirs. La dissolution étant chauffée , la couleur disparaît également , et le métal en est précipité sous la forme d'une poudre blanche. Un mélange d'acide sulfurique étendu avec un peu d'acide nitrique, dissout une portion considérable de tellure. La dissolution est sans couleur, et ne précipite point par l'eau3.
SECTION XXXÏ.
Sels d"1 Antimoine.
Le protoxide d'antimoine peut s'unir avec les acides et former des sels, tandis que le deutoxide et le peroxide jouissent des propriétés acides ; d'où il suit que les sels d'antimoine peuvent être divisés en trois genres, correspondans aux trois oxides que le métal forme-, mais j'ai pensé qu'il était plus convenable de décrire les antimoniates et les antimonites , pendant que je traitais des différentes bases avec lesquelles les acides antimonieux et antimonique se combinent. Je n'ai donc à décrire ici que le petit nombre des sels connus qui contiennent le protoxide d'antimoine.
■ .. ■ i ■ , ..mi , m
■ Crell's Annals. 1798, 1,98.
1 Klaprolh's Beitrage. III, i3.
5 CrelTs Ann. 1798,1,98.
sels d'antimoine. 749
On peut distinguer les sels d'antimoine par les propriétés qui suivent, savoir :
i. Leurs dissolutions sont ordinairement de couleur jaune Canctènaa brunâtre, et dans la plupart des cas, elles précipitent en blanc lorsqu'elles sont éteudues d'eau.
2. Le ferrocvanate de potasse, versé dans ces dissolutions, T produit un précipité blanc : c'est l'oxide du métal précipité par l'eau du ferrocyanate. Lorsqu'on l'emploie suffisamment concentré ou en cristaux, il ne se forme point de précipité. L'antimoine se rapporte, dans cette propriété, au platine*.
3. L'hydro-sulfate de potasse précipite les dissolutions des sels d antimoine en orangé.
4. L'acide gallique et l'infusion de noix de galle les précipitent en blanc, et ce précipité n'est autre chose que l'oxide du métal séparé par l'eau de Pinfusion.
5. Lorsqu'on plonge une lame de fer ou de zinc dans des dissolutions antimoniales, il se précipite, en grande abondance, une poudre noire. Cet effet a lieu très-promptement lorsqu'il y a un excès d'acide , et que la dissolution n'est pas trop concentrée.
Les acides nitrique, sulfurique, pbospborique ou carbonique ne forment point de sels avec le protoxide d'antimoine, au-moins ne connaissons-nous actuellement aucune combinaison semblable. Le sel antimonial le plus important, et le seul bien réellement connu, est le suivant.
Esp. 1 . Tartrate de potasse et d'antimoine. On fait beau- T coup plus d'usage en Angleterre , comme médicament , de émeute. ce sel , qu'on appelle ordinairement tartre émétique , que de toutes les autres préparations antimoniales ensemble. Ce fut Adrien de Mynsicht qui le fit connaître le premier dans Histoire, son thésaurus medico-chimicus, publié en 1 63 1 -, mais, selon toutes les probabilités, la préparation en avait été indiquée dans un traité, ayant pour titre : Methodus in pulverem^ qui parut en Italie en 1620. Dans cet ouvrage, du docteur Cornachinus , on trouve l'exposé de la méthode de préparation d'une poudre de l'invention de Dudlev , comte de Warwick, et qui était en grande renommée en Italie , à raison des cures merveilleuses qu'on avait opérées en l'emplovant. C^tte poudre était un composé de scammonée, de sulfure d'anti- —
* Klaproth, Crell's Annals. 1798, 1,99.
ybO DES SELS.
moine et de tartre, triturés ensemble. Les effets extraordinaires qu'elle avait produits, devaient naturellement attirer l'attention des chimistes sur la combinaison des préparations autimoniales avec le tartre.
Fréparation. On prépara d'abord le tartre émétique en faisant bouillir ensemble, dans l'eau, du tartre, et ce qu'on appelait alors le crocus metallorum1 . Après avoir iiltré la liqueur , on l évaporait jusqu'à ce qu'elle donnât des cristaux. On substitua depuis le verre d'antimoine au crocus. Mnis il serait superflu de donner icil'énuméiation des diverses méthodes qui ont été adoptées et imaginées par les différens manipulateurs. Elles ont toutes été recueillies par Bergman , qui les a décrites dans son Traité sur le tartre antimonié* . On peut voir, dans Y expérimental examination nf the pharmacopœa Londinensis, p. 58, de M. Philips, le procédé suivi à Londres pour cette préparation.
On se sert généralement à présent du verre ou du protoxide d'antimoine. On mêle i'une ou l'autre de ces substances avec son poids égal de tartrate acide de potasse, et on fait bouillir le mélange dans 10 ou 12 parties d'eau, jusqu'à ce que le tarîrate soit saturé. On filtre alors la liqueur, et on l'évaporé jusqu'à pellicule. Elle dépose par refroidissement des cristaux réguliers détartre émétique (tartrate autimonié de potasse). Thénard a observé qu'il reste toujours dans la dissolution du tartrate de potasse non combiné. Il ne faut donc pas pousserl'évaporation trop loin, autrementles cristaux de ce tartrate se mêleraient avec ceux du tartre émétique4» Froprîétê*. Le tartre émétique est blanc. 11 cristallise en tétraèdres réguliers. Exposé à l'air, il y perd peu-à-peu sa transparence, et s'effleurit. Il est soîuble dans i4,5o parties deau froide et dans environ 1 parties d'eau bouillante*. Au feu, ce sel se décompose; son acide est détruit, et il reste la potasse et de l'oxide d'antimoine. Les terres alcalines, les alcalis et leu:s carbonates, les hydro-sulfates et plusieurs des métaux dé-
1 Hydmsulfate impur, qu'on obtient en faisant détoner dans tin creuset, parties égales m poids de sulfure d'antimoine et déni» traie «le potasse , et en lavant ensuite ie re'sidu dans l'eau, jusqu'à ce qu'elle en sorle sr ns saveur.
a Opusc. i , .138.
3 Ann.deLhim. XXXVlîI, 3o.
* BucLhal, Ann. de Orna. XUX, 70.
sels d'antimoine. 75i
composent aussi le lai ire émétique. Le même effet est encore prodmt sur ce sel par les décoctions de plantes , particulièrement de celles qui sout astringeutes cl amèns. telles que l'école du Pérou , etc. -, d'où il suit qu'il ne doit jamais être donné joint à l'un quelconque de ces corps.
M. Philips u< us apprend que mo parties de tartrate acide de potasse, peuvent dissoudre 66 parties Je protoxide d'antimoine. Lu comparant ces dt.mées avec mon analyse du tartraie acide de potasse, il eu résulte que le tartrate antinionié de potasse, ou tartre émétique, est un composé de
Acide tartarique 44,21
Protuxide d'antimoine ^9^7^
Potasse i6,o3
100, oo
Actuellement, si nous considérons le sel comme étant formé de 2 atomes acide tartarique, 2 atomes protoxide d'antimoine et i atome potasse, sa composition sera:
Acide tartarique 4^53
Protoxide d'antimoine 56, 8i
Potasse 16,66
Le sel semble donc être un composé de i atome tartrate de potasse et i atome sous-tartrate d'antimoine. Je pense qu'il convient de parler ici de 1 action des acides végétaux sur 1 antimoine , quoique quelques-uns des laits qui l'établisseut aient besoin d'être examinés de nouveau.
Esp. 2. Acétate d'antimoine. L'acide acétique n'a que Autre* sds. très-peu d'action sur l'antimoine ; mais il dissout une petite portion de sou oxide , ainsi que la t'ait voir Morveau ; et, suivant YVenz 1 , la dissolution donne de petits cristaux1. Ce sel , qui est solubie dans l'eau, fut employé comme émétique par Angélus Sala, et par quelques autres médecins après lui3.
Esp. S. Succinatt d'antimoine L'acide succinique qui n'a d'action que sur le protoxide d'antimoine dont il dissout une poi tiou , forme avec lui un sel qui u a pas été examiné.
1 Vcrwandtschaft , p. 1 58.
* Eacycl. méiJa. cbim. I, 6.
Esp. 4* Benzoate d'antimoine, La dissolution de l'oxicle d'antimoine dans l'acide benzoïque s'opère facilement. Elle donne des cristaux qui se dessèchent à l'air , et qui sont décomposés par la chaleur *.
Esp ô. Oxalate d'antimoine. L'acide oxalique attaque à peine l'antimoine, mais il dissout une petite portion de son oxide. La dissolution évaporée donne de petits grains cristallins qui se dissolvent difficilement dans l'eau. Le même sel est précipité par une addition d'acide oxalique à la dissolution d'antimoine dans les acides acétique ou sulfurique; mais l'acide oxalique n'occasionne point de précipité dans le protochlorure (beurre ) d'antimoine*.
Esp. b. Tartrate d'antimoine. L'acide tartarique n'a aucune action sur l'antimoine; mais il dissout ses oxides en petite proportion. La dissolution , qui cristallise à peine, se prend aisément en une gelée3.
SECTION XXXII
Sels de Titane.
C'est par les expériences de Gregor, Klaproth, Vauquelin et Hecht que nous avons appris tout ce que nous savons actuellement relativement à ce genre de sels , qu'on reconnaît aux caractères suivans : Caractères. *• l's sont en général incolores et peu solubles dans l'eau.
2. Les carbonates alcalins précipitent ces dissolutions en flocons blancs.
3. Le ferrocvanate de potasse y occasionne un précipité vert gazon mêlé d'une teinte de brun. Si on y ajoute alors un alcali, la couleur de ce précipité devient d'abord pourpre, puis bleue, et elle finit par passer au blanc.