‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 47 sur 211 · PARTIES COMPOSANTES · texte numérisé non relu

PARTIES COMPOSANTES

Acide uitrique.

Eau.

Gaz nitreux.

La couleur de l'acide nitrique dépend aussi en quelque sorte de la proportion d'eau qu'il contient. Si à de l'acide nitrique jauue concentré, on ajoute le quart en poids d'eau, sa couleur passe à un beau vert; et avec parties égales d'eau, elle devient bleue S Le docteur Prieslley remarqua que l'eau imprégnée de cet acide à l'état de vapeur devenait bleue d'abord , puis verte , et à la fm jaune. Un acide nitrique vert devenait orangé lorsqu'il était chaud , et il conservait une teinte jaune lorsqu'il était froid. L'acide bleu devenait jaune > lorsqu'on le chauffait dans un tube scellé hermétiquement. L'acide orangé, gardé pendant long-temps, devenait vert, et ensuite d'un bleu foncé ; et par son exposition à l'air, il reprenait sa couleur originale. En chauffant l'acide nitrique jaune , le gaz nitreux est chassé, et il ne reste que l'acide nitrique. Cependant le gaz, en se dégageant, entraîne avec lui de l'acide , et spécialement si cet acide est concentré. Mais la vapeur d'acide nitreux n'éprouve pas la moindre altération par la chaleur2.

1 Bergman.

' Fourcroy. II, 95,

DE L ACIDE CARBONIQUE. q5

SECTION III

De F Acide carbonique.

I. L'histoire de cet acide offre d'autant plus d'intérêt, Histoire; que c'est à sa découverte qu'on doit principalement attribuer

les progrès rapides que fit la science de la chimie dans le

i8.e siècle.

Paracolse et Vanhelmont eurent bien connaissance de ce fait, qu'il se dégage de l'air des pierres calcaires dans de certaines opérations. Vanhelmont donna à cet air le nom de gaz. Haies s'assura de la quantité d'air qui pouvait être dégagée de ces corps par différens procédés, et il fit voir que cet air était une partie essentielle de leur composition. Le docteur Black prouva que les substances qu'alors on appelait chaux, magnésie et alcali* r, sont des composés consistant en une espèce particulière cTair, en chaux pure, en magnésie et en alcalis. Il désigna cette espèce d'air, qu'il regardait comme fixe dans ces corps, par la dénomination d'air fixe. Cavendish et le docteur Priestley , qui examinèrent depuis cet air ou saz, reconnurent uu grand nombre de ses propriétés, d'où Keir1 conclut le premier que c'était un acide. Cette opinion fut bieirôt confirmée parles expériences de Bergman, Fontana, etc. Priestley avait soupçonné d'abord que cet acide entrait comme élément dans la 'composition de l'air atmosphérique; et Bergman, qui regarda cette conjecture comme fondée , lui donna en conséquence le nom d'acide aérien. M. Bewdly, après s'être assuré que les animaux ne peuvent vivre dans cet air, crut devoir le qualifier à'air méphitique; et Morveau adopta *bssi cette distinction. Keir I appela acide crayeux } et enfin Lavoisier lui donna depuis, et après en avoir examiné plus particulièrement la nature et la composition, le nom de gaz acide carbonique.

Macbnde2, Lane 3 , Jacquin* , Landriani5 , Fontana, et

1 Marquer, art. Air.

s Expérimental Essays , i~Ç>\.

3 Priestley. I , 5.

JreF^e"4jm" d°CL :'Ieyer' ^ aCid° piDg'li et Blacki*"* de * Crell's Arm. i;S5 , II, i3g.

beaucoup d'autres chimistes distingués, ont publié de savantes dissertations sur l'acide carbonique ; mais c'est principalement aux travaux et aux recherches de Cavendish *, Priestley*, Bergman3 et Lavoisier4, que nous devons la connaissance de ses propriétés ; et il a été fait depuis peu d'années sur la composition de cet acide , des expériences très-intéressautes par Saussure5 , Allen et Pepys6 et Davy7. Préparation. i. L'acide carbonique étant un composé de carbone et d'oxigène, on peut l'obtenir par la combustion du charbon ; mais comme il existe en grande abondance, tout formé, il n'est pas nécessaire d'avoir recours à ce moyen. Il suffit de verser de l'acide sulfuiïque sur de la craie délayée dans Veau : il se produit une vive effervescence; l'acide carbonique , dont la combinaison avec la chaux forme la craie, en est séparé à l'état de gaz , par l'acide sulfurique, et il peut être recueilli à la manière ordinaire.

Fropriétés. 2. L'acide carbonique, à l'état de gaz, est élastique et invisible comme l'air. 11 ne peut servir ni à la combustion ni à la respiration -, il n'a point d'odeur.

Sa pesanteur spécifique est, suivant Kirvan , de 1,027, celle de l'air étant 1,000; ou elle est à la pesanteur spécifique de l'air à -peu -près comme 3 est à 2. C'est à raison de ce grand excès de pesanteur sur celle de l'air, qu'on peut verser le gaz acide carbonique d'un vase dans un autre. Lorsque d'un vase à large ouverture , on en dirige un courant sur une bougie allumée, elle s'éteint comme si on avait jeté de l'eau dessus.

Il rougit la teinture de tournesol; mais il n'altère pas les autres couleurs végétales 8.

On suppose que l'air atmosphérique contient 0,001 de ce gaz9. *

« Phil. Trans. 1766, LVI, p. i£i. » Priestley. I, 43.

8 Opusc. I,i.

* Mém. Par. 1776.

5 Ann. de Chim. LXXI , 262.

6 Phil. Trans. 1807.

f Ibid. 1814, p. 557.

6 Bergman. I , g.

9 Au moins à la surface delà terre. Les expériences de Lamanon , Monge^ , et des autres savaus infortunés qui accompagnèrent La Peyrouse dans son dernier voyage , ont rendu assez probable qu1*

de l'eau;

DE LACIDE CARBONIQUE. gj

3. L'acide carbonique «éprouve aucun changement lorsqu'on le soumet à l'action du calorique dans des vaisseaux fermés, <4U lorsqu'on le fait passer à travers un tube chauffé au rouge. Mais en le faisant traverser pendant long- temps par des étincelles électriques, son volume est augmenté, ainsi que Priestley l'observa le premier ; et Mongez découvrit que , dans ce cas, il se dégageait toujours un gaz inflammable. Saussure le jeune est parvenu, par ce moyen, à produire, au bout de dix-huit heures, une augmentation des 0,007 environ, dans le volume de ce gaz ; un dixième de f acide carbonique avait disparu , et il s'était formé de l'oxide de carbone. Les lils de cuivre employés pour la transmission des étincelles , s'étaient oxidés aux dépens de l'acide qui avait été ainsi en partie converti en oxide de carbone r.

4. Lorsqu'on laisse pendant long-temps le gaz acide car- Action bonique en contact avec l'eau, elle l'absorbe par degrés, et peut même en prendre dans la proportion d'un volume égal au sien, à la température de 5° centigr. M. Lane a reconnu le premier, que par l'agitation, la combinaison de ce gaz avec l'eau s'effectue beaucoup plus promptement. D'après les expériences de Caveudish , 100 mesures d'eau à la température de i3° centigrades absorbent 102 5- mesures de ce gaz 2. Cette absorption du gaz est, suivant le docteur Henry, de 108 mesures par 100 mesures d'eau3, et cette quantité absorbée par les 100 mesures d'eau a été déterminée par Saussure à 10b' mesures 4. Cavendish a trouvé que l'alcool absorbe deux fois et demie son volume d'acide carbonique à la température de 8<> centigrades, et Saussure a reconnu que 100 mesures d'alcool de la pesanteur spécifique de 0,84 absorbent 186 mesures de gaz acide carbonique. IL est vraisemblable que la différence entre ces deux résultats dépend de la différence de température à laquelle l'absorption eut lieu.

nue grande élévation la proportion de ce gaz est beaucoup plus petite; ils n'en purent découvrir dans l'atmosphère , au sommet du pic de Téuérif. Voyez Mémoire de Lamanon, sur le Voyage de La Peyrouse.

' Phil. Trans. 1766, p. i^r.

3 ÎSTicholson1s Journ. VI , 229.

3 Annals of Philosophy. VI, 3^0

4 Phil. M»g. XIV, 35o.

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