‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 20 sur 136 · M. Berard a fait voir, par une suite de très-belles · texte numérisé non relu

M. Berard a fait voir, par une suite de très-belles

■* Picttt , sur le Feu , cLap. 3.

expériences, que les raj^ons de la chaleur sont susceptibles de polarisation, comme ceux de la lumière '.

5. Puisque la chaleur rayonne des corps lumineux comme la lumière, et sans aucune diminution sensible dans leur poids, on en peut raisonnablement conclure que les molécules du calorique sont, ainsi que celles de la lumière, excessivement petites , et par conséquent, que l'addition ou la soustraction ^ du calorique ne peut affecter d'une manière sensible le poids des corps. Comme cette conséquence est celle qui résulte nécessairement des expériences d'Herschell, on ne pourrait prouver, par expérience, que le calorique affecte le poids des corps, sans renverser la théorie fondée sur ses découvertes. Une semblable conclusion cependant, se déduit des expériences de I>eluc', Fordyce^, Morveau^ et Chaussier ^. Suivant ces philosophes, les corps deviennent absolument plus légers lorsqu'ils sont chauffés. L'expérience de Fordyce, dans laquelle il semble avoir apporté la plus grande exactitude, avait été faite de la manière suivante:

Il prit un globe de verre de 76 millim. de diamètre, à coî très-court, pesant 29 gram. Il y introduisit 1 10 grara. d'eau de rivière, et le scella bien hermétiquement. Le tout pesait 109 grammes à la température de zéro du thermomètre centigrade. Il plaça ce globe pendant 20 minutes dans un mélange réfrigérant de neige et de sel, jusqu'à ce qu'il y eût de l'eau gelée. Alors après l'avoir essuyé d'abord avec un linge bien sec, puis avec un morceau de peau bien lavé et séché, on le pesa immédiatement, et son poids se trouva être d'un milligramme plus lourd qu'auparavant. Cette expérience fut répétée 5 fois, exactement de la même manière. A chaque fois il y avait plus d'eau gelée et plus d'augmentation de poids, et cette augmentation s'éleva jusqu'à 12 milligrammes, lorsque la totalité de Teau fut glacée. Un thermomètre apphqué au globe s'arrêta à 13". 22 centigr, au-dessous de zéro. En laissant revenir le globe à la température de zéro, il pesait encore 8 miUigrammes, de plus que, lorsqu'à la

' Annals of Phiîosophy. II, 164.

' Sur les ModificatLons de l' Atmosphère .

^ Phil. Traus. 1785, p. 36i.

^ Journ. de Phys. 17^5. oct.

* Joura. des Savans. 1785, p. 49J.

4o CORPS IMPONDÉRABLES.

même température, l'eau qu'il contenait était fluide. On verra, par la suite, que la glace contient moins de calorique que l'eau de mcuie température qu'elle. La balance dont on s'était servi dans ces expériences, trébuchait à un demimilligraiumc.

Ce sujet avait attiré l'attention de Lavoisier. Il résulte des expériences de ce chimiste célèbre , qui furent publiées dans les Mémoires de l'Académie pour 1783, que le poids des corps n'est point altéré par leur échauffement ou leur refroidissement, et que , par conséquent , le calorique ne produit aucun changement sensible sur le poids des corps. Les expériences que lit le comte de Rumford en 1797, et qui avaient pour but le même objet, sont également décisives. 11 répéta celle deFordyce avec les précautions les plus scrupuleuses; et, à l'aide de plusieurs appareils des plus ingénieux, il parvint à démontrer que l'addition ou la soustraction du calorique n influait d'aucune manière sensible sur le poids des corps '*'.

6; Le calorique a encore de l'analogie avec la lumière^ par une autre propriété qui n'est pas moins sins^ulière. On ne trouve jamais ses uiolécules cohérentes ensemble en masses; et toutes les fois qu'elles sont accumulées par quelque moven, elles s'échappent dans toutes les directions , et se séparent les unes des autres avec une inconcevable rapidité. Cette propriété suppose nécessairement l'existence d'une force de répulsion mutuelle entre les molécules du calorique.

Il parait donc que le calorique et la lumière se ressemblent dans un gr?nd nombre de propriétés. Us sont , l'un et l'autre, émis du soleil en rayons, avec une très- grande vélocité. Ils sont l'un et l'autre réfractés par les corps transparens , et réfléchis par les surfaces polies. Us consistent l'un et l'autre dans des molécules qui se repoussent enire elles , et qui no i^roduisent aucun etfet sensible sur le poids d'autres corps. Us diflèrent cependant , dans cette particularité , que la lumière nous cause la sensation de la vision; le calorique, au contraire, la sensation delà chaleur.

Cette différence peut-elle suffire pour constituer la lumière et la chaleur , comme étant deux coips spécifiquement distincts? ou bien la lumière et la chaleur ne sont-elles que

■^ Phil. Trans. 170IJ, 179.

des niotliilcalions d'un seul et même corps ? Ce sont des questions*que nous ne sommes pas encore , d'après nos connaissances , en état de décider.

SECTION IL Du mouvement du Calorique.

On voit, par ce qui vient d'être dit sur la nature du calorique, qu'il est, ainsi que la lumière, capable de rayonner, dans toutes les directions, des surfaces des corps, et qu'en ravonnant ainsi , il se meut avec une vitesse très - cousidéral)le. Comme la lumière aussi , le calorique est susceptible d'être absorbé par les corps dont il frappe les surfaces; lorsqu'il y est ainsi entré, il peut s'y frayer une route; mais, alors, son mouvement est comparativement plus lent. Dans ce cas, le calorique est dit, co7Zfi?7//> à travers les corps; il se meut doue suivant deux modes très-différens, \P par rayonnement y iS> par conductibilité. Il convient de considérer séparément chacuu de ces deux modes de mouvement du calorique.

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