‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 62 sur 136 · Si un animal est plongé dans une atmosphère de chlore · texte numérisé non relu

Si un animal est plongé dans une atmosphère de chlore

de manière à être forcé de respirer le gaz à l'état de pureté , Détruit i» m. il périt presqu'instantanéraent. Ainsi le chlore ne peut entretenir la vie des animaux; et sous ce rapport, il diffère entièrement du g;^z oxigène.

6. L'eau absorbe le chlore avec une très -grande rapidité, lorsque ce gaz est pur. L'absorption est beaucoup plus lente , Absorbé lorsqu'il est mêlé avec l'air ou tout autre gaz étranger. Suivant les expériences de Daiton, un volume d'eau à la température et à la pression ordinaires, absorbe deux volumes de chlore*. L'eau acquiert la couleur jaune verdàtre, l'odeur désagréable, la saveur astringente et les propriétés blanchissantes du gaz lui-même.

^ Annais of Philo-^opljy. VIII, i.

» DaiLon''s IN'ew System of chemical Philosopby. II; 298.

psr l'eaii.

7. Lorsqu'on fait agir la batterie galvanique snr une comhinaisoij du chlore avec tout autre corps , la combinaison est détruite, le chlore est déposé au pôle positif, tandis que l'autre substance lest au pôle négatif. La seule exception probable à cette loi , est celle du cas de combinaison du chlore et de l'oxigène; car alors il y a lieu de croire que l'oxigène se porterait au pôle positif et le chlore au pôle négatif. Mais je ne suis pas certain que l'expérience ait été faite. A de hautes températures, le chlore déplace l'oxigène de ses combinaisons avec un grand nombre des métaux, et i! s'unit avec eux.

8. On peut exposer le chlore à une température trèsélevée, en faisant passer le gaz à travers un lube de porcelaine chauffé au blanc, sans qu'il éprouve aucun changement.

Se combine (). Lc chlore a la propriété de se conthiner avec Toxigène,

ac^se7S7è-^t de former ainsi quatre substances distinctes, qui ont été

^^' ^^ ^°"°^' examinées particulièrement. Cette union du chlore avec

l'oxigène ne peut pas être produite directement par le simple

mélange de ces deux gaz; toutes leis combinaisons de ces deux

principes s'obiifnnent au moyen du sel préparé et décrit

pour la prem'ète fois par Bertholleî. Ce sel a été pendant

* long-temps distingué par le nom de hyperoximmiate de

potasse^ nom auquel on a récemment subslitué celui de

chlorafe (h potasse. On l'obtient, en faisant passer à travers

une dissolution dans Veau de potasse ordinaire du commerce,

un courant de chlore à l'élat de gaz, et en continuant ainsi

tant qu'il y a absorption du gaz. Au bout de quelque temps, il

se dépose, dans cette dissolution, des crystaux rhofuboïdaux

aplatis, très-brillansrces crystaux sont le chlorate de Jjotasse.

Nous allorts exposer par quels moyens on peut former, avec

ce sel, les dii ferons composés d'oxigène et de chlore.

I. Protoxidede ^' Lorsqu'après 'avoir introduit du chlorate de potasse

chlore. dans une prtitn cormie de verre, on verse par-dessus de

l'acide hvdrochlorique , il y a effervescence et dégagement

abondant d'un gaz de couleur jaune verdâtre. Si l'acide hy-

drochlorifjue qu'on emploie, est affaibli en l'étendant d'eau,

si le sel est en grand excès relativement à l'acide; et enfin

si on chauffe doucement, il se dégage très-lentement un gaz

qu'on peut recueillir dans de petites cloches sur le mercure.

Lorsque le gaz a été ainsi préparé, il convient de le laisser

pendant 24 heures en contact avec le mercure; car, lors de

sa formation , il contient toujours une assez grande quantité de ÇHZ cbftré raêlé avec lui, qui en déguise et en altère sensiblement les propriétés. Le mercure peut absorber et s'unir avec le chlore , tandis qu'il n'a aucune action sur le nouveau gaz; le niercure en sépare donc, par degrés , tout le chlore, et laJsse le gaz nouvellement formé à Tétat de pureté.

Le gaz nouveau, préparé de la manière qui vient d'être décrite, fut découvert, en t8ii, par Humphry-Davy, qui lui donna le nom ^euchlorine ' ; mais il eût été plus coîîvenable de le distinguer par la dénomination &q protoxide de chlore , aiin d'indiquer ainsi que c'est un composé de chlore et d'oxigène avec la plus petite quantité de ce dernier principe. L'euchlorine jouit des propriétés suivantes:

Sa coulenr est beaucoup plus intense et plus jaune que propriété». celle du chlore. Cp gaz, contenu dans un petit tube de verre, conserve encore une teinte très-vive de jaune, lorsque dans le même cas, celle du chlore est à-peine sensible.

L'odeur de l'euchlorine ressemble beaucoup à celle du sucre brûlé, mêlée cependant avec l'odeur du chlore; et il est très-probable que cette dernière odeur est due à la présence d'une petite portion de chlore; tant il est difficile d'enlever complètement ce gaz à l'eucldorine.

Lorsqu*on chauffe doucement un vaisseau reraph' d'euchlorine , il se fait une explosion, et le gaz est décomposé dans un mélange de ses élémens, le chlore et le gaz oxigène. Il suffit d'une très-légère chaleur pour produire cette explosio'i : quelquefois même elle a lieu par la chaleur de la main; mais alors elle est faible. D'après les expériences de Davy, cinq volumes de ce protoxide de chlore en deviennent six par la décomposition , et le gaz décomposé est un mélangede deux volumes de chlore et d'un volume d'oxigène *. il est donc composé en poids de

Chlore 5,000. . . 81,82. . . 100 4;5o Compcsitîou.

Actuellement, si nous établissons que 1,00 représente le poids delà plus petite particule d'oxigène qui puisse s unir avec

• Pliil. Trans. i8ir, p. i55.

^ Ihid p. 15;.

2^0 SOUTIENS DE COMBTJSTION.

un corps , lions tiouveroiis que ia plus petite quantité de

chlore, qui puisse se combiner avec uu corps, sera représentée

par 4,5. On en peut donc conclure que le protoxide de chlore

est un composé d'un atome de chlore et d'un atome d oxigène. il résulte de ce qui vient d'être établi, que la pesanteur

spécifique du protoxide de chlore est de 2,407, celle de

l'air étant i .

Le protoxide de chlore détruit les couleurs végétales,

ninsi que le fait le chlore j mais il donne aux couleurs bleues

une teinte de rouge.

Plusieurs substances, telles que le phosphore, par exemple,

prennent feu par leur contact avec le protoxide de chlore,

et il y a explosion.

L'eau absorbe huit fois son volume du gaz protoxide de

chlore, et elle acquiert, par cette absorption, une couleur orangée et l'odeur particulière du gaz.

. Deotoxide 2. Le dcutoxide de chlore fut découvert, à-peu-près en àe chlore, méme-temps, par Hiuiiphry-Davy et le comte Von Stadion devienne, mais ce fut Davy , oui pubha le premier l'exposé de cette découverte *■. On obtient le deutoxide par le procédé suivant : On mêle ensemble une petite quantité (qui n'excède pas 3 grammes) de chlorate de potasse en poudre et d'acide sulfuiique, jusqu'à ce que le tout lorme Une pâte sèche qui sera de couleur orangé. ,0u introduit cette pâte dans une petite cornue de verre, dont on plonge la panse dans de l'eau chaude. On l'y maintient ainsi pendant quelque temps, en ayant soin que k température de l'eau ne parvienne point à celle de loo" ceuligrades. Il se sépare de la pâte, un gaz d'un vert jaunâtre clair, quon recueille dans de petites cloches de verre sur le mercure. Ce gaz constitue le deutoxide de chlore. ! • .ntu

Propriétés. Sa coulcur cst d'uD vcrt jaunâtre encore plus clair que celle du protoxide de chlore: il a une odeur particulière aromatique y sans aucun mélange de celle du chlore. L'eau absorbe sept fois au-moins son volume de ce gaz. Le liquide devient d'un jaune foncé, et il acquiert une saveur ast. ingcnte et corrosivc, qui laisse pendant long temps vme impression désagréable sur la langue. Ce gaz détruit les cou-

* Le rr.npnrt de Davy a ctc publie dans les Transactions pîiilosophiques ponv i8i5,p.*2i4. Celui du comte Von Stadion a paru eu février 1816, in Gilbert' s AnnaUn der Physich, LU, 179-

DU CHLORE. 22t

leurs bleues végétales humides, sans les rougir préalablement. Il n'a point d'action sur le mercure ni sur aucune autre des substances combustibles, essayées par Davy, que le phosphore, lorsqu'on eu introduit dans le gaz, il produit une explosion, et il y brûle avec un grand éclat.

Lorsque ce gaz est chauffé à la température de loo^^centig., il détonne avec plus de violence que le gaz protoxide, en donnant beaucoup de lumière. Deux volumes de dciitoxide de chlore, en faisant ainsi explosion, sont convertis en trois volumes, consistant dans un mélange de deux volum.es d'oxigène et d un volume de chlore ^ D'où il suit que le gaz deutoxide de chlore est composé en poids de

Chlore 2,5 ... 02,94. • . 100 ... 4,^ Oxigèue 2,223. . . 47,0^' • . 88,88. . 4^00

Comr;Ositicn.

Or, puisque le poids d'un atome de chlore est représenté par 4,5, et celui d'un atome d'oxigèue par i, on voit, paria dernière colonne de la table ci-dessus, que le deutoxide de chlore est composé d'un atome de chlore combiné avec quatre atomes d'oxigène *.

Il résulte évidemment de ce qui vient dètre établi, que la pesanteur spécifique du deutoxide de chlore doit être de 2,36^, celle de l'air étant 1,000.

3. Le troisième , composé de chlore et d'oxigèue , a été 3. Add obtenu pour la première fois, à fétat isolé, par Gay- ^^^-i^'- Lussac, qui lui donna le nom d'acide chlorique. C'est cet acide qui existe dans le chlorate de potasse : Gay-Lussac l'obtint séparé , par le procédé suivant. Dans une dissolution dans f eau de chlorate de Barite, préparé par la méthode indiquée par M. Ciiénévix, et que nous décrirons par la suite , il versdit de facide sulfurique étendu , tant qu'il y avait forma-

' Davy, Pliil. Trans. i8i5, p. 216; et Guv-Lnssac, Ann. de Chim. et Phjs. 1, 220.

* Suivant le comte Vcb Stadion , les parties constituantes du deutoxide de clilore soat deux volumes de chlore et trois volumes d'oxigène : ce qui en ferait un composé d'un atome de chlore et de trois atomes d'oxij;ène. Mais les propriétés de la substance décrite par le comte , différent tellement rie celles du gaz examiné par Davy, qu'il est probable que ce sont deux substances distinctes. On peiit y oh un exposé par le comte Von Stadion , des propriétés du deutoxide de chlore dans les Armais nf Ph'h^npJiy. Vol. IX, p. 22.

• 222 SOUTIENS DE CO MBU STIO??.

tioii de précipité-, mais en prenant les précautions conveiiabhs pour que, en ajoutant ainsi peu a- peu de Tacide, il n'y en eût point excès; de manière qu'en filtrant la liqueur précipitée, il n'y restât que ï'acide chCoiiqne tenu en dissolution dans l'eau.

Propriétés. Les propriétés de cet acide sont les suivantes ^ : il n'a pas dodeur sensible. Sa dissolution dans l'eau est incolore, et elle rougit les couleurs bleues végétales sans les détruire La lumière ne le décompose pas : ou peut le concentrer par une douce chaleur, sans qu'il éprouve de décomposition , et sans qu'il s'en volatilise avec l'eau. Il prend par la concenîration une sorte de consistance huileuse. Lorsqu'on le chauffe, il est décomposé eu partie en un mélange de chlore et d'oxigène , et il est en partie volatilisé sans altération. L'acide hydrochlorique le décompose de la même manière, sans le secours de la chaleur. Cet acide se combine avec les différentes bases, et forme avec elles le genre des sels appelés chlorates ^ dont il sera traité dans la suite de cet ouvrage.

Lorsqu'on chauffe au rouge, dans mie cornue, loo parties de chlorate dépotasse sec, il s'en dégage 38,88 parties en poids de gaz oxigène. Le résidu dans la cornue, du poids de 6 1,1 2 parties, est un composé de 3^,1 96 parties de potassium et 28,9^4 parties de chlore \ iMais 3?-, 196 parties de potassium exigent pour se convertir en potasse (état o« il se trouve dans le sel) 6,676 d'oxigène. Il reste 32,3o4 parties d'oii^ène (luiont dû se combiner avec 28,924 P^ï't'^- <^^6 chlore, et c'est cette combinaison qui a formé l'acide chlorique.

Cet acide est donc ainsi composé de

Co.pos,-,i„. Cl.lore 38,924 47,=î4 4,5o

Uxigeiie û2,oo4. • . • 02,70. .. . 0,03 100,00

On voit , par k dernière colonne, que l'acide chlorique est \m composé d'un atome de cldore et de cinq atomes doxigène. Car le poids d'un atome chlore est 4,5, et celui d'un atome d'oxisène est 1 ^.

' r»ay-î>"ssc')c, Annals of Philcsophy . VI, T2q. * ]Nous ferons voir p:'r la suilc qu'il en doit êire ainsi : ce qui ne serait pas bien eompris si nous Texpo-^ions ici.

' Huinphrv-Da\y consiJùre i'acide chlorique comiue un coœpofcfc

DU CHLORE. ii^J

4- Le fluatricuie composé Je chlore et d'oxigcne, est 4 Aci^e tgaleraent un acide; et on peut le distinguer par la dénomination d'acide pcrchlorique. Il fut découvert, en dernier lieu, par le comte V on Stadion. On peut lobteïiir ainsi qu'il suit.

Lorsque le deutoxide de chlore est dégagé d un mélange d'acide sulfurique et de chlorate de potasse, il se forme un sel particulier qui reste dans la cornue. Ce sel se produit le mieux lorsqu'on emploie fk 2 à 3 grammes d'acide sulfurique concentré, par 6 centigrammes du chlorate de potasse. Lorsque la première action violente de l'acide est à sa fin, on applique la chaleur, et on la continue jusqu'à ce que la couleur jaune de la masse ait entièrement disparu. Le sel ainsi formé est mêlé avec du bisulfate de potasse ' , qu'il faut en séparer par une seconde cristallisation. Le sel purifié a les propriétés qui suivent :

II est parfaitement neutre * , inaltérable à l'air, et sa saveur, Propriétés. qïii est faible , ressemble à celle de l'hydrochlorate de potasse ^; il se dissout en très-grande proportion dans l'eau bouillante -, mais à la température de i5 à 16** centigrades, feau n'en peut prendre que les 0,018 de son poids. L'alcool ne le dissout point. Ses cristaux sont des octaèdres allongés, analogues a la forme primitive du sulfate de plomb , et ressemblant à la variété de ce dernier sel , qui a deux faces prismatiques entre les pyramides ^. L'acide pcrchlorique détonne faiblement lorsqu'on le triture avec du soufre dans un mortier. Chauffé 3 2 11" centig., il est décomposé et converti en chlorure de potassium ^ , et en gaz oxigène. Lorsqu'après lavoir mêlé avec son propre poids d'acide sulfurique , on le chauffe dans une cornue à environ 140*^ centig. , il est décomposé, et l'acide qu'il contient peut passer à la distillation. On peut aussi former artificiellement l'acide pcrchlorique en sou-

d'un atome de chlore et de six atomes d"'oxî<;('ne. T^a raison en est qu'il croit que la potasse existe dans le sel à i%'tat de potassium , et

f)ar conse'quent il ajoute au chlore l'autre atome d'oxigène, que, dans e texte , nous arons supposé être uni au potassium. ' Sel qui sera ultérieurement décrit.

- C'est-à-dire qu'il n'affecte point les couleurs bleues végétales . ^ Ou chlorure de potassium , substance qui sera ci-après décrite. * Cette variété est le plomb sulfaté setni-prismé , ainsi nommé par Haiiy, et représentée par lui dans sa 69.^ planche, fig. r'à. ^ Combinaison de chlore et de potassium.

mettant le d-^utoxide de chlore à l'action de Vélectricité voltaïqiie dans un aj3pareil établi avec des iils de platine. D'après les expériences du comte Von Stadiou, lorsque ce sel est chaiiflé. il abandonne 45-9^ parties de gaz oxigène, et il reste 54.08 parties de chlorure de potassium. Or, 64,08 de chloru;e de potassium sont composés de

Potassium 28,49

Chlore 25,59

Mais 28,49 P^i'fi^'s de potassium exigent 6,819 parties d'oxigèue pour être converties en potasse, reste 4^,1 parties d'oxigène. Suivant ce résultat , l'acide perchlorique est composé de,

Chlore. • . 25,59. . . 38,96. . . 4,5oo Oxigène. , 4o,i • . • 61, o4. . . 7,012 100,00

On voit doue que cet acide est formé d'un atome de chlore et de sept atomes d'oxigène *.

Ainsi il paraît que les parties constituantes des quatre composés de chlore et d'oxigène , sont ainsi qu'il suit , savoir :

Chlore. Oxigène.

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