‹ Système de graphologie; l'art de connaître les hommes d'apres leur écritureChapitre 39 sur 97 · XXX* GENRE, PETITESSE · texte numérisé non relu

XXX* GENRE, PETITESSE

113. Minutie. Les minutieux se perdent dans les plus petits détails.

StSTÈMJE DE GRAPHOLOGIE 223

414. Petitesse. Lés petits s'occupent sérieusement^ de petites choses, et y attachent une grande valeur.

il 5. Vétilles. Les vétilleurs s'amusent à des bagatelles.

Le signe graphique des natures petites consiste dans la forme commune des lettres , dans le peu de hauteur de récriture, dans l'importance donnée à certains détails que dédaignent les natures aux sentiments élevés.

Les minutieux ne manquent pas de soigner particulièrement les détails de l'orthographe : points sur les i, virgules^ etc.

Voyez écriture-type, celle de Domergue, vi« classe, n» 337, cliché 90.

III» CLASSE, NATURE

XrV« ORDRE, DÉVELOPPEMENT DU SENS ÉLEVÉ.

XJiXP G^NRF, ÉLÉVATION.

L'élévation a pour signe graphique V écriture à grandes allures y — de haute dimension, — jamais de mots gtadiolés qui disent finesse et ruse ; ^^ la signature absolument sans paraphe, ou accompagnée d'un simple trait , soit en glaive descendant , comme les hommes de lutte, soit en trait horizontal, souvent même détaché de la signature ; — peu de soin des détails orthographiques ; — Téeriture à large mouvement dans la ligne ; — ies lettres et les mots non tasséSy — absence de lettres inharmoniques.

416. Elévation. Les natures élevées ont ime grande noblesse de sentiments.

417. Dignité. Les dignes ne font rien au-dessous de leur caractère.

418. Grandeur. Les grands excellent dans tout ce qui est noble et bon.

419. Magnanimité» Les magnanimes font les choses grandes, sans idée de sacrifice. « Soyons amis, Cinna ! »

Ecriture-type : L'écriture de Louis XIV, page 89 et 2 13.

Toutes les écritures des natures élevées, depuis le xv« siècle (îù récriture commencé à se répandre, ont les grandes allures. On peut étudier Henri IV, saint François

îi(j OTST&HE DK flBAPIIOLOGIE

de Salt:s, Fénelon, etc. (Voir dans la Graphologie àeiSli. n'O, l'étiidesurlasplendide écrilure de saiot François de Sales).

De telles écr'ttnres deviennent rares i mesure qne s'abaisse le niveau des caractères. Nos écritures modernes sont généralement à la laille de nos idées et de nos sentiments, qui malheureusement ne brillent guère par l'élévation et la dignitâ. L'histoire de l'écriture est bien l'histoire du mouTement intellectuel et moral dans nu peuple (1).

m* CLA5SI, KATURE.

XV« OMEE, DÉVELOPPEMEKT KO SENS HtTBfELE.

XXXIf GENRE, BVMILITÉ, ABSENCE D'ORGUEIL

Le si^e graphique de ce genre consiste dans l'absenet rigovreuse de tous lestignes gui indiquent l'orgueil, la prétention, t'estime de soi, te méprit des avires, — grande simplicité, — allures très-contennes de îa plume; majuscules, À et tt, dont les jambages sont égaux en hauteur.

120. BumtUtë, Les hauMes ont le sentiment de leurs imperfections et ne s'élèvent pas au-dessus des autres.

Cette vertu est si rare dans l'humanité toute pétrie d'orgueil, que la langue, si riche comme on va le voir pour donner les nuances du sens de la supériorité, n'a pas pu arriver à trouver un second mot qui fut une nuance de l'hilmiliié.

Ecriture-type ; Saint Vincent de Paul, page 198.

121. Modestie, Les modestes s'eSacent eï ne cherchent pas à se grandir devant les autres.

Signe graphique : Majuscules de très-petite hauteur; souvent des minuscules pour des majuscules.

(1 ) Voyei mon Histoire de FicrituTS dans ses rapports mue la civitiMlion, It earaeUre et les maars des peuples, in.'f.

m» CLASSE, NATURE.

XVI» ORDRE , DÉVELOPPEMENT DU SENS DE SUPÉRIORITÉ. XXXlU' GENRE, ORGUEIL.

L'orgiieil est la grande misère de TàiDe humaine. Il nait cependant d'un sentiment vrai, la conservation pei> sonnelle qui est une loi de la nature. C'est la perversion d'un besoin social éminemment utile, l'estime de soi. Il n'est donc mauvais que lorequ'il sort des juste? limites du vrai. Il y a un noble orgueil , un légitime orgueil, un saint orgueil, cbique fois que l'àme a le sens intime de s'être élevée jusqu'aux actes du courage et du sacrifice, soit pour se vaincre soi-même, soit pour procurer le bien des autres Quand on se dévoue à l'humanité, à la patrie, à la .vérité, à la science, et tout cela an péril même de la vie, au sacrifice des plaisirs qui attirent toutes les âmes vulgaires, Tâme éprouve le sentiment de l'orgueil.

Ce qui constitue l'orgueil coupable n^est donc pas de ressentir, d'éprouver la satisfaction intime d'avoir bien fait, mais le sentiment personnel et égoïste qui nous grandit au-dessus des autres, et nous porte à les regarder comme nous étant inférieurs. L'essence de l'orgueil est la préférence de soi sur autrui. L'orgueilleux s'admire, il est plein de son mérite.

Les physiologistes ont remarqué que l'orgueil produit une sorte d'extension dans les libres du corps. On dit :

! gonfle d'orgveil. Les extrémités nerveuses s'épanouissent, a démarcbe est assurée, la tête est haute, la direction des traits de la face est élevée.

L'orgueilleux se hausse.

L'écriture suit naturellement le mouvement physiologique, mieux que cela, elle en est l'expression immédiate, instantanée. L'écriture se hausse , l'écriture s'épanouit, Técâture; se gonfle , l'écriture est étiolée. De là comme signe graphique du sens de supériorité, les lettres qui s'épanotUisetU et^ largeur, les lettres qui s* exagèrent en

^ï8' SYSTEME DE fiHAfBOLOGIE

"* hauteur, les majuseulesMcomposéesâetroSs jambages dans te premier a souvent, dans certaines écritures, plus du double de hauteur que les deux autres ; de même pour le iVm:ijiisrule; les lettres qui tendent perpétuellement vers la verticale, gui s'étiolent en hauteur , comme les tiges qui végètent trop à l'ombre et veulent atteindj-e, plus haut, soleil et lumière.

L'homme qui se laissa représenter soue l'imago du soleil avec la devise : Nec pluribus impar, Louis XIV, a le visage fier, hautain, dédaigneux. Son écriture répond à

A sa physionomie. Ella se hausse, s'épanouit, se gonfle.

• Voyez cette écriture, pages 89 et 213.

Sa signature, Louw, qui dit les sentiments si élevés, est d'une exagération de hauteur de lettres presque choquante. Un signe noble, grandeur de caractère, se juxtapose à un signe mauvais, l'orgueil. Chez lui , l'oi^uell s'épanouit aveu une parfaite naïveté.

Le grand Frédéric est plus mesquin que Louis XIV. Il ne lui va pas à la cheville , en grandeur , en dignité, en

\ magnificence. Son écriture est plus petite. Mais il signe

royalement. Toutefois, cette grenouille se gonfle et se

i' hausse ; et son F majuscule a un développement grossis-

fc' sant et épaté qui, non-seulement manque de goût, mais

W ' dit encore l'orgueil du personnage.

^ Calvin fait un curieux Jf majuscule aux trois hampes

4 bien espacées, un ¥ majuscule de même exagération en I largeur. Tout cela dit son orgueil s'épanouissant en plein •* autographe. Mais il signe royalement, comme un des rois i de la littérature de son siècle.

J Guizot fait son G majuscule avec une telle exagération

^ de hauteur, qu'on se demande comment un esprit sérieux

a pu s'oublier à une forme de lettre qu'on excuserait seu-

5 lemeut dans les prétentions graphiques d'un plumitif de I bureau.

SYSTÈME DE GRAPËOLOGÏE

, Écriture de Guizot {Les orgueilleux).

M. Thiers a sa petite écriture, d'une splendide limpidité, qui donne un jugement sûr, une vue nette et perçante des choses; mais comme il se jette avec bonlieur dans la direction verticale des lettres par lesquelles, physiologiquemect, le personnage se redresse et nous laisse apercevoir ce qu'il a d*orgueil !

Barbes a la grande écriture. Il y a dans cette âme des sentiments très-élevés. Mais la fioriture vient, en traîtresse, se nicher au-dessus de cette écriture magistrale, et dénoncer l'orgueil un peu poseur. Voyez son écriture Graphologie de 1875, w« 4.

Arsène Houssaye donne à ses M majuscules le mouvement de supériorité, et son A d'Arsène a une surélévation excentrique et bizarre qui dit l'orgueil étrange, recherchant tous les moyens de se produire avec éclat. L'écriture se hausse et semble se dresser sur des échasses. (Id, 1873.)

SÏSTEME I>E GRAPHOLOCIE

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'^^l^u<~.yÀa ,ij/.

ECRITURE b'ajsèhb houssayb. {Orgwït ewcetiîrigue).

Un chef-d'œuvre en ce genre, et qui est l'écriture-type la pins éLlotante, est celle de Barbey d'Aurevilly. Elle est analysée ; Graphologie de 1872, n" 19. C'est incroyable d'orgueil extravagant.

11 me faudrait citer les autographes par centaines, où se développe nettement le sens de la supériorité.

Le t lia Lamartine s'exhausse snr la liaison qui remonte en l'air ut va se confondre avec la hampe de la lettre ellemiïme. 11 en est de même du Z, de Lamennais. Et ces deux hommes si émiaenls ont eu leur dose de puissant'orgueil.

On a fait cette remarque que les hommes sont plus portés à l'orgneil et les femmes à la vanité.

La roche fou cAuld, brochant sur le tout, prétend que l'orgueil est égal chez tous les hommes, ut que la seule dllîérence est dans les moyens et dans la manière de les mettie au jour. C'est bien hardi. Il est fort douteux qu'il ait raiEon, et que l'humble saint Vincent de Paul ait ea autant d'orgueil que M. Guizot.

Pascal a dit un mot profond sur l'orgueil vaniteux : « Nous perdons même la vie avec joie, pourvu qu'on en parle. » Il dit encore, dans son admirable style : « La vanité est si encrée dans le cœur de l'homme, qu'un goujat, un TuarmitoD, un crocheteur, se vante et veut avoir

ses admirateurs. Les philosophes même en veulent. Ceux qui écrivent contre la gloire, veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit, et ceux qui le lisent veulent avoir la gloire de ravoir lu ; et moi qui écris ceci, j'ai peut-être cette envie. » (Pensées.)

Cependant, ce rude moraliste est forcé de reconnaître qu'il y a un noble orgueil, une estime légitime de soi : a Que rhomme s'estime son prix, qu'il s'aime, car il a en lui une nature capable de bien; mais qu'il n'aime pas pour cela les bassesses qui y sont. Qu'il se méprise, parce que cette capacité est vide, mais qu'il ne méprise pas pour cela cette capacité naturelle. » (Idem.)

L'orgueil considéré comme vertu est une passion sociale et conservatrice, pour conserver dans les familles l'ordre et l'exemple des plus hautes vertus. C'est de ce noble orgueil que Lamennais a dit : ce II y a peu d'âmes faites pour s'élever jusqu'à l'orgueil, parce que toutes croupissent dans la vanité. »

Les constitutions sujettes à l'orgueil sont celles des sanguins, des sanguins-bilieux et des nerveux.

Les nuances nombreuses de l'orgueil se confondent beaucoup. L'arrogant, le fier, le dédaigneux, le méprisant, tout cela est tellement synonyme qu'on est tenté de blâmer la richesse de notre langue qui a rendu des différences si peu perceptibles, et qu'il serait absurde de rechercher rigoureusement dans les signes graphiques.

122. Orgueil* Les orgueilleux ont une estime déréglée d'eux-mêmes.

d23. Arrogance, Les arrogants ont les manières hautaines et des prétentions hardies.

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