LV<^ GENRE, IMPRUDENCE
Toute écriture où manqueront les signes graphiques de la réflexion, de la prudence, que nous venons de don* ner, dit l'imprudence, Tirréflexion.
L'étude de l'écriture des birouillons, des étourdis, des irréûéchis, des cerveaux tohu-bohu, est l'inverse logique de celle des prudents, des réfléchis.
Leur écriture est rapide, peu soignée. Les lettres, ou sont mal faites, ou souvent sont mangées par la plume, expression proverbiale. C'était une remarque graphologique dt^jà faite, et due à l'expérience sur l'écriture des irréfléchis. La ponctuation est négligée. Les points et les accents sont rarement placés au-dessus de la lettre qui les demande, et vont toujours se jeter deux ou trois lettres plus loin.
Cette écriture est généralement passionnée, par conséquent aux lettres inclinées. Souvent beaucoup d'imagination. Grands jambages en haut et eu bas des lignes. Souvent mots illisibles. Voyez le spécimen page !233. C'est l'écriture d'une femme de cœur, mais d une imagination désordonnée. Il y a gâchis dans cette cervelle. Le jugement fait absolument d«^>faut. Son écriture est un écheveuu de fil mêlé.
228. Imprévoyance. Les imprévoyants ne sonpçonnen aucune difficulté devant eux. — 229. Imprudence. Les imprudents agissent sans mesurer la portée de leurs actes.
288 ^ STSTËME DE GRAPHOLOaiE
— 230. Irréflexion. Les irréfléchis agissent sans penser à ce qu'ils ont à faire.
Ce groupe est tiès-facile à étudier^ parce que le signe graphique est bien caractérisé.
III« CLASSE^ NATURE
XXXIX* 0RDW5, DÉVELOPPEMENT DU SENS TAHITEUX.
LVl^ GENRE, POSE,
Le propre de la vanité est de ne pas trouver en soi le noble contentement du peu que nous valons et que nous sommes^ et de le chercher hors de nous. Toutes les nuances du sens vaniteux indiquent le désir de se faire remarquer et d'attendre d'autrui un hommage p^ar lequel on pense se grandir. Notre langue est riche pour exprimer ces nuances.
23 i. Recherches, Les recherchés se plaisent à ce qui est étrange et peut les faire remarquer. — 232. Coquetterie. Les coquets ont le penchant à attirer les regards et à se faire aimer. — 233. Fatuité. Les fats adorent leur propre personne. — 234. Vanité. Les vaniteux recherchent une sotte gloire. — 235. Pose. Les poseurs veulent se faire admirer. — 236. Prétention. Les prétentieux se croient plus qu'il$ ne sont. — 237. Jactance. C'est la prétention impudente. — 238. Vanterie. Les vantards se donnent perpéluelleraent des éloges. — 239. Hâblerie. Les hâbleurs parlent d'eux-mêmes avec exagération et ostentation. — 240. Gloriole. Les glorieux tiennent à avoir une grande place dans Topinion publique.
Le signe graphique de la pose, de la recherche, de la prétention est très-facile à saisir. C'est le plaisir d'employer toutes les superfluités de l'écriture. Tous les enjolivements qui ôtent aux lettres leur simplicité, leur sobriété, leur gravité, vont aux plumes vaniteuses. Elles s'y complaisent. Elles arrivent souvent à des comtoumements tellement bizarres, qu'ils sont conmie la caricature des lettres.
La recherche de récriture doit logiquement correspondre à la recherche de Fesprit.
Le signe est donc spécialement la fioriture employée constamment y avec prédilection^ bien contournée, formant bien la petite volute, la petite crosse à l'intérieur, ou la très-large volute, comme dans le D majuscule du Duc de Brunswick, l'un des poseurs modernes les plus notoires, page 235. Chez cet homme, la recherche va jusqu'à la tatuit*^, jusqu'à la jactance. On a vu ce vieux coquet, tout maquillé, les cheveux teints, poser, dans sa loge, au théâtre, et chercher à attirer les regards.
Voici un poseur, d'allure moins princière. Remarquez la petite crosse mesquine de son d minuscule contourné.
Plus le signe a d'intensité dan» ses formes extravagantes, plus il est répété bizarrement et avec affectation, plus il faut déduire la fatuité et la jactance.
Quelques petites fioritures gracieuses dans les lettres des jeanes filles, veulent dire leur coquetterie innocente. Ces juvénilités disparaîtront de leur écriture, quand elles seront épouses et devenues mères heureuses. Voyez plus haut, page 54.
Ecritures-types des poseurs : Barbey d'Aurevilly, — Jules Vallès, — Bertron, candidat surhumain, etc. Voyez page 77, différents spécimens de fioritures.
Il ne faut pas confondre le signe graphique de la pose et de la prétention avec celui de l'imagination, de l'exaltation. Ce dernier se compose de très-grands mouvements
rSTEVE DE GfULPHOUXlIX
de lettres en dessus et ea dessous des lignes, pendant que le aïKne de la pose est dans la reckerchi des formes, dans le conloumertwnt des volutes des lettres, et aullemeiit dans leur grandeur.
lit" CLASSE, KATHIIK.
XL* ORDRE, SÉYËLÛFPOIBNT DIT SENS UODEST£.
LVll' GElfRE, SliiPUCITÊ.
La belle. l'adorabte simplicité éclate dans l'écriture> comme la blanche fleur sur une toufie verdoyante qui ea fait ressortir la fraîcheur et l'éclat. Même la vilaine écriture rend parfaitement le sens modeste qui est dans l'àme. Le signe graphique est la ni^gation absolue du signe
aui indiquR le genre pri^oèdent, le genre non simple. Là, y a eu i^herche d'enjolivements, de traits contournés et bizarres, ici il y a répulsion de la plume pour tous les traits prétentieux et bizarres.
Vaèsence abnlue de la fioriture, tel est le signe graplii(tue de la simplicité.
Toute écriture donnant le sens modeste et simple indique par li un esprit de valeur. Lessotssont prétentieux,
La langue si riclie pour le sens vaniteux ne nous donne que deux nuances pour ce genre.
211, Simplicité. Les simples n'ont ai prétention ni pose, et lie c'aercheut pas & se faire remarquer. 2i2. Modestie. Les modestes s'oublient et ne songent jamais â parier d'eux-mêmes,
D()unons une écrilure-type de bonne et vraie simplicité. Le d minuscule qui se contourne en fioriture dans récriture citée plus haut, est d'une admirable sobriété dans (îeile de Cavour Quand on étudie les écritures, il faut aller de suite au d. C'est la lettre critique.
CiTODR. ~ Ut simples, les modestes.
STSTiHE DE GRilFHOLOaiK 201
III« CLASSE, NATURE