‹ Système de graphologie; l'art de connaître les hommes d'apres leur écritureChapitre 88 sur 97 · VII* CLASSE. — PASSIONS · texte numérisé non relu

VII* CLASSE. — PASSIONS

àhnifistation en excès des forces de l'âme

Les physiologistes se sont naturellement occupés des passions. Attribuant beaucoup à l'inûuence de l'organisme sur Tàme, ils ont bien compris que toute influence en excès amenait un excès dans le développement du sentiment et de l'instinct. La meîllenrb notion que nous pubsions avoir de la passion me semble être celle-ci : un sentiment instinctif devenu extrême et exclusif.

Si la définition est acceptable, elle établit ce fait, que tout mouvement passionnel en nous^ avant d'être à son

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état extrême et exclusif^ c'est-à-dire un brisement de Téquilibre moral, par conséquent un mal, est un développement normal et légitime de nos forces, et ne devient passion que par l'excès de son développement. Magendie (Traité de physiologie I, page 2U ), a dit ; « L'homme passionné ne voit, n'entend, n'existe que par le sentiment qui le presse; et, comme la violence de ce sentiment est telle qu il est pénible et même douloureux, on l'a nommé /im»sion ou souffrance. » 1^; Aussi ai-je défini les passions un développement excès-.

/|f> sif et violent de nos instincts et de notre nature, ou plus

^ simplement, la manifestation en excès des forces de l'âme.

|V. Donc, en graphologie, ce trait de lumière sur la coor

>^:^ naissance des hommes, voir Vexcès pour juger de la passion.

):.y Dès lors rien de plus simple que notre méthode. Cnercher

|r chaque développement de Tinstinct et de la nature, en

l&v' constater le mouvement excessif, violent, extravagant ^v'. même, et conclure à l'état passionnd de Tàme qui s'est

^; livrée à cç mouvement.

Il Tout ce que nous avons dit des instincts, de la nature,

^h du caractère, constitue donc l'état de l'âme dans ses ma- ^'y. nifestations. Dès que l'une de ces manifestations dépasse B - les limites, elle devient passion. Quel plus noble sentiment

p ! que celui de la générosité ! Ajoutez l'excès, elle devient

IJ ' passion prodigue. Ajoutez encore l'excès à la passion prodigue, elle devient folie prodigue. — Il y a des fous de prodigalité, inoQénsifs en tout le reste, mais que leur famille a été amenée à conduire dans des maisons d'aliénés, (i) , . .

Nous n'avons, dans notre classification des passions, établi que les familles des signes les plus dominants. Il aurait fallu recommencer notre travail, pour voir toute manifestation de l'âme qui peut deviner un excès, par là même une passion.

Le bien peut être porté à l'état de passion. De grandes âmes se sont dévouées aux œuvres de la charité avec un excès qui est allé jusqu'à l'héroïsme. Aussi on a eu raison

(1). J'ai cité récriture d'un fou de ce genre page 236.

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de dire qu'il y a dés passions sociales. Ce sont des besoins sociaux portés a un degré très-élevé. Celai qui verse son sang pour la patrie a la noble passion de l'héroïsme patriotique, comme dVatres ont l'héroïsme du dévouement aux misères de leurs frères (i).

Le bien, exercé avec cette élévation de Pâme, devient uHe passion noble. Il y a donc de bonnes passions. C'est la manifestation la plus parfaite de la beauté de Tàme, le sens moral à sa plus haute puissance. L'Eglise a fait des saints de ceux qui se dévouent aux misères de l'humanité. La société a fait des héros de ceux qui s'immolent pour la défendre, ou qui exposent leur vie pour accroître le domaine de la science.

Ces choses bien expliquées, nous n'avons qu'a établir la loi graphologique. Tout^ écriture où des signes graphiques s* entassent y ont une intensité puissante, excessive, dit un ins-tinct, une force de l'âme poussée à la passion*

TaV CLASSE, PASSIONS.

iXXVII« ORDRE, PASSIONS ORGUEOXEUSSS.

LXXXXlh GENRE, ORGUML

355. Orgueil. Les orgueilleux ont un développement excessif de l'instinct de supériorité.

Signe graphique : le mouvement en hauteur des lettres majuscules. Dans le Af majuscule, le premier jambage s'élevant inharmoniqi lement au-dessus des autres et avec une disproportion choquante. — «Je suis plus que vous ! » — TeÛe est l'expression de ce mouvement, de ce gonflement pour ainsi dire du trait. Dansla lettre £, deux parties bien proportionnées sont nettement indiquées par la loi calli-

(1) « Les passions ont le même but que rinstinct. Elles portent comme Tinstinct^ à agir, selon les lois de la nature vivante. Quand l'homme a des besoins animaux exagérés, il a des

page 211).

graphique : sod jambage élevée et sa liaison inférieure à Taide de la partie bouclée.

Ce que nous disons de la lettre L, il faut le dire de toutes les majuscules à développement extravagant. Il faut le dire de l'allongement alfeeté en hauteur de récriture. Les écritures hautes indiquent les sentiments nobles et élevés. Si ce mouvement forme comme un étiolement des jambages, il devient inharmonique.

Quand Louis Veuillot, qui a une écriture haute, indiquant des sentiments élevés, voulut donner, pour VAutth' graphe quelques mots de son écriture, il fut loin de se douter que cette exagération de son écriture était une mesure frappante des dégrés de son orgueil, il produisit quelques mots d'une hauteur démesurée. J'ai de lui des lettres intimes, où il se dresse ton jours* mais où l'écriture a une hauteur normale. Quand ce qui est grand s'exagère, la mesure se dépasse. La signature si royalef de Louis XIV, page 89, a cet excès choquant, et dit son immense orgueil.

La signature de Louis XI, voyez page 89, a la même exagération, mais avec une forme d'une inharmonie complète et qui dit les goûts grossiers du personnage. Bismarck, voyez page 90, a le gonflement plus modeste. Ce n'est pas a la majuscule que son orgueil s'étale, mais au k d'excessive hauteur qui termine son nom.

Le duc de Brunsvick étouffe d'orgueil; son écriture le dit. La vanité touche à l'orgueil; on a tort de les confondre. Elle se gonfle aussi ; et, comme elle cherche a briller, elle aime les fioritures et tous les mouvements affectés de la plume. Un a remarqué que les auteurs, les poètes, les artistes, les rois et les philosoqhes ont une dose de vanité plus forte que le reste des* hommes. Heureusement, cela n'est pas vrai pour les grands génies dont s'honore l'humanité. Il n'y a pas un mouvement de vanité dans l'écriture de Fénélon. Lamennais adeTorgueil, mais n'a pas de vanité. La vanité est plus petite que l'orgueil. Il y a des hommes qui ont trop d'orgueil pour avoir de la vanité.

L'orgueilleux s'admire, il est plein, de son mérite. Il

gonfle son écriture ; il monte sur ses majuscules comme sur des échasses. Le vaniteux veut être remarcjué à tout prix : il fait la roue comme le paon ; et ses fioritures^ sii& lettres affectées, largement, rondement étalées, semblent dire: Admirez-moi !

Léo Lespès poussait Torgueil vaniteux jusqu^à la folie. On cite de lui des traits bizarres. Il lui arrivait quelquefois d^entrer dans un grand café et de demander douze glaces. On s'attendait à voir mie nombreuse compagnie. Les douze glaces se servent^ mais il n'y a qu'un seul convive^ Léo Lespès. Il prend une cuillerée de chacune des glaces^ jette une pièce d'or sur la table^ et s'en va au grand ébahissement du garçon. Quel triomphé pour un vaniteux !

Le premier L de Léo est d'une exagération folle. La hampe s'étale au-dessus des deux noms, et la liaison dé* tachée de la lettre, se redresse et forme à elle seule comme une lettre pour dire Z^o. Dans le second L, la hampe n'est presque rien, et c'est la liaison très-haute avec sa grande boucle, et très-redressée, qui forme la lettre.

Le type est très-curieux à étudier. C'est ce que j'ai appelé la lettre surhaussée. L'allongement de la lettre se fait sur une partie ordinairement insignifiante de la lettre.

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902 STSTÈ» Dl GHÀPHOLOGII

YIIT» CLASSE^ PASSIONS.

LXXVn* OEBRE^ PASSIONS HAmSUSES.

LXXXXÏII^ GENRE, EAim.

356. Haine f aversion. Les haineux portent de rinimitié à autrui et sont disposés à leur nuire. 357. Vengeance, ou^ irage. Les vindicatifs sont portés à faire à autrui des offenses cruelles.

Le signe graphique de la haine est le même que celui de Tamour. C^est étrange^ mais c'est dans la nature. Racine Tavait remarqué :

« Il £aot qQ6 mon cœar»

« S'il n'aime avee transport» haïsse ayec forear. %

La haine n'est pas dans Tàme à l'état de passion permanente, comme l'orgueil, l'avarice, la prodigalité, l'ambition. L'âme aime : c'est là sa vie. Mais, si on la blesse, si on lui nuit, si on l'irrite, le froissement éprouvé produit la haine, et la haine demande la vengeance.

On a appelé la vengeance a le plaisir des dieux. » C'est un triste plaisir que repoussent les grandes âmes. La sublime vertu apportée dans le monde par l'Evangile, a été le pardon des injures.

« Des dieux que nous serrons, connais la différence ! « Les tiens t'ont commandé le meurtre et la vengeance : « Et le mien, qunnd ton bras vient de m'assassiner» « M'ordonne de te plaindre et de te pardonner. »

La grande inclinaison de Vicriture nous donne les natures capables d'aimer avec pasision^ C'est dono le signe graphique de celles qui peuvent haïr avec fureur.

De plus, si l'écriture très-inclinée est accompagnée des signes graphiques de la ténacité, de Vobstination, d'une vivacité allant jusqu'à Vemportement, — voyez ces signes; — - si le <x cher moi o surtout s'étale dans les meguscules, si la personnalité est excessive, si l'orgueil est très-marqué, l'orgueil blessé ne pardonne pas ; si la vanité, la pré*

tentiony s'étalent dans une écriture, la vanité froissée devient aussi implacable. Vous avez le signe complexe très-marqué des natures capables de haine.

Voici récriture d'une femme qui vient de pousser la vengeance contre un grand artiste, jusqu'à publier un livre de souvenirs, ou elle raconte le drame de èes amours délaissées. Remarquez l'étalage excessif des majuscules qui font la roue \ remarquez la signature fulgurante qui dit une énergie peu commune. Ici, l'écriture est un jieu re« dressée et appliquée. C'est la femme qui calcule sa haine, qui se venge avec sang-froid.

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Les vindicatifs.

304 SYSTEMS DE GEAPHOLOGIE

L'imagination est en excès, — voyez le z àetn^aublirez, — l'orfçueilest nettement indiqué, — le if de Mille amitiés. — Ici Timagination a nui au jugement naturel indiqué par cette écriture, et n'a pas permis de laisser voir à la femme que c'était elle, et non pas son infidèle, qu'elle perçait de son poignard. L'orgueil blessé n'a rien écouté. Et pas un ami n'a aimé assez cette artiste de valeur, pour lui faire comprendre que la femme surtout ne doit à aucun prix déchirer le voile qui cachait ses faiblesses. 358. Envie. Les envieux souffrent du bonheur d'autrui et se tourmentent de ce qu'ils possèdent. On a dit que l'envieux maigrissait de l'embonpoint des autres. 359. Jalousie, Les jaloux sont chagrins ae voir les autres posséder une affection qu'ils désirent pour eux-même.

Le signe graphique est complexe. Voyez l'écriture page

L'envieux est toujours un égoïste. Le jaloux aime passionnément, mais il est convergent dans son attachement ; il aime pour lui-même.

Crochet concentrique^ égoisme ; le moi très | marqué. ^ | Jalousie.

Ecriture très-inclinée, passion ardente. J

Plus l'écriture sera inclinée, plus elle dira Yardeur, la susceptibilité de la passion. PUis le moi s'accentuera dans l'écriture, plus la blessure du cœur offensé sera profonde. Cette passion, qui est si cruelle, est donc en raison directe de l'excès du moi et de l'excès de la sensitivité:

Selon les physiologistes, les bilieux, les lymphatiques, les nerveux, les mélancoliques, sont sujets à 1 envie et à la jalousie.

Si l'écriture du jaloux porte en même temps les signes graphiques de l'orgueil, de la vivacité, de l'emportement, vous avez la jalousie qui va aux dernières limites et qui calcule une vengeance. Des âmes jalouses, mais dont l'écriture est à courbes, et dit une douceur habituelle, souffrent cruellement de leur blessure, mais ne pensent même pas à la vengeance.

Les signes graphiques font bien saisir ces nuances capi*

SrSTÈMB BE GRAPH0L06IB 305

tales^ qui sont d'un si grand intérêt pour connaître Tàme dont on analyse récriture.

360. Colère y emportement, La colère est assez définie par sonnom même. Elle ne devient passion que lorsqu'elle arrive, de la simple vivacité, aux excès de Temportement. Les femmes, plus nerveuses, sont plus portées à la colère, mais leur colère a plus de vivacité que de force. Les billieux, les bilio-sanguins et nerveux, sont plus portés à la colère que les lymphatiques.

Les habitants du Nord sont moins irascibles que ceux du Midi.

Cambronne était très-violent. S'étant enivré et ayant frappé un deseschefs,en 1793, il fut condamné à mort. Son colonelobtint sa grâce, à condition qu'il s'engagerait à ne pluss'énivrer.llrenonçaauvinet n'y toucha plusdesavie. Robespierre et Marat sont cités parmi les colères, a Le furibond Marat, dit un moraliste, avait le pouls constamment fébrile, et Robespierre éprouvait des hémorragies nasales qui inondaient son lit toutes les nuits. »

La colère poussée à l'excès est une folie momentanée. Ira furor breviSy dit Horace.

On a fait cette remarque que le lait des nourrices colères produit d'affreuses coliques chez les enfants; et les physiologistes prétendent que la colère est héréditaire.

La passion de la colère est intermittente. Elle ne se produit que par excès. L'âme n'y tiendrait pas.

La colère a pour signe graphique des barres vives yascendantesy quelquefois, comme dans le duc de Praslin^ telle^ ment mouvementées qu'elles ne touchent pas les t minuscules qu'elles doivent barrer , et qv^elles sont jetées à côté dans un mouvement de remarquable impétuosité. Les écritures des colères sont d'ordinaire anguleuses : les mots ont le mouve^ ment ascendant. Toutes les écritures des colères sont inc/tnées et disent la passion.

Voyez les angles aigus du JU de cette écriture renflée

fortement et qui dit les pas- ^js^i^g/Z^C^ 97 sionssensuelles. Labarredu ^/^ ^^^^ ^ ri

t est vive et ascendante. La . . . . ^ ■:■

306 SYSTÈME DE CnAPHOLOGIC

signature se redresse un peu; mais récriture de Tautographe où elle se trouve est inclinée. C'est un passionnel.

La signature de Robes- /^ / • pierre est aussi à angles ^3 /{/</^i^/^^^à aigus. L'inclinaison dit l'homme passionné. EUe se termine par une finale longue vive, et qui rappelle involontairement le stylet dusicaire dirigé sur vqtre poitrine. Nous n'avons malheureusement de Robespierre que sa signature; mais elle dit le passionné et le violent.

On a remarqué que les êtres faibles et chétifs sont plus colères que les êtres robustes et fortement constitués. Les personnes d'un esprit étroit et sans instruction sont plus portées à la colère. Instruire les masses, c'est comprimer cet iustinct irascible, cause souvent de tant de crimes. Instruire, c'est donc moraliser. Avis aux apôtres de l'ignorance pour conserver la morale dans un peuple.

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