IXLL FI* GENRE, SENSUALITÉ
Voyez NATUHB, page 247.
L'intensité du signe graphique dira ce sens poussé jusqu'à l'excès et devenu une passion violente. Une faut pas confondre la passion sensuelle^ c'est-à-dire l'entraînement excessif des appétits charnels avec la passion de l'amour. Celle-ci peut être ardente^ poussée aux limites dernières^ c'est-à-dire embrasant^ dévorant l'àme tout entière ; mais elle est quelquefois oublieuse des sens.
Le signe graphique de cet amour passionné^ mais non sensuel^ est la grande inclinaison de récriture. Mais l'écriture ainsi inclinée n'a pas ces renflements pâteux, cette écriture lourde et appuyée qui dit l'instinct charnel, la prédominance de la matière sur le sentiment. L'amour pur peut être très-chaste, même arrivé à l'état de passion violente. 11 y a des moralistes nombreux qui ont confondu tout cela. C'est d'une incroyable ignorance. L'amour pur a pour aspiration violente la possession légitime et honnête, à la face du monde, de 1 objet aimé. C'est l'une des g^randes et belles lois sociales qui crée la famille. Comment confondre cette noble passion que Dieu a mise dans l'âme liutnaine, avec le sentiment grossier qui ne songe qu'à des jouissances physiques ?
Les passions sensuelles comprennent, en même temps que le goût e&eué des plaisirs de l'amour, le goût eSrené des plaisirs de la table. Il faut bien distinguer les gourjnets des gourmands. Le gourmet a pour ainsi dire une passion de l'esprit. Il se délecte à goûter des saveurs de vins ou de mets. Ce n'est pas très-relevé, et il n'y a pas à dire que ce soit ime passion noble, ce serait abuser des piots^ mais enfin ce n'est nullement honteux.
308 SYSTEMS BB GKAPHOLOGni
La gourmandise est au contraire une passion basse. Elle a pour signe graphicpe très-marqué, l'écriture appuyée, épaisse et pâteuse qui semble dire le goût de la matière. C'est un contraste avec récriture si légère, que j'ai appelé aérienne, des natures détachées des sens. Une écriture-type est celle de Léo Lespès. 11 se vantait d'être gourmet — on ne le fait jamais d'être gourmande
Il ne faut pas croire que ces écritures pâteuses soient un pur effet de la plume. Une nature non sensuelle, écrivant avec la mémo plumequ'un gourmand, ne l'appuiera pas de la même manière, ne produira pas ces traits pâteux où le gourmand semble se complaire.
le*?.*^ Ut97
o^oc^
LÉO LESPÈS. — Les gourmands.
Brillat-Savariu signale — a-t-il raison ? — quatre grandes classes de gourmands par état : les financiers, les médecins, les gens de lettres et les dévots.
Les sanguins et les sanguins bilieux sont plus portés à la gourmandise. Les femmes sont moins> gourmandes que les hommes; mais elles sont plus friandes. Les moins gourmands sont les cuisiniers. Il y a des individus qui naissent gourmands. Les phrénologistes ont appelé cela alimentxmté. La gourmandise, selon les physîoloffistes. est souvent héréditaire, et l'aUaitement la commumque.
Vm» CLASSE^ PASSIONS.
LXXXn* ORDRE; FASSIONS AMBITIEUSES.
LXLXYh GENRE, AMBITION.
L'ambition est un sentiment noble que certains moralistes désignent sous le nom d^émulation, et qui consiste à vouloir se distinguer parmi ses égaux. AMsi compris^ c'(^st un noble instinct. 11 ne devient passion que par Texcès.
Le signe est très-caractéristique : Vécriture ascendante. Les lignes^ au lieu de suivre l'horizontalité de la page^
Î>rennent un mouvement montant. Souvent mème^ quand e papier est tracé^ la plume quitte le tracé de la ligne supérieure.
Quand le sens de l'ambition est développé avec excès« il devient une passion fougueuse que rien n'arrête. C'est alors un désir violent et continuel de s'élever au-dessus des autres qui fait dans l'âme de cruels ravages. Ambition de domination et de pouvoir (le capitaine Buonaparte] ; ambition des grandeurs^ des titres^ des distinctions (Guvier) ; ambition des premières places^ soif des hommages de la multitude.
Que d'existences l'ambition a dévorées ! Mais que d'élan elle a donné au génie de Thomme !
Beulé; que nous avons tous connu^ s*est suicidé par suite de soufiGrances physiques dues à son ambition inassouvie.
L'écriture, la signature^ sont très-ascendantes. Voyez sou écriture/ page 265^ et celle de M. Thiers^ page 154.