XXII PRÉFACE DES TROISIÈME ET QUATRIÈME ÉDITIONS
sieurs des arguments qui m'ont été opposés, non par goût pour la controverse, mais parce que c'était une occasion favorable d'exposer plus clairement et plus complétement mes propres solutions et leurs fondements. En ces matières, la vérité est militante et ne peut s'établir que par le combat. Les opinions les plus opposées peuvent faire montre d'une évidence plausible quand chacune s'expose et s'explique elle-même ; ce n’est qu’en écoutant et comparant ce que chacune peut dire contre l’autre et ce que celle-ci peut dire pour sa défense, qu'il est possible de décider quelle est celle qui a raison.
Même, les critiques desquelles je m'éloigne le plus m'ont été très-utiles, en me signalant les endroits où l'exposition avait besoin d'être développée ou l’argumentation fortifiée. J'aurais souhaité que le livre eût été plus attaqué, car j'aurais pu probablement l’améliorer beaucoup plus que je ne crois l'avoir fait.
Dans la présente édition (sixième), j'ai écarté un sujet de plaintes qui n'auraient guère pu se produire à une époque plus ancienne. Les doctrines principales de ce traité sont, en somme, compatibles avec l’une et l’autre des théories en conflit sur la structure de l'esprit humain (la théorie d priori ou Intuitive et la théorie Expérimentale), bien qu'elles puissent exiger de la première — ou plutôt de certaines de ses formes — le sacrifice de
quelques-uns de ses ouvrages extérieurs. Je m'étais donc