CHAPITRE IT
$ 4. — L'analyse du syllogisme est si exacte et si complète dans les Manuels de logique ordinaires, qu'il suffira, dans cet ouvrage, qui n’est pas un manuel, de récapituler, memoriæ causa, les -résultais principaux de cette analyse, comme bases des observations que nous aurons à faire sur les fonctions du syllogisme et sur la place qu’il tient dans la science.
Uf syllogisme légitime se compose essentiellement de trois propositions et de trois seulement, à savoir : la Conclusion, qui est la proposition à prouver, et deux autres qui, ensemble, forment la preuve et qu’on appelle les Prémisses. Il faut pareïllement qu’il y ait trois termes et pas plus, savoir : le Sujet et le Prédicat de la conclusion, et un autre appelé le Moyen Terme, qui doit se trouver dans chacune des Prémisses, puisque c’est par son intermédiaire que les deux autres termes doivent être mis en connexion. Le prédicat de la conclusion est appelé le Grand terme du syllogisme, et ie sujet de la conclusion le Petit terme. Comme il ne peut y avoir que trois termes, le grand et le petit doivent chacun se trouver dans une, et dans une seulernent, des prémisses, conjointement avec le moyen qui se trouve dans les deux. La prémisse qui contient le moyen terme et le grand terme est appelée la Majeure. Celle qui contient le moyen et le petit terme est la Mineure.
Quelques logiciens divisent les syllogismes en trois figures, d’autres en quatre, suivant la position du moyen terme, qui peut être soit le sujet, soit le prédicat dans les deux prémisses, soit le sujet dans l’une et le prédicat dans l’autre. Le cas le plus ordinaire est celui où le moyen terme est le sujet dans la majeure et le prédicat dans la mineure. C’est ce qui constitue la première figure. Quand le moyen terme est le prédicat dans les deux prémisses, le syllogisme appartient à la deuxième figure; quand le moyen est le sujet dans les prémisses, il est de la troisième. Dans la quatrième figure, le moyen terme est sujet dans la mineure et prédicat dans la majeure. Les auteurs qui ne reconnaissent que trois figures font rentrer cette quatrième dans la première.
Chaque figure se divise en modes, suivant ce qu’on appelle la quantité et la qualité des propositions, c’est-à-dire suivant qu'elles sont universelles ou particulières, affirmatives ou négatives. Voici des exemples de tous les modes légitimes, c'est-à-dire ceux dans lesquels la conclusion suit rigoureusement des prémisses. À est le petitterme, C le grand terme, B le moyen.
are FIGURE.
Tout B est C. Nol B n’est C. Tout B est C. Nul B n'est C.
Tout À est B. ToutAestB. Quelque AestB. Quelque À est B. Donc Donc Donc Done
Tout A est C. Nul À n’est C. Quelque A est C. Quelque A n’est pas C.
20 FiGur£.
Nul C n’est B. Tout C est 8. Nul C n'est B. Tout C est B.
Tout À est B. Nul A n’est B. Quelque Aest B. Quelque À n’est pasB. Donc Donc Donc Donc
Nul A n’est C. Nol A n'est C, Quelque À n’estpasC, Quelque À n'est pas C.