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le loyal accueil que la foi nouvelle y reçoit même de ses ad- ?ersaires déclarés. L'une des principales revues trimestrielles vient d'y publier, en janvier et avril derniers, une mémorable appréciation de mon ouvrage fondamental par un digne antagoniste. Son noble langage, sans dissimuler aucune dissidence, forme un heureux contraste avec celui de nos psycologues ou idéologues , et même avec la froideur personnelle de mes adhérents trop abstraits. Un tel procédé m'inspira bientôt une démarche exceptionnelle, pour faire ouvertement concourir de pareils adversaires au libre subside qui jusqu'ici ne garantit pas suffisamment mon existence matérielle. Je me félicite d'autant plus de cette lettre ci- jointe, qu'elle m'a procuré récemment one admirable réponse, directement émanée de mon noble critique, qui, malgré sa pauvreté personnelle, s'associe dignement à ce patronage volontaire , qu'il érige en devoir social.
Mais les pas simultanés du positivisme sont non moins décisifs dans l'autre camp occidental. Ils doivent être surtout mesurés d'après nos récents succès parmi les prolétaires lyonnais. Spécialement abritée contre les aberrations antidomestiques par les propres imperfections de sa constitution industrielle , cette noble et malheureuse population tirait spontanément de sa vie de famille une puissante impulsion vers le positivisme. L'ébranlement communiste n'avait abouti qu'à la mieux préparer aux questions sociales dont la religion universelle vient lui fournir la seule solution réelle. Aussi quelques émincnts apôtres ont-ils suffi pour y développer, en mohis d'une année , sous la juste protection des autorités temporelles , un foyer positiviste d'autant plus précieux qu'il deviendra bientôt le centre normal d'une vaste propagation méridionale.
Ce double essor récent de la religion destinée à concilier enfin Tordre et le progrès , se trouve profondément consolidé d'après le pas hrrévocable que vient de itanchlr notre situation
XIT STSltME M POUTIQU^ POSIT|T£.
répobUcaioe. De soo valo début parlemenlatre , oniqveiiiciit propre à la traosUton aoglalMf notre répnbUqae paaie spontanéioeiit à la phase dictatoriale, seule vraiment française i quoi* qu'elle convienne également ans antres populations caUioliquetf comme Tindique déjà r Amérique espagnole. La prochaine reprisa de mes prédications annuelles m'a donné lieu d'apprécier sp6« cialement cette heureuse modification et le nouvel ascendant qu'elle procure au positivisme. J'ai déjà traité ce double u^ti dans une lettre déciidve , pleinement approuvée de mon civique patron , et qui forme la troiriéme partie de l'appendice ci-Jolnt. Elle me dispenserait id de toute explicatlra à cet égard , sans le* graves Inquiétudes que fit ensuite surgir un déplorable aveuglement personnel.
Notre état profondément négatif permet un certain essor > toute initiative hardie, d'ailleurs anarchique ou rétrograde t émanée d'une position convenable. Hais les perturbations quel* conques qui semblent possibles , et même imminentes ^ ne con* portent jamais une sufBsante réalisation, du moins dans loi cas essentiels. Quoique les vivants méconnaissent aujourd'hui le joug de9 morte» Us ne cessent point de le subir» et il nous préserve des principaux dangers» sans pouv(^ cependant dlsdper assez les crafaites correspondantes. Un avenir auss) vagnemeirt conçu ne peut Inspirer une suttsante sécurité qu'au» imm fratématiques qui ont pu lui procurer un caractère mleus 4éterndné d'après une saine appréciation de rensemble du passé , surtout moderne* Pès le premier avènement de notre rép«* blique» J'annonçai qu'il était Irrévocable» sauf de fréquentas modifications politiques, et que pourtant il semblerait longtemps précaire , jusqu'à ce qu'une doctrine commune conioUdât assey notre marche. Cette sécurité peut être comparée à celle qui concerne la pali occidentale, qui» malgré sa durée sens ezempl«# JB« {déterre jMi»is iMtfr« cûuSwm
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quiétudes due3 au moindre ébranlement, quoique l'événement les démente toi^oiirs. Nous verrons pareillement avorter toutes les suspensions dont paraîtra menacée notre situation républi*caine. Car, l'ensemble du passé français repousse autant la royauté que la guerre. Désormais , les vrais citoyens ne doi^ vent pas craindre davantage la rétrogradation monarcbique que Fanarcbie parlementaire. Ces deux modes opposés du régime constitutionnel sont également discrédités aujourd'hui. La situation républicaine est devenue la premiàre condition de l'ordre matériel, en comportant seule une dictature éner* glque.
Quoique je déplore les entraves temporaires de la discussion française , je me sens profondément soulagé du Joug anarchique des parleurs arrogants et intrigants qui nous empêchaient de penser* Cette crise inespérée me procure une délivrance équivalente h celle da fordeau royal en 1648 , et les deux pressions me paraissent également éteintes. Une puissante aberration personnelle 9 à laquelle notre manque de foi sociale semble laisser un libre cours, pourrait seulement provoquer la réalisatfoo plus ou moins prochaine de l'éventualité politique signalée au début de mon manifeste. Mais, sans que la prudence civique doive aujourd'hui négliger une telle prévision^ il faut éviter de s'en préoccuper assez pour troubler l'heureux essor des médi* tations décisives que la république dictatoriale inspire partout sur la \T9ie reconstruction de l'ordre occidental. hQ jeu spon^ tané des entraves officielles, intérieures ou extérieures, dissipera peut*être ces folles tendances avant qu'elles suscitent quel* que grave conflit II est vrai que l'insurrection chronique, d^ commencée, des campagnes contre les villes, caractérisera la dernière phase générale de l'anarchie occidentale , comme je le prévis à la fin de mon traité philosophique. Alais le cas actuel permet d'éviter ce développement véfiia) d'u^e imHi^
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très-modifiable^ si le prolétariat parisien^ directeur spontané du grand mouvement , utilise à temps le précieux enseignement social que sa raison pourrait déjà tirer de ses propres inquiétudes politiques. Gar^ elles tendent à manifester le caractère profondément rétrograde de la métaphysique négative dont il subit encore l'ascendant discrédité. La révolte des vivants contre les morts pousse désormais l'Occident à faire partout prévaloir les influences les plus brutales et les plus arriérées ^ auxquelles nous ne pouvons échapper qu'en nous replaçant dignement sous le joug nécessaire du passé. Ainsi, la condition fondamentale du vrai progrès social consiste aujourd'hui en ce que le prolétariat central repousse complètement les dogmes et les hommes révolutionnaires, comme étant désormais autant rétrogrades qu'anarchiques. Quand il aura suffisamment garanti l'ordre en passant du négativisme au positivisme , suivant le noble exemple émané déjà d'éminents prolétabres parisiens et lyonnais, il pourra dignement interdire qu'on mette aux voix sa république, devenue, pour l'Occident, la seule base réelle de Tarmistice nécessaire entre les pauvres et les riches. Mais alors j'ose assurer, au nom du passé et de l'avenir, dont je suis maintenant l'unique interprète, qu'aucun dictateur ne conservera de tendance monarchique. Gan dans la lumineuse position résultée d'un office très -synthétique, la crainte de l'anarchie peut seule empêcher de reconnaître la situation républicaine comme autant indispensable au pouvoir réel qu'à la véritable gloire. Il y aurait surtout une haute et dangereuse inconséquence chez l'homme d'État qui vient de nous délivrer heureusement du régime parlementaire, si , pour satisfaire une puérile passion personnelle, il tentait de rétablir la constitutionnalité royale.
Gette sommaire indication me conduit naturellement à l'an** nonce finale qui forme l'objet spécial de la dernière partie de
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rappendice ci-Joint. En effet ^ la fondation de la Revue Occideniale me dispensera , j'espère , de saisir les occasions que peuvent m'oflErir mes préfaces on mes séances pour donner au public diverses explications incidentes, qui seraient mieux placées ailleurs.
Sa haute importance , intellectuelle ou sociale , et sa conciliation générale avec ma principale élaboration , me disposèrent, dès 18^5, à constituer cette prédication périodique. Mais l'utilité n'en fut pas assez sentie pour me procurer les secours jnatériels qu'exigeait le libre essai de cinq ans que je jugeais alors indispensable. La situation républicaine m'ayant permis, en 18^8 , de réduire à trois ans la durée de cette épreuve, j'éprouvai pourtant le même genre d'avortement. Mais la phase dictatoriale faisant prévaloir des dispositions plus sérieuses, et manifestant mieux le besoin de diriger dignement la raison occidentale, je dois entreprendre une nouvelle tentative, en m'y bornant à des publications trimestrielles. Cette dernière transformation , combinée avec ma Juste abnégation personnelle , diminue autant que possible les frais matériels d'une telle fondation. Si donc elle échoue encore, je ne m'en occuperai plus, tout en me tenant prêt à diriger cette institution quand ses conditions auront été remplies, et même en persistant à y fournir seul le cinquième ou le quart de chaque livraison.
Quoique j'aie assez expliqué la destination et le caractère des quatre parties de mon appendice, je ne dois pas terminer cette préface sans une heureuse indication personnelle, dont Timportance sera bientôt sentie par tous les positivistes complets, c'est-à-dire religieux.
Mon discours préliminaire et l'ensemble de ce traité manifestent à la fois la tendance profondément esthétique du positivisme et la haute assistance que son avènement doit déjà recevoir des brillantes fonctions qui représentent le mieux l'unité
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humaine. Néanmoins > je n'ai jamais dissimulé qae cette syinpathie nécessaire se développerait plus tard que le précieux appui émané d'abord de l'instinct populaire et ensuite du sentiment féminin. Toutefois , la raison systématique qui doit guider rOccident acquiert ^ plus tôt que je ne Tespérais^ cette sanction complémentaire y d'après Tadhéston décisive d'un éminent artiste, M. A. Étex, secrètement disposé au positivisme par une nature exceptionnellement synthétique.
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