‹ Système de politique positiveChapitre 20 sur 20 · DYNAMIQUE SOCIALE. — CONCLUSION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

DYNAMIQUE SOCIALE. — CONCLUSION GÉNÉRALE

Toujours et partout^ les hommes furent de plus en plus dominés par Tensemble de leurs prédécesseurs, dont ils purent seulement modifier l'empire nécessaire. Mais, cet ascendant devant longtemps rester inaperçu , chacun dut chercher ailleurs une puissance directrice, en transportant le type humain à des êtres extérieurs, d'abord réels, puis fictifs; de manière à fonder une synthèse non mohas personnelle qu'absolue. Tant que cette recherche des causes prévalut sur Tétude des lois, elle empêcha de reconnaître la vraie Providence , en détournant l'attention vers des influences chimériques. En même temps, des conflits nombreux et continus, aggravés par les discordances résultées de ces vagues doctrines , interdisaient la conception d'un être collectif dont les divers éléments semblaient inconciliables. Quand les luttes et les fictions se trouvèrent épuisées, l'Humanité,. préparée sois leur prépondérance, surgit nécessairement, en fondant, sur la paix et la vérité , l'irrévocable avènement de la religion universelle.

Cette unités toujours cherchée et jamais obtenue , sembla spontanément exister au début de la civilisation, le fétichisme ayant partout prévalu longtemps, même avant que l'action continue des milieux matériels eût produit la diversité des races. Mais , quoique ce mode primitif de la synthèse provisoire ait plus duré qu'aucun autre , il ne persiste que chez la minorité de notre espèce; ce qui prouve à la fois son instabilité propre et le défaut d'universalité du théologisme. Une telle uniformité, due seulement à la spontanéité, fut d'ailleurs plus apparente que réelle; car l'adoration du monde extérieur suscita la dispersion des cultes, et souvent leur antagonisme, jusqu'à ce que le fétichisme devint astrolâlrique. Avant ce mode final, qui le transforma bientôt en polythéisme, il bornait son . eflQcacité sociale à l'existence domestique. L'histitution de la famille et la subordination de l'honune au monde constituent

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lesseiTlces fondamentaux da fétichisme» outre qa*Il prépara Tordre public eo faisant prévaloir la vie sédentaire et surgir le sacerdoce.

Quand la théocratie lui succéda, l'universalité religieuse Ait systématiquement cherchée 9 d'après une foi susceptible d'une concordance plus complète et plus vaste. Mais, outre les dissidences intellectuellement propres à sa nature fictive , l'adhérence nécessaire d'une telle doctrine avec une domination politique devait socialement interdire son extension totale. Les castes sacerdotales se bornèrent, chei les populations qu'elles régirent , à systématiser l'existence humaine au delà de ce que comportait le fétichisme , en attendant et préparant la synthèse positive, seule capable de régler las plus vastes relations. Cette coordination provisoire, oh la discipline précédait le développement, dégénéra partout en oppression, de manière à nécessiter un autre mode pour Tessor décisif de l'intelligence et de l'activité , parmi les nations que le polythéisme militaire préserva de la théocratie. Alors commença l'évolution propre à roccident, où l'élaboration grecque et l'incorporation romaine dirigèrent la préparation, d'abord mentale, puis sociale , de l'état positif. Ces deux transitions partielles ayant finalement manifesté le besoin de régler les forces correspondantes, leur concours dut en susciter une troisième envers le sentiment , d'après lequel le monothéisme s'efforça de systématiser notre existence, en séparant les deux pouvoirs humains. L'avortement nécessaire de cette tentative prématurée épuisa le théologisme avant que le positivisme pût surgir ; de là provint la révolution occidentale, qui dut à la fois décomposer le régime préliminaire et développer les éléments propres à l'ordre flnal.

Unique issue de ce double mouvement, l'avènement ilécisif de la religion universelle devient aujourd'hui le résultat inévi-

DTNAMIQVB SOGIAU. •«- GONaUSION GÊNÊBÂLB. 62S

table de Tensemble des préparations antérieures et la base indispensable des efforts destinés à surmonter Fanarchie moderne. Il constate et complète Tépuisement connexe du théologisme et de la guerre , de manière à calmer déjà toutes les sollicitudes, en montrant qu'une courte transition nous sépare seule de Tétat normal. Une politique pleinement homogène, fondée sur l'explication totale du passé, nous guidera directement vers Favenir, sans craindre le retour d'orages essentiellement dus à l'impossibilité de systématiser la marcbe occidentale.

Je puis utilement résumer cette conclusion en prolongeant la comparaison mathématique qui condensa celle du volume précédent. La sociologie statique avait seulement déterminé le système général des asymptotes propres h l'orbite de l'Humanité^ sans rien décider envers la courbe elle-même, qui pouvait diversement s'adapter à ces types fondamentaux. Mais la dynamique sociale vient de fixer le cours effectif, d'après Texplication spéciale d'un arc assez étendu pour permettre un prolongement conforme à la destination pratique d'une étude oti les prévisions ne doivent jamais devenir exagérées. Ce complément consolide la théorie fondamentale, en faisant ressortir la réalité des lois qui, d'abord émanées d'un examen abstrait de notre nature, expliquent ensuite le véritable ensemble de nos destinées. Ayant, à chaque époque, apprécia le présent comme un produit nécessaire du passé, la sociologie peut désormais aborder la détermination directe de Favenir, avec une autorité redoublée par cette accumulation continue d'épreuves décisives. Mais son développement, statique ou dynamique» doit toujours se subordonner à nos vrais besoins, afin d'éviter la dégénération académique, inexcusable dans une science qui manifeste spécialement ses dangers envers le cœur et Fesprit. La sociologie se trouve particulièrement obligée à

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naître les seules lois capables de régler le présent d'après Tavenir déduit du passé.

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