‹ Systeme pemitentiare, Le Bagne, La Prison Cellulaire, La DeportationChapitre 8 sur 45 · PROLÉGOMÈNES. XI · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES. XI

nous disons franchement et conseiencieusemént ee qui devrait être.

Précisant ensuite les conséquences nécessaires qui se déduisent naturellement de cette comparaison , nous arrivons non-seulement à faire apprécier , d'après les faits et Texpérience , les causes premières des vices , des perturbations et des crimes qui , chaque jour, viennent compromettre Tordre, menacer ou même attaquer sérieusement les intérêts de la société , mais surtout à signaler positivement les moyens simples et faciles de prévenir ces crimes , ces perturbations et ces vices.

Lorsque nous effectuerons la publication de cette première partie de notre œuvre , nous en ferons du reste connaître plus complètement encore les caractères essentiels et le plan d'exécution.

Pour le système pénitentiaire , nous prenons l'homme victime de ses instincts, de ses passions, de ses erreurs; des mauvais enseignements qu'il a reçus; des funestes exemples qu'il a recherdiés ou qu'il a trouvés sous ses yeux ; des pernicieux conseils dont il n'a pas en l'intelligence , la raison ou le courage de se défendre ; faisant le premier pas dans la fatale carrière des vices ^ des crimes i des plus épouvantables foirfaits ; nous le suivons dans toutes les phases des punitions qui répondent légalement a ces vices, à ces crimes, à tes forfaits: l'arrestation « la prison préventive, la maison de correction , la prison ordinaire , la maison de réclusion , le bagne, la prison cellulaire, la dépolrtatioû simple, aux travaux forcés , etc.

XII PROLÉGOl«èNES.

Nous cherchons à bien établir « dans toutes ces conditions de la pénalité, les dispositions les plus favorables pour obtenir et concilier : 4^ l'action pénale ; T l'influence moralisatrice ; S^'la garantie sociale et la protection du libéré ; 4* la facilité d'exécution et ^économie pour le budget de l'État.

Nous abandonnons le coupable au pied de Téchafaud , sans vouloir formuler actuellement aucune opinion sur cette peine dont l'opportunité , la valeur et la moralité ont été si diversement controversées. Nous examinerons peut-être ultérieurement cette grave et difficile question, étrangère à notre sujet, puisqu'ici tout se termine avec Faction pénale; puisque le criminel est enlevé a tous les moyens d'amendement et de moralisation pour le temps; et qu'il ne lui reste , pour l'éternité , que les derniers enseignements d'une religion dont la mission angélique est de consoler, d'absoudre ; et le refuge suprême d'un Dieu qui compatit et qui pardonne au repentirl...

En suivant cette marche naturelle , nous avons pour nous l'opinion des hommes les plus compétents et les plus expérimentés. Ainsi , dans son remarquable ouvrage sur la réforme des prisons , et par les travaux de toute sa vie , le respectable et savant M. Ch. Lucas a démontré que , pour être complet et logique, le système pénitentiaire devait en eflfet embrasser toutes les applications légales , depuis l'arrestation jusqu'à la peine de mort.

Pour le moment , nous étudions ce grand problème au point de vue de ses trois parties principales et plus spécialement à l'ordre du jour : le bagne , la prison cellulaire , la déportation.

PROLÉGOMÈNES. XÎII

A l'instant où le bagne est menacé d'une suppression bien regrettable, et même bien dangereuse, nous avons pensé qu'en publiant , de ce travail , tout ce qui appartient aux trois grandes applications de la pénalité entre lesquelles il faudra choisir « la question serait plus précise , mieux saisie , qu'elle offrirait le mérite incontestable d'une véritable actualité. C'est d'après cette impérieuse considération que nous faisons paraître d'abord la seconde partie du système pénitentiaire ; la première ne tardera pas à le compléter.

Au point d'insuffisance, disons toute notre pensée, d'immoralité, de dégradation où l'on a fait tomber l'institution du bagne, nous comprenons qu'il devait s'élever contre cette épouvantable école des forfaits un cri général de réprobation et d'anathème.

Ce cri s'est fait entendre, il a trouvé d'assez nombreux échos ; et, comme toutes les choses qui se disent et se répètent longtemps sans une contestation sérieuse, il a pris assez naturellement la valeur d'une réclamation nationale juste et surtout parfaitement fondée.

Le pouvoir a dû nécessairement s'en préoccuper, et, surtout dans les périlleuses conjonctures qui sont venues si tristement coïncider avec cette réclamation , chercher immédiatement un puissant moyen d'y faire droit.

En conséquence, la suppression des bagnes ne s'est pas fait attendre; et c'est à la déportation aux travaux forcés, immédiatement conduite en voie d'expérimentation « que Fon a confié le soin de les remplacer.

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