GENRE CHITON. LINNÉ. — GENRE RHOMBIFERA. BARRANDE
Rapp. et différ. Aucun Cornulites connu ne présente des anneaux si rapprochés, en rapport avec un semblable diamètre. La carène longitudinale est aussi un caractère inconnu dans les Cornulites.
D’après divers autres fossiles, non figurés, il nous paraît à peu-près certain, que cette forme représente la partie supérieure de la tige d'un échinoderme, que nous nommons 7rochocystites mitra. Cette tige se trouve très rarement, tandisque le corps de l’animal n’est pas très rare.
Gisemt. et local. Ce fragment a été trouvé près Vosek, dans les nodules siliceux provenant des schistes de notre bande d 1, qui renferme la première phase de notre faune seconde. Outre Trochocystites mitra, ces nodules présentent aussi les fragmens d’une ou deux autres espèces de Cystidées, mais beaucoup plus rares et dont la tige nous est inconnue.
Genre Chiton. Linné.
Chiton Bohemicus. Barr.
Nous associons, sous un seul nom spécifique, tous les fossiles de notre bassin, qui paraissent appartenir au genre Chiton. Les apparences des cérames isolées, que nous figurons, sont notablement variées, sous le rapport de leur forme et de leur taille. Cependant, on remarquera, qu’elles offrent un passage graduel entre les conformations extrémes. Cette transition serait encore plus évidente, si nous avions pu faire figurer tous les spécimens que nous possédons. On peut donc concevoir, que les différences pourraient être attribuées, soit à l’âge des individus, soit à la position diverse occupée sur leur corps, par les cérames comparées.
À ces considérations, il faut aussi ajouter celle qui résulte de l'existence commune de tous ces fossiles dans une seule localité et dans les mêmes bancs, appartenant à la bande supérieure e 2 de notre étage calcaire inférieur E. Cette localité, assez riche en Gastéropodes, se trouve sur les collines qui s’élèvent entre Lodenitz et Bubovitz.
Nous proposant de donner la description détaillée de cette espèce, en la plaçant suivant l’ordre zoologique, parmi les Gastéropodes, dans le Vol. IV de cet ouvrage, nous nous bornons à ces courtes indications, nécessitées par la présence des figures de Chiton, sur les planches destinées à nos Ptéropodes.
Genre Rhombifera. Barrande.
Rhombifera Bohemica. Barr. .
PI
Les figures de cet étrange fossile, occupant indûment une place sur les planches destinées à nos Ptéropodes, trahissent nos erreurs au sujet de sa nature. Nous nous empressons de les confesser hautement, en les rectifiant.
En 1843, lorsque nous avons recueilli les ‘premiers fragmens de cette espèce, complétement aplatis et à l'état de moules internes, nous avons supposé qu'ils pouvaient appartenir au genre Conularia, qui est représenté par diverses formes, dans les mêmes dépôts schisteux de notre étage D.
Plus tard, ayant réussi à découvrir un spécimen, montrant distinctement que le fossile n'offre que trois faces, au lieu des quatre qui caractérisent les Conularia, nous l’avons transféré dans notre genre Pugiunculus = Hyolithes, en le nommant, Pug. rhombiferus. C'est à ce titre qu'il a été figuré sur notre PI. 11.
Durant longues années, rien n'a troublé la sécurité de nos convictions, au sujet de cette détermination. Mais, en étudiant de nouveau nos nombreux spécimens de ce fossile, nous en avons remarqué un, qui conserve à son extrémité la base du calice et un fragment de tige calcaire, avec toutes les apparences qu'on voit dans la tige et le calice des Crinoïdes.
Cette observation a suffi pour nous montrer, combien nous nous étions trompé, en considérant ce fossile comme un Ptéropode. Après de nouvelles études, nous le regardons aujourd’hui comme appartenant à une famille d'Echinodermes, jusqu'ici inconnue et qui se range immédiatement à côté de celle des Blastoïdes, très bien décrite et illustrée dans la Monographie du Prof. Ferd. Roemer, publiée en 1852 et connue de tous les savans.
Nous pensons même pouvoir donner une idée assez exacte de notre nouveau type, en le comparant au type principal de la famille que nous venons de nommer, c. à d. à Pentatrematites.
Les caractères différentiels et fondamentaux de notre fossile peuvent être définis comme il suit, sans que nous puissions distinguer ceux qui sont purement spécifiques de ceux qui ont une valeur générique.
I Rhombifera Bohemica simule un Pentatrematites, dans lequel les pseudo-ambulacres, répartis sur la périphérie horizontale, sont réduits de 5 à 8.
Cette réduction résulte de ce que la forme générale du calice de Æhombifera est celle d’un tronc de pyramide alongée, à base triangulaire. Les 3 faces de cette pyramide sont égales et elles e forment entre elles des angles dièdres égaux, comme l'indique la section transverse PI. 11. fig. 13.
Ainsi, le fossile, considéré dans le sens transverse, ou horizontal, offre une structure érènôme, au lieu de la structure pentanôme ordinaire et fondamentale, dans tous les Echinodermes.
II. Rhombifera Bohemica considéré suivant le sens longitudinal, ou vertical, présente deux rangées superposées de pseudo-ambulacres ou du moins, des pseudo-ambulacres subdivisés dans leur longueur et sous la forme de 2 losanges alongés. Chacune de ces rangées horizontales offre les 3 pseudoambulacres, que nous venons de mentionner.
D'après ces apparences, ou pourrait dire, que ce fossile simule un Pentatrematites à deux étages.
Dans la plupart de nos spécimens, qui sont fragmentaires, on ne voit qu'une seule rangée hori- zontale d’ambulacres, ou losanges. Mais, nous en possédons quelques uns, qui conservent les deux
2 4 . . 2-£2 s Fe . . . « rangées superposées, comme celui qui est dessiné fig. 5, de sorte que le fait est indubitable. 4
Nous observons d’ailleurs, sur quelques exemplaires, les traces évidentes, quoique incomplètes de l'ouverture, placée sur le petit bout tronqué de la pyramide. La taille et la forme de ces individus, concordant avec celle de tous les autres, contribue à nous montrer, que le nombre des rangées superposées de losanges ne dépasse pas deux.
III. Chacun des losanges est composé d’élémens horizontaux ou de petites bandes étroites et alternantes, que nous désignons par le nom de filets transverses et de filets intercalaires.
Ces petites bandes, ou filets, nous semblent représenter les plaquettes porifères principales et les plaquettes porifères supplémentaires, qu’on distingue dans les Pentatrematites.
Comme tous nos spécimens sont des moules internes, nous connaissons presque uniquement les losanges par leurs apparences sur ces moules. Ce sont donc ces apparences, que nous indiquons dans les détails qui suivent.
IV. On remarquera d’abord, que toute la surface de chaque losange est en relief sur celle de la superficie générale des faces, comme l'indique la section transverse déjà citée, fig. 13, ainsi que di-
EF
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verses autres figures: 1—10 &c. Ainsi, les petites bandes, ou filets transverses, en relief, correspondent à autant de rainures creuses, qui existent sur la paroi interne du test.
Les 4 côtés de chaque losange, au lieu d'être rectilignes, sont un peu convexes vers l'extérieur.
La forme des losanges est plus ou moins alongée, suivant les individus, mais on peut admettre, en moyenne, que le rapport entre la grande diagonale et la diagonale transverse est de 7: 2.
Les petites bandes ou filets, qui occupent la surface de chaque losange, sont séparés par d’étroites rainures linéaires. Nous comptons moyennement 2 filets par mm. de longueur. Ces filets n'atteignent pas complètement les bords opposés du losange. Ils finissent en pointe, à la distance variable de 1 à 2 mm. du bord, suivant les spécimens. Entre leurs extrémités, on voit naître d’autres filets intercalaires. atteignant le bord et formant par leurs bouts saillans en relief, une sorte de ceinture autour de la surface du losange, comme on le voit sur les figures grossies, 8—11. Souvent, ces bouts saillans sont brisés et figurent un petit tube, qui parait avoir abouti à une semblable perforation du test. Voici la confirmation de ce fait:
V. Nous trouvons, sur le plus instructif de nos spécimens non figurés, une partie de deux faces adjacentes du calice. Le test calcaire conservé, mais avec une surface un peu altérée, offre une épaisseur d'environ 1 mm. Les contours de deux losanges, près de la base du calice, étant très distincts. sur la surface externe, s'accordent à nous montrer une série de petites perforations à travers le test. Elles sont placées le long de chacun des côtés et elles correspondent à l’extrémité externe des filets intercalaires. La roche noirâtre, qui a pénétré dans ces petites ouvertures, rend leur existence très apparente. Chaque perforation est placée au fond d'une petite dépression du test, qui est ovale. transverse, et qui est très visible à l’oeil nù, car son grand diamètre, horizontal, est d'environ 1 mm.
Nous aurons, plus tard, l’occasion de figurer le spécimen si instructif, qui a donné lieu à ces observations très importantes.
Nous devons signaler aussi certaines apparences très variables, sur les losanges, suivant les individus.
1. Nous remarquons assez souvent une ligne saillante, figurant la grande diagonale verticale. Cette ligne manque sur beaucoup d'exemplaires. Lorsqu'elle existe, elle est tantôt faiblement indiquée, comme dans la fig. 11, tantôt elle s'élève comme une paroi verticale de 1 mm. de relief, au dessus de la surface, fig. 8.
2. Dans d’autres spécimens, il existe plusieurs lignes longitudinales, plus ou moins marquées, parallèles à la grande diagonale, irrégulièrement espacées et d’un faible relief, fig. 5—9.
3. Les filets transverses sont souvent continus, dans toute leur étendue, et passent par dessus l'indication de la grande diagonale, comme dans la fig. 11.
4. Quelquefois, au contraire, ces filets sont interrompus, au droit de la grande diagonale, lorsqu’elle est très-saillante, comme dans la fig. 8 Dans ce cas, on voit, qu’au lieu de se prolonger en
ligne droite, sur toute la largeur du losange, ils forment deux séries alternantes, séparées par la diagonale.
5. Dans plusieurs exemplaires, la diagonale transverse, horizontale, est marquée par une profonde
rainure, qu'on voit fig. 9—11 &c. Cette rainure manque complètement dans d'autres spécimens, fig. 6—8—12.
6. Les lignes longitudinales que nous venons d’indiquer, sur le moule interne des losanges, se montrent aussi, mais très faibles, sur la surface externe du test, un peu altérée, dans le spécimen
non figuré, dont nous avons parlé. On y reconnait la trace également obsolète des petites bandes horizontales ou filets transverses.
7. Toute la surface du moule interne, qui n’est pas occupée par les losanges, est lisse, sur la plupart des individus. Mais, sur quelques uns, nous la trouvons couverte de stries serrées, faibles et longitudinales, comme sur celui qui est représenté fig. 12.
VI. Le test ayant été dissous dans les schistes, nous jugeons, d’après le vide produit par son absence, entre les moules interne et externe, que son épaisseur s'élevait au moins à 1 mm. Nous observons la même épaisseur sur les fragmens des deux faces de la pyramide, un peu altérées, dont nous avons déjà parlé. Les brisures polygonales, sub-régulières, de ces parois montrent la nature spathique du test, comme dans tous les autres Echinodermes.
VII. La base du calice, que nous voyons dans le même spécimen, présente une épaisseur beaucoup plus considérable que celle du test et elle tend à devenir massive. Malheureusement, l’altération de la surface ne nous permet pas de distinguer les lignes de division, entre les 3 plaques basales, qui doivent correspondre aux trois faces de la pyramide.
VIII. Un fragment de la tige du fossile est resté attaché à la base du calice. Il offre une section transverse elliptique, dont le plus grand diamètre est de 4 mm. et le plus petit de 3 mm. A son extrémité, nous voyons la trace distincte d’un canal interne, occupant '/; de chacun des diamètres. Il est rempli par la roche schisteuse, dont la nuance noire contraste avec la couleur blanchâtre du spath calcaire, constituant le reste de la tige.
Dimensions. Les plus grands fragmens ont une longueur d’environ 50 mm. La largeur à la base est de 15 à 18 mm. Le plus grand losange a une grande diagonale de 45 mm. tandigne la diagonale transverse est de 14 mm. fig. 9.
Rapp. et différ. Les caractères que nous venons d’esquisser sont les seuls que nous puissions saisir sur nos spécimens, qui, malgré certaines diversités signalées ci-dessus, semblent appartenir à une espèce unique. Nous croyons pouvoir attribuer les apparences diverses, soit à l’âge des individus, soit à leur état de conservation.
Nous ne connaissons, parmi les Echinodermes, aucune forme, qui puisse être comparée à Æhombifera Bohemica, sous le rapport de sa conformation. Cependant, nous devons présenter deux observations, au sujet de la structure trinôme, dont nous venons de signaler l'existence, dans ce nouveau type.
1. Cette structure trinôme se montre constamment à la base du calice des Blastoïides, puisque les pièces ou plaques basales sont au nombre de trois, dans tous les genres connus, savoir: Pentatrematites, Eleacrinus et Codonaster. Cette conformation est bien établie par le Prof. Ferd. Roemer, dans son texte et parfaitement confirmée par les figures bien nettes, qu’il a données de nombreuses espèces, d’après de très beaux spécimens.
Ainsi, en considérant le développement des Blastoïdes, en particulier, on voit, qu'à une certaine époque de leur croissance, leur calice prend la structure trinôme. Mais, cette structure n'est que transitoire, dans les types de cette famille et elle se transforme, plus tard, en structure pentanôme, qui seule prédomine dans le calice de toutes les espèces. Au contraire, dans le type Rhkombifera, la structure trinôme, initiale, devient permanente et se maintient dans toute la hauteur du calice, du moins autant que nous le connaissons. Nous n'avons pas pu observer jusqu'ici, sur un spécimen bien conservé, l'extrémité supérieure, portant les orifices. Nous ignorons donc si ces élémens importans sont en harmonie avec le nombre trois, ou avec le nombre cinq.
2. Nous rappelons que, dans les autres Crinoïdes, le nombre des pièces basales varie entre 2 et 5. Il comprend par conséquent aussi la combinaison trinôme, qu’on rencontre dans certains types assez nombreux, parmi lesquels nous nous bornons à citer Platycrinus. Miller. Agas.
On connaît aussi, dans certains Crinoides, au dessus de la zône des pièces basales, une structure anomale, qui s’écarte plus ou moins de la division pentanôme. L’exemple le plus remarquable est
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celui qui a été signalé, au commencement de cette année, dans Baerocrinus Ungerni. Volborth, par M. le Prof. Grewingk, de l’université de Dorpat.
Ce savant fait observer, que ce genre mérite l'attention .parcequ’il montre comment le nombre fondamental 5, qui existe le plus fréquemment dans le type régulier des Radiaires, se réduit rarement à 4 et exceptionnellement à 3, par une atrophie partielle.“
Voici la définition des caractères génériques, qui suit cette observation:
.Calice globulaire, jusqu'au bord supérieur, qui figure un triangle à angles arrondis; 5 pièces basales pentagonales, alternant avec 5 pièces radiales dont 3 seulement portent des bras. Les bras sont forts, non bifurqués. Tige vraisemblablement ronde.“ (Ueb. Haplocr. dipentas u. Baerocr. Ungerni — in Archiv f. Naturk. Liv. Ehst. u. Kurl. Ser. I. Bd. IV. p. 109. PI. fig. 2. Dorp. 1867.)
La fig. 2 d montre que les contours du calice, dans sa partie supérieure, forment un triangle isoscèle très prononcé, dans lequel l'étendue des côtés rectilignes prédomine de beaucoup sur celle des angles arrondis, correspondant aux bras.
Cette espèce Russe appartient au calcaire à Orthocératites, c. à d. à la faune seconde silurienne, comme la forme de Bohême que nous décrivons.
D’après ces observations, l’anomalie remarquable que nous venons de signaler dans Rhombif. Bohemica, sous le rapport de sa structure trinôme, perd un peu de son étrangeté. Mais, la division des pseudo-ambulacres en deux losanges, étagés l’un au dessus de l’autre, reste jusqu'ici une combinaison sans exemple, du moins à notre connaissance.
Gisem’. et local. Tous les spécimens connus ont été trouvés aux environs de Vraz, dans la bande d 4 de notre étage des quartzites D. Cette localité est assez riche en Trilobites et surtout en spécimens de Acidaspis Buchi.
Nous rappelons, que la bande d 4 est l'horizon de notre division inférieure, qui fournit le plus de formes d'Echinodermes, dont quelques unes sont représentées par de très nombreux individus, le plus souvent aplatis dans les couches schisteuses. Nous citerons comme exemples: d'abord Echinosphaerites infaustus, voisin de ÆEchinosph. aurantium et dont les spécimens écrasés remplissent des couches entières. En second lieu, Cystidea Bohemica et Cyst. Sedgwicki, formes aux quelles nous nous réservons d’assigner plus tard un nom générique. Ces espèces contemporaines, paraissant ne pas s'écarter de la conformation habituelle, observée dans les formes analogues des autres contrées siluriennes, font ressortir encore plus l’anomalie qu'offre la structure de Rhombifera Bohemica. Nous ajouterons, que cette structure trinôme ne peut pas être considérée comme la transmission d’une structure initiale, car nous observons les traces de la structure pentanôme sur l’un de nos plus anciennes formes de Cystidées, que nous nommons Zichenoïdes priscus et qui a existé avec nos Paradoxides, dans la faune primordiale. Ces traces se manifestent par l'existence de 5 bras, ou tentacules, distincts sur divers exemplaires.