Conul. anomala Barr
Pl: 7—8—9.
Bullet. Soc. géol. XII. p. 447.
A PRE Par: Jabrb. v. Leonh. u. Bronn. p. 388.
Le nom spécifique que nous donnons à cette forme indique qu'elle s'éloigne par ses caractères de toutes ses congénères. Elle est la seule qui, considérée dans sa longueur, offre une torsion très sensible dans les individus adultes, et reconnaissable souvent dans les plus jeunes. Cette torsion, appréciée sur l’une des faces, équivaut à un angle d'environ 35°. Du reste, la coquille figure dans son ensemble une pyramide droite, quoique torse.
La section transverse varie entre un rectangle et un rhombe très-aplati. Dans le rectangle, la largeur est à la hauteur comme 8:7. Quelquefois ce rapport devient 4:3, en passant par des intermédiaires. Parmi les sections rhomboïdes, les variations sont à peu près semblables. Dans les deux formes, certains spécimens présentent des côtés presque égaux et alors la section simule un carré dans le premier cas et un losange dans le second.
Comme tous les spécimens en notre possession, au nombre de plus 1500, proviennent des quartzites, où ils n’ont pu subir aucune compression, nous devons conclure, que la déformation habituelle de la section transverse est due à l’extrême ténuité de la coquille. Ainsi, nous concevons, que les spécimens privés de leur mollusque et ballotés dans les flots, étaient plus ou moins déformés avant d’être ensevelis dans les sables. Les plus petits individus ont échappé plus souvent que les autres à cette action, ce qui s'explique bien par leur petite taille de 10 à 20 mm. Au dessus de ces dimen-
sions, nous trouvons beaucoup d'exemplaires aplatis, tandisqu'il en existe toujours quelques uns de chaque âge, qui ont conservé leurs angles intacts.
Deux individus d’une grande taille nous montrent une section triangulaire, sur les ‘/, de leur longueur. Mais nous voyons que leur extrémité supérieure est quadrangulaire, comme dans les autres individus. La section triangulaire ne peut donc être considérée que comme l’effet d’un accident, qui a fondu 2 faces en une seule. L'un de ces spécimens est figuré sur la PI. 8.
Quelle que soit l'apparence de la section transverse, chacun des côtés présente invariablement un angle rentrant, tres-obtus. Il arrive quelquefois, que cet angle devient beaucoup plus intense par l'effet de la déformation subie par la coquille.
Les faces de la pyramide, d’après ce qui vient d’être dit, sont égales deux à deux. Elles sont divisées suivant leur longueur par une rainure médiane. Aïnsi, elles se composent de deux plans, ou plutôt de deux surfaces gauches, ajustées suivant cette rainure. L'angle au sommet est d'environ 16° pour la grande face, et de 14° pour la petite.
Les angles dièdres de la pyramide suivent naturellement les modifications indiquées pour la section. Il est vraisemblable que, dans cette espèce, ces angles n'étaient point fortifiés par une plus grande épaisseur du test, comme dans plusieurs des congénères. Ils pouvaient donc se déformer par la moindre pression, sans que la coquille füf brisée. Comme les arêtes de la pyramide deviennent souvent très-tranchantes, on doit concevoir, que le test jouissait à la fois d’une grande élasticité et d’une égale ténacité.
Bien que ces angles soient parfaitement conservés dans beaucoup de spécimens, nous n’y reconnaissons jamais la trace d'aucune rainure, tandisque la rainure médiane des faces est toujours bien tracée. Ce fait nous porte à croire, qu'il n'existait réellement aucune rainure sur les arêtes de cette espèce. C’est la seule qui présente cette anomalie.
L'ouverture de la coquille est conservée sur plusieurs individus, et ressemble à celle des autres espèces, ©. à d. que chacune des faces se prolonge sous une forme triangulaire. Dans de jeunes individus, où ces extrémités des faces sont reployées vers l’intérieur, la coquille paraît en partie contractée.
Un grand nombre de spécimens, tronqués vers le petit bout, nous montrent une cloison profonde, concave vers l'ouverture. Nous n’en trouvons qu’une seule, sur un même individu, mais nous sommes porté à croire, qu'il a dû exister divers diaphragmes, car celui qu'on voit paraît, dans chaque spécimen, à une distance variable du sommet. Nous n’observons jamais de cloisons dans les jeunes exemplaires, au dessous de 50 mm. de longueur. Il est possible que la coquille ait subi une troncature périodique, comme celle de certains Céphalopodes et Gastéropodes.
Le test a été complètement dissous dans les quartzites. Il n’a laissé aucune trace quelconque d'ornemens, ni sur le moule interne, ni sur le moule externe. Sa surface était donc lisse. Ce fait constitue une nouvelle anomalie, par rapport aux espèces congénères, qui sont toutes ornées de filets ou de stries. Cependant, comme ces ornemens sont très-faibles, ou même invisibles à l'oeil nu, dans Conul. fecunda (PI. 8), Conul. insignis (PI. 4) et Conul. Sosia,(Pl. 8), on peut concevoir un passage graduel jusqu’à la surface lisse, que nous supposons dans Conul. anomala.
Dimensions. Les spécimens que nous avons recueillis varient entre 10 mm. et 200 mm. de longueur. La plus grande largeur des faces est de 28 mm.
Rapp. et différ. Nous ne connaissons aucune espèce qui se rapproche de celle que nous décrivons et qui est bien caractérisée par ses anomalies.
Gisemt. et local. Tous les spécimens connus ont été trouvés dans la bande des quartzites d 2, soit sur le M'. Drabov, soit dans le ravin de Vesela, près Béraun, dans notre étage des quartzites D.
GENRE CONULARIA. MILLER. 35