‹ Systême silurien du centre de la Bohême (volume 5)Chapitre 46 sur 140 · Conul. Proteica. Barr · texte numérisé non relu

Conul. Proteica. Barr

1854. Conul. Proteica. Barr. Jahrb. v. Leonh. u. Bron. I. p. 2. 1865. C. id. Déf. d. Col. III. p. 41.

Les spécimens de cette forme se présentent sous divers aspects, qui peuvent être ramenés à une seule espèce, si l'on étudie avec soin la transformation des ornemens, à partir du jeune âge, jusqu’à l'âge adulte. É

La coquille est droite et figure une pyramide régulière.

La section transverse est un losange, dont les angles paraissent très-variables, par suite de la compression.

Les faces de la pyramide sont égales entre elles. Souvent, elles paraissent un peu concaves, mais, comme nous les trouvons planes dans certains morceaux, nous devons croire que telle est leur forme naturelle. L’angle au sommet des faces varie entre 14° et 34°, et nous trouvons à peine deux fragmens, qui soient identiques sous ce rapport. Chacune des faces est divisée, suivant sa longueur, par une rainure médiane, faible dans le jeune âge, mais très marquée dans les adultes.

Les arêtes de la pyramide portent une profonde rainure, à travers laquelle les filets des faces se prolongent sans discontinuité. Ils paraissent quelquefois alterner au fond, sur un court intervalle, dans la longueur de la rainure. Cette apparence est variable.

L'ouverture de la coquille n’a point été observée, et nous n’avons eu aucune occasion de constater l'existence de cloisons intérieures.

Le test a une épaisseur d’environ !/, mm. Nous voyons distinctement, dans divers exemplaires, les deux couches dont il est composé. Les ornemens de sa surface sont remarquables par la variété des apparences qu'ils présentent, a partir du jeune âge, jusqu’à l’âge adulte. Nous avons figuré leurs principales variations, de manière à mettre sous les yeux du lecteur leurs transformations successives.

GENRE CONULARTA. MILLER. 49

Au premier âge, on ne distingue, à l'oeil nû, que des filets transverses, sur les faces de la coquille. Ils forment un angle obtus ou chevron, dont le sommet est tourné vers l'ouverture. En observant à la loupe, on reconnaît une série de lignes longitudinales, saillantes et très-serrées, au fond des rainures qui séparent les filets. Le sommet de ces derniers paraît continu et lisse. Nous attribuons au frottement la formation d’une petite fente qui partage ce sommet, dans divers exemplaires de cet âge, fig. 14—18—22.

Au second âge, les petites lignes saillantes, ou filets longitudinaux, prennent plus de relief et s'élèvent jusqu'au sommet des filets transverses, où ils produisent une crénelure très-sensible. Il faut remarquer, que l'extension des filets longitudinaux de chaque série horizontale n’a lieu que dans la direction vers l'ouverture, et par conséquent ne modifie que le sommet du filet transverse situé au dessous de chaque rainure transverse, fig. 25.

Au troisième âge, on reconnaît que chacun des filets longitudinaux constitue un petit tube conique, dont le sommet est appuyé contre le filet transversal supérieur , tandisque la base, formée par une petite calotte sphérique, s'élève sur le filet transverse inférieur, où elle figure un tubercule arrondi, fig. 27—30. :

Au quatrième âge, les petits cônes se développent complètement, et l’on voit leur extrémité ouverte dans la plupart des exemplaires. Ils forment alors des séries alternantes, très-régulières, fig. 28—31—33. Nous reconnaissons par certaines empreintes, que ces petits tubes coniques étaient ouverts à l'intérieur de la coquille.

Dimensions. Il est difficile d'évaluer la longueur des adultes, dont nous ne possédons que des fragmens. Il nous semble, que certains d'entre eux atteignaient une longueur de 150 mm. La largeur d'une face, à la base, est d'environ 40 mm.

Rapp. et différ. Les ornemens décrits distinguent suffisamment cette espèce de toutes ses congéneères de Bohême.

Parmi les formes étrangères, Conul. quadrisuleata Sow. (Si. Syst. 626. PI. 12, fig. 22.) offre la plus grande ressemblance avec Con. Proteica et nous pourrions peut-être reconnaître leur identité, si nous avions sous nos yeux des matériaux suffisans. Malheureusement, nous ne possédons que de très-mauvais fragmens de Dudley.

Dans tous les cas, il nous semble que la forme figurée par Murchison différe de la forme Carbonifère antérieurement décrite sous le même nom, par M. Prestwich. (Geol. Trans. V. 442. PI. 40, fig. 2.) Le Doct. Guido Sandberger a déjà établi ce fait, en donnant un nom particulier à chacune de ces deux formes. (Leonh. u. Bronws Jahrb. 1847. I. p. 20—21.)

Gisemt. et local. Cette espèce est l’une des plus répandues dans notre bassin, et caractérise à la fois la faune seconde et la faune troisième. Nous la trouvons à Lodenitz dans la bande d 4: à Leiskov et à Koenigshof, dans la bande d 5 de notre étage des quartzites D. Elle est beaucoup plus répandue sur la surface de notre étage calcaire inférieur E. Nous l'avons recueillie dans les principales localités fossilifères de cet horizon, savoir: à S'. Ivan, sur les rochers de Kozel, à Sedletz, Tachlovitz, Karlstein, les collines de Listice, les collines entre Lodenitz et Bubovitz, à Kolednik, Suchomast, Kozorz &c. Mais partout elle est rare et ne se rencontre qu’en fragmens. Nous avons aussi un spécimen trouvé à Hostin, dans la bande g 1 de notre étage G.

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