C. La largeur de l’axe considérée par rapport à sa longueur
Ü. Le rapport entre la largeur de l’axe et celle des lobes latéraux.
E. Le relief de l’axe.
A. Parties élémentaires de l’anneau.
La partie médiane du segment est celle dont la forme varie le moins dans les divers Trilobites. On peut toujours la comparer dans son ensemble, à un arc plus ou moins bombé, trèsfréquemment à un demi-cercle, dans un plan vertical, saillant au dessus des côtés. Mais cet arc n’est pas simple, et lorsqu’on l’examine attentivement, on y distingue trois parties élémentaires, que nous nommons : l’anneau proprement dit, la rainure et le genou articulaire.
L’anneau est la partie la plus grande, toujours visible sur l’axe, sort lorsque l’animal est
étendu, soit lorsqu’il est enroulé. Vers l’arrière, cet anneau se termine brusquement, ou pour
mieux dire, le test dont il est formé se reploie sous lui, en forme de doublure. Mais vers l’avant, l’anneau porte un appendice ou genou articulaire, figurant un arc convexe vers l’avant, et séparé de l’anneau proprement dit, par une dépression transverse à l’axe, que nous avons appelée rainure, et qu’on peut comparer à la gorge d’une poulie. Lorsque le Trilobite est étendu, le genou articulaire de chacun des anneaux est caché sous l’anneau qui le précède, et la rainure elle-même disparaît quelquefois partiellement. Mais lorsque l’animal s’enroule, chaque anneau glisse sur e genou de l’anneau suivant, et ce genou devient alors visible, du moins en partie, tandisque la rainure paraît dans toute sa largeur. Pour peu que l’axe d’un individu quelconque soit endommagé , les fractures permettent d’observer aisément la rainure, et le genou. Nous avons figure presque sur chacune de nos planches, des exemplaires qui donnent lieu à de telles observations.
Parmi tous les Trilobites, les lllaenus sont à peu-près les seuls, dans lesquels on ne trouve pas la conformation que nous venons d’indiquer. Les anneaux qui composent l’axe de leur thorax, sont comme de simples bandes arquées, sans genou ni rainure ou du moins la rainure est rarement bien marquée. Ces bandes se recouvrent l’une l’autre à partir de la tête, et lorsque 1 enroulement a lieu, le glissement se fait sur le bord antérieur de chaque anneau.
Si on compare attentivement des Trilobites de divers genres et de diverses espèces, on
reconnaît aisément des variations de forme et de proportions, dans le genou, la rainure et 1 anneau. 'Ces variations ne sont pas sans importance. Ainsi, le développement du genou et 1 intensité de, sa courbure dans le sens de l’axe, indiquent la faculté d’enroulement et déterminent l’inclinaison quun segment peut prendre par rapport à l’autre. Le genou a de grandes dimensions dans certains genres tels que les Acidaspis, tandisqu’il est très-petit dans les Aeglina, Lichas et, dans la plupart des Bronleus. Les variations de la rainure s’aperçoivent plus aisément et modifient 1 aspect de axe, suivant que la gorge est large ou étroite. Ainsi, nous la voyons avec sa largeur maximum sur certaines Çalymene (PI. 19) tandisqu’elle présente le minimum dans Remopleurides radians (11.43).
L’anneau, proprement dit, se modifie légèrement suivant les genres et les espèces. ^Nous remarquons, que dans la forme large de certains Trilobites tels que Farad, spinosus , Calym. incerta &c. , l’axe est beaucoup moins bombé que dans la forme longue correspondante. Cet aplatissement relatif peut-il être attribué à un effet de la pression? C’est ce que nous ne saurions juger.
Dans les lllaenus, Harpes, Arethusina, Remopleurides, Lichas ÿc., nous voyons chaque anneau formant une bande transverse, dont la projection horizontale figure exactement un parallélogramme. Au contraire, dans la plupart des autres genres, tels que Çalymene, Phacops, Dalmama, C heirurus, Acidaspis êçc., la projection horizontale de chacun des anneaux forme une courbe concave vers la tête, et dont les deux extrémités se projettent plus ou moins vers lavant. Ces extrémités présentent fréquemment un renflement plus ou moins arrondi et saillant en forme de .nodule, qui
FORME DES SEGMENS THORACIQUES DES TRILOBITES
se trouve sur la plupart des Phacops, Conocephalites , Calymene et Acidaspis. On peut le voir avec le maximum de développement connu dans Acid. Buchi. (PI. 36, 37). On ne l’observe jamais dans les Paradoxides , Asaphus, Illaenus, Bronteus , Proetus fc., ou du moins il est trèsfaiblement marqué dans ces genres.
Ce nodule ne nous paraît avoir d’autre but, que d’ajouter un peu de solidité au segment. Sa cavité ouverte vers l’intérieur pouvait ausVi offrir une surface d’attache aux muscles du corps, et elle nous semble avoir ainsi quelque analogie avec les impressions musculaires des coquilles.
Dionide formosa est le seul de nos Trilobites qui nous présente une sorte de lobation dans les anneaux de l’axe. (PL 42). Chacun de ses anneaux est divisé en trois parties, par deux impressions longitudinales. Chacune des parties externes est aussi subdivisée par un sillon assez profond et oblique, qui en détache un petit triangle, sur le bord antérieur, près du sillon dorsal.
Plusieurs Dalmania, telles . que Daim. Réussi, Daim, rugosa ko., portent sur les parties latérales de l’anneau de l’axe au pygidium , une petite impression ovale , qui s’aperçoit quelquefois sur le test, mais qui est ordinairement beaucoup plus marquée sur le moule. Nous n’en connaissons pas la destination. (PL 25).
La face intérieure de la carapace du pygidium de Daim. Hausmanni, (PL 25) nous montre les saillies du test, au droit des deux extrémités de la rainure de chacun des anneaux de l’axe. Ces saillies peuvent être comparées à de petites lamelles qui pénétrent dans les chairs, sans doute pour servir de surface d’attache aux muscles , comme celles qui correspondent aux sillons de la glabelle.
B. Doublure de l’anneau.
Nous avons déjà indiqué l’existence de cette doublure, qui suivant les espèces, s’étend plus ou moins loin sous la surface de l’anneau, à partir du bord postérieur, ,et présente deux manières d’être très-distinctes. 1. — Dans certains cas, elle se soude intimément à la paroi supérieure, et alors il devient très-difficile de juger son étendue, autrement que par l’épaisseur de la section de l’anneau, parallèlement à l’axe. Or, cette section nous montre toujours un amincissement trèsprononcé , dans la partie qui correspond au genou articulaire , dans les Trilobites qui nous permettent de l’observer, comme les Harpes, Illaenus, et probablement divers autres genres. 2. — Dans les Dalmania, Phacops, Asaphus, Lichas , Cheirurus, Acidaspis, et sans doute dans la majeure partie des Trilobites, la doublure reste indépendante de la paroi supérieure du test. Plusieurs individus nous permettent de reconnaître dans la sèction, l’intervalle assez considérable qui sépare les deux surfaces, parceque cet espace est rempli par la roche, dont la teinte contraste avec celle du test. Nous voyons constamment dans ce cas, que la doublure de chacun des anneaux ne se prolonge que jusqu’au droit de la gorge, de manière à recouvrir, dans l’état d’extension, toute la surface du genou articulaire appartenant à l’anneau suivant. La roche introduite entre l’anneau et sa doublure, paraît occuper le vide laissé, par les substances charnues qui ont disparu. Nos observations au sujet de la forme de ces parties , concordent parfaitement avec celles que le ProfL Burmeister a publiées sur Phac. sclerops? Burm. = Galym. Odini. Eichw. Ce savant se fondant sur l’analogie avec les Crustacés, vivans , admet une membrane , unissant chaque genou articulaire, avec l’anneau qui le recouvre, de manière à opérer une fermeture complète. (Zeit. fur Zool. 1848. p. 69. PI. I. fig. 13. 15.)