‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 151 sur 469 · C. Modifications dans le pygidium · texte numérisé non relu

C. Modifications dans le pygidium

D’après la variation que nous venons d’étudier dans le thorax, on conçoit qu’on doit trouver une tendance opposée dans le pygidium. Ayant déjà appelé l’attention du lecteur sur ce sujet, (p. 215.) nous nous bornerons à rappeler les faits.

1. Tous les Trilobites de la Faune primordiale de Bohême et ceux que nous considérons comme leurs contemporains en Angleterre et en Suède, ont un pygidium composé, en général, de 2 a 4 segmens. Par exception, nous trouvons ce chiffre plus élévé, dans quelques espèces de certains genres, comme Par ad. Bohémiens qui a 5 articulations, Par. desideratas et Conoc. slnalus qui en montrent jusqu a 8. En harmonie avec le petit nombre des segmens la surface du pygidium est très-exigue, par rapport à celle du thorax, dans les premiers représentai de la tribu. 1

2. Les Trilobites à grand pygidium n’apparaissent en Bohême que dans notre étage des quartzites D, savoir: Asaplius, fUaenus, Dionide. La plupart des autres genres de cette époque ont un pygidium de taille moyenne; mais dans les Acidaspis et Remopleurides, cette partie du corps est encore réduite à 2 ou 3 segmens et à une petite superficie.

3. Dans la zone la plus élevée de notre division supérieure, les Trilobites dominai sont les Dalmamtes du groupe de D. Hausmanni, et les Bronteus, tous remarquables par le grand développement de leur pygidium. En Angleterre, on voit prédominer à cette époque les Homalonoius , qui présentent le même caractère.

4. Parmi les Trilobites Dévoniens, outre les Bronteus et Iiomalonotus qui persistent, nous voyons se développer les PhiUipsia, dont le bouclier caudal a l’extension la plus considérable. Enfin, le dernier genre qui représente la Tribu dans les formations Carbonifères, Griffithides, se distingue par une semblable conformation.

Ainsi, on peut reconnaître un accroissement progressif du pygidium, relativement au thorax, a partir des Faunes primitives, jusqu’à la Faune terminale. Il a cependant existé jusques dans les temps Devoniens, des Trilobites à pygidium exigu, comme Acidaspis et Harpes. Mais il faut remarquer, que ces genres datent, par leur origine, de la division Silurienne inférieure.

Le genre Bronteus est le seul que nous aurions à citer, comme présentant entre ses limites, un développement progressif du pygidium, analogue à celui qu’offre l’ensemble de la tribu. Nous avons compare les documens connus à ce sujet, ci-dessus (p. 2 9 9). Les Cheirurus semblent montrer une tendance toute opposée, (p. 301.)

L accroissement successif du pygidium, en opposition avec la réduction du thorax, peut-il indiquer une sorte de progrès dans l’organisation des Trilobites? C’est une question qu’il appartient aux zoologues de résoudre. Après avoir constaté le fait, nous aurons l’occasion d’en faire usage, pour établir 1 ordre parmi les familles, dans notre classification

D. Modifications dans les ornemens.

Nous avons déjà exposé et comparé tous les documens que nous connaissons à ce sujet dans notre Section YI. (p. 251 et suiv.) Nous nous bornerons donc à reproduire la conclusion finale a laquelle nous sommes arrivé, savoir:

Si l’on considère la paroi principale, c. à d. la paroi dorsale du test, durant la période d’existence de la tribu Trilobitique , on observe, que les stries tendent à disparaître successivement, tandisque la granulation devient de plus en plus générale, et finit par dominer presque seule dans les espèces des dernières époques. Au contraire, sur la paroi ventrale, les stries se montrent de plus en plus fréquentes, à mesure qu’on s’élève dans la série verticale des

formations paléozoïques, traversées par les Trilobites.

En résumé les seuls élémens des Trilobites qui nous permettent de constater une modification marquée, durant la période parcourue par la tribu, sont: — 1. Le trace des branches faciales de la grande suture. — 2. Les yeux, sous le rapport de leur existence. — 3. Le type de la plèvre thoracique. — 4. Le développement relatif du thorax. — 5. Le développement du pygidium. — 6. La nature des ornemens du test. Nous savons que nos observations, nécessairement bornées à la partie des Trilobites que nous connaissons, ont besoin d’être confirmées par l’ensemble de tous les faits à découvrir. Nous les avons cependant présentées, afin de provoquer des études générales sur ce sujet.

Section IX. Classification des Trilobites.

Presque tous les paléontologues qui ont eu à décrire un certain nombre de genres, ont essayé de les classifier. D’après les limites imposées à nos études, nous n’entrerons pas dans les discussions relatives à la place que cette tribu doit occuper dans la classe des Crustacés. Nous bornant à rechercher simplement l’ordre le plus naturel à établir parmi les lrilobites, nous ne considérerons dans les travaux de nos devanciers, que la partie qui tend vers ce but. Nous avons pensé, qu’en mettant toutes les classifications sous les yeux du lecteur, ce serait lui offrir un tableau historique, si non des progrès, du moins des oscillations de la doctrine scientifique, dans les matières qui nous occupent. Cette section comprendra donc:

Chap. 1. Tableaux de toutes les classifications antérieures.

Chap. 2. Essai de classification.

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