‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 199 sur 469 · e. degrés de développement · texte numérisé non relu

e. degrés de développement

Apparition du limbe frontal et des bourrelets transversaux de la glabelle.

Les dimensions relatives de la tête et du reste du corps continuent à varier en sens inverse, de sorte qu’à l’époque du huitième degré, la tête n’occupe plus qu’un tiers de la longueur totale.

La glabelle s’élargit progressivement et paraît relativement beaucoup moins longue. L’évasemènt du lobe frontal s'efface insensiblement. En même temps, on voit paraître peu à peu le limbe relevé au devant du front, déterminant entre lui et la glabelle une rainure de plus en plus

GENRE SAO. RARRANDE.

profonde. Ce bord est distinct dans des individus du neuvième degré. Le pan coupé frontal, observé dans les premiers degrés , disparaît dans le contour qui s’arrondit. Les sillons, latéraux conservant leur inclinaison caractéristique, se rejoignent par une dépression sensible sur le sommet de la glabelle. En d’autres termes, on voit apparaître, vers le neuvième degré, le relief des lobes ou bourrelets transversaux, qui doivent orner cette partie du corps dans l’âge adulte.

L anneau occipital prend un grand développement et s’enfle de manière à former une protubérance, qui dépasse la hauteur de la glabelle. Il porte au point culminant, une épine épaisse, inclinée vers, 1 arrière. La'xe du corps se prolonge en s’amincissant progressivement, jusqu’au contour postérieur. On peut compter successivement, sur sa longueur, suivant les degrés de développement, de 8 à 'H articulations. Nous reconnaissons de même sur les lobes latéraux, de 5 à 8 plèvres libres, paraissant tantôt terminées par une pointe courte, courbée vers l’arrière, tantôt arrondies à leur extrémité, suivant l’état de conservation. La conformation typique de la plevre se dessine, de plus en plus fortement, par le renflement de sa bande postérieure, le

ong du talus, qui occupe plus de la moitié de leur étendue. Ce renflement .se distingue aussi

sur celles des plèvres qui ne sont pas encore libres, et sert à les compter, sur la partie soudée. On trouve autour de celle-ci de petites pointes correspondant aux plèvres non libres; mais il. arrive qu’elles sont quelquefois marquées sur un des bords, tandisque l’autre paraît ehe uni, comme serait le contour d’un véritable pygidium. Dans d’autres exemplaires, les pointes sont visibles près de l’axe, et elles manquent plus près du thorax. Ces apparences variables,

dues à 1 état de conservation, peuvent aisément induire en erreur l’observateur qui a peu de

matériaux à sa disposition.

Divers individus appartenant au 8t. degre de développement portent les ornemens spécifiques. Nous apercevons a côté de la glabelle le grain principal, et les trois grains primitifs sur la surface de la joue fixe.. Les bandes des plèvres montrent un commencement de granulation. Des têtes isolées que leur grandeur nous induit à rapporter à cet âge, présentent sur 'le sommet de 1 anneau occipital une forte épine, que nous avons déjà indiquée.

Les dimensions des individus du 10'. dégré atteignent 5 m. in. de longueur, sur 2.50 m. m. de largeur, abstraction faite des variations qui correspondent à la forme large.

Sijnon. Goniacanthus abbrmatus'. Cord. Prodr. p. 18. PI. II. fig. 5.

Goniac. Partschii, Cord. ibid.

Enneacnemis. Lyellii. Cord. ibid. p. 19. PI. II. fig. 6.

M. Corda décrit son genre Goniacanthus comme privé d’yeux. Ces organes sont cependant très-visibles sur plusieurs individus ou fragmens, même parmi ceux de la collection Hawle. Cette erreur a entraîné l’auteur du Prodrôme à imaginer pour la suture faciale, un cours fort extraordinaire.. Le nombre normal des segmens est indiqué comme étant en tout de 1 1 , c. à d. 8 pour le thorax, et 3 pour le pygidium. Or, après avoir compté avec tout le soin possible, les exemplaires entiers de Gon. abbreviatus appartenant à M. Hawle et qui ont servi aux observations de M. Corda,, nous trouvons sur un seul 10 articulations, et sur les' trois autres seulement 9. Quant à la répartition entre le thorax et le pygidium transitoire, elle varie d’un individu à l’autre, et nous distinguons de 6 à 8 plèvres qu’on peut considérer comme libres.

Nous reconnaissons sur tous ceux de ces morceaux entiers ou fragmentaires qui sont bien conservés, les. sillons caractéristiques et la saillie des lobes de la glabelle, les yeux, leur filet &c. &c. Ces mêmes individus nous montrent aussi le grain principal et les trois grains primitifs dans leur position normale.

La figure citée du Prodrôme et la description indiquent des pointes obliques à l’angle des joues. Nous trouvons en effet quelques individus, qui présentent cette obliquité à un degré plus ou moins prononcé, tandisque d autres ayant le même nombre d’articulations, portent des pointes génales parallèles à laxe. Dans un individu de cet âge, que nous possédons, la pointe gauche est parallèle, tandisque I autre est oblique à l’axe. Cette diversité individuelle est souvent le

résultat d’une pression. Nous l’avons déjà observée dans le 5!. degre de développement. ÎSous en retrouvons aussi d’autres exemples parmi les individus d’un âge plus avancé , notamment sur un de ceux que M. Corda a décrits sous le nom de Açanthogramma speciosa, dans la collection Havvle. Nous en possédons de semblables, ayant au moins 15 articulations, et offrant la même diversité sous ce rapport.

Goniac. Partschii est une espèce fondée sur un seul exemplaire de la collection Hawle, et qui est encore beaucoup moins d’accord avéc le type générique, que les individus de Gon. abbreviatus. Au lieu de présenter le nombre normal de onze articulations, il n’en a réellement que ■sept, dont quatre ou cinq pourvues de plèvres libres.

Un autre individu appartenant au Musée Bohême, est dans un état de conservation qui ne permet de reconnaître, ni de supposer plus de six à sept segmens dans toute* 1 étendue du corps. Le contour en paraît dentelé jusqu’au droit de l’axe, et s’oppose à la distinction du pygidium.

Le genre Enneacnemis repose tout entier sur deux individus, désignés chacun par un nom spécifique particulier, mais ne présentant ni l’un ni l’autre, d’une manière distincte, le nombre normal de onze segmens attribué par M. Corda à l’ensemble de tout le corps: 9 au thorax, 2 au pygidium. Nous ne comptons que 10 articulations en tout dans Enneacn. Lyellii , tandisque Enneacn. Herschelii nous en montre 12.

L’exemplaire qui représente Enneacn. Lyellii appartient au Musée Bohême, et porte distinctement, comme Enneacn. Herschelii les trois sillons latéraux de la glabelle, que.M. Corda réduit à deux dans son texte et dans son dessin. Les yeux et le filet qui . les prolonge,, se voient également sur les deux individus, ainsi que le grain principal et les trois autres grains primitifs, sur chacun des lobes latéraux de la tête. Enfin, la conformation des segmens et de tous les élémens du corps ne nous permet pas de méconnaître un des degrés de développement de Sao hiisuta.

lit degré de développement, fig. 11. a. b.

Sillon longitudinal de la glabelle.

Chacun des degrés à décrire est marqué par l’apparition d’uné nouvelle plèvre libre, et par l’alongement proportionnel du corps.

Les formes des diverses parties du Trilobite en se développant, s’approchent progressivement du type générique c. à. d. de l’âge adulte. Mais lun des caractères typiques commence précisément à devenir sensible sur les individus du onzième degre , portant 9 plèvres libres et trois ou quatre articulations soudées. Ce caractère consiste dans le sillon ou rainure longitudinale, sur le faîte de la glabelle. Ce sillon d’abord tres-faible , se dessine de plus en plus fortement, à mesure que les lobes latéraux prennent plus de relief, et s’étendent de chaque côté vers l’axe.

Les dimensions sont, pour la longueur de 3.30 m. m. et pour la largeur de 2.o0.

Synon. Enneacnemis Herschelii. Cord., Prodr. p. 19.

Enneacnemis Herschelii est représenté par un seul exemplaire dans la collection Hawle. Au lieu des 11 articulations thoraciques indiquées par le fondateur du genre, il nous en présente seulement 12 dans l’ensemble du corps. Le nombre des plèvres libres est de 8 à 9. Nous distinguons sur la tête de cet individu les premières traces du sillon longitudinal, comme dans divers exemplaires du même âge que nous possédons. Il nous montre aussi le grain principal et les autres trois grains primitifs , sur chacun des lobes latéraux de la tête. La conformation de tous les élémens du corps est en parfaite harmonie avec le type de Sao lürsuta.

Nous avons rapporté au 10S degré de développement Enneacn. Lyellii. Cord.

GENRE SAO. BARRANDE

12l. degré de développement, fig. 12 a. b.

Epines sur les anneaux de l’axe.

10 plèvres libres au thorax, et 3 à 4 articulations soudées au pygidium.

Tous les autres caractères du corps restent les mêmes, en se développant.

La granulation se fait remarquer çà et là sur divers exemplaires. Un individu que sa taille nous fait aussi rapporter à cette époque, nous présente très-distinctement une épine assez longue placée sur le point culminant de chacun des anneaux du thorax', et un peu inclinée en arrière’ 11 est probable que cet ornement existe déjà dans des individus plus jeunes, mais nous n’avons aucun exemplaire qui nous permette d’en constater l’existence.

Synon. Accmthocnemis verrucosa. Gord. Prodr. p. 20. PI. II. fig. 7.

Acantlioc. glabra. Cord. ibid.

. . L’auteur de ce genre lui assigne 14 articulations, dont 10 au thorax et 4 au pygidiumainsi ce serait notre 12?. degré de développement. Deux exemplaires complets représentent Acanth. verrucosa dans la collection Havvle. L’un nous permet de compter en tout, 11 à 12, et l’autre 15 articulations. Aucun deux ne possède donc le nombre normal assigné au genre par son auteur.

Le nombre des plèvres libres est de 10 dans le premier, mais il ne dépasse pas 8 à 9 dans le second. r

Quant à la figure citée, elle est méconnaissable, si on la compare aux exemplaires dont nous venons de parler. La forme de la glabelle et des yeux, ainsi que la position de ces derniers et la branche anterieure de la suture faciale, sont de pure imagination. La forme singulière donnée a 1 extrémité des plèvres provient d’une erreur d’observation, causée par l’état de conservation des fossiles. L oxide jaune de fer a remplacé la substance du test en conservant sa forme. Cet oxide comme nous l’avons souvent répété, est presque pulvérulent et se détache aisément par la percussion, mais la couche extérieure qui remplace- le tégument, est encore plus caduque que celle qui constitue le moule intérieur formé dans l’espace entre le test et sa doublure. Lorsque ces deux couches existent l’une et l’autre, on trouve constamment l’extrémité des plèvres pourvue de sa pointe. Lorsque au contraire la couche externe a été enlevée, le bout des plèvres est obtus et arrondi parceque les parties molles ne pénétraient pas jusqu’au bout de la pointe terminale. Enfin, dans ce dernier cas, il reste quelquefois dans le prolongement de l’extrémité arrondie, une ’ trace mince et légère de la pointe enlevée. Cette trace incomplète a trompé M. Corda, et l’a porté a dessiner une forme de plèvre jusqu’ici inconnue parmi les Trilobites. Le prolongement figuré a la seconde plevre provient également d’une erreur matérielle, occasionnée par la présence d’un corps etranger, sur l’un des exemplaires observés.

Acanthocn. glabra. Cord. est représentée dans la collection Hawle, par cinq fragmens et un seul exemplaire complet, qui ne nous montre en tout que 13 articulations, nombre encore au dessous de celui fixé pour le type. Dix à onze segmens peuvent être considérés comme portant des plevres libres. r

La distinction spécifique établie par M. Corda, entre les deux formes que nous venons d’examiner, repose sur 1 absence ou la présence de quelques grains que nous avons nommés : le grain principal et les trois grains primitifs. Cette distinction n’est pas fondée, car parmi les exemplaires nommes par. ce savant Acanthocn. glabra, trois sur six nous montrent distinctement ces memes grains, dans leur position normale, et si nous ne les apercevons pas sur les autres c’est uniquement à cause de leur état de conservation.

Page 1