‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 207 sur 469 · Conoc. striatus. Emmr · texte numérisé non relu

Conoc. striatus. Emmr

1825. Trilob.

Sulzeri.

Var. y.

1827. Trilob.

id.

Boeck.

1837. Trilob.

Quenstedt.

1839. Conoceph.

striatus.

Emm.

1843. Con.

Burin.

1846. Con.

id.

Barr.

Trilob.

decipiens.

Barr.

1847. Ptychoparia striata.

Cord.

Ptych.

pulchra.

Cord.

Sternb. Abh. des Vaterl. Mus. p. 82. Pl. IL fig. 1. A. Mag. for. Naturwid.

Wiegm. Aroh. p. 348.

de Tril. dissert. p. 43.

Org. der Trilob. p. 86. Pl. I. fig. 9.

Not. prêt. p. II.

ibid. p. 13.

Prodr. p. 25. Pt. IL fig. 11.

ibid. p. 26.

Le Comte Sternberg a le premier observé la différence entre ce Trilobite et celui qui avait été décrit par Schlottheim, sous le nom de Tril. Sulzeri j mais il s’est borné à en faire une variété. Ch. Boeck a confirmé ces observations, en proposant de distinguer la forme qui nous occupe, par le nom de Tril. Sulzeri Sternb ergianus. Zenker, en fondant le genre Conocephalus, n’avait sans doute sous les yeux aucun individu de cette forme, sur laquelle il n’ose se prononcer. Ouenstedt, en reconnaissant la différence spécifique, laisse cependant ce Trilobite sans nom. Enfin, Emmrich, dans sa dissertation, détermine distinctement les caractères de cette espèce, en la nommant: Conoc. striatus.

L ensemble du corps est ovalaire, plus ou moins alongé, suivant la forme longue (Pl. 2 9.) ou la forme large. (PL 14.)

La tête, médiocrement bombée, se rapproche de la figure d’un demi-cercle, mais elle est très-sensiblement parabolique, dans certains individus de la forme longue. Le contour extérieur

GENRE CONOCEPHALITES. ZENKER.

est formé par un bord ou bourrelet épais, arrondi, fortement relevé, surtout au front, et déterminant à l’intérieur une rainure concentrique large et profonde. Ce bord se prolonge à l’angle gênai, par des pointes peu obliques, qui atteignent la sixième plèvre. Le contour intérieur de la tête est presque rectiligne, un peu concave vers l’arrière. L’anneau occipital saillant au dessus de la glabelle est surmonté d’un grain sur l’axe; le sillon qui le précède est bien marqué. Le

bord postérieur des joues est fortement relevé, et s’élargit en s’éloignant de l’axe. 11 détermine

une large et profonde rainure, qui se raccorde avec celle qui suit le bord latéral.

La glabelle plus ou moins conique, est déprimée et arrondie au front, et s’élève à peine au dessus du niveau des joues. Elle porte ordinairement trois et quelquefois quatre paires de sillons, entièrement analogues à ceux de Conoc. Sulzeri. Lorsqu’il existe une quatrième paire, c’est la première à partir du front qui est la plus faible. Les sillons dorsaux sont larges et profonds, et s’unissent autour du sommet de la glabelle. Ils laissent entr’eux et la rainure du

contour un bourrelet saillant, concentrique, paraissant réunir les angles antérieurs des joues, mais déprimé près de ces angles, par une branche des sillons dorsaux.

La suture faciale coupe le contour un peu en dehors de la projection antérieure de l’oeil ; elle se dirige vers cet organe en décrivant une courbe concave à l’axe. La partie postérieure courbée en S aboutit au sommet de l’angle gênai, dont elle laisse la pointe en dehors. Loeil en forme d’arc, peu étendu, peu élevé, est situé au droit du lobe postérieur de la glabelle, à mi-distance entre le sillon dorsal et le bord latéral. Sa surface est réticulée. De l’angle

antérieur de l’oeil part un filet saillant assez fort, arqué, qui se dirige vers le sillon antérieur de la glabelle, et pénètre jusqu’au milieu du sillon dorsal. Ce filet est complètement indépendant de la suture faciale.

Il existe sous le bord frontal, à peu de distance sous l’arête, une suture rostrale qui réunit les deux branches de la suture faciale. Dans tous les exemplaires dont le bourrelet du contour est enlevé, on voit constamment la trace de cette suture dans une ligne en relief sur le moule, et concentrique au bord, entre les deux branches de la suture faciale.

Le joue fixe présente un bombement assez sensible derrière l’oeil, et s’abaisse de tous les côtés. La joue mobile est très-abrupte dans toute son étendue. On ne la voit jamais détachée de la tète.

L’hypostôme se compose d’un corps central fortement bombé, ovalaire, tronqué vers le front. Le bord frontal un peu convexe, étroit, se prolonge par deux ailes très-petites. Les bords latéraux sont aussi étroits sur le reste du contour. On voit de chaque côté, une petite échancrure ou redent qui distingue cette pièce de l’hypostôme de Con. Sulzeri. (PI. 14.)

14 segmens au thorax; nombre invariable sur tous les exemplaires connus. La forme de

l’axe et des plèvres est tellement identique à celle que nous avons décrite pour Con. Sulzeri,

que nous n’avons aucun moyen de distinguer le thorax de ces deux espèces.

Le pvgidium est plus grand que celui de toutes les espèces congénères, dont il conserve cependant la forme. Nous comptons sur l’axe de 6 à 8 articulations, suivant le développement individuel. Il se prolonge jusqu’auprès du bord, et occupe environ la moitié de la largeur d’un lobe latéral. On peut distinguer de 4 à 5 côtes sur les flancs; elles sont séparées par de profondes rainures, qui se prolongent très-près du contour. Leur surface aplatie montre un léger sillon suturai , déterminant deux bandes parallèles , dont l’antérieure est la plus large. La doublure du test paraît s’étendre à un ou deux millimètres vers l’intérieur.

Le test ne nous est connu que par les impressions qu’il a laissées, soit sur le moule intérieur, soit sur le moule extérieur. Toutes ces impressions s’accordent à nous montrer une

granulation générale, égale, serrée, fine, visible à l’oeil nu, principalement sur le contour de la tête, la glabelle et les joues fixes, des exemplaires les mieux conservés. Elle se voit aussi mais moins prononcée sur les autres parties saillantes delà tête, sur les anneaux de l’axe, sur les bandes, des plèvres, et sur les côtes du pygidium. Tous les sillons sont lisses. Outre la granulation, le penchant de la joue mobile et

toute la partie de la joue fixe en dehors du filet, sont ornés de nervures ou stries saillantes, irrégulières, divergentes à partir du centre de la tête, et anastomosées. Le relief de ces stries varie beaucoup suivant les individus et les localités; elles sont quelquefois à peine marquées, ou invisibles. La paroi extérieure de la doublure sous frontale est aussi ornée comme dans

Cm. Sulzeri, de granulation et de stries saillantes, concentriques au bord. Nous en trouvons l’empreinte sur plusieurs exemplaires. Nous ne connaissons aucun individu complètement enroulé, mais nous en avons recueilli qui ont le pygidium reployé sous le corps, disposition à l’entoulement du second degré observé sur Con. Sulzeri.

Dimensions. L’exemplaire de la forme large (PL 14 a une longueur de 84 m. m.

et une largeur maximum de 56 m. m. au droit de l’anneau occipital. Un autre individu de la même forme, non figuré, nous présente 85 m. m. de longueur sur 75 m. m. de largeur. Les grands exemplaires de la forme longue ont une longueur de 66 m. m. sur 41 m. m. de largeur.

GisemL et local. Cette espèce rare comparativement à Conoc. Sulzeri, se trouve cependant dans les mêmes schistes et les mêmes localités : Ginetz, Skrey, le moulin de Czilla et le moulin de Slap. Elle a donc eu malgré sa rareté relative, la même diffusion sur la surface de notre bassin Silurien, pendant l’existence de la Faune primitive de Bohême.

Rapp. et différ. Conoc. striatus ne pourrait être confondu qu’avec Conoc. Emmrichi, qui a aussi des yeux. Nous distinguons ce dernier: — - 1. par la grandeur de ces organes qui occupent la majeure partie de la surface de la joue. — 2. Par l’absence de tout bourrelet en avant

de la glabelle, qui atteint la rainure du contour. — 3. Par la petitesse relative du pygidium qui

ne porte jamais plus de quatre articulations sur l’axe. La taille de Con. Emmrichi est d’ailleurs toujours très-petite, mais les jeunes exemplaires de Con. striatus présentent constamment des contrastes dont nous venons d’indiquer les principaux.

Nous avons réuni à Conoc. striatus les formes décrites sous les noms suivans:

L irilob. decipiens. Barr. Not. prel. p. 13 se trouve être un individu très-jeune, provenant de Skrey, et ne portant aucune trace des stries qui distinguent l’espèce que nous venons de décrire. Nous nous sommes convaincu par la comparaison de divers autres exemplaires de la même localité, que l’absence de cet ornement n’était qu’accidentelle, comme celle de la granulation.

2. Ptychoparia pulchra. Cord. Prodr. p. 26 est aussi le résultat d’une erreur. M. Corda n’ayant sous les yeux que des exemplaires de ginetz, dont le moule intérieur ne montrait pas la granulation, et n’ayant pas eu occasion d’examiner le moule extérieur, a décrit Ptychop. striata comme lisse. Le hazard lui ayant offert au contraire un individu de Skrey, qui a conservé la granulation, il en a fait une nouvelle espèce, sous le nom de Ptychop. pulchra. Mais ce même hazard veut, que parmi deux exemplaires représentant cette espèce dans la collection Hawle, et qui sont sous nos yeux, l’un paraît parfaitement lisse, comme la plupart de ceux de Ginetz, tandisque 1 autre a la tête granulée. L’un et l’autre permettent d’ailleurs de reconnaître toutes les formes qui caractérisent Conoc. striatus et même les stries saillantes de la joue, qui sont fortuitement très-distinctes.

Conoc. Emmrichi. Barr.

Conoc.eph. Emmrichi Barr. Not. prél. p. IL

L’ensemble du corps est ovalaire; la forme longue et la forme large sont distinctes.

La tête médiocrement bombée est un peu parabolique. Son contour extérieur est formé par un bord assez large, peu épais, dont la surface est ou plane ou un peu inclinée en dehors. Ce bord est séparé des parties intérieures par une rainure très-faible, quelquefois non sensible.

GENRE CONOCEPHALITES. ZENKER.

Il se prolonge au delà de l’angle des joues, par des pointes parallèles à l’axe, atteignant la 4L plèvre. Le contour intérieur de la tête est presque rectiligne. L’anneau occipital est prononcé , ainsi que le sillon qui le précède. Il en est de même du bord et du sillon postérieur de la joue.

La glabelle ne s’élève pas au dessus du niveau des joues fixes; elle est un peu conique, et plus basse au front qu’à l’arrière. Le lobe frontal arrondi atteint la rainure du bord, de sorte qu’il n’existe devant elle aucun bourrelet isolé, concentrique, comme celui qu’on voit dans les espèces congénères. Trois paires de sillons latéraux sont toujours distinctes. Les sillons dorsaux très-prononcés s’étendent en ligne droite jusqu’à la rainure du contour.

La suture faciale coupe le contour de la tête, un peu en dehors de la projection antérieure du centre de l’oeil, et se dirige vers cet organe, suivant une courbe concave vers l’axe. La partie postérieure diverge en ligne presque droite, vers le sommet de l’angle gênai, dont elle laisse la pointe attachée à la joue mobile. L’oeil arqué, très-développé, occupe presque toute la longueur de la joue fixe, et s’élève au mveau de la glabelle. La nature de sa surface nous est" inconnue. Le lobe palpébral s’abaisse vers l’intérieur.

La joue fixe est fortement inclinée vers le sillon dorsal, mais elle a une très-petite étendue, à cause du développement de l’oeil.

La joue mobile est très-abrupte, et sa surface est plus grande que celle de la joue fixe.

Aucun exemplaire ne nous permet de reconnaître si la suture rostrale existe.

L’hypostôme est inconnu.

14 segmens au thorax, sur tous les exemplaires. L’axe est saillant en demi-cercle et occupe plus de la demi-largeur d’un lobe latéral. La forme de ses anneaux et des plèvres est semblable à celle des autres espèces congénères. Seulement le coude des plèvres paraît ordinairement un peu plus arrondi.

Le pygidium ne montre que 3 à 4 articulations sur 1 axe. Nous distinguons sur les flancs 2 à 3 côtes, séparées par de fortes rainures, jusqués près du bord, qui est uni.

D’après une empreinte intérieure du test, sa surface paraît ornée sur la tête, d’une granulation très-fine, dont on ne trouve aucune trace sur le moule intérieur. Un de nos exemplaires est complètement enroulé.

Dimensions. Le plus grand exemplaire de notre collection a une longueur de 32 m. m. sur 22 m. m. de largeur maximum. Il appartient à la forme large. Un individu de la forme longue a une longueur de 28 m. m. sur 18 de largeur.

■Gisern',. et local. Cette espèce que nous avons découverte à Cinetz, en compagnie des autres formes congénères, y est très-rare. Nous en avons aussi recueilli des fragmens aux environs de Skrey. Tous les exemplaires connus à Prague se trouvent dans notre collection.

Rapp. et dijfér. Corne. Emmrichi ne pourrait être confondu qu’avec de jeunes individus de Con. striatus. Ceux-ci se distinguent: — 1. par la petitesse relative de l’oeil et la présence du filet qui le prolonge vers la glabelle. — 2. Par l’existence d’un bourrelet concentrique, entre la glabelle et la rainure du bord frontal. — 3. Par la plus grande dimension du pygidium, qui pour des individus de même taille, porte sur l’axe au moins deux articulations de plus.

Genre Proetus. Steininger.

Calymene. (partïmj Dalman. Holl. Hisinger. Goldfuss. Milne Edwards. Quenstedt. Vcrneuil et dArchiac. Green. AsapllUS. (partïmj Murchison. Emmrieh.

Proetus. Steininger. Lovén. Beyrich. Rarrande. Corda.

Gerastos. Goldfuss. C. F. Borner. Emmrieh.

Aeonia. Burmeister. Geinitz.

Phaeton. Barrande. (pars).

Prionopeltis. Corda.

Xiphogmiiuui. Corda.

Gonioplenra. Corda.

1826- Dalman décrit sous le nom de Calymene continua, la première forme de ce genre, alors récemment découverte par Gabr. Marklin. Il constate le nombre de 10 segmens au thorax. ( Palaead . p. 40. Pl, I. fig. 5. J

1829. Holl reproduit la description de Dalman, pour la même espèce. ( llandb . d. Petref. p. 4 60. J

1831. Steininger fonde le genre Produs sur une espèce de l’Eifel, qu’il nomme Pr. Cuvieri, et dont il reconnaît 1 analogie avec Cal. continua Daim. Il établit ce nouveau type comme ayant dix segmens thoraciques et les yeux lisses. (Mém. soc. géol. de France. Vol. 1. p. 355. PL 24. fig'. 6. J

1832. Goldfuss énumère parmi les Calymene l’espèce Suédoise et celle de l’Eifel. (Dechen's Handb. der Geogn. von Delabêche p. 538.)

1 833 Green décrit sous le nom de Cal. diops , un Trilobite de l’Ohio, que Burmeister a plus tard réuni à son genre Aeonia = Proetus. (Monogr. p. 37. fig. 2J

1837. Hisinger reproduit la description de Cal. continua. ( Leth . Suec. p. 42. Pl. I. fig. 40.J

1837. Quenstedt classe aussi parmi les Calymene cette espèce Suédoise. (Wieom. Arch' 4, Heft p. 345.) .

1839. Murchison décrit sous le nom de As. Stokesü une espèce de Dudley, qui a été plustard réunie par Lovén au genre Proetus. (Sil. Syst. p. 656. Pl. 44. fig. 6.)

1839. Etnmrich identifie l’espèce Suédoise avec celle de l’Eifel, et les réunit au genre Asaphus, il. sect, avec la forme qui est devenue le type du genre PhUlipsia. (De Tril. diss. p. 35.)

1840. Mdne Edwards range parmi les Calymene les trois espèces : Continua, Diops et Stokesü. ( Crust . vol. III. p. 323 fc.)

1842. D archiac et de Verneuil admettent comme Etnmrich l’identité de Calym. concinna

avec Pi oet. Cuvieri Stem, et conservent le premier nom. (. Foss . of the old. Rhen. Prov. in Trans.

geol. Soc. Lond. VI. p. 381.)

1843. Goldfuss fonde le genre Gerastos comprenant: Ger. laevigatus , Ger. granulosus et Ger. cornutus , trois espèces de l’Eifel, dont la première est identique avec Proet. Cuvieri Stein (Jahrb. p. 557. Pl. IV. et V.)

1843. Burmeister ne connaissant pas eneore le nouveau genre de Goldfuss, ni probablement le nom plus ancien de Steininger, donne au même type le nom de Aeonia, et y range les espèces Diops Green et Continua Daim, en identifiant à la dernière, la première forme connue de l’Eifel. (Or g. der Tril. p. 446. Pl. III. fig. 5. 4. 2.)

1844. G. F. Borner énumère les trois espèces de l’Eifel, suivant les dénominations de Goldfuss. . Il indique l’identité de Ger. laevigatus avec Proet. Cuvieri, et élève des doutes sur l’assi¬

milation de cette forme avec C. continua. (Rhein. Überg. pp. 83 et 95.)

1845- Le Prof. E mm ri ch admet le nom generique Gerastos, et il donne les caractères de ce type, dans sa seconde classification des Trilobites. (Jahrb. 4845. p. 44.)

1845- Lovén rend au nom Proetus ses droits de priorité et il fixe les caractères de ce t\pe. Il décrit Pr. concinnus , Pr. Stokesü et Pr. elegantulus. Cette dernière forme présentant 12 segmens thoraciques, au lieu du nombre normal 10, mais réunissant d’ailleurs tous les caractères du genre, paraît au savant Suédois ne pas devoir être séparée des autres. Comme elle offre au pygidium deux articulations de moins que ses congénères, cette circonstance induit le Prof. Lovén à admettre implicitement un nombre constant de segmens pour tout le corps, dans un même genre. ( Ofver . of. Kongl. Vetensh. ak. Forh. April.)

GENRE PROETUS. STEININGER.

D’après quelques bons exemplaires de Proet. elegantulus , qui nous montrent des lobes ovoides très-isolés derrière la glabelle et divers autres caractères des Cyphaspis , nous serions porté à réunir ce Trilobite à ce dernier genre. D’après cette manière de voir, le nombre des segmens thoraciques des Proetus ne dépasserait pas 10, ce qui entraînerait la modification de quelques passages, dans la description de ce genre, imprimée avant cette observation.

1846. Nous faisons connaître 1 6 nouvelles formes de Proetus, provenant du terrain Silurien de la Bohême. Nous décrivons en même temps sous le nom de Phaelon, quelques autres formes dont nous avions d’abord méconnu la nature générique , à cause des dentelures qui ornent le contour du pygidium et qui peuvent seulement donner lieu à l’établissement d’un sousgenre, auquel nous conserverons le nom de Phaelon. (Nol. préiim. et Noue. Trilob.)

1846. Le Prof... Beyrich présente quelques observations sur l’historique du genre Proetus et sur les caractères qui distinguent les espèces décrites de l’Eifel, d’Angleterre etc. (Unt. üb. Prit. IL St. p. 27.1

1846. Le P no IV,. Mac Coy décrit et figure Forbesia lalifrons, qui parait être un Proetus appartenant à la division Sil. inf. d’Irlande. ( Syn . sil. foss. Irel. p. 49. Pt. 4. fiy. 11.)

1846. Marie Bouauît annonce l’ existence de Pr. Cuvieri en Bretagne. (Bull. soc. géol. de France. 2e. Sér. IV. p. 309.)

1847. M. Corda distribue les Proetus dans quatre genres. D’abord, en vertu de ses grandes divisions des Telejurides et Odonlurides, il rejette parmi ces derniers les formes à pygidium dentelé, que nous avions nommées Phaelon. Substituant à ce nom celui de Prionopeltis, il établit 1 2 espèces de ce genre en Bohême. Il nomme Xipliogonium les espèces à neuf segmens, et il en distingue quatre formes. Il laisse le nom de Proetus aux espèces qui ont dix segmens, et il en décrit 2 7 de notre terrain. Enfin, il crée le genre Goniopleura , pour classer Proet. elegantulus Ang. qui a douze segmens au thorax. (Prodr.)

1848. Le ProfV. Phillips et J. W. Salter figurent et décrivent Proet. lalifrons, (Forbesia lalifrons MCoy 1846.) (Mem. geol. Sure. II. p. 1. 337. Pt. 6 fig. 1.)

1850. Les Docteurs Sandberger décrivent et figurent, sous le nom générique de Trigonaspis, Proetus laevigatus et P. cornutus des formations Bhénanes. (Ver si. d. Rhein. Sch. Syst. Nass. p. 30. Pl. 3.) Il est possible que Cylindraspis latispinosa et Cyl. macrophtalmus des mêmes auteurs appartiennent aussi au genre Proetus.

1850. Fr. Ad. Koemer décrit et figure 4 nouveaux Proetus du Harz, sous les noms: Pr. Barrandei , Pr. orbicularis , Pr. crassimargo et Lichas crassirhachis. Il constate aussi la présence de Proet. lalispinosus Sandb. La première espèce montre constamment 8 segmens thoraciques, minimum connu dans ce genre. (Palaeonlogr. III. lift. I.)

Caractères génériques.

La forme générale du corps est ovalaire , la trilobation toujours distincte dans toute son étendue. La tête occupe un peu moins du tiers, et le pygidium une moindre fraction de la longueur totale. La tête est tantôt très-bombée, tantôt aplatie; son contour varie entre le demi-cercle, la parabole, et l’ogive. Elle est toujours entourée d’un limbe, dans lequel nous distinguons deux élémens: à l’extérieur, le bord ou bourrelet; à l’intérieur, la rainure ou le sillon. Le bord présente des formes et des dimensions très-diverses, et souvent il se prolonge en pointe à l’angle gênai. La rainure qui limite ce bord à l’intérieur, subit également beaucoup de variations. Il résulte des modifications de ces deux élémens, un très-grand nombre de combinaisons, qui souvent distinguent les espèces. Le contour intérieur de la tête, tantôt rectiligne, tantôt concave vers le thorax, nous montre toujours l’anneau occipital et le bord postérieur des joues très-distincts. Dans un grand nombre d’espèces, cet anneau occupe, suivant l’axe, une longueur plus considérable qu’un segment thoracique.

La glabelle, tantôt très-enflée, tantôt aplatie, varie dans son étendue, par rapport à la longueur totale de la tête. Dans certaines espèces, son lobe frontal s’élève à pic au dessus du

bord, et le surplombe quelquefois. Dans d’autres au contraire, la glabelle occupe à peine la moitié de la longueur céphalique. Sa surface est lobée plus ou moins distinctement, par trois paires de sillons, qui jamais ne se réunissent au milieu. Le sillon postérieur, incliné à environ 4 5° sur l’axe, débouche rarement dans le sillon dorsal, et se réduit à une impression plus ou moins large et profonde. Les sillons antérieur et moyen sont ordinairement transverses, peu marqués et peu étendus vers l’intérieur de la glabelle. Très-fréquemment, ils sont imperceptibles, ou bien ne se distinguent que par une nuance différente, ou l’absence de tout ornement, sur le test. Il en est de même du sillon postérieur j comme dans Proet. Bohémiens &c. frc. (PI. 16.) La même espece et Pr. negleclus (PI. 16) nous montrent de plus des impressions arrondies, analogues aux sillons, et disposées symétriquement dans leur voisinage. Nous les nommons: Impressions auxiliaires, (p. 111.)

Les sillons dorsaux sont toujours distincts autour de la glabelle, quoique étroits et peu profonds. Ils se réunissent devant le lobe frontal, tantôt en se fondant avec la rainure du limbe, tantôt en laissant entr’eux et cette rainure un intervalle plus ou moins considérable.

Le sommet de la grande suture occupe la station rostrale. Les branches faciales franchissent le contour frontal, sur la projection antérieure de l’oeil, puis elles se dirigent vers cet organe, tantôt en ligne droite, tantôt suivant une courbe un peu concave vers l’axe. A partir de l’oeil, elles sont d’abord parallèles sur une petite étendue, et divergent ensuite pour atteindre le bord postérieur en un point un peu variable, entre le sillon dorsal et l’angle de la joue; le plus souvent au milieu de cet intervalle. — Le sommet rostral de la grande suture est uni avec la suture hypostomale, par deux branches jumelles de jonction, observées d’abord par Lovén et que nous retrouvons sur Proet. Bohémiens (PI 2. B.). — Dans une espèce inédite de l’Eifel, Pr. Verneuili Barr. que nous avons observé dans la collection de M. de Verneuil, le sommet de la grande suture parait tracé, par exception, sur le contour frontal.

La joue fixe se trouve réduite à une petite surface rudimentaire, soit en avant soit en arrière de l’oeil, à cause du grand rapprochement de la suture faciale et des sillons dorsaux. La joue mobile, triangulaire, occupe ordinairement une surface presque égale à celle de la glabelle 5 elle est souvent très-abrupte vers le dehors.

Les yeux, en général très-développés, sont situés contre la glabelle, à partir du sillon occipital. Ordinairement, ils présentent la forme annulaire. Leur surface réticulée nous montre des facettes très-nombreuses, disposées en quinconce. Tantôt ces facettes sont visibles par transparence, tantôt invisibles, sous une cornée lisse 5 quelquefois chacune d’elles fait une saillie sur la surface visuelle.

L’hypostôme n’a été trouvé en place que pour peu d’espèces^ parmi lesquelles nous citerons Pr. BycklioUi (PI. 1 5.) Beaucoup d’ exemplaires de cette pièce se rencontrant constamment avec les autres débris des Proetus ^ on ne saurait douter de leur origine. Cet hypostôme est toujours sub-quadrangulaire, alongé, très-fortement bombé en travers. Le bord frontal, étroit, relevé, se prolonge des deux côtés pour former les ailes reployées en arrière. Le bord latéral est un peu échancré et relevé au milieu', le bord buccal est horizontal, arrondi. Tantôt le contour est uni, tantôt il porte quelques petites pointes, dont la position et le nombre sont variables. La forme du corps central varie aussi dans son bombement, et la position du point culminant. Nous trouvons toujours deux faibles impressions creuses vers l’extrémité buccale.

Le nombre des segmens thoraciques est de 8, 9 ou 10 dans les espèces publiées jusqu’à ce jour. Proetus Barrandei récemment découvert, dans les formations Dévoniennes du Harz, par le Profil. Fr. Ad. Boemer, ne présente que 8 articulations thoraciques. Ce fait serait d’une grande importance, pour confirmer les vues que nous avons exposées, sans le connaître, dans nos études générales (p. 304), au sujet des différences de forme subies par le genre, durant la période de son existence. La constance des chiffres 9 et 10 est constatée en Bohême, par un assez grand nombre d’exemplaires des espèces relatives. Pr. elegantulus de Suède, qui a 12 segmens, appartient au genre Cyphaspis. — L’axe est toujours très-saillant, et ne dépasse pas la largeur d’un lobe latéral. Il diminue graduellement de largeur

GENRE PROETUS. STEININGER.

vers l’arrière. Les plèvres plus ou moins coudées, tantôt se terminent en pointe courbée vers le pygidium, tantôt, sont arrondies à leur extrémité. Elles sont taillées en biseau et imbriquées à partir du coude. Leur sillon longitudinal est plus ou moins oblique. Leur bande antérieure porte une saillie angulaire, qui s’appuie sur la plèvre précédente, et l’infléchit quelquefois. Cette saillie quoique commune à la plupart des espèces, manque à la plèvre de quelques unes, telles que Pr. ( Phaet.) Archiaci et Pr. (Phaet.) striatus. (PL 17.).

Le pygidium a une forme très-bombée dans certaines espèces, et presque plane dans d’autres. Le plus souvent il est semi-circulaire, quelquefois parabolique. L’axe, domine toujours les côtés par son relief, et varie beaucoup- dans sa largeur et longueur relative. Le nombre de ses anneaux oscille entre 4 et 13 parmi les espèces de Bohème. Le nombre des côtes varie dans des proportions analogues, sur les lobes latéraux. Le contour est souvent pourvu d’un limbe aplati. Dans quelques espèces .que nous avions d’abord nommées Phaeton, il est orné de pointes, formant le prolongement des plèvres soudées. Nous ne conservons cette dénomination que pour indiquer un groupe ou sous-genre, distingué des autres formes, par cette particularité.

La surface du test est le plus souvent lisse ou granulée. Elle est striée dans un petit nombre d’espèces, et dans quelques cas seulement, elle présente la réunion des stries et de la granulation, qui paraissent offrir un passage entre ces deux formes d’ornemens, comme dans PL planicauda, intermedius et complanatus, dont nous avons parlé ci-dessus (p. 254).

La faculté d’enroulement est constatée pour un grand nombre de Proetus.

Métamorphoses. Le genre que nous décrivons est un de ceux qui présentent, en Bohême, des faits constatant un développement successif des segmens thoraciques. Les espèces, Pr. decorus et Pr. venustus sont jusqu’ici les seules qui nous ont permis d’observer ces variations suivant l’âge. Pour la première, nous possédons des individus qui ont 5, 6, 8 et 10 articulations au thorax. Pour la seconde, nous avons des exemplaires avec 9 et avec 10 segmens. Le jeune âge est extrêmement rare , et semble ne s’être conservé , qu’à la faveur de circonstances trèsfavorables. Nous sommes porté à croire, que diverses autres espèces fourniront tôt ou tard les preuves d’un semblable développement. Jusqu’ici les variations de forme que nous avons observées dans ce genre, se bornent au nombre des élémens du thorax. Les autres parties du corps n’offrent que des modifications peu sensibles, entre les limites d’âge que nous connaissons; voir ci-dessus (p. 266).

Distribution des espèces. Aucune forme de Proetus n’a été découverte jusqu’à ce jour, dans notre division Silurienne inférieure ; toutes appartiennent à notre division supérieure. Il en est de même des trois formes Suédoises indiquées- par Lovén comme provenant de Gothland. En Angleterre et en Irlande, le genre Proetus est représenté dans- les deux divisions, par un petit nombre d’espèces. On sait qu’il s’est perpétué durant le dépôt des formations Dévoniennes. Dans le premier volume de la Paléontologie de l’Etat de New-York par J. Hall, nous ne trouvons aucune indication de l’existence des Proetus dans la division Silurienne inférieure de l’Amérique septentrionale.

La distribution des Proetus dans notre division supérieure est très-inégale , et les espèces communes entre les divers étages sont très-peu nombreuses. C’est ce que montre le tableau suivant:

Espèces appartenant à l’étage calcaire inférieur

communes aux étages appartenant à l’étage calcaire moyen .

communes aux étages ' .

appartenant à l’étage calcaire supérieur

communes aux étages . G

appartenant à l’étage des schistes culminans

Espèces communes à déduire Total

D’après ces données, on voit que le genre Proetus a eu le maximum de son développement, durant le dépôt de notre étage calcaire moyen F, et qu’il a été très-faiblement représenté durant les époques correspondantes à nos étages les plus élevés.

Happ. et différ. Les genres qui offrent le plus d’analogie avec Proetus, sont: Arethusina, Cyphaspis et Phacops.

1. Arethusina se rapproche principalement de ceux des Proetus dont la glabelle a peu de longueur, et n’atteint pas la rainure du limbe, .comme Pr. Archiaci. PL 1 7. Les rapports de similitude sont: — 1. Le cours de- la suture faciale. — 2. La forme de la glabelle et celle des trois sillons par lesquels elle est lobée. — Les différences qui séparent ces deux types sont: — 1. L’enfoncement de la glabelle entre les joues, dans Arethusina. — • 2. La position de ses yeux vis à vis' le front, tandisque dans Proetus, ces organes sont constamment placés à l’arrière, près du sillon occipital. — 3. La plèvre dans Arethusina ne présente aucune saillie angulaire, sur la bande antérieure. — 4. Le nombre des segmens thoraciques ne dépasse pas 12 dans Proetus, et s’élève à 22 dans Arethusina. — 5. L’absence dans ce dernier genre de la demi-côte articulaire au pygidium. — 6. Il faut remarquer, que l’hypostôme A Arethusina est inconnu.

2. Cyphaspis se rapproche principalement de ceux des Proetus qui ont la glabelle très-enflée, et prolongée jusqu’au bord frontal, comme Pr. tuberculatus. PL 16. Les analogies consistent dans: — 1. La forme de la glabelle. — 2. La forme de la plèvre, dont la bande antérieure porte aussi la saillie angulaire. — 3. La conformation du pygidium. — Ces deux genres sont séparés par des différences notables: — 1. Les lobes postérieurs de la glabelle dans Cyphaspis, sont toujours isolés et placés à sa base, ce qui ne se voit dans aucun Proetus. — 2. Les yeux connus des Cyphaspis sont plus ou moins ovoides et situés sur des joues coniques, à une grande distance de la glabelle et du sillon occipital. — 3. Le nombre des segmens thoraciques s’élève jusqu’à 17 dans Cyphaspis.

3. Phacops présente des analogies avec ceux des Proetus qui suivent le type de Pr. Bohémiens PL 16: — 1. par la conformation du thorax et des plèvres presque identiques. — 2. par la forme du pygidium. — Ces deux types diffèrent très-notablement: — 1. par toute la construction de la tête, le nombre des sillons de la glabelle, la position et la forme des yeux &c. — 2. par l’hypostôme. — 3. Phacops présente constamment onze segmens thoraciques, c. à. d. le nombre qui n’a jamais été observé jusqu’à .ce jour dans les Proetus, qui comme nous l’avons dit, ont 8, 9, 10 ou 12 anneaux au thorax.

Dans nos publications préliminaires, nous avions cru devoir séparer des Proetus, sous le nom de Phaeton, des espèces qui se distinguent par leur pygidium dentelé au contour, et par quelques ' autres légères différences dans la conformation. Nous nous sommes convaincu, que ces variations de forme passent par degrés insensibles les unes dans les autres , de sorte qu’il est impossible d’établir enlr’elles aucune limite fixe. Quant aux dentelures du contour, c’est un simple ornement, auquel nous ne saurions donner une valeur générique; voir ci-dessus (p. 220). Nous avons donc réuni nos Phaeton aiix Proetus, comme un sous-genre.

Le genre Xiphog onium Corda a été fondé sur deux caractères principaux: — 1. Le nombre 9 des segmens thoraciques. — 2. La forme plane des lobes latéraux du pygidium.

Si ces deux caractères se trouvaient constamment réunis, sans se présenter isolés sur divers Proetus, on pourrait sans doute les considérer comme indiquant une coupe très-naturelle, dans le genre qui nous occupe. Mais il n’en est rien, et nous sommes obligé de constater diverses erreurs dans les observations de M. Corda.

1. Cet auteur a pris pour type du genre, sous le nom de Xiphog. Sieberianurn, un exemplaire fautif de notre Proet. Loveni, appartenant à la collection Hawle* et qui est en ce moment sous nos yeux. Deux autres exemplaires de la- même collection, identiques avec celui-ci, mais ayant 10 segmens visibles, ont été décrits par M. Corda comme Pr. Loveni, et nous devons recopnaître l’exactitude de cette dernière détermination.

GENRE PROETUS. STEININGER.

2. Eu second lieu, notre Proet. sculplus que l’auteur du Prodrome reproduit comme Xiplio-

gon. sculplum a constamment, il est vrai, 9 segmens thoraciques, et il présente parconséquent le premier caractère. Mais il a les lobes latéraux du pygidium aussi fortement bombés que la majeure partie des espèces décrites comme Proetus dans le Prodrome. Il ne satisfait donc nullement au second caractère du type Xiphogonium. Si M. Corda l’a réuni à ce genre, c’est peut-être, parceque l’exemplaire de la collection Ilawle, qui a servi à ses travaux, se trouve mutilé, et privé de presque tout le pygidium. Le fragment qui en reste n’indique pas, il est vrai, une surface plane, mais M. Corda n’a pas eu égard à cette indication. Par une singulière fatalité, il se trouvait, dans la même collection, un exemplaire presque parfaitement conservé de la même espèce, et montrant très-bien 9 segmens thoraciques, avec un pygidium bombé et intact. Il a été méconnu par l’auteur du Prodrome, qui l’a décrit sous le nom de Proet. Fischeri.

3. Xiphog. declive est le nom donné par M. Corda au pygidium de notre Proet. compla-

natus. Ce nom spécifique indique que les lobes latéraux du pygidium sont aplatis. Nous décrivons cette même espèce, d’après un individu complet qui montre 10 segmens thoraciques. Il ne satisfait donc pas aux caractères du type Xiphogonium.

4. Enfin, Xiph. planicauda Cord. est un pygidum aplati en effet, mais isolé, et qui parconséquent ne peut être invoqué. Nous le décrivons sous le nom de Proet. nalator, parcequ’une autre de nos espèces de Proetus avait antérieurement été nommée planicauda.

En résumé, aucune des quatre espèces décrites comme Xiphogonium par M. Corda, ne réunit les caractères principaux assignés à ce genre, par cet auteur. Ce ty^jïe ne nous parait donc pas pouvoir être séparé des Proetus.

Division du genre Proetus. Le nombre des formes déjà connues est si considérable, qu’il est nécessaire d’établir parmi elles certaines démarcations, qui en facilitent l’étude. La variation dans le nombre des segmens du thorax nous présente d’abord un élément assez important pour devenir la base de trois sections, correspondant aux trois nombres connus de seg¬

mens: 8. 9. 10.

Observn. Le chiffre de 12 segmens indiqué deux fois dans la page vis à vis, 434 (lignes 13 et 31) d’après Pr. elegantulus Ang. doit être rectifié, parceque nous avons reconnu depuis peu, que cette espèce appartient au genre Cyphaspis.

Nous avons hésité dans le choix des élémens qui peuvent servir à grouper les espèces de la section à 10 segmens, qui, jusqu’à ce jour, comprend la presque totalité des Proetus connus. On peut avoir recours à divers caractères pris dans la conformation, tels que: l’étendue de la glabelle; la forme du limbe de la tête; la plèvre arrondie ou terminée en pointe; le pygidium bombé ou aplati, mullisegmenté , ou paucisegmenté &c. <fcc. Sans doute, la considération de ces formes fournirait des moyens de groupement, plus ou moins inhérens à la conformation. Mais si l’on essaye cette méthode, on est découragé par l’impossibilité d’établir des limites reconnaissables; car les formes que nous venons d’indiquer, passent l’une dans l’autre, par degrés insensibles. Cette considération nous a induit à recourir aux élémens de l’ornementation, qui sont un peu plus tranchés. Les groupes formés par les ornemens du test rompent, il est vrai quelques affinités naturelles entre des espèces rapprochées par quelque autre élément de la conformation, comme la forme plane du pygidium. On n’échapperait pas à des inconvéniens de cette nature, en adoptant d’autres principes, à cause des nombreuses combinaisons, que présente (ensemble du genre. Dans tous les cas, si les groupes fondés sur les ornemens manquent d’une certaine harmonie, dans quelques formes, ils pourront du moins être considérés comme présentant des séries parallèles. Il y a aussi dans notre mode de subdivision, un autre inconvénient. ou du moins un danger, que nous devons signaler. C’est la possibilité que des fr agirions isolés, auxquels nous sommes obligé de donner un nom spécifique, soient rejetés dans divers groupes, lors même qu’ils appartiendraient réellement à la même espèce, si la tête et le pygidium n’offrent pas la même forme d’ornemens. La découverte d’individus complets pourra seule permettre de rectifier ces erreurs.

Nous énumérons aussi, dans le tableau suivant, les espèces étrangères à la Bohême, dont l’indépendance spécifique nous paraît admissible; nous les distinguons par un astérisque.

On retrouvera dans la synonimie des espèces de notre terrain, les noms des nombreuses formes de Proetus et Xiphogonium décrites par M. Corda, dans son Prodrome, à l’exception des deux suivantes:

Proet. longulus Cord. est une espèce fondée sur un pygidium isolé, qui appartient à notre Pluie, bulliceps.

Proet. mucronalus Cord. est représenté par un seul fragment, appartenant à la collection Ilawle. C’est la partie centrale de la glabelle et l’anneau occipital d’une des Acidaspis, qui se trouvent dans les bancs de notre étage calcaire moyen F. Les dimensions très-exigues de ce fragment nous empêchent de reconnaître plus particulièrement la forme spécifique à laquelle il appartient.

Parmi les fragmens isolés auxquels nous avons dû donner des noms spécifiques, de peur de les associer contre nature, il y a 6 têtes et 10 pygidium. L’une des têtes: Pr. Menmon appartient à l’étage G, et il n’existe aucun pygidium qui puisse lui être approprié. Les 5 autres têtes proviennent de l’étage F, et il est probable que pour 4 d’entr’elles, qui sont lisses ou granulées, le pygidium correspondant se trouve parmi ceux que nous avons distingués dans le même étage , par un nom particulier. Pour la cinquième tête qui est striée , il n’y a aucune probabilité quelle corresponde à l’un des pygidium isolés que nous connaissons, pareequ’ aucun d’eux ne porte cette sorte d’ornemens. Ainsi, toute la réduction qu’on est en droit de considérer, comme pouvant avoir lieu dans le nombre des noms spécifiques^ contenus dans le tableau suivant, serait de quatre. Nous devons faire remarquer, que quelques réductions de ce genre ont déjà eu lieu parmi les formes que nous avions nommées d’après des fragmens, dans nos travaux préliminaires. Le lecteur trouvera la trace de ces réductions dans les synonimies.

Les caractères de convention employés dans le tableau suivant et dans tous les tableaux analogues , signifient :

* = espèce étrangère à la Bohême.

Ent. = Trilobite entier.

T = tête.

S = segmens isolés du thorax.

P = pygidium.

GENRE PROETUS. STEININGER.

Classification des Proetus.

Espèce

Parties

con¬

nues

Syst. Silurien

an thorax.

Roem.|

Harz. 1850. Palaeontogr.

au thorax.

Barr. 1

Ent.

au thorax.

l)alm.|

Palaead. P.40.P1.I. flg.5.

Ent.

Barr. \

Ent.

Cord. 1

Barr. \

Barr. 1

Ent.

Barr. [

PI. 15 et 27.

Barr. \

Cord. J

Cord./

Barr.I

Barr. >

Barr.I

Barr.I

Barr. /

Murch

Sil. Syst. p. 656. PI. 14.

Ent.

M’Coy

Ent.

Barr.

Stein.

Mém. soc. géol. de France

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