Proet. gracilis. Barr
1846. Proetus gracilis. Barr. Not. prél. p. 87.
La tête de ce Trilobite nous est inconnue.
Un fragment du thorax uni au pygidium nous montre huit segmens. L’axe saillant en demicercle, occupe autant de largeur qu’un des lobes latéraux. Ses anneaux ne laissent entr’eux que de très-étroites rainures. Les plèvres se coudent doucement vers le milieu de leur longueur et se terminent en pointes obtuses, dirigées vers l’arrière. Elles s’imbriquent sur toute l’étendue du talus. Leur sillon assez prononcé, se distingue presque jusqu’à leur extrémité, et détermine deux bandes parallèles. La bande antérieure ne nous montre aucune trace de la saillie angulaire, mais elle domine beaucoup par son relief la bande postérieure, sur laquelle le sillon s’efface lentement vers l’arrière.
Le pygidium médiocrement bombé est entouré d’un limbe horizontal, mince, et variant un peu de largeur suivant les individus. L’axe saillant en demi-cercle , occupe un peu plus de la moitié de la largeur d’un lobe latéral, et il diminue rapidement de largeur. Il cesse brusquement aux trois quarts de la longueur. Il porte 8 à 10 articulations distinctes, dont la première a plus de saillie que les autres. Le genou articulaire qui la précède, est aussi très-saillant, et par une rare conformation, il se montre comme un anneau un peu moins large que les autres, mais aussi élévé, entre le thorax et le pygidium. Chacun des anneaux de l’axe porte un grain saillant au sommet. Les lobes latéraux présentent, à partir du milieu, une déclivité assez rapide vers le limbe. Chacun d’eux nous offre de 6 à 7 côtes, minces, filiformes, très-espacées, fortement arquées vers l’arrière à partir de la déclivité, et encore sensibles sur le limbe jusqu’au contour. Il existe aussi au droit de l’axe un petit filet rudimentaire, représentant la dernière plèvre. Entre les côtes, à leur origine, nous apercevons la trace très-légère d’un autre filet, qui disparaît à une petite distance du sillon dorsal , mais qui est surtout très-sensible derrière la demi-côte articulaire. Ce second filet représente la bande postérieure de la plèvre, dont nous avons remarqué la moindre saillie dans les segmens thoraciques.- Ainsi, la fusion des élémens au pygidium laisse toujours quelque trace de leur type spécifique.
La surface du test nous paraît complètement lisse.
Le fragment décrit appartient à un individu enroulé.
Dimensions. Ce fragment a une longueur développée de 11 m.m. dont le pygidium occupe 4. La largeur est de 10 m.m.
Gisent, et local. Proet. gracilis est très-rare, et n’est connu jusqu’à ce jour, que par quatre fragmens de notre collection. Ils proviennent de trois localités et de deux étages différens. Trois ont été trouvés dans les bancs de l’étage calcaire moyen F, savoir: deux près Konieprus, l’autre près Bubowitz. Le quatrième appartient à l’étage calcaire supérieur G, à la base duquel il a été recueilli près de Hostin. La position de ces trois localités sur notre bassin montre une diffusion relative assez grande, pour cette petite espèce.
Rapp. et dijfér. La forme la plus rapprochée de Proet. gracilis est Proet. inaequicostalus, que nous distinguons par le relief considérable de ses côtes, leur plus grand nombre, et les rainures intercostales profondes et étroites, qui les séparent.
2. Proet. latens a l’axe beaucoup plus court, et ne présente aucun limbe distinct.