‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 230 sur 469 · Proet. Loveni. Barr · texte numérisé non relu

Proet. Loveni. Barr

\ 846. Proetus Loveni. Barr. Not. prêt. p. 88.

1847. Proet. id. Cord. Prodr. p. 77.

Xiphogonium Sieberiamm. Cord. Prodr. p. 71. PL IY. fig. 36.

La tête est fortement bombée en travers. Son contour extérieur est parabolique, et formé

par un limbe presque plat, dont le profil est cependant ordinairement un peu convexe. Près de son arête externe, on voit dans les meilleurs exemplaires, un petit filet saillant, laissant encore en dehors une étroite bordure plate. Vers l’intérieur, il. est séparé du reste de la tête, par une rainure arrondie au fond.. La pointe aigue qui s’étend depuis l’angle gênai jusques vers la 8e plèvre, résulte à la fois du prolongement de ce limbe, et du bord postérieur de la joue, qui se raccorde avec lui. Aussi, la rainure mentionnée s’étend jusqu’à l’extrémité de la pointe. Le contour intérieur de la tête est concave vers le thorax, par suite du raccordement dont nous venons de parler. L’anneau occipital plus large qu’un anneau thoracique, atteint le niveau de la glabelle, dont il est séparé par un sillon étroit et profond, un peu convexe vers l’avant.

La glabelle assez enflée figure le quart d’un ellipsoïde, tronqué vers l’arrière. On distingue sur les bons exemplaires, la lobation caractéristique du genre. Les sillons dorsaux bien marqués, se réunissent devant le lobe frontal, en laissant entr’eux et la rainure du bord, un petit bourrelet, filiforme, concentrique, unissant le sommet des deux joues.

La suture faciale suit exactement le type générique. Les yeux très-développés, s’élèvent au dessus du niveau de la glabelle, Leur surface est visiblement réticulée ; nous évaluons à environ 600 le nombre des lentilles qui composent chacun d’eux. Leur relief est très-distinct, quoiqu’elles paraissent couvertes d’une cornée commune. Le lobe palpébral semi-circulaire, est fortement incliné vers la glabelle, à laquelle il est juxta-posé. Il s’étend depuis le sillon moyen, jusqu’au sillon occipital. La joue mobile est très-abrupte.

10 segmens au thorax, reconnus sur tous les individus bien conservés, dont six se trouvent dans notre collection.

L’axe bombé en demi-cercle occupe à peu-près autant de largeur qu’un lobe latéral, et diminue progressivement vers l’arrière. Ses anneaux se projettent un peu vers l’avant, par leurs extrémités, et ils sont séparés par des rainures étroites, bien marquées. Les plèvres se coudent fortement à partir de la moitié de leur longueur, et s’imbriquent au dessous du coude. Le sillon

est très-large, et se prolonge presque jusqu’au bout. Les deux bandes qu’il détermine pa¬

raissent égales et montrent la forme typique. L’extrémité, est pointue, mais courte dans les premières plèvres, près de la tête. Cette pointe s’alonge graduellement dans les plèvres suivantes, de sorte que dans les dernières, elle dépasse de 2 à 3 m. m. le bord postérieur du pygidiuin.

Le pygidium est très-caraetérisé par son apparence concave, résultant d’une inclinaison toujours sensible des deux lobes latéraux vers l’axe. Celui-ci est très-saillant, occupe le tiers de la largeur totale, mais ne s’étend que jusqu’aux trois-quarts de la longueur, où il disparaît après s’être rapidement abaissé. 11 porte cinq à six articulations distinctes. .La surface de chacun des

lobes latéraux est à peu-près plane, et on y reconnaît la trace de deux côtes divisées par le

sillon suturai. Une demi-côte très-large, formant le bord thoracique, s’étend jusqu’au contour, tandisque les côtes mentionnées disparaissent, en atteignant une faible rainure concentrique au bord postérieur.

Le test ordinairement bien conservé, est assez épais relativement aux faibles dimensions de cette espèce. Il est orné de grains forts, arrondis, peu serrés, irrégulièrement semés sur la glabelle, les joues, leur bord postérieur et les anneaux de l’axe, même sur le pygidium. Le sommet de chaque bande pleurale porte une série de semblables grains, mais les lobes latéraux du py-

GENRE PROETUS. STEININGER.

gidiura sont lisses. Nous remarquons que la grosseur des grains diminue graduellement à partir de la tête vers l’arrière. La surface de la doublure du test porte des stries concentriques aux contours, comme nous le montre l'empreinte du limbe de la tête, et ces stries s’étendent parfois sur le bord du limbe lui-même, comme nous l’avons déjà observé, et sur le lobe frontal, près des. sillons dorsaux.

La faculté d’enroulement n’est pas constatée.

Dimensions. Les plus grands individus ont une longueur de 50 m.m. sur 22m.rn.de largeur maximum, au droit de l’anneau occipital.

Gisem1.,. et local. Cette espèce n’a été trouvée jusqu’ici qu’auprès de Hostin, dans les bancs les plus bas de notre étage calcaire supérieur G. Elle y est associée avec Proet. sculptus , Daim, spinifera , et les autres Trilobitcs qui caractérisent cette formation.

Rapp. et dijfér. Pr. Loveni se distingue aisément de toutes les autres espèces congénères de Bohême, par la forme concave du pygidium, et par les plèvres offrant des pointes de longueur graduellement croissante vers l’arrière. Les mêmes caractères nous semblent aussi le séparer spécifiquement de toutes les espèces étrangères à notre terrain.

Le genre Xiphogonium. Corda, a été fondé sur un exemplaire de Proet. Loveni, sur lequel on ne voit accidentellement que 9 segmens au thorax, et qui appartient à la collection Hawle.

Page 1