Cyph. depressa. Barr
1846. Cyphaspis depressa. Barr. Not. prêt. p. 60.
1847. Lichas simplex. Cord. Prodr. p. 145.
La tete est médiocrement bombee. Son contour extérieur a peu-près semi-circulaire, est formé par un limbe aplati, élargi et comme écrasé au droit du front, puis, plus, étroit et plus convexe, le long des joues. Ce limbe est limité vers l’intérieur, par une rainure étroite, et il se prolonge au delà de l’angle gênai, par une pointe mince, un peu oblique, qui atteint la quatrième plèvre. Le contour intérieur de la tête est presque rectiligne. L’anneau occipital bien développé, s’élève au niveau de la glabelle, et porte un grain saillant sur l’axe. Le sillon qui le précède, est étroit mais distinct. Le bord et le sillon postérieurs des joues sont conformés comme ceux du contour latéral, avec lesquels ils se raccordent, sous un angle un peu aigu.
La glabelle peu enflée forme, dans son ensemble, un demi-ovale tronqué vers l’arrière et arrondi au front. Les sillons postérieurs très-prononcés, inclinés à 46° sur l’axe, en détachent, de chaque cote, un lobe assez considérable , sub-triangulaire. Quelques exemplaires nous montrent aussi un sillon moyen, un peu en avant du sillon postérieur.
Les sillons dorsaux, bien marqués, se réunissent devant le front, en laissant entr’eux et la rainure du bord, un espace très-étroit, presque linéaire.
La suture faciale suit, dans sa partie anterieure, le même cours que dans les autres espèces congénères. La partie postérieure présente une certaine déviation, due au grand développement de l’oeil, qui s’étend jusqu’au sillon dorsal. Il en résulte, qu’elle se trouve toute entière plus rapprochée de l’axe, et qu’elle aboutit au contour thoracique, un peu plus loin de l’angle gênai, que dans les autres espèces congénères. Son cours est comme dans les Proetus.
Les yeux extrêmement développés en hauteur, dépassent un peu le niveau de la glabelle, et ils occupent la moitié de sa longueur, à partir du sillon occipital. Le lobe palpébral, un peu concave, en demi-cercle, couvre presque toute la saillie horizontale de l’oeil. La surface visuelle est très-finement réticulée, sous une cornée lisse.
GENRE CYPHASPIS. BURMEISTER.
La joue mobile offre une surface doucement bombée.
L’hypostôme est inconnu.
10 segmens au thorax, constatés sur un seul individu complet, appartenant à M. Hawle. L’axe moyennement bombé - occupe autant de largeur que l’un des lobes latéraux. Les anneaux sont séparés par de très-étroites rainures. Les plèvres se coudent à partir du milieu de lem longueur. Leur sillon étroit les divise en deux bandes inégales. La bande postérieure est la plus large et la plus saillante. La bande antérieure montre la saillie angulaire, au droit du coude, pénétrant légèrement la plèvre précédente. L’extrémité pleurale est arrondie.
Le pygidium peu bombé, forme un demi-cercle. Laxe saillant occupe putant de largeur qu’un des flancs, et il s’étend sur les quatre cinquièmes de la longueur totale. 11 montre cinq %à huit articulations distinctes. On voit sur chacun des lobes latéraux, trois ou quatre côtes, sillonnées dans leur longueur. Elles s’effacent en atteignant un bord étroit, peu marqué, concentrique au contour.
Le test présente sur tout le corps, une granulation égale, médiocrement serrée, composée de grains arrondis, plus forts sur la tête que sur le thorax et le pygidium.
La faculté d’enroulement n’est pas constatée.
Dimensions L’individu complet figuré a une longueur de 9 m. m. et une largeur maximum de 6 m. m. au droit du sillon occipital. Nous jugeons par divers fragmens, que cette espèce atteignait des dimensions au moins de moitié plus grandes.
Gisem1,,. et local. Ce Trilobite a été trouvé sur les collines dites Listice, entre Béraun et Hostin, à Tacblowitz et à Wphrada au Sud-Ouest de Prague, dans les bancs de notre étage calcaire inférieur E. Il y est associé avec Cheir. insignis, Staurocephalus Murchisoni, Lichas scabra, Sphaerexochus mirus , fc. fc.
Rapp. et différ. Cette espèce se distingue de toutes les autres, par le peu de saillie de la glabelle, par la grandeur relative des lobes de sa base, par la déviation que nous avons signalée, dans le cours de la branche postérieure de la suture faciale, et par le nombre dix de ses segmens thoraciques Ces traits contribuent tous, au contraire, à la rapprocher des Proetus, avec lesquels elle offre les plus grandes analogies. Nous avons cru devoir la maintenir parmi les Cyphaspis , à cause de la forme des lobes, qui sont complètement détachés de la base de la glabelle. Cette conformation ne se trouve pas chez les Proetus proprement dits , dont le sillon postérieur a généralement peu de profondeur, et ne s’étend pas depuis le sillon dorsal, jusqu au sillon occipital. Dans tous les cas, nous considérons Cyph. depressa , Cyph. novella et Cyph. ■ humillima, comme formant un petit groupe de passage, entre les genres Cyphaspis et Proetus.
Genre Arethusina. Barrande.
Arethusa. Barr.
Aulacopleura. Cord.
1846- Nous établissons ce genre, d’après une seule espèce de Bohême : Av. Konincki. ( Not . prélim. p. 48.) La même année, nous rapportons au même type un fragment isolé, sous le nom de Ar. nitida ( Nouv . Trilob. p. 14.)
1847- M. Corda substitue au nom Arethusa , celui de Aidacopleura, et décrit comme Aulac. angusticeps, la forme longue de Areth. Konincki, t qu’il admet comme nous, pour type générique. fProdr. p. 84. PI 5. fig. 48.)
Caractères génériques.
Forme générale du corps ovalaire, plus ou moins alongée, suivant que l’on considère la forme large ou la forme longue. La tête très-développée, le pygidium exigu.
Tête semi-circulaire, très-bombée. Les sillons dorsaux ne pénètrent pas au delà du milieu, et sont unis en avant, par une ligne transverse. La glabelle, très-courte, occupe à peine la demilongueur céphalique. Elle est un peu conique, bombée, peu saillante au dessus des joues, et porte trois sillons de chaque côté. Le dernier, seul bien marqué, se prolonge jusques dans le sillon occipital, et forme un petit lobe ovoïde. Les branches de la suture faciale sont séparées, coupent de bord frontal, au droit de la projection antérieure de l’oeil; elles décrivent une courbe un peu concave vers l’axe, pour atteindre le lobe palpébral, le contournent, puis elles divergent presque en ligne droite, vers le bord postérieur de la tête, qu’elles atteignent un peu à 1 intérieur de 1 angle gênai. L’oeil est petit,, saillant, réticulé. Les joues mobiles sont unies par une grande surface, qui reste entre* la glabelle et le front.
Hypostôme inconnu.
22 segmens au thorax, chiffre maximum observé dans les adultes. Areth. Konincki nous présente un exemple du développement successif des anneaux thoraciques. Le minimum des segmens connus jusqu ici est de 8, mais il est fort probable, qu’on découvrira des exemplaires plus jeunes. Laxe saillant occupe à peine la moitié de la largeur de l’un des lobes latéraux et conserve des dimensions uniformes, depuis la tête jusqu’au pygidium. Les sillons dorsaux sont peu marqués. Les lobes latéraux offrent une surface horizontale, qui ne se coude que vers l’extrêmite. Les plèvres, à. bords parallèles dans toute leur étendue, sont creusées par un sillon large et profond, qui se rétrécit sur leur talus. Le bout des plèvres est arrondi.
Le pygidium très-petit, forme un segment de cercle plus ou moins élargi. L’axe saillant n atteint pas I extrémité postérieure, et montre un petit nombre de segmens. Les plèvres et tous leurs élémens sont aussi distincts que sur le thorax.
Le test offre divers ornemens, savoir, des cavités et granulation, suivant les espèces.
L’enroulement est constaté.
Distribution des espèces. Nous ne connaissons encore que deux espèces appartenant à ce genre, routes deux se trouvent dans notre étage calcaire inférieur E, c. à d. à la base de notre division Silurienne supérieure. L’espèce typique, Areth. Konincki, se rencontre aussi dans notre étage des quartzites D, c. à d. dans notre division Silurienne inférieure, mais seulement dans la colonie de la Bruska, dans l’enceinte de Prague. Son apparition, à cette hauteur, doit nous fournir le sujet de quelques observations, dans la description spécifique qui va suivre.
Rapp. et dijfér . Si l’on jette un coup d’oeil comparatif, sur les têtes A’Arethusina et de Conocephalites striatus , on sera frappé de l’analogie qu’elles offrent, dans la plupart de leurs traits: le cours de la suture faciale, la forme de la glabelle, sa lobation, le filet des yeux, &e, &e. Mais dans notre nouveau genre, la glabelle a une étendue bien moindre, et par conséquent, la jonction des joues, au front, a lieu sur une surface beaucoup plus étendue que dans les Conocephalites. Outre cette différence, qui ne serait pas d'un ordre bien élevé, nous avons celle du nombre des segmens thoraciques, qui est de 22 dans le premier genre, et de 14 ou 15 dans le second. La lorme du pygidium présente un nombre de segmens peu différent. On peut donc considérer ces deux types comme très-voisins , quoique distincts, surtout par le nombre des anneaux du thorax.
Le genre Harpes nous paraît aussi présenter quelques rapports avec Arethusina, et nous les trouvons précisément dans plusieurs des élémens qui contrastent avec ceux des Conocephalites. —
1. La seule espèce A' Areth. dont nous connaissons la tête, nous montre sur les joues le test creusé par une multitude de petites cavités, comme celles qui ornent la tête de tous les Harpes. — 2. Le nombre des segmens thoraciques se rapproche beaucoup dans les . deux types, puisqu’il est de 22 dans l’un et de 24 à 26 dans l’autre. — 5. La forme de ces segmens est aussi
GENRE ARETHUSINA. BARRANDE.
très-analogue. Ils offrent une surface plane, un peu coudée vers le bord. Le large et profond sillon de la plèvre dans Arethusina, se reproduit dans Harpes, sous le rapport de la largeur, mais non de la profondeur. Enfin, le pygidium des deux genres présente beaucoup d’analogie, et. il se trouve précisément pourvu de plus de sègmens dans Arethusina , pour faire une compensation presque exacte, à ce qui, sous ce rapport, manque au thorax. Malgré ces rapprochemens, la conformation toute particulière de la tête des Harpes et surtout le limbe qui 1 entoure, établissent entre ces deux types une différence trop notable, pour qu ils puissent être confondus.
Si nous comparons Arethusina à Harpides, nous trouvons de très-nombreux rapprochemens . — 1. La partie centrale de la tète est presque identique. La glabelle très-courte, est enfermée entre deux sillons dorsaux profonds et réunis par un arc arrondi. — 2. Les yeux à cornée lisse, sous la forme d’un petit tubercule, sont placés au droit du front de la glabelle, près du sillon dorsal, et unis par un filet saillant, transverse, avec ce dernier. — 3. L’axe du corps, est étroit, saillant. — 4. Les segmens du thorax, très-nombreux, ont la plèvre sillonnée profondément. Ces analogies sont combattues: — 1. par la forme concave de la majeure partie de la tête de Harpides, contrastant avec la forme très-bombée de la partie analogue, dans Arethusina, P^r
la conformation très-différente des segmens thoraciques, les plèvres de Harpides ayant une bande ornée d'un bourrelet.