Phac
Barr. Not. prél. p. 46.
Cord. Prodr. p. 102.
Cord. ibid. p. 102.
Cord. ibid. p. 102.
Cord. ibid. -p. 103.
Cord. ibid. p. 104.
Cord. (non Barr.) ibid.
fecundus. Barr.
La tête, aplatie en dessus, présente un assez fort bombement transversal, par l’effet de l’inclinaison des joues, qui dépasse 45°. Le contour extérieur est presque semi-circulaire. Le contour intérieur est sensiblement concave vers l’arrière.
La glabelle émoussée au front, laisse à peine apercevoir la forme' pentagonale. Elle ne fait presque aucune saillie en avant de la trace rudimentaire du limbe frontal. Ce limbe est remarquable par la profonde rainure qui l’accompagne en dessous, et qui- est la prolongation de celle qui creuse l’arête extérieure du bord des joues. La surface supérieure de la glabelle est
presque plane, arrondie aux contours. Elle porte ordinairement les trois' paires de sillons nor¬
maux, qui ne disparaissent que sur les exemplaires les plus développés, comme celui figuré (PI. 21). Le sillon et l’anneau intercalaires sont toujours très-distincts, quoique occupant peu de longueur sur l’axe. Cet anneau porte des nodules prononcés à ses extrémités. L’anneau occipital est très-développé. La plus grande largeur de la glabelle correspond au tiers de la longueur.
Les yeux sont très-gros, mais ils n’atteignent cependant jamais le niveau de la glabelle. Ils s’étendent en longueur, depuis l'angle antérieur de la joue, jusques près du sillon postérieur.
Dans certains individus de l’étage E, cette étendue est bien moins considérable; elle est tou-
toujours variable. La surface . visuelle est inclinée de plus de 70°. Dans la presque totalité des exemplaires de tout âge et provenant de l’un quelconque de nos trois étages calcaires, chaque oeil présente 19 files verticales de lentilles. Par exception, nous trouvons dans un individu 15 et dans quelques autres: 17, 18, 20, ou 22 files; mais ces cas sont très-rares. On peut donc considérer le nombre de 19 files comme normal et presque constant pour cette espèce. Par opposition, le nombre des lentilles dans chaque file, et par conséquent le nombre total des facettes dans un oeil, sont fort variables. Nous donnons, comme exemples, les chiffres observés dans quelques individus bien conservés:
Taille .
des individus.
Nombre
des
files.
des lentilles
Nombre de chaque file à
partir de l’avant.
maxi¬
mum
total par oeil
Etage.
à l développée .
au 4 id.
complet1, id. . .
id. id. • .
id. id.
aux % id. . •
id id. . .
id. id.
id. id. . .
complét1. id. . .
au j id.
au | id. . .
Ce tableau nous montre: — 1. que le nombre maximum des lentilles dans une file, varie de 4 à 9, c. à d. de plus du simple au double. La variation correspondante du nombre total
GENRE PHACOPS. EMMRICH.'
des lentilles dans un oeil n’est pas moins considérable, car elle est représentée par les chiffres 64 et 156. — 2. Le nombre des lentilles dans un oeil ne croît pas en raison de l’accroissement du nombre des fdes.
3. Le nombte plus ou moins grand des lentilles dans un oeil dépend un peu de l’âge, mais il doit être surtout considéré comme le résultat de la conformation individuelle. Nous voyons en effet, deux jeunes exemplaires N°. Il et 12, offrir le minimum de facettes, mais le N°. 10 qui se rapproche beaucoup de ce minimum, est parvenu au plus complet développement. Le hazard veut,- que parmi les individus de la plus grande taille en notre possession, aucun ne montre un très-grand nombre de lentilles.
Si l’on fait abstraction de quelques échantillons très-jeunes, pour lesquels on peut admettre, que les lentilles ne sont pas encore toutes apparentes, nous trouvons un nombre à peu-près égal d’exemplaires, présentant chacune' des diverses sommes de lentilles indiquées dans le tableau.
La grosseur, absolue de l’oeil étant toujours dans un rapport à peu-près constant avec la taille des, individus, on conçoit que les lentilles, lorsqu’elles sont en petit nombre, sont moins serrées, que quand leur nombre est très-grand. Plus les lentilles sont serrées, soit par une disposition naturelle, soit par suite du jeune âge, et moins on aperçoit entr’elles le test qui les encadre. Les intervalles paraissent alors tout plats, et la lentille forme une hémisphère en relief. Si on l’enlève, on reconnaît une cupule enfermant l’autre hémisphère. Au fond de la cupule, on distingue un point d’insertion, d’une couleur plus foncée. Mais à mesure que l’individu vieillit, le relief de la lentille s’efface en partie, parceque le test des interstices s’enfle peu à peu et forme une espèce d’encadrement. Cette enflure du test est très-sensible dès le jeune âge, sur les individus dont les lentilles sont moins nombreuses et par conséquent moins serrées. Lorsque de tels exemplaires parviennent au plus complet développement, les encadremens sont quelquefois si enflés, qu’ils dépassent le relief des lentilles. Celles-ci sont alors logées dans des cavités, dont leur sommet n’affleure pas le bord.
La grande dimension des yeux de cette espèce nous permet encore d’observer l’inégalité des lentilles. Dans beaucoup d’individus de tous les âges, nous voyons, à chaque extrémité d’une même file, mais plus souvent à l’extrémité supérieure, une lentille très-petite par rapport aux autres. Il y a d’ailleurs égalité dans la forme des lentilles des diverses files, dans toute l’étendue de l’oeil, à chaque âge. Elles atteignent, dans leur plus grand développement,, un diamètre de deux tiers de millimètre.
Le lobe palpébral, séparé de la joue par un profond sillon, a sa surface sensiblement horizontale.
La dôublure sous-frontale s’étend jusqu’au tiers environ, de la longueur de la tête.
L’hypostôme est alongé, assez fortement bombé en travers. Son bord buccal est orné de trois pointes.
L’axe du thorax occupe un peu moins de largeur que chacun des lobes latéraux. Ses anneaux sont pourvus, à chaque extrémité, d’un nodule médiocrement prononcé dans certains individus, et plus fort dans d’autres. II est très-rare de trouver un exemplaire complet, ou des fragmens montrant les onze segmerfs.
Le pygidium a un contour un peu polygonal, qui se rapproche d’un demi-cercle. Il est fortement bombé en travers, et les flancs ont leurs talus inclinés à plus de 45°. L’axe, limité par des sillons dorsaux larges et profonds, est un peu enfoncé entre les lobes latéraux, dont le relief augmente avec l’âge. Il porte de 8 à 10 articulations distinctes, variation qui dépend des individus et non de la croissance. Sur chaque lobe latéral, on distingue de 5 à 8 côtes, non compris la demi-côte articulaire, très-prononcée. Les dernières de ces côtes ne sont visibles que sur le moule, dépouillé du' test. Toutes les côtes distinctes ont une surface plane, divisée dans sa longueur par le sillon suturai très-marqué. Les rainures intercostales sont profondes, et disparaissent aux deux tiers de la distance entre l’axe et le contour. La doublure du test paraît s’étendre sous toute la partie de la surface qui n’est pas sillonnée, autour du bord.
Le test, dans les plus grands individus, atteint l’épaisseur de deux tiers de millimètre. Il est orné de granulation sur toute sa surface, à l’exception des sillons. Cette granulation varie suivant l’âge, suivant les localités, et la hauteur géologique à laquelle on rencontre les individus. Dans tous les cas, nous remarquons qu’elle est plus développée sur la tête que sur les autres parties du corps. Les grains les plus apparens sont coniques, quelquefois aigus, inégaux, irrégulièrement espacés, plus ou moins serrés suivant les individus, mais laissant ordinairement un peu plus de vides que de pleins. Ils sont surtout développés sur la glabelle, le dessus et le contour du lobe palpébral, le bord extérieur des joues, la partie élevée de l’axe, dans toute la longueur du corps, le sommet de la bande postérieure des plèvres et les côtes du pygidium. L’intervalle entre ces gros grains est tantôt lisse, tantôt plus ou moins couvert d’une granulation beaucoup plus fine. Nous voyons aussi, dans certains exemplaires, la surface des intervalles et celle même des gros grains sur la glabelle, parsemée de scrobicules très-fins et très-serrés. Ces modifications de l’ornementation du test n’ayant aucune constance, ne nous semblent pas pouvoir être invoquées comme caractères spécifiques. La plus notable différence sous ce rapport, s’obs.erve sur le pygidium. La plupart des individus appartenant à notre étage inférieur E, ne montrent sur cette partie, qu’une granulation faible, presque égale, et qui paraît au premier aspect, toute différente de celle qui orne les lobes latéraux des exemplaires de l’étage moyen F. Nous trouvons cependant parmi les premiers, quelques individus qui montrent les gros grains remarqués dans les seconds. Par contraste, certains pygidium de notre étage calcaire supérieur G ne présentent que des séries de gros grains, tandisque d’autres sont ornés, en même temps, de granulation fine. Les individus de l’étage moyen F n’ont parfois aussi que de gros grains , mais le plus souvent ils possèdent les deux sortes d’ornement. Ces variations individuelles ne nous semblent porter aucune atteinte à l’identité de cette espèce, dont la conformation reste d’ailleurs constante, durant la longue période qu'elle a traversée, c. à d. pendant le dépôt de nos trois étages calcaires, et de l’étage des schistes eulminans.
Nous remarquons, que la granulation de cette espèce laisse peu de traces sur le moule> sans doute à cause de Tassez grande épaisseur du test. Cependant, les gros grains de la glabelle se reproduisent par des aspérités analogues, sur l’empreinte intérieure, dans tous les individus. Ces traces sont moins marquées sur le reste du corps.
La doublure sous-frontale est ornée de rides irrégulières, dirigées dans le sens perpendiculaire à Taxe du corps. Ce genre d’ornement contraste avec celui de la surface supérieure et se retrouve dans les exemplaires des 4- ' étages. ' La surface de la doublure des autres parties du corps nous paraît parfaitement lisse. Le biseau des plèvres et de la demi-côte articulaire du pygidium sont chagrinés.
La surface de Vhypostôme porte quelques grains irréguliers, clair semés sur .son étendue.
L’enroulement est constaté.
Dimensions. La taille de cette espèce paraît avoir considérablement varié, durant le cours de son existence. Les exemplaires de notre étage calcaire inférieur E sont toujours plus petits que ceux des deux étages F. et G. Leur longueur ne dépasse pas 60 m.m Les individus les plus développés sont ceux de l’étage moyen F, qui, d’après les fragmens, ont atteint la longueur de 140 à 150 m.m., sur 68 m.m. de largeur maximum. Les dimensions dans l’étage supérieur G, sont intermédiaires entre les limites que nous venons d’indiquer.
Gisem',. et local. Phac. fecundus a traversé nos trois étages calcaires et l’étage des schistes eulminans, circonstance qui concorde bien avec les faits observés ailleurs, sur la persistance des espèces très-prolifiques. L’époque du plus grand développement numérique paraît avoir été celle du dépôt de l’étage calcaire inférieur E, tandisque le plus grand développement de la taille n’a eu lieu que plus tard, ainsique nous venons de le dire. Les localités qui nous ont fourni Phac. fecundus dans l’étage E, sont: Dlauha Ilora et Kolednik au Sud-Ouest de Béraun, où nous trouvons certaines couches remplies de ses débris, dans le voisinage de celles qui contiennent T. na-
GENEE PHACOPS. EMMRICH.
vicula. Dans la partie Nord-Est du bassin, nous avons aussi recueilli Ph. fecundus à Butowitz, Kozor, Slivenetz, Wiskocilka et Wohrada; il est cependant rare dans les trois dernières localités. L’étage moyen F, aux erivirons de Mnienian, renferme un assez grande quantité de fragmens de cette espèce, et c’est là qu’ils offrent les plus grandes dimensions. Enfin, nous trouvons Phac. fecundus très-répandu sur la surface de l’étage calcaire supérieur G. Nous citerons les gîtes de Karlstein, Roblin, Gross-Kuchar, Gross-Morzin, Luzetz, Hinterkopanina, Hlubocep, Lochkow, Dworetz &c. &c. Il est étonnant, qu’une espèce si répandue n’ait laissé pour ainsi dire que des fragmens, parmi lesquels il est très-rare de retrouver le thorax, ou même les segmens isolés.
Rapp. et différ. Parmi les espèces de notre bassin, celle qui présente le plus d’analogie est Phac. breviceps que nous distinguons: — 1. par le pygidium qui est aplati, et dont les côtes séparées par de faibles rainures, ne montrent, sur leur surface arrondie, aucune trace du sillon suturai. — 2. Le nombre normal des files de lentilles est de 21 par oeil. — 3. Le test, ordinairement lisse sur tout le corps, ne présente qu’une granulation exceptionnelle, et peu prononcée sur quelques individus.
Nous avons réuni à Phac. fecundus six formes distinguées dans le Prodrôme, par les noms suivans. Les individus qui les représentent appartiennent à la collection Hawle et .ils sont sous nos yeux.
1. Ph. exasperatus désigne des têtes isolées, trouvées à Karlstein, dans l’étage supérieur G, et qui ne présentent que les caractères indiqués ci-dessus.
2. Ph. asper se rapporte à des individus de l’étage E, dans lesquels l’intervalle entre l'oeil
et le sillon postérieur de la joue se trouve un peu plus large, et les grains du test moins serrés;
différences sans aucune constance.
3. Ph. horridus est représenté par trois têtes et un pygidium isolés, en fort mauvais état de conservation, mais qui nous permettent de distinguer les caractères spécifiques décrits ci-dessus.
4. Ph. maximus est le nom donné à des fragmens de la tête et du pygidium d’un des grands individus provenant de Mnienian, et erronément indiqués comme trouvés à Konieprus, où cette forme n’existe pas.
5. Phac. intermedius désigne des 'fragmens de taille' moyenne, provenant aussi de Mnienian
et appartenant à la même espèce. C’est par erreur que M. Corda leur a appliqué ce nom spécifique, donné par nous à une autre forme, distincte de celle que nous venons de décrire.
6. Phac. reclinatus. La tête décrite sous ce nom ■ offre tous les caractères de Phac. fecundus , à l’exception du nombre des files verticales des lentilles, qui n’est que de 15, dans chaque oeil. Nous considérons ce nombre comme une exception individuelle. Les fragmens associés par M. Corda à cette tête isolée nous paraissent appartenir à Phac. Sternbergi.
Parmi les formes étrangères à la Bohême, Phac. latifrons Bronn. présente les plus grandes analogies avec Phac. fecundus. Nous croyons cependant ne pas pouvoir les identifier, à cause de quelques différences de conformation. — 1. Dans Phac. latifrons les côtes très-prononcées ont leur sommet arrondi, en dos d’âne, sans aucune trace du sillon suturai. Dans Ph. fecundus au contraire, les côtes sont aplaties au sommet, et portent toujours un sillon longitudinal distinct. — 2. Les yeux de Ph. latifrons s’élèvent ordinairement plus haut que la glabelle , même dans le jeune âge; ceux de Ph. fecundus restent, à tous les âges, au dessous du niveau de la partie moyenne de la tète. — 3. Le nombre normal des files de lentilles dans l’oeil de la forme Rhénane, paraît être de 18, tandisqu’il est de 19 dans la forme Bohême. — 4. Les yeux de Ph. latifrons atteignent toujours le sillon postérieur de la joue, ce qui n’a pas lieu sur l’espèce comparée, où il reste un certain intervalle entre ce sillon et l’oeil. Parmi les analogies qui rapprochent beaucoup ces deux formes, nous remarquons la granulation, également prononcée sur la glabelle à tous les âges, mais se développant plus tard sur le pygidium. Nous avons dans notre
collection un grand individu de Ph. latifrons, dont les côtes sont ornées de gros grains, comme ceux que l’on voit sur le pygidium de Ph. fecundus. (PI. 21 fig. 13.) Les. jeunes individus des deux espèces paraissent quelquefois avoir le test presque lisse, dans cfette partie du corps.