Daim, spinifera. Barr
1 846. Phacops spinifer. Barr. Not. prélim. p. 82.
1847. Odontoch. spinifera. Cord. Prodr. p. 96.
Odontoch. tuberculata. Cord. ibid. p. 95.
Le limbe formant le contour extérieur de la tête est prolongé en ogive et horizontal au devant du front. Le long des joues, il prend rapidement une inclinaison considérable. Sa lar-
geur, dans les plus grands individus, ne dépasse pas 4 m.m. sur les côtés, et 7 m.m. au droit de l’axe.
La glabelle porte les trois fossettes du type. Les yeux des plus forts adultes offrent 42 files verticales, ayant au maximum '10 lentilles. Celles-ci sont donc au nombre d’environ 325 dans un oeil. Nous distinguons aisément entr’elles des grains ronds, formant un hexagone circonscrit à leur base, comme dans plusieurs autres espèces congénères.
L’hypostôme a la forme propre au groupe.
Le thorax est inconnu.
Le pygidium, assez fortement bombé en travers, surtout dans les adultes, est sub-triangulaire. , Son contour présente un limbe horizontal, très-étroit près du thorax, un peu plus large vers 1 arrière, mais ne dépassant jamais 5 m. m. de largeur. Ce limbe donne naissance à un appendice caudal, dont la longueur atteint au moins 15 m.m. dans les plus forts exemplaires. L axe, médiocrement saillant, occupe un peu plus du cinquième de la largeur totale, et se termine brusquement, un peu avant le limbe, par un .segment plus relevé que les précédons. Nous comptons sur sa longueur, de 18 a 20 articulations distinctes. Les premiers anneaux sont un peu amincis au milieu. Sur leurs parties latérales, un peu aplaties, nous distinguons, dans quelques individus, les fossettes déjà signalées sur d’autres espèces. Les lobes latéraux offrent une courbure uniforme, qui, commençant près de l’axe, se continue jusqu’au niveau du limbe, sans former aucun coude prononcé. La place ordinaire de ce coude s’aperçoit cependant, par l’enflure habiT tu elle des côtes, qui lui correspond. Celles-ci sont, sur chaque lobe, au nombre de 12 à 14. Elles sont, dans le jeune âge, plus larges que les rainures qui les séparent, tandisque dans l’âge avance, elles paraissent de la meme largeur que celles-ci. Leur bande antérieure est aussi élevée que l’autre, dans les premières côtes, tandisqu’elle disparaît peu-à-peu en allant vers l’arrière. Cette conformation est assez variable, suivant les individus, et suivant l’âge, de sorte qu’en examinant les formes extrêmes, surtout à des âges éloignés, on serait tenté de les considérer comme spécifiquement differentes. Mais on trouve toujours des formes intermédiaires. Dans tous les cas, les côtes sont très-prononcées, et les rainures intercostales profondes.
Le sillon suturai est habituellement peu marqué. La doublure du test a la largeur ordinaire, c. à d. s’élève jusqu’au sommet du talus.
L’épaisseur du test dépasse un demi-millimètre, dans les grands individus. La surface de la glabelle est ornée de gros grains, plus serrés sur le lobe frontal qu’ailleurs, mais laissant toujours autant de vides que de pleins. Ces grains sont inégaux entr’eux, tandisque ceux qui couvrent le limbe sont égaux, petits et beaucoup plus serrés. Les joues sont couvertes d’inégalités, et ornées comme le limbe. L’axe et les côtes du pygidium portent de gros grains inégaux , et sub-régulièreraent disposés en séries, soit sur le sommet des anneaux, soit sur les bandes costales. Lorsque la bande antérieure est distincte et élevée au niveau de l’autre, elle présente aussi une série de grains, mais plus rares et plus petits. La fréquence des grains varie beaucoup selon les individus, et en général leur nombre paraît se réduire dans l’âge avancé. Leur volume augmente au contraire, jusqu’à offrir un diamètre de plus d’un millimètre. Alors ils se développent en forme d’épines droites, comme dans Sao hirsula.
La paroi externe de la doublure sous-frontale est ornée de cavités, à l’exception de la partie plus enfoncée, voisine de lhypostôme, laquelle est lisse. L’hypostôme offre les mêmes ornemens que la doublure.
Dimensions. La longueur de l’individu auquel appartenait le pygidium figuré PI. 25 , peut être évaluée à 300 m. m. Presque aucun Trilobite de Bohême ne paraît avoir dépassé cette taille.
Gisent, et local. Cette espèce caractérise notre étage calcaire supérieur G, sur la surface duquel elle est assez répandue. Nous la trouvons à Wiskocilka et à Lochkow aux environs de Prague; à Hostin, Karlstein, Hinter-Kopanina, Tetin et Luzetz, entre cette capitale et Béraun. Elle est associée aux autres espèces déjà indiquées dans ces localités.