‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 292 sur 469 · Daim. orba. Barr · texte numérisé non relu

Daim. orba. Barr

Nous connaissons cette forme par un seul exemplaire de la glabelle, un peu incomplet sur le contour, mais assez bien conservé, pour nous montrer clairement la lobation caractéristique du genre. Les trois sillons latéraux très-prononcés, et l’apparence du lobe frontal très-détaché, tendraient à nous faire croire, que ce fragment doit être rapproché du groupe de Daim. Hausmanni, ou de celui de Daim. Hawlei. Cependant, comme l’état de conservation ne nous permet pas de distinguer, s’il existait un limbe autour du front, il ne’ nous est pas possible de bien juger à quel groupe appartient cette forme. Nous pourrions encore moins déterminer ses affinités avec les espèces que nous venons de décrire.

Deux exemplaires de pygidium ont été trouvés avec la glabelle décrite. Ils ont l’un et l’autre une forme sub-triangulaire, et montrent le même nombre de segmens, savoir: 10 à 11 articulations sur l’axe. Les lobes latéraux portent 6 à 7 côtes, non compris la demi-côte articulaire. Ces côtes sont séparées par des rainures intercostales, à peine plus marquées que le sillon suturai.

La plus petit de ces deux pygidium montre la trace d’une granulation fine. Le plus grand porte des tubercules spiniformes, sur l’axe et sur les côtes. Nous ne savons si cette différence résulte uniquement du développement individuel. Nous croyons pouvoir laisser provisoirement ces fragmens réunis, sous le même nom spécifique L’un d’eux, au moins, appartient à la même espèce que la glabelle, qui, dépouillée de son test, paraît lisse.

Gisem‘„. et local. Les fragmens figurés ont été trouvés près Borek, au Sud de Béraun, dans des schistes d’un jaune sale, formant, dans cette localité, la base de notre étage 'calcaire inférieur E. Ces schistes contiennent aussi, Proet. decorus , Ampyx Rouaulti , diverses Cardiola et autres fossiles, caractéristiques de cette hauteur géologique, dans notre bassin.

Genre Calymene. Brongniart.

Dudley fossil. Auctorum.

Entomolithus. Linnaeus. Blumenbach. Parkinson.

Trilobus. Brünnich.

Entomostracites. Wahlenberg.

Calymene. Brongniart. Dalman. Holl. Green. Bronn. Hisinger. Buckland. Quenstedt. Murchison. Emmrich.

Milne-Edwards. Conrad. Emmons. Goldfuss. Burmeister. Portlock. Emmrich. Geinitz. Pictet. Barrande. Rouault. Beyrich. Corda. J. Hall. Salter. MacGoy.

Prionoclieilus. (-pars.) Rouault.

Aperçu historique.

On sait, que le Trilobite aujourd’hui connu comme Galym. Dlumenbachi, a été mentionné par plusieurs auteurs assez anciens, sous diverses dénominations peu scientifiques, entr’ autres, sous celle de Fossile de Dudley. Nous citerons d’après Wahlenberg: Gehler, Lehman, Wilkens, Knorr et Beckman &c. &c.

1759- Linné comprend sous le nom de Entomolithus, n. 3, la forme de Suède, qui correspond au Fossile de Dudley. ( Act . Holm. 22. PL 1. fig. 3.)

1781. Brünnich décrit le même fossile de Suède, en le nommant : Trilobus tuberculatus. (Kjôbnh. Selsk. Skrivt. Nye Saml. I. p. 389.)

GENRE CALYMENE. BRONGNIART.

180? Blumenbach figure la même espèce, sous le nom de Entomol. paradoxus. (Abbild. Natur. PL 50.)

1811. Parkinson figure la même forme de Dudley, (organ. Remains.J

1821. Wahlenberg décrit, sans figures, la forme Suédoise, qu’il nomme Entomostracites tuberculatus. ( Nov . Act. Soc. Sci. Upsal. VIII. p. 31. J

1822. Alex. Brongniart fonde le genre Calymene, dont il décrit quatre espèces. Cal. Blumenbachi , type du genre, et Cal. Tristani, restent. Cal. variolaris paraît appartenir au genre Encrinurus , Emmr. " La forme Française (fig. A. A. B.) comprise sous le nom de Cal. macrophtalma , est Plu macrophtalmus , et la forme Anglaise (fig. 5. A. B. C.) est devenue Phac. Stokesi. M. Edw. (Sp.)

Brongniart en fondant ce genre, indique comme principal caractère, 12 à 14 segmens à l’abdomen. Il observe la suture tracée sous le bord de la tête, et la position des yeux. fCrust. foss.J

1826. Dalman ajoute à la définition de Brongniart, un caractère important, celui de la trilobation de la glabelle, de chaque côté. Il affaiblit en même temps les liens génériques, en admettant dans ce type des Trilobites, dont le nombre des segmens varie, de 10 comme dans Calym. condnna ( Proet.J , jusqu’à 23? comme dans Cal. polytoma. ( Amph.J Parmi les 13 formes spécifiques qu’il décrit, les deux seules qui paraisent appartenir réellement au genre Calymene , tel qud est limité aujourd’hui, sont: C. Blumenbachi et C. Tristani. (Palaead.)

1829. Holl reproduit les définitions et espèces de Dalman, en incorporant dans ce genre, Conoceph. Sulzeri, et Ellipsoc. Hoffi. ( Handb . d. Petref. p. 156. J

1832. Green décrit dans sa Monographie, sous le nom de C. Blumenbachi, une forme d’Amérique, qui a beaucoup de rapports avec ce type, et qui a reçu plus tard le nom de C. senaria. Conrad. Il paraîtrait, d’après J. Hall, que les deux autres noms de Green, L. callicephala , et C. selenocephala, ont été inutilement donnés par lui à la même espèce. ( Monogr . pp. 28. 30. 31. J (Pal. of N. York. p. 238.)

1835. Bronn expose les caractères du genre Calymene, comme ils étaient alors entendus, en restreignant le nombre des segmens thoraciques à 12 ou 14. Sa définition comprend toutes lés formes des Phacops alors connus, dont il indique les yeux à facettes. Il ne décrit aucune espèce en particulier. ( Leth . geogn. p. 110.)

1837. Hisinger reproduit le travail de Dalman, en incorporant au genre, quelques autres formes qui lui sont étrangères. (Leth. suec.)

1837- Buckland figure C. Blumenbachi de Dudley, et donne divers détails sur la conformation de sa carapace et de ses yeux. (Bridgeur. Treat. Il p. 87. PI. 46.)

1837. Quenstedt établit quelques uns des caractères de Calym. Blumenbachi, tels que, le sillon des plèvres et celui des côtes du pygidium. Il reconnaît le nombre constant de 13 segmens thoraciques. Il indique la connexion de ce type, avec Trimerus delphinocephalus , &c. ayant le même nombre de segmens. (Wiegm. Arehiv. 1\. Heft p. 342.)

1839. Sir Bod. Murchison, adoptant les définitions de Brongniart, décrit comme . Calymene, plusieurs formes d’Angleterre, parmi lesquelles une seule, C. Blumenbachi, appartient au genre, tel qu’il est aujourd’hui restreint. (Silur. Syst. p. 653.)

1839- Emmrich reproduit les caractères reconnus avant lui, et y ajoute celui de la suture faciale. Il admet dans le genre, comme 2,1. section, Trimerus , Green. Il donne la, description des formes antérieurement connues. (De Trilob. dissert. p. 3 8.)

1840. Milne Edwards, n’ayant pas connaissance des travaux de Quenstedt et d Emmrich, définit les caractères génériques, parmi lesquels il range la suture faciale, ou ligne jugale. Il admet de 10 à 14 segmens thoraciques. Parmi 19 formes décrites, se trouvent les deux espèces de Brongniart, C. Blumenbachi et C. Tristani , la forme Américaine, et divers Phacops, &c. (Crustacés p. 317.)

1841. Conrad décrit, sous le nom de Cal. senaria , la forme Américaine que Green avait identifiée au type du genre (1852). (Ann. geol. rep. New York p. 49.)

1842. Emmons décrit et figure le même Trilobite, sous le nom proposé par Conrad (Geol

Rep. p. 390. fig. 2.) r v ' '

1843. Goldfuss donne, dans sa classification, les caractères du genre Calymene, en harmonie avec ceux qu’Emmrich avait décrits. Il admet 12 formes, parmi lesquelles nous ne trouvons que 2 ou 3 véritables Calymene. -(N. Jahrb. f. Miner. Heft. V. p. 558.)

1843- Burmeister complète la définition des caractères génériques. Il décrit les deux espèces de Brongniart, Blumenbachi, et Tristani, auxquelles il ajoute Cal. callicephala. Green, appartenant réellement à ce type. Il admet aussi Cal. polytoma Daim. =z Amph. frontilobus, 1 and. qui constitue un type indépendant. En éliminant cette dernière forme, ainsi que Zethus verrucosus, Pand. assimilé à Cal. Tristani, le genre Calymene se trouve réellement réduit à trois espèces. (Or g an. d. Trilob. p. 93.) 1

1843. Portlock décrit et figure trois formes d’Irlande, sous les noms: C. Blumenbachi. C pulchella Daim, et C. brevi-capitalus. (Geol. Report, p. 284. PL 3.)

1845. Emmrich, dans sa seconde classification des Trilobites, reproduit les caractères génériques déjà établis. (N. Jahrb. f. Miner. Heft 1. p. 43.)

1846. Geinitz suit le travail de Burmeister. ( Grundr . d. Verstein. 224.)

1846- Pictet suit les mêmes indications. (Traité élém. de Pal. vol. IV. p. 73.)

1846- Dans nos premières publications, nous décrivons succintement diverses formes nouvelles de Bohême, sous les noms: Calym. pulchra, parvula, incerta, diademata, Baylet, Beaumonti? La dernière, réunie avec doute au genre Calymene, en a été séparée depuis lors, sous le nom de Cromus. (Notice prélim. et Nouv. Trilob.)

1846. M. Rouault énumère, parmi les fossiles qu’il a découverts en Bretagne, Cal Blumenbachi, Cal. Tristani et Calym. (Prionocheilus) Verneuili. ■ — Cal. Tournemini appartient au genre Placoparia. (Bull. soc. géol. de France. 21 Sér. IV. p. 309.)

1846. Le Prof. Mac Coy énumère Cal. Blumenbachi et C. brevicapitata parmi les fossiles Siluriens d’Irlande. La tête qu’il nomme C. forcipata, paraît appartenir à une 3 l. forme du genre; mais le pygidium qui lui est associé, semblerait celui d’un Lichas, tronqué sur les bords. Dal. arenosa et D. variolaris sont probablement des Encrinurus. (Syn. SU. foss. of Irel. p. 47. PL IV.)

1846. Beyrich reconnaît que toutes les véritables Calymene d’Europe, alors décrites, se réduisent à C. Blumenbachi et C. Tristani. Il décrit et figure trois nouvelles espèces de Bohême, prises parmi celles que nous avions publiées dans le courant de la même année, savoir: C. diademata, pulchra et parvula. (Unters. ü b. Trilob. II. St. p. 24. PL 2.)

1847. Corda adopte le genre Calymene, comme il avait été limité par Emmrich. Il reproduit, sous divers noms, plusieurs des espèces que nous avions déjà publiées, et en fait connaître deux nouvelles. Cal. interjecta et Cal. declinata. En même temps, il fonde le genre Pharostoma, sur un exemplaire incomplet de notre Cal. pulchra , montrant seulement 10 segmens thoraciques, l our compléter 1 indépendance de ce nouveau type, il lui attribue arbitrairement, comme hypostome, un corps étranger, de nature inconnue. (Prodr. p. 85. Pl. V, fig. 50, et p. 88. PL V. fig. 49.)

1847. J. Hall décrit et figure comme Calymene, trois formes de la division Silurienne inférieure des Etats-Unis. Une seule d’entr’elles, Cal. senaria , nous semble appartenir à ce type, d’après les limites fixées. Cal. Becki nous paraîtrait devoir rester le type du genre Triarthrus fondé par Green. Quant à Cal. multicosta, le fragment figuré ne permet pas de constater la nature générique de ce Trilobite. (Pal. of N. York. vol. I. p. 228 — 238.)

1848. J. W. Salter décrit et figure, sous le nom de Cal. brevicapitata, et C. tuberculosa , deux formes d’Angleterre, dont la seconde est nouvelle. La première, déjà reconnue par Portlock

GENRE CALYMENE. BRONGNIART. 563

en Irlande, a beaucoup d’analogie avec Cal. parvula de Bohême, sans lui être identique. (Mem. geol. Surv. vol. II. p. I. p. 341. PL 11. et 12.)

1849. J- W. Salter décrit et figure de nouveau, Cal. tuberculosa, dont l’hypostôme arrondi au bord buccal, comme celui que J. Hall a figuré pour Cal. senaria , (PI. 64) diffère beaucoup de la pièce analogue, qui est bifurquée, dans les autres espèces. De nouvelles observations, sur de meilleurs exemplaires, paraissent encore nécessaires, pour bien constater cette variation dans la forme de l’hypostôme. (Mern. geol. Surv. Dec. II.)

1850. MacCoy, dans sa classification des Trilobites, reproduit les caractères génériques des Calymene, et parmi eux, l’angle latéral céphalique arrondi. Ce savant n’avait pas eu, sans doute, l’occasion d’observer Cal. pulchra, ni Cal. fPrionoch .) Verneuili Hou. qui ont une pointe génale très-prononcée. Il admet deux sous-genres: Calymene et tlomalonotus. (Ann. and May , Nat. Hist. Ser. 2. Vol. IV. p. 401.)

Caractères génériques.

Corps ovalaire, variant dans les proportions, suivant la forme longue et la forme large. Le pygidium est toujours moins étendu que la tête. Celle-ci occupe un peu plus de la demi-longueur du thorax. Elle varie dans son contour, tantôt semi-circulaire, tantôt se rapprochant d’un triangle. L’angle gênai, ordinairement arrondi, est quelquefois prolongé en pointe. Le bord frontal est habituellement enflé et relevé, l’anneau occipital également proéminent. La glabelle conique, saillante, déterminée par des sillons dorsaux profonds, est toujours distinctement lobée par trois sillons, inégalement profonds. Les lobes qui en résultent, diminuent progressivement de grandeur et de saillie latérale, à partir de l’arrière vers l’avant Le sillon postérieur presque toujours se bifurque, de manière à produire un étranglement à la base du lobe intermédiaire. Devant le petit lobe antérieur, la plupart des espèces montrent, au fond du sillon dorsal, une petite cavité semblable à l’impression d’une forte pointe. On peut remarquer, dans toutes les espèces, l’apparence globuleuse des lobes latéraux, caractère exclusivement propre à ce genre, et qui contribue beaucoup à donner à la tête, le fades qui la distingue d’une manière si tranchée, de tous les autres types. Les branches de ' la suture faciale sont isolées. Elles coupent le bord frontal, un peu à l’intérieur de la projection antérieure des yeux; elles se rapprochent, en opposant leur concavité et contournent le lobe palpébral saillant. Les branches, vers l’arrière, sont également concaves l’une vers l’autre, et divergent à partir de l’oeil, pour aboutir au sommet de l’angle gênai. La suture rostrale, à peu de distance sous le bord frontal, réunit les deux branches de la suture faciale. Les yeux peu développés, mais réticulés, rarement conservés, sont placés, en général, au droit du lobe médian. La joue fixe est bombée, et porte un sillon postérieur marqué; la joue mobile, triangulaire, est ordinairement très-inclinée vers l’extérieur.

L’hypostôme s’ajuste sur une pièce sous-frontale, placée entre les sutures rostrale et hypostomale. Il se compose d’un corps central bombé, ovalaire, entouré d’une rainure qui le sépare des bords. Son contour antérieur est en arc, convexe, saillant. Les bords latéraux, étroits, forment un arc concave, et le bord postérieur, beaucoup plus large, est profondément découpé de manière à présenter deux branches, reproduisant la forme fourchue de l’hypostôme des Asaphus. Les ailes, sub-triangulaires, se recourbent en arrière, pour aller s’ajuster sur le sillon moyen de la glabelle.

13 Segmens au thorax, dans toutes les espèces connues. L’axe saillant, bien déterminé par les sillons dorsaux, diminue lentement vers l’arrière. Ses anneaux portent quelquefois un nodule à leur base. Les plèvres, fortement coudées, ont l’extrémité arrondie. Leur surface est creusée par un large sillon, qui se prolonge plus ou moins, au dessous du coude, et détermine deux bandes inégales, celle d’arrière étant toujours la plus large. La doublure du test sous la plèvre, paraît se prolonger à peine de quelques millimètres vers l’intérieur.

Le pygidium, bombé, plus ou moins arrondi, a des bords toujours entiers, sans prolongement caudal. L’axe, bien marqué et articulé, s’abaisse et disparaît près de l’extrémité. Les flancs portent des côtes, séparées par des rainures intercostales marquées, et dont le sommet montre

ordinairement aussi le sillon suturai. La doublure du test, sous le bord, paraît ne s'étendre qu’à une faible distance, de quelques millimètres.

Le test de la plupart des espèces est couvert d’une granulation plus ou moins forte, qui se reproduit sur la doublure. Des individus enroulés ne se sont présentés en Bohème, que pour C. parvula, C. interjecta, C. declinata, et G. Baylei:

Dish ibution verticale. Le genre Calymene n a aucun représentant dans notre formation fossilifère la plus ancienne, celle des schistes de l’étage C. Les premières espèces qui ont paru, sont, C. pidchra et Cal. parvula , dont nous trouvons les restes dans la bande des quartzit.es des Monts Drabow et Wesela, vers le milieu de notre étage D. Le tableau qui suit, indique la succession de nos espèces, dans la série verticale de nos étages.

Division inférieure.

Division supérieure

pulchra

parvvla

incerta

declinata

diademata

Baylei

tenera

Blumenbachi

interjecta

Blumenbachi

interjecta

Ce tableau montre, que nous ne connaissons, en Bohême, qu’une seule espèce qui soit commune à d’autres contrées. C’est le type du genre, Cal. Bumenbachi.

Cette espèce, qui paraît en Angleterre, dans les deux divisions du Système Silurien, est bornée à notre division supérieure, où elle se montre très-rarement, et seulement dans deux de nos étages calcaires.

Nos espèces sont réparties à peu-près également entre nos deux divisions, mais on voit, que le plus grand développement relatif a eu lieu dans les étages limitrophes des deux divisions Siluriennes. A partir de cette époque, il y a eu décroissance progressive, jusqu’à la fin des dépôts calcaires de la division supérieure.

Les espèces les plus fécondes ont été, C. incerta dans l’étage D ; et plus tard C. Baylei, et C. diademata dans l’étage E. Ce sont aussi, d’après les lois ordinaires de la nature, les espèces qui ont la plus grande diffusion horizontale, dans leurs formations respectives, principalement les deux premières. Les autres formes sont rares, et le deviennent de plus en plus, dans les étages supérieurs.

La distribution verticale des Calymene dans notre bassin, concorde avec celle que nous voyons constatée dans les formations d’un âge contemporain. L’existence de diverses espèces, en Scandinavie, Angleterre, France et Amérique du Nord, paraît s’étendre presque partout, dans les deux divisions du Système Silurien, en exceptant la Faune primordiale.

En restreignant le genre Calymene, comme nous l’avons fait, il ne semble pas se propager verticalement dans le Système Dévonien. Nous ne reconnaissons aucune espèce réelle de ce type, parmi celles qui portent ce nom, et qui proviennent des couches Dévoniennes d’Angleterre, du Rhin, de la Franconie, du Harz &c. M. de Yerneuil, dans son Mémoire sur le Parallélisme des dépôts paléozoiques de l’Amérique septentrionale avec ceux de l’Europe, cite avec doute, C. Platys Green = C. Blumenbachi major Murch. comme se trouvant dans les grès calcaires de Schoharrie, qui appartiennent au Système Dévonien. Ce fait, qui demande confirmation, serait le seul, indiquant que les Calymene ont survécu à la période Silurienne.

Rapports et di/fér. Nous avons déjà dit, que la lobation de la glabelle et l’apparence globuleuse de ses lobes distinguent ce genre, de tout autre type. Le plus rapproché, par le nombre des segmens thoraciques, est Homalonotus, et c’est précisément un de ceux dont la glabelle contraste le plus avec celle des Calymene. On y remarque, en effet, le manque presque constant

GENRE CALYMENE. BRONGNIART.

de toute trace de lobation, qu’on trouve seulement sur quelques espèces, comme Homal. Gervillei , Vern. de Néhou en Normandie et Homal. Bohémiens de notre étage D.

Conocephalites a, dans son ensemble et le nombre des segmens, assez d’analogie avec le genre qui nous occupe. Il se distingue, par sa lobation très-différente, son hypostôme arrondi, et le fades de toutes les espèces.

Nous avons réuni au genre Calyrnene , le nouveau type Pharostoma, fondé par M. Corda, sur un exemplaire incomplet de Cal. pulchra, ne présentant que 10 segmens au thorax. La suture faciale suit, dans cette espèce, le même cours que dans C. Blimenbachi. La seule différence consiste, en ce que l’angle gênai est orné d’une pointe, qui ne se voit pas dans la plupart des formes. L’hypostôme que nous possédons, (PI. 19) offre la forme caractéristique du genre. M. Corda avait arbitrairement substitué à cette pièce, un corps étranger, qui se rencontre par hazard, dans les mêmes bancs.

Le genre Prionocheilus Rouault, nous semble aussi fondé sur un individu incomplet de Calyrnene, sur lequel on n’a compté que 10 segmens. Tous les caractères de l’exemplaire figuré, surtout le prolongement en pointe de l’angle gênai et les épines ornementales sous 1 arête du contour céphalique, établissent les plus fortes analogies entre cette forme de Bretagne et notre Cal pulchra.

Subdivision du genre. L’observation faite par le Profr. Beyrich, sur la bifurcation du sillon postérieur de la glabelle, dans certaines espèces, et sa simplicité dans Cal. parvula, a porté M. Corda à subdiviser le genre, en deux sections fondées sur cette diversité. Il range dans la 2T section, à sillons simples, C. declinata, qui nous montre dans les bons exemplaires, la même -forme du sillon et du lobe postérieur, que les espèces assignées à la première section. Il ne resterait donc dans la seconde section, que C. parvula. Nous ne croyons pas qu’il vaille la peine d’établir en ce moment cette subdivision, pour une seule espèce.

Il nous semble, que les Calyrnene de Bohême se groupent naturellement autour de deux types, suivant que leur angle gênai est arrondi, ou prolongé en pointe. Ce caractère, bien que secondaire, en lui-même, puisqu’il est fondé sur un appendice ornemental, nous paraît avoir un peu plus de valeur, dans ce cas particulier, pareequ’il est associé, dans les deux espèces, où il se présente, avec un certain fades, et avec l’existence d’une rangée d’épines sous le contour céphalique.

Si le fait d’un hypostôme arrondi au bord buccal se vérifie pour Cal. tubereulosa, Sait, et pour Cal. senaria, Green, il fournira un nouveau et important moyen de grouper toutes les formes connues dans ce genre. Nous laissons ce soin aux savans mieux informés que nous, et nous nous bornons à ordonner pour l’étude, les espèces propres à notre terrain, lel est l’objet du tableau suivant.

Classification des Calyrnene de Bohême.

Planche.

Parties con¬

nues.

Division

inférieure

Sil

supérieure

AB

Blumenbachi

. . Brong.

diademcita

. . Barr.

Ent.

incerta . .

. . Barr.

Ent.

Angle gênai ,

interjecta. .

. . Gord.

Ent.

arrondi.

declinata. .

. . Gord.

Ent.

parvula.

. . Barr.

Ent.

Baylei.

Barr.

Ent.

tenera. . .

. . Barr.

Angle gênai pro-

pulchra

. Barr.

Ent.

longé en pointe.

Verneuili. .

. . Rou.

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