Bumastus. Murch
ressemblant à Illaenus; le thorax n’est pas trilobé.
Dans le même mémoire, le Prof. Mac Coy décrit, sous le nom de III. latus, une tête isolée, appartenant au Musée Woodwardien, à Cambridge. (Ann. and. Mag. Nat. Hist. Ser. 2. vol. IV. p. 399 et 404.)
Délimitation du genre Illaenus.
Les caractères distinctifs des Illaenus ont été si bien saisis et définis par Dalman, que sa diagnostique n’a pu être sensiblement améliorée par aucun auteur, jusqu’à ce jour. Elle nous semble tracer nettement les limites du genre, comme nous l’entendons, sauf de légères modifications commandées par les faits. Nous la reproduisons donc textuellement:
Illaenus. Caput latissimum, convexum, anticè rotundatum, lateribus deflexis. Oculi latérales, temporales, valdè remoli. Truncus segmentis (9 — 10) laevibus, i. e. sulcis 2 longitudinalibus ordinariis, trahsversis verô nullis. — Pygidium maximum, integerrimum, laevigatum. — Div. I. Cornigeri. — Div. II. mutici.
Les modifications auxquelles nous venons de faire allusion, sont relatives à la largeur de l’axe, combinée avec son apparence plus ou moins distincte, et au nombre des segmens thoraciques.
1. La forme dont Bumastus Barriensis Murch. est le type, diffère des Illaenus connus de Dalman, par la largeur exagérée que prend l’axe au thorax, tandisque les sillons dorsaux qui le limitent, se réduisent à une inflexion très-légère. Ces traits contrastent beaucoup, sans doute, avec ceux du type III. crassicauda, ou de divers autres Illaenus, dont l’axe est étroit et compris entre des sillons dorsaux profonds. Mais on connaît maintenant des espèces, qui établissent une transition insensible entre ces types extrêmes. Nous les avons fait remarquer au lecteur, dans l’aperçu historique qui précède. L’une est, III. latidorsata, Hall. (Pal. of. N. York. PL 60. fig. 6.) et l’autre, III. Murchisoni. Sait. (Mem. Geol. Surv. Dec. IL) Ainsi, les Bumastus rentrent naturellement dans le genre Illaenus, et cette incorporation n’introduit qu’une légère variation dans la caractéristique de Dalman.
2. Au temps où le savant Suédois écrivait, les Illaenus connus n’offraient que 9 ou 10 segmens au thorax. Dans ces dernières années, des espèces à 8 segmens ont été découvertes. L’une est III. Hisingeri Barr. (1846). et l’autre, III. (Nil.) Beaumonti' Rou. (1846). Ces deux Trilobites possédant, d’ailleurs, tous les caractères génériques des Illaenus, doivent entrer dans leurs rangs, ce qui n’entraîne que le changement d’un chiffre dans la définition donnée.
Voilà à quoi se réduiraient les modifications nécessaires, pour comprendre dans les limites primitives du genre Illaenus, tous les Trilobites que nous considérons comme appartenant à ce .type. Il nous semblerait superflu d’entrer ici dans une discussion, pour justifier cette extension. En effet, on sait, que la largeur de l’axe est fort variable d’une espèce à l’autre, et en second lieu, nous avons réuni dans le tableau (p. 192), Il genres, dans lesquels le chiffre des segmens thoraciques diffère, suivant les espèces.
Si Burmeister a isolé III. centrotus, pour en faire le type du genre Dysplanus, caractérisé par 9 segmens et par une pointe génale, c’est uniquement, pareeque le nombre des formes alors connues était trop restreint, pour offrir toutes les combinaisons variées des traits purement spécifiques.
GENRE ILLAENUS. DALMAN.
Aujourd’hui, nous connaissons plusieurs de ces combinaisons ignorées par le savant Professeur de Halle. Ainsi, lll. Panderi (PI. 35) nous montre constamment 9 segmens thoraciques, comme lll. centrotus, bien que l’angle gênai de l’espèce Bohême soit aussi arrondi que celui d’Ill. crassicauda, type à 10 segmens. Au contraire, lll. tauricornis Eich. porte 10 segmens au thorax, comme l’espèce typique, et son angle gênai est cependant armé d’une pointe, beaucoup plus développée que celle d’Ill. centrotus. — Nous voyons dans lll. Iiisingeri (PI. 29) 8 segmens thoraciques et une pointe à l’angle gênai. III. (Nil.) Beaumonti Rou. qui a le même chiffre d’anneaux, contrastera peut-être par l’angle gênai arrondi, lorsqu’il sera mieux connu.
En résumé, les limites tracées aux Illaenus par Dalman doivent à peine s’étendre, pour comprendre les espèces Bumastoides et celles qui ont 8 segmens thoraciques. Dysplanus, à 9 segmens, rentre naturellement dans le genre ainsi limité.
Caractères génériques.
Le corps est ovalaire , plus ou moins alongé, suivant la forme longue ou la forme large, dans chaque espèce. La tête et le pygidium très-développés , occupent chacun , très-souvent, autant ou plus de longueur que le thorax. La trilobation plus ou moins marquée dans ces trois parties principales, disparaît quelquefois presque complètement, dans chacune d’elles.
La tête est arrondie, semi-elliptique, et ordinairement plus large que longue. On n’aperçoit aucun limbe, sur le contour extérieur. Rarement on observe, le long du contour intérieur, un sillon, un anneau, et un bord occipital. Ce contour est presque rectiligne et paraît parfois un peu concave vers l’avant. Le profd transversal et le profd longitudinal sont ordinairement très-bombés. La superficie de la tête n’offre généralement qu’une trace imparfaite de la glabelle, parceque les sillons dorsaux pénètrent rarement au delà du tiers de la longueur, à partir de l’occiput. Dans un seul cas connu, ils se prolongent jusqu’au contour frontal. ( lll . distinctus PI. 29^ Il n’existe aucune trace des sillons latéraux de la glabelle, si ce n’est sur la tête de lll. Bum. Barriensis, figuré avec 2 lobes, par M. Salter. (Dec. II.) La suture faciale a ses branches séparées, franchissant le contour antérieur, à peu-près sur la projection de l’oeil. Elles s’élèvent vers cet organe par une courbe en S, qui, dans le jeune âge, se réduit à une ligne parallèle à l'axe. Vers l’arrière, à partir de l’oeil, les branches, en général très-courtes, divergent légèrement et elles atteignent le bord occipital, entre le sillon dorsal et l’angle gênai.
Immédiatement au dessous de l’arête frontale, se trouve la suture rostrale, unissant sous le front les deux branches de la suture faciale. Il résulte de cette conformation, que la doublure sous frontale du test constitue une pièce isolée, entre la suture rostrale et la suture hypostomale. Ainsi, l’enveloppe céphalique se compose de cinq pièces, en y comprenant l’hypostôme.
La joue fixe est rarement distincte de la glabelle. La joue mobile est triangulaire , ordinairement assez réduite. — Il y a une petite cavité, profonde, dans le sillon dorsal, à sa rencontre avec lë sillon occipital, dans plusieurs espèces de Bohême. Elle est analogue à celle qui existe dans les plèvres.
L’hypostôme se compose d’un corps central ovalaire, très-bombé dans les deux sens. Il est entouré d’un bord frontal étroit, relevé, s’élargissant aux deux côtés, pour former les ailes. Le bord latéral est épais, échancré, et aussi relevé. Le bord buccal se divise en deux petits lobes, qui rappèlent la fourche de l’hypostôme des Asaphus. Entre le corps central et le bord buccal, est une surface en croissant, concave vers l’avant, embrassant le corps central et déterminée de chaque côté, par un sillon distinct. L’hypostôme de lll. crassicauda, figuré par Sars, est arrondi au bord buccal , et ne montre aucune trace de la fourche que nous venons de signaler. Nous ignorons s’il est complet. (Isis. IV. PI. IX. fig. 10 1835.J
Le thorax présente 8, 9 ou 10 segmens, suivant les espèces. Cette variation purement spécifique est indépendante de celle qui provient du développement individuel , que nous obser-
vons dans 3 espèces de Bohême, El. Hisingeri, II!. Panderi et III. Wahlenbergianus. L’axe, compris entre des sillons dorsaux plus pu moins distincts, s’amincit souvent vers l’arrière. Ses anneaux consistent dans des bandes plates, qui sont un peu imbriquées l’une sur l’autre. Sa largeur présente des proportions très-variables, par rapport à celle des lobes latéraux.
Les plèvres, à bords parallèles, ont une surface plane. Elles sont coudées à une distance variable du sillon dorsal et augmentant en général, à partir de la première, jusqu’à la dernière, en raison de l’amincissement de l’axe. Elles sont terminées par un bout émoussé. Sauf une exception, elles ont une égale longueur et ne dépassent pas la largeur de la tête. On observe à leur origine, dans le sillon dorsal, une cavité conique, placée près de leur bord postérieur, comme dans III. Hisingeri (PI. 29), III. Wahlenbergianus (PL 34) et III. Salteri, III. Panderi (PL 33). Nous avons déjà mentionné ce fait dans nos études générales (p. 486). Les plèvres, qui sont simplement juxtaposées, sans imbrication, dans la partie interne, c. à d. entre l’axe et le coude, se recouvrent plus ou moins fortement sur leur partie externe ou talus, dont le bord antérieur présente un biseau d’étendue variable, suivant les espèces. Ce biseau ou facette est surtout remarquable dans les grandes formes, comme El. Bum. Barriensis.
Le pygidium est toujours plus ou moins bombé. Son axe, ordinairement réduit à un rudiment, ne dépasse jamais la moitié de la longueur totale. Dans certaines espèces, comme III. Panderi (PL 30 et 33), il n’a aucun relief, et se trouve à peine indiqué par une faible impression.^ 11 montre la trace de quelques segmens, dans El. Beaumonti Rou. et dans III. transfuga (PL 30). Dans les autres espèces connues, sa surface est dépourvue de segmentation, ainsi que celle des lobes latéraux. Nous observons parfois à son bord antérieur, deux cavités analogues à celles des plèvres, l’une de chaque côté de l’axe.
Les ornemens du test consistent en stries ou plis-sillons, et en petites cavités. La surface de la doublure est invariablement couverte de stries concentriques aux contours.
La faculté d’enroulement est constatée sur beaucoup d’espèces.
Métamorphoses. Pendant longtemps, la seule preuve que nous possédions des métamorphoses des Illaenus, consistait dans l’observation de segmens non détachés, sur le pygidium de deux espèces, Hisingeri et Panderi. Maintenant, nous avons dans notre collection un jeune individu de III. Wahlenbergianus, qui nous montre très-distinctement 4 segmens thoraciques libres, et 3 segmens bien indiqués, mais encore soudés au pygidium. Sur toute la longueur qui correspond à ces 3 segmens, en voie de développement, l’axe du pygidium est saillant, bien prononcé, et il disparaît immédiatement au delà. Nous observons la même conformation sur divers pygidium isolés, appartenant à des individus des premiers âges, et montrant des segmens non détachés. Au contraire, le pygidium des adultes ne porte qu’une très-faible trace de l’axe, sur le bord antérieur. Dans la tête des plus jeunes exemplaires de cette espèce, nous remarquons constamment, que les sillons dorsaux indiquant la glabelle, se prolongent vers le front, beaucoup plus qu’à l’époque du développement complet. — Nous faisons des observations analogues sur un jeune individu de III. Hisingeri (PL 29), qui a été décrit et figuré par M. Corda, d’une manière très-inexacte, sous le nom de Alceste latissima. fProdr. p. 66. PL IV. fig. 31.) Le thorax présente 4 segmens libres, et nous voyons la trace très-distincte sur l’axe et sur les lobes latéraux du pygidium, de trois autres segmens encore soudés, dans cette partie du corps. L’axe paraît se prolonger un peu au delà de la dernière articulation, par suite d’une compression et d’une brisure. La tête, un peu déformée par les mêmes causes, montre, comme dans l’espèce précédente, les sillons dorsaux assez fortement prolongés vers le front. Nous n’avons pas besoin de dire, que la forme insolite donnée à la glabelle et à la suture faciale de cet individu, sont uniquement les produits de l’imagination de M. Corda.
Distribution verticale et horizontale.
En Bohême, 6 espèces d’Illaenus appartiennent exclusivement à notre division Silurienne inférieure, et sont propres à notre étage des quartzites D, c. à d. à notre Faune seconde. Au-
GENRE ILLAEMS. DALMAN.
cune ne descend dans notre étage fossilifère le plus profond C, contenant la Faune primordiale des Paradoxales, Ellipsocephalus 6çc.
Les 2 espèces qui appartiennent à notre division Silurienne supérieure se trouvent exclusivement dans notre étage calcaire inférieur E, dont elles ne traversent pas toute la hauteur. Ces espèces sont celles qui font partie du groupe de III. Barriensis ( Bumast .) tandisque toutes celles qui proviennent de la division inférieure, se rattachent à la forme typique, III. crassicauda.
La diffusion horizontale de nos espèces, dans les deux divisions, est bornée, pour chacune d’elles, à un petit nombre de localités. Ainsi, elles paraissent avoir eu un faible pouvoir de locomolion. Nous trouvons les espèces de la .division inférieure, sur les bords opposés du bassin, par rapport à l’axe. III. ( Bum.J Bouchardi, dans notre division supérieure, n’a été recueilli jusqu’à ce jour, que du côté Nord-Ouest, c. à d. sur celui qui est le plus exposé au soleil. Nous avons fait la même remarque, par rapport à diverses autres espèces de Trilobites. (p. 292.)
La distribution verticale que nous venons de signaler pour les Elaenus de Bohême, est en parfaite harmonie avec celle qu’on observe dans les Iles Britanniques. Selon le travail de M. Salter, cité ci-dessus (1819, p. 673) on connaît, soit en Angleterre, soit en Irlande, 7 espèces de ce genre. 6 d’entr’elles appartiennent à la division Silurienne inférieure, et suivent toutes le type de RL crassicauda. La seule espèce caractérisant la division supérieure, est El. Bum. Barriensis, type de l’autre sous-genre. Elle est signalée seulement dans l’étage de Wenlock, c. à d. à la base de la division supérieure, comme la forme analogue de notre terrain. Quant aux 6 espèces de la division inférieure, elles appartiennent exclusivement au groupe de Llandeilo, dont la Faune correspond à celle de notre étage des quartzites D, c. à d. à la Faune seconde de Bohême.
En Suède, nous ne connaissons encore que les deux espèces souvent citées, El. crassicauda et El. centrotus, appartenant l’un et l’autre à la division inférieure. Selon Burmeister, fOrg. d. Tril. p. 120 et 124 J Nileus glomerinus Daim, serait identique avec Bum. Barriensis. Malheureusement, nous n’avons jamais vu ni un exemplaire, ni une figure de cette espèce, dont la description se réduit à quelques mots. Hisinger nous apprend, qu’elle se trouve dans la même formation que ses deux congénères. Si l’identité indiquée par Burmeister se confirme , ce Trilobite fournira un des rares exemples de l’existence de la forme Bumastoide , dans la division Silurienne inférieure, avec III. Trentonensis. Emmons.
En Norwège, outre les deux premières espèces nommées de la Suède, se trouve encore El. asellus dont le nom seul a été donné par Boeck, dans la Gaea Norvegica , sans indication de gisement. Il appartient apparemment à la même division.
En Russie, le genre Elaenus est représenté par les deux espèces communes aux contrées Scandinaves, et de plus, par III. tauricornis, Kut. caractérisant également la division Silurienne inférieure.
En Franconie, III. ( Bum.J Franconiens, que le Cte. Munster a décrit sous deux noms, provient du calcaire d’Elbersreuth , qui correspond, suivant nous , à la base de la division Silurienne supérieure, (p. 95.)
En France, les formations de la division inférieure, qui reproduisent les formes de notre Faune seconde, ont fourni III. giganteus Burm. et III. ( 'Nil) Beaumonti Rou. appartenant l’un et l’autre au groupe de III. crassicauda.
En Espagne,- il existe dans la Sierra Morena, un Illaenus que nous avons vu récemment chez notre ami M. de Verneuil, et qui est provisoirement assimilé à III. Lusitaniens, découvert par Daniel Sharpe aux environs d’Oporto, en Portugal, dans la division Silurienne inférieure.
En Amérique, d’après J. Hall, cinq espèces d’Illaenus sont réparties entre les groupes de Chazy et de Trenton, faisant partie de la division inférieure. Un de ces Trilobites représente le type Bumastoide, qui paraît plus particulièrement caractériser la division supérieure, en Europe;
les autres appartiennent au groupe de lll. crassicauda. Un passage du même savant nous apprend, que le genre Illaenus se propage dans la division supérieure, sous la forme ordinaire des Bumastus. fPal. of N. York I. p. 226. J Mr. de Yerneuil l’indique dans le groupe de Niagara.
En résumé, le genre Illaenus est un des plus répandus sur la surface du monde Silurien. Il n’est pas représenté dans la Faune primordiale, mais il apparaît partout avec la Faune seconde, et traverse avec elle la masse principale des dépôts constituant la division inférieure. Puis, il pénètre à une hauteur peu considérable dans la division supérieure, dont il n’atteint pas le centre, du moins en Europe. Son plus grand développement, sous le double rapport de la variété des formes et de la fréquence des individus, a eu lieu dans la division inférieure, où nous comptons 24 espèces, tandisqu’on n’en connaît que 5 dans la division supérieure, ainsi que le montre le tableau suivant:
Tableau de la distribution des Illaenus.
Divis. Silurienne
infér. | super.
1 Bohême ....
1 Angleterre, Irlande . .
, / Russie, Suède, Norwèere
hspeces connues en ( ^ p
| France .
1 Espagne, Portugal . .
[ Etats-Unis d’Amérique
La répartition des Illaenus entre les deux divisions nous présente, outre le fait de l’inégalité numérique, d’autres circonstances dignes de remarque, savoir: — - 1. Toutes les espèces, qui par leur conformation appartiennent au groupe de lll. crassicauda, se trouvent exclusivement dans la division inférieure; aucune n’a été signalée dans la division supérieure. — 2. Le groupe des Bumastus a aussi existé dans la Faune seconde, division inférieure, mais il n’y est représenté que par une espèce, lll. Trentonensis. Il existe cependant un doute sur le gisement de ce Trilobite, trouvé selon J. Hall, dans un bloc isolé. Du reste, lll. latidorsata Hall, et lll. Murchisoni Sait. 1 un et l’autre indubitablement recueillis dans la division inférieure, forment une sorte de transition entre les deux groupes. — 3. Tous les Illaenus de la division supérieure appartiennent au groupe des Bumaslus.
Nous avons déjà indiqué ces faits, mais d’une manière moins complète, dans nos études générales, (p. 299.)
La coexistence des deux groupes, dans la division inférieure, étant bien constatée, il est étonnant, que le moins développé d’entr’eux à cette époque, se soit seul propagé dans la division supérieure Nous avons fait une semblable observation, relativement à des groupes analogues, dans les genres Cheirurus, Lichas, fc. (p. 301.)
Aucun fait n’indique la présence des Illaenus dans les formations Dévoniennes. Le fragment que le Clc. Münster a nommé lll. perovalis, provient, il est vrai, du Calcaire à Clyménies, que nous considérons comme Dévonien. Mais nous avons déjà dit, que ce morceau que nous avons récemment examiné, n’est pas déterminable, à cause de son mauvais état de conservation, et que selon toute apparence, il appartient à un Proetus.
Bapports et différences. Nous connaissons peu de genres avec lesquels les Illaenus présentent des affinités notables.
I. Asaphus, tel que nous le concevons, se rapproche de la forme des Illaenus, dans les groupes d’As. expansus, et d’As. gigas flsot.J dont la tête et le pygidium montrent une lobation
GENRE ILLAEWS. DALMAN.
et une segmentation peu distinctes. A cette analogie, se joint celle que fournit l’hypostôme, dont le bord buccal est fourchu dans les deux genres, du moins, autant que nous pouvons en juger par les Illaenus de Bohême. — Ces affinités sont faibles, en comparaison des différences qu’on peut leur opposer. — 1. D’abord, la suture faciale, dans les Illaenus, se compose toujours de deux branches isolées, presque parallèles à l’axe et très-éloignées l’une de l’autre, dans toute leur étendue, de sorte que la joue mobile est toujours petite. Au contraire, dans les Asaphus, la suture faciale offre ordinairement deux branches unies au front, et seulement -2 espèces nous les montrent séparées, ce qui n’empêche pas la joue mobile de conserver une grande surface. — 2. Les Illaenus possèdent une suture rostrale, qui isole la doublure sous-frontale, nommée dans ce cas par Burmeister, Scutum rostrale ou SchnautzenscMd. Dans les Asaphus, nous ne connaissons pas jusqu’à ce jour, la suture rostrale, et il n’est pas probable qu’elle existe, car on ne trouve pas leur doublure frontale isolée. — 3. Le nombre des segmens thoraciques varie de 8 à 10, suivant les espèces, parmi les Illaenus, mais le plus grand nombre d’entr’elles présente 10 anneaux Nous voyons, au contraire, le chiffre de 8 segmens constant dans tous les Asaphus connus, à l’exception de la forme douteuse, que Portlock a décrite avec 9, sous le nom de As. latifrons. — 4. La plèvre des Illaenus a une surface plane, sur laquelle on ne voit ordinairement aucune trace de sillon. Par opposition, nous observons un sillon profond sur la plèvre de tous les Asaphus. En somme, les deux genres comparés conservent, réciproquement, une grande indépendance.
II. Aeglina se rapproche un peu des Illaenus, par l’absence de lobation sur la tête, par la réduction de l’axe à une forme rudimentaire, au pygidium. Les caractères qui séparent ces deux genres sont: — 1. Le développement extraordinaire des yeux, qui caractérise les 4 espèces connues des Aeglina. — 2. Le nombre des segmens thoraciques, qui, dans ce dernier genre, varie de 5 à 6, et reste par conséquent toujours inférieur à celui des Illaenus. — 3. Enfin, le pygidium des Aeglina montre, sur plusieurs espèces, des rainures rayonnantes, à partir de l’axe, sur les lobes latéraux du pygidium, circonstance inconnue dans les Illaenus.
III. Nileus. Si l’on compare la tête et le pygidium des espèces d’Illaenus, qui sont le plus dépourvues de trilobation, avec les parties correspondantes des Nileus, on trouvera entr’elles la plus grande ressemblance. D’un autre côté, ceux des Illaenus qui appartiennent au groupe Bumastoïde, reproduisent par la largeur de leur axe thoracique et la faible trace des sillons dorsaux, la conformation du genre comparé. Il y a donc entre ces deux types, de très-grandes affinités. Nous, trouvons cependant entr’eux des différences relatives à deux caractères :
1. La suture faciale a ses branches réunies sur le haut de la tête dans Nileus, tandisqu'elles sont isolées et éloignées dans Illaenus.
2. La plèvre de ces derniers est plane ; celle des premiers est convexe, suivant Dalman, et parconséquent elle appartiendrait plutôt au type à bourrelet. Il est probable, que l’hypostôme de ces deux genres nous montrera aussi une forme différente, mais c’est un point sur lequel nous ne pouvons que faire une conjecture. Les deux différences que nous afons signalées nous paraissent suffisantes, pour distinguer les Illaenus des Nileus, du moins, jusqu’à ce qu’on puisse observer un plus grand nombre de formes de ces derniers.
Classification des Illaenus.
Les formes jusqu’ici connues se classent naturellement en deux sections, déjà indiquées par Emmrich et par Burmeister. La première section, dont le type est Illaen. crassicauda, est caractérisée par l’axe du thorax généralement moins large que l’un des lobes latéraux, et limité par des sillons dorsaux bien marqués. La seconde section, dont le type est Illaen. fBum.J Barriensis, présente au contraire un axe beaucoup plus large que les lobes latéraux, et déterminé par des sillons dorsaux très-peu distincts.
D’après ces caractères, nous séparons les espèces en deux sections, dont chacune donne lieu à la formation de divers groupes, d’après le chiffre des segmens du thorax. Nous énumérons en dehors de ces groupes bien définis, celles des formes spécifiques dont le thorax n’est pas complètement connu.
Tableau du groupement des Illaenus.
Espèces.
Parties
Div.
Silurienne
connues
infér.
supérieure
Groupe 1.
à 8 segmens.
Groupe 2.
à 9 segmens.
Groupe 5.
à 10 segmens.
Sect. I. La largeur de l’axe ne dépasse pas celle d’un lobe latéral. — Sillons dorsaux très-distincts.
Illaenus.
Barr. PL 29 .
Rou. (Nileus) Bull. Soc. géol. de France
1846. IV. PL III. fig. 2. .
Daim. Palae. p. SI. PL V. fig. 1. . .
Barr. PL 30—35 .
3 111. Wahlenbergianus. Barr. PL 34. .
* 111. Bowmanni. Sait. Mem. geol. Surv. IL p. I. p. 35f
PL 8. fig. 1. 2. 3. . . .
*111. crassicauda. Wahl.(sp.)Dalm. Palae. p. 51. PL 5 fia. 2.
Barr. PL 35 .
Burm. Organ. d.Trilob. p. 119 PL III. fig. IC
Sait. Mem. geol. Surv. Dec. IL . .
Sait. (crassicauda) Portl. Geol. Rep. p. 301
PL 10. fig. 7—8—9. . .
Murch. Sil. Syst. p. 661. PL 23. fig. 7.
Sait. Dec. II .
Kut. Verh. d. k. Min. Ges. Petersb. 1848
PL VIII. fig. 1 .
Conr.(sp.) Pal. of N. York. I. p. 259. PL 67. fig. 6
1 1 111. Hisingeri.
j * III. Beaumonti.
' * 111. centrotus.
12 111. Panderi.
4 111. Salteri.
1*111. giganteus.
1* HL Davisii.
)* 111. Portlocki.
j* 111. perovalis.
I* 111. Murchisoni.
* 111. tauricornis.
* 111. ovatus.
distinctus.
transfuga.
asellus.
Barr.
Barr.
Boeck.
Groupe
ocularis.
Sait.
. r. / provisoire
arcturus.
Hall.
latidorsata.
Hall.
Lusitanicus.
Sharpe.
* 111. crassicauda ? Hall.
Groupe 4.
à 10 segmens.
Groupe 5.
9 segmens.
Groupe
provisoire
Leth. Norweg. I. p. 143. . .
Dec. II .
Pal. of N. York. I. p. 23. PL 4. bis
fig. 12 .
ibid- — p. 230. PL 60. fig. 6.
J Proc. geol. Soc. Lond. 1848. p. 150 (■Quart. geol. Journ. PL VI. fig. 1 Pal. of N. York. I. p. 24. PL 4. bis.
Sect. II. La largeur de l’axe dépasse de beaucoup celle des lobes latéraux. — Sillons dorsaux peu distincts.
Bumastus,
Il * 111. Barriensis. Murch. Silur. Syst. p. 656. PL 7. fig 3.
et PL 14- fig. 7 .
Pal. of N. York. I. p. 230. PL 60.
Espèces incomplètement connues.
8 111. tardus. Barr. PL 34 .
*111. Franconicus. Münst. Beytr. III. p. 42. PL V. fig. 17 18.
• • .?.... Etats-Unis d’Amérique, espèce inédite. (J. Hall.) .
7 111. Bouchardi. Barr.
* 111. Trentonensis. Hall.
Ent.
Ent.
Ent.
Ent.
Ent.
Ent.
Ènt.
Ent.
Ent.
Ent.
Ent.
Nota. Nous établissons un groupe provisoire pour III. Trentonensis , figuré avec 9 segmens, sans que le textej
GENRE ILLAENUS DALMAN.
Observation. Parmi les Illaenus que nous venons de classer, nous n’avons pas énuméré trois formes de Bohême, portant des noms spécifiques de ce genre, dans le Prodrôme de M. Corda. Cette exclusion est fondée sur ce que ces formes n’appartiennent nullement au genre Illaenus. Comme elles ne peuvent pas être mentionnées dans la synonimie des espèces que nous allons décrire, nous indiquerons en peu de mots leur nature. -
1. III. glaberrimus Cord. fProdr. p. 54J décrit comme un pygidium presque hémisphérique, est un fragment aplati de la tête de notre Bronteus viator. La partie que M. Corda a prise pour l’axe rudimentaire, est le lobe antérieur, un peu turgescent, de la glabelle.
2. lll. dabins Cord. fibid.J est une empreinte très-incomplète, qui paraît représenter une partie de la valve d’un mollusque.
3. III. Asaphoides Cord. fibid.J est le pygidium de Aeglina spedosa, espèce décrite par M. Corda, sous le nom générique de Microparia.
Les fragmens qui ont donné lieu aux méprises que nous signalons, appartiennent à la collection Hawle, et sont sous nos yeux.